PERRIN DE LA TOUCHE
Le 25 juin 190... au soir, à Rennes, la femme R... boit, se couche sur un matelas, à côté de son jeune enfant de 3 mois. Au milieu de la nuit, un battant d’armoire tombe sur la mère et l’enfant. Le frère aîné de 10 ans se réveille et dégage sa mère et l'enfant. Le nourrisson pleura un peu. Vers 5 heures, au réveil, la femme R... trouve son enfant mort. Fille fut inculpée d’homicide par imprudence.
Autopsie: Le cadavre est celui d’un bel enfant de 3 mois, gras, bien conformé, présentant un hypospadias balanique; il semble bien soigné.
À la partie supérieure de la poitrine et à la partie inférieure de la face, existe une légère éruption papuleuse, à éléments légèrement ecchymotiques.
Il n’y a aucune trace de violence, pas d’ecchymoses sous-conjonctivales.
À la dissection du cou, rien à signaler. À l'ouverture de la poitrine, on trouve un gros thymus de 8 c/m 1/2 de long sur 3 1/2 de largeur et 2 d'épaisseur. Le poids de ce thymus est de 24 gr. Les ganglions lymphatiques sont volumineux. La trachée et les bronches sont remplies d'une écume abondante: Au niveau des poumons on ne trouve pas d’ecchymoses sous-pleurales. Leur consistance est supérieure à la normale; ils crépitent à peine; à la pression, il s'écoule de leur coupe une quantité prodigieuse de
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liquide non teinté, légèrement aéré, et une faible quantité de sang.
On voit aussi sortir d’un certain nombre de bronchioles des chandelles de muco-pus. Tous les fragments du poumon surnagent. Pas de liquide dans le péricarde, ni d’ecchymoses sous-
péricardiques.
Le cœur est volumineux; les parois (ventricule gauche surtout" ont une épaisseur anormale. Le trou de Botal présente encore un orifice direct admettant un crayon ordinaire.
L’estomac est rempli de lait, ayant subi un commencement de digestion. Les autres viscères sont normaux. Le cuir chevelu est normal. Pas de fracture des os du crâne. Encéphale normal.
Conclusions. — L'absence de traces de violence semble devoir faire écarter l'hypothèse d'une mort par suffocation brusque, telle que celle de la conséquence de la privation de l’air par application du corps de la mère contre la bouche de l’enfant. La mort paraît résulter d’un catharre suffocant ou œdème aigu du poumon, auquel l’hypertrophie thymique et ganglionnaire n’est peut-être pas étrangère.
Cette observation montre l'importance qu’il y a à examiner minutieusement le poumon chez un enfant présentant de l’hypertrophie thymique, car les observations relatant la coexistence d’une bronchite capillaire ou broncho-pneumonie avec une hypertrophie du thymus, ne sont pas rares.
OBSERVATION IX
MARFAN
Suzanne C.., 2 mois 1/2, est amenée à la crèche des enfants malades le 17 mai 1894, à 1 heure de l’après-midi, avec des signes d'asphyxie. La mère, bien portante, a 29 ans. Pas de troubles digestifs antérieurs; au mois de mai (début) l'enfant était constipée et toussait un peu. Le 3 mai, elle eut une convulsion qui ne se renouvela pas.
Le 16 mai, elle présenta de l'inquiétude, de l'agitation, elle dépérit. Le visage s’altère.
Le lendemain 17 mai, l'enfant étouffe; conduite à l’hôpital, l'interne l’examine:; l’enfant était inerte, sans cris, les extrémités cyanosées, les lèvres bleuâtres. La respiration est difficile, il y a. un certain degré de dyspnée expiratrice; rien à l’auscultation, aucun signe de diphtérie. |
Bain sinapisé, une piqûre d’éther, puis une de caféine. L’asphyxie fait des progrès. La mort survient à 5 heures de l’après-midi.
Autopsie le 19 mai: enfant bien nourrie, poids 5 kg. 300, ventre normal, taille 60 c/m. Pieds et mains d’un bleu noirâtre. Lèvres violacées. La peau présente par places des sigillations sanguines. L'enfant est donc morte d’asphyxie. À
Après incision du cou, on voit une masse faisant hernie derrière la poignée du sternum. C’est le thymus très gros. On voit un aplatissement de la trachée à l’union de la portion cervicale et dela portion thoracique. L’aplatissement disparait en partie lorsque le thymus est dégagé; cependant, au point comprimé, il reste une dépression assez marquée et le tissu de la trachée paraît moins résistant. Du reste la trachée ne présente aucune altération. Ces dernières constatations permettent de penser que la compression s’est faite brusquement.
