ER
déformation. L’intensité des phénomènes nerveux surverant à propos du moindre effort et leur bizarrerie (fourmillements dans les globes oculaires, anxiété respiratoire, accès lipothymiques) nous décident à porter, au bout d’une quinzaine de Jours, le diagnostic de neurasthénie avec tendance hypochondriaque.
Le pharynx et les conjonctives oculaires sont anesthésiques. |
Il existe un léger strabisme de l'œil droit. L'état moral est déplorable et le malade n'hésite pas à se considérer comme frappé à mort, malgré un excellent appétit et une conservation apparente des forces.
Vers la fin du mois de Janvier, il contracte la grippe
dans nos salles et cette maladie accidentelle est l'occasion d'un amaigrissement très notable. A plusieurs reprises, le malade qui sent ses membres inférieurs affaiblis, tombe en marchant près de son lit.
Cependant la céphalée s'était considérablement atténuée.
Dans la nuit du 47 Février, le malade expectore des mucosités bronchiques abondantes, mélangées à quelques filets de sang ; et le 49 au matin, il meurt subitement quelques instants avant la visite.
L’autopsie ne montre que quatre sortes de lésions :
4° Une dilatation modérée des ventricules latéraux du
cerveau, prédominante à gauche. Les circonvolutions cérébrales paraissent intactes. Rien sur les coupes de l’encéphale. Chaque hémisphère pèse 632 grammes. 2 La base du poumon gauche est le siège d’une congestion assez intense. Le parenchyme pulmonaire, d'un rouge brun, y est parsemé de place en place par quelques ilots de granulations tuberculeuses anthracosiques trèsanciennes.
3° Le cœur, 350 grammes, un peu plus épais que normalement, montre un trou de Botal très-large, fermé par une cloison molle et flottante, percée de deux petits orifices punctiformes et très-vasculaires.
4° L’œsophage, extrêmement dilaté dans toute son étendue, se présente sous forme d’une poche cylindroïide, terminée en bas par un cardia normal. Les parois de ce canal énorme sont épaisses. La circonférence de l'organe mesure 4% centimètres.
A l'ouverture, on constate que cette énorme poche est remplie de détritus blanchâtres, en grande partie composés par lépthéllum desquamé de la muqueuse œsophagienne. Au niveau de la partie moyenne de la paroi antérieure, on aperçoit une grosse veine sinueuse, nullement
ulcérée,
RON Hope
La muqueuse est intacte dans toute son étendue, sauf peut-être à l’origine même de l’œæsophage, où l’on voit sur la paroi antérieure une petite déchirure de forme
ovalaire, verticale, longue de 3 ou 4 millimètres. L'examen microscopique démontrera qu'il ne Ss'agissait que d’un traumatisme fait au moment de l’autopsie.
Examen histologique d’une dilatation congénitale de
de l’œæsophage, par le D'M. Letulle.
Les coupes histologiques de l'œsophage montrent que la muqueuse est remarquablement normale, sauf pour un point ; sur aucune partie de l'organe, et malgré la multiplicité des régions examinées, je n'ai pu constater la présence de glandes muqueuses. Je rapproche cette absence de glandes en grappes, logées à l’état normal dans la profondeur de la muqueuse, de la malformation congénitale
de l'organe.
Dans un cas de dilatation générale congénitale de l’œsophage, dont j'ai pu précédemment faire l'étude (Baumé, Bull. Soc. Anat. 1890, p. 237) la même malformation histologique n'existait pas: les glandes muqueuses y étaient cependant des plus rares.
Les saillies papillaires sont, ici, bien développées et les
couches sous muqueuses m'ont paru iatactes. Les muscles
te
n'offrent aucune altération notable. Les vaisseaux et les
nerfs ne révèlent pas de lésions apparentes.
Bref, n’était la notion d’une malformation de l'organe et l’absence constante de glandes sous-muqueuses, on ne saurait conclure en faveur d’une altération quelconque de l'œsophage. Le cas de Baumé, auquel je viens de faire allusion, était compliqué d'érosions hémorrhagiques entamant la musculaire de la muqueuse; ces érosions font
défaut dans la présente observation. ;