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myocardiques, dans les points où, très comprimées par la graisse, elles ont subi une telle atrophie qu'il ne persiste plus que des petits amas de grains jaunes ; cependant, même sur les fibres très atrophiées, le noyau reste toujours colorable. Comme autre lésion, il nous faut aussi signaler la dissociation segmentaire de MM. Renaut et Landouzy ; c'est-à-dire la dissociation des éléments musculaires suivant les traits scalariformes d’'Eberth. Elle se rencontre souvent dans le cœur gras. 20 STASE LYMPHATIQUE INTERSTITIELLE. — En outre de la stéatose interstitielle et de ces altérations spéciales des fibres cardiaques, il existe une autre lésion très intéressante; car comme nous le verrons plus loin, elle semble jouer un grand rôle dans la pathogénie de l’adipose cardiaque, et contribuer pour sa part à amener l’atrophie de l’élément noble du cœur : c’est la stase lymphatique. On voit en effet sous l’épicarde, et aussi dans la partie profonde de la couche graisseuse sous-péricardique, des trainées de leucocytes, qui représentent les vaisseaux lymphatiques remplis de globules blancs. Cette stase lymphatique ne reste pas localisée à ces gros vaisseaux, mais existe également dans l’intérieur des parois musculaires. Entre les globules de graisse et les cellules myocardiques, autour des capillaires, et souvent des vaisseaux plus volumineux, on apercoit en certaines régions des lymphocytes vivement colorés, formant même parfois comme des amas ou des trainées, et qui représentent les leucocytes arrêtés dans les espaces lymphatiques du tissu conjonctif du cœur. Cet état spécial aurait pu parfois même être pris et décrit comme une lésion inflammatoire (Letulle). Dans la figure représentée planche II, fig. 2, on voit les cellules musculaires du cœur formant comme une sorte de réseau, dans les mailles duquel se trouvent les globules de graisse qui ont déterminé celte dislocation musculaire; mais entre les fibres
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cardiaques et les vésicules adipeuses, on remarque une grande quantité de lymphocytes. La stase lymphatique est poussée en ce point à un tel degré qu'il y a un véritable œdème du cœur. Dans les parois des oreillettes, les diverses altérations que nous venons de rappeler sont toujours moins accentuées que dans les parois des ventricules ; cependant, on y rencontre aussi de larges trainées adipeuses, séparant les faisceaux musculaires. Souvent la graisse au lieu d’être constituée par d’épaisses vésicules, est disposée au contraire sous forme de fines gouttelettes ; les altérations musculaires sont identiques, bien que l’atrophie des fibres soit toujours beaucoup moins prononcée. c) Lésions associées. — Les lésions, que nous venons de décrire,sont les seules qui soient sous la dépendance de la surcharge graisseuse du cœur ; ce sont les seules qui existent dans l’adipose cardiaque simple. Dans les cas complexes, au contraire, on peut trouver en plus les autres altérations que nous avons déjà signalées : sclérose interstilielle, plaques atrophiques, infarctus, etc. ; les altérations vasculaires sont celles que l’on rencontre plus fréquemment, puisque l'obésité cardiaque coexiste si souvent avec l’athérome des coronaires. C’est dans le cœur gras avec lésions associées, qu’on peut voir de la dégénérescence graisseuse des éléments musculaires,quoique moins fréquemment qu’on ne le croit ordinairement (Letulle). Mais cette dégénérescence spéciale des fibres myocardiques existe principalement dans la paroi ventriculaire gauche, où siègent les autres altérations chroniques du cœur, tandis que dans la paroi ventriculaire droite, où il n’y a souvent que de la surcharge graisseuse, les fibres musculaires n’ont pas subi la dégénérescence graisseuse ; ce qui prouve bien que ce n’est pas l'adipose cardiaque qui amène la métamorphose graisseuse des cellules myocardiques, mais les autres lésions surajoutées.