Le thymus présente une hypertrophie, surtout de sa portion thoracique. Poids, 31 gr. Longueur totale, 8 c/m; celle de la portion cervicale est de 3 c/m; celle de la portion thoracique, 5 c/m. La plus grande épaisseur est au niveau de la portion thoracique et atteint 2 c/m.
Le thymus est très rouge, très congestionné, présente de petites ecchymoses par place. En dehors de l'hypertrophie du thymus, les autres lésions constatées sont celles de l’asphyxie; le sang est très noir, le cœur très dilaté, la stase veineuse existe dans tous les viscères, surtout aux deux bases des poumons.
OBSERVATION X
H. AUDÈoOUD (résumée)
Un enfant de 2 mois avait été couché à 7 heures du soir, en parfaite santé; il fut trouvé mort à 5 heures du matin. Il était légèrement tourné sur le côté et sa tête appuyée sur un coussin.
Autopsie: On trouve un thymus de 30 gr., ayant 16 m/m de long, 52 m/m de large et 6 m/m d'épaisseur, recouvrant le péricarde et remplissant l’espace sterno-claviculaire. La moitié infé- ‘ rieure du poumon gauche est œdématiée; il en est de même du côté droit, où l’on constate en outre des ecchymoses pleurales. On trouve l’'écume dans les bronches. La trachée est légèrement aplatie et ramollie.
OBSERVATION XI
Professeur Pierre PARISOT (in thèse HERBIER)
Le 5 janvier 1907, vers 3 heures du matin, un enfant âgé de 5 mois 22 jours, du sexe masculin, est décédé. Cette mort ne paraissant pas due à une cause naturelle, le médecin appelé pour constater le décès refusa le permis d’inhumer. La mère, soupçonnée, fut conduite et interrogée devant le commissaire de police, auquel elle fit le récit suivant:
Je me nomme B. A. âgée de 30 ans, née à N... (A. L:), le 1 décembre 1876; célibataire, ouvrière en chaussures, vivant maritalement depuis treize ans avec un nommé M. A.., détenu à la Maison d’Arrêt de Nancy, une fois condamné par le tribunal correctionnel de Nancy, pour faux et escroquerie.
J'ai eu trois enfants vivants et fait deux fausses couches. Sur mes trois enfants, deux vivent encore, ce sont: Marie, âgée de 12 ans, laquelle habite avec moi; Antoine, âgé de 9 ans, lequel est placé à Saïnt-Stanislas depuis deux ans par ma mère, et le troisième, nommé Auguste, âgé de 5 mois 22 jours, était né à Nancy, le 14 juillet 1900. Tous mes enfants sont issus de relations que j'avais eues avec mon amant, qui est ouvrier maçon. Depuis son arrestation, et comme je ne pouvais travailler depuis la nais-
sance de mon enfant, j'étais nourrie avec ma fille par ma mère.
Depuis trois jours, mon fils Auguste, non reconnu par moi, mais par son père, était souffrant et restituait tout le lait que je lui donnais à boire au sein. Pendant la nuit du 4 au 5 janvier courant, vers minuit, j'avais pris mon fils avec moi dans mon lit pour lui donner le sein et, au bout de vingt minutes, comme il était bien endormi, je l’ai pris et déposé dans sa voiture, placée à côté de mon lit, où je l’ai recouvert en lui laissant la bouche libre; je l’ai ensuite recouvert d’un petit oreiller pour lui tenir chaud. Il respirait librement lorsque je l’ai déposé dans sa petite voiture. j'étais bien éveillée moi-même à cet instant et suis certaine de ce que j'ai fait. Je ne me suis pas endormie en lui donnant le sein. Vers 3 heures du matin, lorsque je voulus le reprendre à nouveau, j'ai constaté qu'il était froid et ne donnait plus signe de vie. Tout ce que j ai fait pour le rappeler à la vie est resté sans résultat.
