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des deux ventricules ; l’espace dépourvu de graisse, étant toujours plus étendu sur la face postérieure du ventricule gauche que sur celle du ventricule droit. Dans ces points, où la graisse ne recouvre pas entièrement le muscle cardiaque, on voit encore cependant, disposées sous l'épicarde, parallèlement aux fibres musculaires, des stries jaunes de tissu adipeux. Une région de la surface du cœur, où la graisse nous a toujours semblé s'accumuler de très bonne heure et en grande abondance, c’est sur la face antérieure du ventricule droit, près de la base, dans la partie qui correspond à l'infundibulum pulmonaire.
Cette graisse, qui recouvre la surface du cœur, présente généralement une belle couleur jaune clair et une consistance plutôt molle, tandis que, celle qui est accumulée à la partie inférieure du médiastin, serail ferme et parcourue par un grand nombre de petits vaisseaux qui lui donneraient une couleur rougeàtre (Laënnec). Elle est sillonnée par des dépressions, qui pénètrent plus ou moins profondément, et arrivent à donner à sa surface un aspect comme lobulé. Au niveau des sillons inter-auriculo-ventriculaires et surtout à la base du ventricule droit, elle existe quelquefois en telle quantité, qu’elle forme comme un véritable bourrelet soulevant le péricarde. D’autres fois, au contraire, elle se dispose sous forme de franges, d’appendices.
Lorsque la surcharge graisseuse du cœur a dépassé le premier degré, et envahi par conséquent une bonne partie de la surface de l'organe, elle ne reste plus alors localisée dans le tissu cellulaire sous-péricardique, mais pénètre à l’intérieur même de la paroi myocardique, s’insinue entre les fibres musculaires qu’elle dissocie et comprime. Cette infiltration des pa-
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rois musculaires par la graisse est toujours beaucoup plus accentuée dans le ventricule droit que dans le ventricule gauche. Procédant de dehors en dedans, ainsi qu’il résulte des recherches expérimentales de Kisch (1) sur les oies engraissées, el comme l’on peut,du reste, s’en rendre compte au simple examen de la paroi ventriculaire droite d’un cœur gras humain ; cet envahissement du tissu conjonctif du myocarde par les vésicules adipeuses, est toujours moins considérable dans les régions qui avoisinent l’endocarde, que dans la partie superficielle de la paroi myocardique.
Suivant l’envahissement plus ou moins prononcé de la paroi musculaire par la graisse, on peut distinguer à cette infiltration inter-musculaire trois degrés.
Dans un premier degré, la graisse s’accumule uniquement au niveau des grands espaces conjonctifs du myocarde. On voit alors, sur les coupes, pénétrant plus ou moins profondément dans la paroi musculaire, des traînées, des bandes jaunes de graisse, dont la pointe regarde toujours vers l'endocarde ; elles sont en général peu nombreuses et assez distantes les unes des autres. Ce premier stade d'infiltration graisseuse interstitielle se rencontre souvent normalement dans la paroi du ventricule droit; dans celle du ventricule gauche au contraire, à l'état normal, il y a uniquement quelques vésicules adipeuses autour des gros vaisseaux, formant de petits amas non visibles à l'œil nu, et c’est seulement dans les cas d’obésité cardiaque que l’on rencontre ces trainées de graisse.
Le second degré est celui qui existe le plus fréquemment au niveau du ventricule droit; l'infiltration graisseuse est alors
© (4) Kisen, Sé-Petersb. med. Woch., 1881.
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beaucoup plus accusée et a produit une dissociation complète des fibres myocardiques. Les dépôts de graisse forment à l’intérieur de la paroi musculaire, des bandes, des trainées jaunàtres, très nombreuses et très rapprochées les unes des aulres, séparant les fibres contractiles de couleur brun pâle. De telle sorte que sur la surface de section, la paroi ventriculaire offre un aspect strié, rayé, comme zébré, tout à fait spécial et tout à fait caractéristique ; de plus celte paroi a perdu beaucoup de sa consistance ; elle est molle, friable et se laisse facilement dilacérer. C’est surtout sur le bord droit du ventricule droit, el également au niveau de la paroi antérieure de l’infundibulum pulmonaire que l’on rencontre ce second stade de stéalose interstitielle ; il est exceptionnel, au contraire, sur le ventricule gauche; lorsqu'il y existe, il est alors localisé à la base, près du sillon inter-auriculo-ventriculaire ou à la pointe du cœur.
Le troisième degré a pour siège à peu près exclusif la partie inférieure du bord droit et la pointe du ventricule droit. Ici l’infiltration est poussée à de telles limites que la paroi ventriculaire semble presque entièrement transformée en une cloison adipeuse, d’où se détachent les colonnes charnues du cœur. Cependant, en général, il est loujours possible d’apercevoir encore, dans la partie profonde de la paroi, quelques tractus rougeâtres de tissu musculaire, représentant les rares fibres contractiles qui persistent à ce niveau.
L'infiltration graisseuse ne reste pas toujours localisée à la paroi des ventricules, elle peut envahir aussi les colonnes charnues et les piliers du cœur; les piliers du ventricule droit peuvent même être assez dissociés par la graisse pour donner l'illusion complète à l'œil nu d’une dégénérescence grais-
seuse du muscle (Letulle), mais ceci est assez exceptionnel: BUREAU 2