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gras qu'il a réunis, 18 fois du côté gauche, 8 fois du côté droit.
A priori, lorsque l'on songe à l'énorme infiltration de la paroi musculaire par la graisse, à la dissociation des éléments contractiles, à leur atrophie, poussée souvent à un tel point quela paroi ventriculaire droite amincie et friable parait presque entièrement transformée en graisse; il sembleraitassez naturelque, sous l'influence de cette altération graisseuse, la paroi myocardique vint à se rompre à un moment donné.
Cependant il est certain, que même poussée à un point extrème, l’adipose cardiaque simple ne détermine jamais la rupture du cœur; et que cet accident se produit uniquement, au niveau d’une zone de ramollissement, consécutive à un infarctus dû à l’oblitération d’un rameau d’une artère coronaire. Dans les cas de rupture du cœur, la lésion siège presque toujours dans le ventricule gauche ; les cas de rupture de la paroi ventriculaire droite sont tout à fait exceptionnels ; or nous savons que c’est dans le ventricule droit que la surcharge graisseuse est la plus accentuée, dans la paroi ventriculaire gauche, l'infiltration adipeuse est toujours beaucoup plus discrète.Comment expliquer alors, que si l’effraction est sous la dépendance de l’adipose cardiaque, elle se produise au niveau du ventricule le moins altéré. Du reste, toutes les fois que l’on a recherché systématiquement jies altérations vasculaires cardiaques, suivant la méthode de MM. Letulle et Marie que nous avons rap- pelée précédemment, on a toujours trouvé une oblitération coronarienne. La cause de la mort subite par rupture du cœur dans l’adipose cardiaque n’est donc pas l’altéralion graisseuse.
II. MoRT SUBITE PAR ANGINE DE POITRINE. — [1 arrive cependant, que la mort se produit subitement, sans qu'on puisse la rattacher à aucune des trois causes précédentes ; mais alors dans
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cette variété de cœur gras, il y a toujours des allérations des vaisseaux nourriciers du cœur. Les artères coronaires, dans ces cas, sont toujours plus ou moins athéromateuses ; leurs parois sont, indurées, calcifiées, leurs orifices peuvent être plus ou moins oblitérés et leur calibre rétréci ; la mort subite survient alors au milieu d’une crise d'angine de poitrine. Ce n'est pas à dire que les altérations du myocarde, consécutives à la surcharge graisseuse, n’ont pas prédisposé jusqu’à un certain point à celle issue soudaine ; il est possible, que sile cœur avait été moins adultéré, le malade aurait pu supporter vaillamment sa crise d'angor pectoris ; tandis qu’au contraire celte crise a été fatale, parce que le cœur était affaibli par la graisse; néanmoins la cause immédiate de la mort n’est pas l’obésité cardiaque, mais la coronarite qui lui est surajoutée.
En résumé, de ces quatre procédés différents de mort subite dans l’adipose cardiaque associée à l’artério-sclérose, aucun ne relève exclusivement de la surcharge graisseuse du cœur. Dans les deux premiers (hémorrhagie cérébrale ou œdème pulmonaire), la mort n’a pas lieu par le cœur ; dans les deux autres (rupture du cœur et angine de poitrine) ce n’est pas la lésion adipeuse qui a occasionné l'arrêt du cœur, mais les lésions vasculaires concomitantes. Et pour conclure, nous dirons que dans celte variété de cœur gras, c'est toujours l'altération vasculaire, l’artério-sclérose et principalement la coronarite qui détermine la mort subite.
B) Mort subite dans l’adipose cardiaque simple. — Si la lésion vasculaire donne la clef du mécanisme de la mort subite dans les cas d’adipose cardiaque associée à l’artério-sclérose ; il n’est plus possible d’invoquer cette cause dans les cas d’obésité du cœur simple, avec intégrité des vaisseaux. Et cependant, il
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n'est pas impossible de voir survenir cet accident dans celle variété de surcharge graisseuse du cœur.
L'adipose cardiaque simple peut se rencontrer chez deux catégories de gens très différents : tantôt elle fait partie de la polysarcie généralisée et existe chez des sujets jeunes et vigoureux, tantôt au contraire, on la trouve chez des gens âgés ou débilités, mais toujours obèses,ou bien l’adipose reste localisée au cœur, tandis que le reste de l'organisme est profondément émacié; c’est l'obésité cardiaque que l’on rencontre chez les sujels malades et cachectisés (obésité cardiaque des cancéreux, des phtisiques). Dans les deux cas, la vie peut cesser brusquement par une syncope mortelle, aussi nous faut-il étudier séparément la mort subite survenant :
1° Chez des sujets jeunes et en santé régulière ;
2° Chez des sujets malades et cachectisés.
I. MORT SUBITE PAR ADIPOSE CARDIAQUE CHEZ DES SUJETS JEUNES ET EN SANTÉ RÉGULIÈRE. — Ces Cas comprennent ceux où la surcharge graisseuse du cœur est parfaitement compatible avec un état de bonne santé apparente, et se rencontrent principalement chez des enfants, des jeunes gens ou des adultes,considérés simplement comme des obèses,et chez lesquels rien ordinairement ne peut faire prévoir qu'ils puissent être menacés d’un dénouement fatal proche et subit.
Du reste la graisse, qui surcharge le cœur, ne dénote sa présence que par bien peu de signes. Ces malades accusent cependant un peu de dyspnée, à l’occasion d’un effort violent ou d’une marche rapide ou en terrain montant ; quelquefois, ils sont sujets aux bronchites ou à un peu de stase pulmonaire ;
souvent il existe un léger œdème des jambes, caractérisé par