Je l’ai démaillotté et ai constaté qu'il avait fait quelques ordures dans ses langes. J'étais seule à ce moment chez moi ma fille Marie couchant habituellement chez sa grand'mère. Je me suis levée immédiatement, ai frappé à la porte d’une de mes voisines dont j'ignorais le nom, à laquelle j'ai crié que mon entart était mort et l’ai priée de venir; elle m'a répondu qu'elle ne pouvait se déranger. Je n’ai été chercher immédiatement aucun médecin et ne me suis présentée chez le docteur X.. qu'hier matin, vers 10 heures, où la domestique m'a répondu que comme j'étais indigente, je devais m'adresser à un médecin du bureau de bienfaisance. C’est moi qui, vers 10 heures, ai été avec un témoin, que j'avais rencontré dans la rue et dont j'ignore le nom, faire la déclaration du décès à la mairie. M. le docteur X..…. est venu constater le décès de mon enfant vers 4 heures et demie du soir pendant mon absence. Je ne m'explique pas comment le docteur prétend que mon enfant est mort asphyxié à moins qu'il n'ait été étouffé par les glaires ou par le lait qu’il restituait fréquemment. Il toussait aussi depuis deux jours et pouvait avoir un peu mal à la gorge. Quoi qu’il en soit, je suis complètement étrangère à la mort de mon enfant, que je nie avoir étouffé soit volontairement, soit accidentellement; pour prouver la véracité de ma
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déclaration, je vous autorise à prendre le cadavre de mon enfant et à le transporter à la morgue aux fins d’autopsie et offre de l'y porter moi-même, en compagnie d’un de vos agents. »
Autopsie le 7 janvier 1907. Aspect extérieur :
Le cadavre soumis à notre examen est celui d’un enfant du sexe masculin, paraissant fortement constitué pour son âge (5 mois 22 jours) et de belle apparence. Son poids actuel est de 6 kg. 420. La putréfaction n’est pas commencée. Sur les téguments et notamment sur le cuir chevelu, sur la peau de la face et celle du cou, nous ne relevons ni ecchymoses, ni érosions, ni plaies. Nous remarquons simplement quelques croûtes de lait à la tête, ainsi qu’une rougeur très discrète dans la profondeur des sillons du cou de ce petit cadavre.
À la palpation des membres, du thorax et de toute la région” médullaire, nous ne constatons aucune fracture.
Il n'y a pas d'écoulement par les oreilles. La cavité buccale ne renferme aucun corps étranger. Les ganglions cervicaux sont volumineux. L'examen des langes de l'enfant nous instruit sur la nature diarrhéique des dernières selles.
Ouverture du cadavre. L'examen du cerveau et du bulbe ne révèle rien de particulier. La base du crâne ne présente pas de fracture. À la dissection, on ne relève dans les plans profonds du cou aucune trace de violence,
Le plastron sternal enlevé, nous sommes aussitôt frappés par l'existence entre les deux poumons d’une tumeur rosée et volumineuse reposant sur la partie supérieure de la trachée. Cette tumeur contiguë en haut avec le corps thyroïde et recouvrant en partie le cœur n’est autre que le thymus considérablement hypertrophié. La trachée artère est sur son côté droit aplatie sous la portion supérieure de ce thymus. Cette glande repose encore directement sur les nerfs phréniques droit et gauche, ainsi que sur la veine cave supérieure. Nous détachons cet organe et le pesons. Poids, 56 gr. Les mensurations de l'organe donnent comme hauteur totale 9 c/m, largeur 6 c/m et épaisseur 3 c/m. Les veines jugulaires sont gorgées de sang. L/aplatissement de la trachée persiste après l’enlèvement du thymus. Dans le larynx,
aucun corps étranger, pas de fausses membranes, ni: œdème,
mais on y voit des mucosités ainsi que dans les fosses nasales. On
constate un peu de rougeur des replis épiglottiques.
L amygdale droite est volumineuse, celle de gauche ht normale. Nous constatons l’hypertrophie de l’amygdale médiane du pharynx et aussi celle de tout le tissu lymphoïde de cette cavité, cavité dont les parois sont tapissées d’un peu de lait. Le ganglions trachéo-bronchiques sont volumineux.
Les poumons, à l'examen en place, n'offrent rien de particulier. Il n'existe aucune ecchymose sous-pleurale et nous n'avons à signaler qu'un peu d'emphysème des bords antérieurs des’ lobes. Nous extrayons le paquet cardio-pulmonaire de la cavité thoracique. Rien à noter sur le péricarde. LE cœur gauche est normal, mais le cœur droit semble un peu dilaté. Il n’y a pas de caïllots dans les ventricules ni dans les oreillettes, et l’obturation du trou de Botal est à peu près complète.
La trachée est tapissée de mucus et là, comme dans le pharynx, nous retrouvons du lait. Les grosses bronches, dont la muqueuse témoigne d’un peu d’inflammation, contiennent des mucosités ; les bronches moyennes sont légèrement congestionnées.
Des coupes de poumon ne décèlent pas de traces de pus dans les petites bronches. Nous ne notons dans cet examen du parenchyme pulmonaire qu'un peu de congestion de la partie postérieure des lobes inférieurs (degré de congestion qui n'a rien d’anormal sur un cadavre de deux jours)). Les portions les plus denses du poumon détachées et projetées dans l'eau surnagent très bien.
Aucun corps étranger dans l’œsophage. Dans l'estomac, on recueille tout ce qu’on peut du lait qui s’y trouve et la pesée du liquide prélevé indique un poids de 15 grammes. La muqueuse gastrique est normale.
Dans le duodénum, on trouve aussi un peu de lait.
L'èxamen de l’intestin grêle nous montre des plaques de Peyer hypertrophiées, mais la muqueuse intestinale n’est nullement alférée. Le gros intestin renferme des matières fécales. Les ganglions mésentèriques sont assez volumineux. Le foie, normal
comme volume et comme consistance, présente par places une teinte légèrement jaune (donc dégénéré par places). La rate est dure, un peu volumineuse et congestionnée. Les corpuscules de Malpighi sont plus apparents que d'ordinaire. Les reins paraissent normaux (1).
OBSERVATION XII
Ozivier et Monpor (in thèse OLIVIER)
Léon X.…, né le 27 avril 1909. Sa mère, âgée de 22 ans, est soignée dans le service de M. le docteur Souligoux, depuis le mois d'août 1909, pour une arthrite blennorhagique, elle n’a aucun antécédent pathologique, ni tuberculose, ni syphilis.
Son enfant, vers les premiers jours d'octobre 1909, lui paraît avoir une respiratoin moins libre. Puis surviennent des crises brusques de suffocation, au cours desquelles le bébé assis sur son lit a le visage très cyanosé, présente du tirage sus-sternal et du tirage épigastrique. Pendant longtemps une seule crise de suffocation par jour, mais trois semaines après le début, les accès se multiplient, cinq à six par jour. Le malade s’agite convulsivément. mais il n° y à aucun signe de convulsions épileptiques.
L'examen physique du malade révèle à la percussion du thorax une matité thymique appréciable, large en haut de 4 c/m environ et descendant jusqu'au quatrième cartilage costal. Rien au niveau de l'appareil respiratoire. Pas de lésion congénitale du cœur, pas de symptômes généraux alarmants en dehors de la dyspnée paroxystique. Le diagnostic se fait de spasme de la glotte avec hypertrophie du thymus; on songe à une intervention chirurgicale malgré trois radiographies négatives. Mais le lendemain, 27 novembre 1909, crises de suffocation très violentes, l’interne de garde pratique mais en vain la trachéotomie, l'enfant meurt. Autopsie le 29; ouverture du thorax contrairement à la pratique de Marfan, il en résulte que lrosque nous avons eu entre les mains
(x) Voir thèse de Herbier, Nancy, 1906-1907, n° 28, avec 2 plan-
ches.
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les pièces recueillies à l’autopsie, nous n'avons pas pu observer d'aplatissement ni de rétrécissement au niveau de la trachée. Nous avons constaté un très gros thymus adhérent fortement à la face antérieure de la trachée, au péricarde, et pesant en tout 17 gr. 13. En résumé, mort subite par crise de suffocation chez un enfant atteint de forme intermittente d’hypertrophie du thymus, trachéotomisé mais non thymectomisé.
OBSERVATION XIII
Professeur HAUSHALTER (résumée)
Fort poupon de 9 mois, entre dans le service pour un eczéma très étendu de la face et du cuir chevelu. Les sécrétions de cet eczéma se tarissaient d’une manière insolite depuis quarante-huit heures quand un matin, aussitôt après avoir pris son biberon, l'enfant présenta une forte dyspnée avec tirage un peu de cyanose et enfin quelques phénomènes convulsifs. [Il mourut moins d’une heure après le début de la dyspnée.
À l’autopsie, on ne trouva aucune lésion viscérale capable d'expliquer da mort, mais le thymus hypertrophié pesait 54 gr. tandis que son poids moyen à cet âge est de 19 gr.; la surface présentait quelques pétéchies; en outre les bases des poumons étaient congestionnées ; le foie un peu gros avec un très léger degré de dégénérescence graisseuse.
OBSERVATION XIV
Professeur HAUSHALTER (résumée)
Le 26 octobre 1896, au matin, on amène à la clinique de M. Haushalter une enfant bien constituée, âgée de 7 semaines. Elle a, depuis huit jours, une incisive inférieure très apparente et est amenée pour des phénomènes de gastro-entérite survenus depuis la veille.
Au début de l'après-midi, sans cause appréciable, cette enfant est prise de symptômes de suffocation. Elle succombe le lendemain
à 3 heures du matin: L’autopsie montre des poumons emphysémateux, congestionnés aux bases avec ecchymoses sous-pleurales. Le thymus, de coloration rose, frappe par son grand développement; le lobe gauche a une hauteur de 7 c/m, le droit de 8 c/m, les deux lobes réunis ont 6 c/m de largeur et 1 c/m d'épaisseur. Dans ces deux cas, la mort survenue avec des symptômes de suffocation, ne s'explique suffisamment que par une compression exercée par le thymus hypertrophié. '
OBSERVATION XV
Prancau et R. RENDU, 1910 (résumée)
Nourrisson de 5 mois, qui brusquement en pleine santé eut une crise de cyanose d’une intensité extrême, et qui ne revint à lui qu'au bout d’un quart d’heure de frictions, de sinapisation et de respiration artificielle. Un deuxième accès de suffocation, en tout semblable au premier, survint sans prodrome, un mois après, et emporta l'enfant. ,
A l’autopsie, on trouva un œdème aïgu typique des deux poumons et un thymus hypertrophié et-suppuré; l'examen histologique montra que le tissu de cet organe était parsemé de petits abcès
- miliaires. Il est possible que d’une part l’hypertension résultant
de l'abolition de la sécrétion interne du thymus, d'autre part l'excitation des terminaisons du pneumogastrique par cet organe enflammé, aient déterminé ou simplement favorisé l'apparition de cet œdème aigu du poumon.
OBSERVATION XVI
TEXIER et LEVESQUE, 1921 (résumée)
Il s’agit d’un cas de paralysie des dilatateurs de la glotte, contrôlé par l'examen laryngoscopique, chez un enfant de 8 mois. Cornage marqué et gêne respiratoire, plus accentuée à l’inspiration qu’à l'expiration. Il n’y a pas de déformation du creux sus-sternal. Ces phénomènes ne sont pas augmentés par l’exten-
sion de la tête ni par l'examen laryngoscopique. La dyspnée augmentant, on fait la trachéotomie avant d’avoir pu radioscoper l'enfant, qui mourut quelques heures après. |
Autopsie: Volumineux thymus mesurant 10 c/m de long sur 7 c/m de large. Absence de ganglions trachéo-bronchiques. Pas d’aplatissement de la trachée. On est autorisé à admettre que la paralysie des dilatateurs de la glotte était déterminée par la com-
pression exercée sur les récurrents par le thymus hypertrophié
OBSERVATION XVII
BENEDETTI (résumée)
Jeune fille de 18 ans, en bonne santé, se couche. À 4 heures du matin elle s’éveille, prise d'oppression subite avec toux fréquente et spasmodique; elle gémit, assise sur le lit, avec une angoisse extrême, des sueurs froides, une respiration pénible et sifflante.
L’expiration est prolongée et convulsive. Il n’y a pas de tirage, pas d’expectoration.
La face est pâle, les lèvres sont violacées.
Elle meurt en quelques minutes.
La recherche attentive de l’état antérieur, révéla dans les derniers temps quelques sensations pénibles du côté du naso-pharynx, avec un peu d'enrouement. Un spécialiste consulté n'avait rien constaté et conseilla l'emploi d'huile mentholée.
Autopsie: Rhino-pharyngo-laryngite catarrhale simple; pas d’altération viscérale, léger état d’hyperémie des principaux organes.
Hypertrophie modérée des principaux groupes ganglionnaires lymphatiques; aorte un peu hypoplasique. La moelle des os est rouge, le thymus persiste et est notablement hypertrophié (74 gr..). À l'examen histologique, sa structure est normale, sauf une augmentation de volume des corpuscules de Hassal.
OBSERVATION XVIII
MouriQuAUD, REGNIER, P. DELORE, 1921 (résumée)
C'est l’histoire d’un enfant de 11 mois qui, depuis cinq mois, a présenté de l’essoufflement continu, du ronflement inspiratoire, des secousses répétées de hoquet et, de temps en temps, des crisss d’apnée avec convulsions.
L'examen radioscopique montrait, au niveau du médiastin antérieur, une masse opaque débordant le sternum de 2 c/m de chaque côté. On fait immédiatement une séance de radiothérapie
Vers 19 heures, l’enfant se met à crier sans s'arrêter; à 22 heures, il meurt brusquement, sans aucun signe d’asphyxie.
Autopsie: Thymus volumineux pesant 25 gr., refoulant excentriquement le phrénique droit et collé sur le récurrent gauche. La trachée n'est ni aplatie ni déviée. Les autres organes sont entièrement normaux.
Les dix observations précédentes sont des exemples assez nets de morts subites thymique où domine l'influence des facteurs mécaniques (compression de la trachée, des gros vaisseaux, compression et irritation des nerfs).
OBSERVATION XIX
VIBERT (résumée)
L'enfant Ménard, du sexe masculin, 3 mois, est trouvé un matin mort dans le lit de sa mère, couchée près de lui. À l’autopsie, le thymus descend jusqu'à la pointe du cœur; longueur 85 m/m, largeur 35 m/m, poids 35 gr. Les poumons ne sont nullement congestionnés, il n’y a pas d’écume dans les bronches, pas d’ecchymoses sous-pleurales ou sous-péricardiques; un peu de sang liquide dans les cavités du cœur. Dans l'estomac, on trouve une cuillerée à café de lait mélangé à quelques mucosités ; aucune altération des organes,
OBSÉRVATION XX
VIBERT (résumée)
L'enfant Varin, sexé féminin, âgée de 5 mois, est trouvée morte auprès de sa mère, dans le lit de laquelle elle avait été couchée.
A l'’autopsie, on trouve un thymus recouvrant complètement le cœur ; longueur 8 c/m 5; poids 30 gr. Les poumons ne sont pas congestionnés; les bronches sont vides. Il existe une dizaine d’ecchymoses sous-péricardiques et un peu de sang liquide dans les cavités du cœur. L'estomac est dilaté Il mesure 12 c/m de large sur 8 c/m de haut; il contient deux à trois cuillerées de liquide blanchâtre. Ses parois sont ramollies, congestionnées.
OBSERVATION XXI
VIiBERT (résumée)
L'enfant Ferre, du sexe féminin, âgée de 2 mois, peu vigoureuse, est atteinte de conjonctivite granuleuse. Elle meurt la nuit dans le lit de sa mère. A l’autopsie, on trouve un thymus recouvrant la moitié du cœur. Les poumons ne sont pas congestionnée, mais plutôt pâles, présentant par, contre de nombreuses ecchymoses ponctuées. Il y a une abondante quantité d'écume dans les bronches. Pas d’ecchymoses sous-péricardiques; un peu de sang liquide dans le cœur et une petite quantité de lait dans l'estomac.
OBSERVATION XXII
OLLIVE (résumée)
Le professeur Ollive a été appelé à faire l’autopsie médicolégale d'un enfant de 8 mois, trouvé mort dans le lit à côté de sa mère. Or, on ne trouva trace d’uncun traumatisme, d'aucun accident de suffocation, mais seulement un très volumineux thymus
OBSERVATION XXIII
MarFAN, 1922 (résumée)
Mort subite chez une fillette de 21 mois. A l’autopsie, thymus congestionné, pesant 37 gr. (au lieu de 15 gr. poids maximum à cet âge), mais ne comprimant ni la trachée, ni les vaisseaux, ni les nerfs.
OBSERVATION XXIV MarTIN, 1923
Un enfant du sexe masculin, âgé de 8 mois et demi, allaité par sa mère, prend le sein à minuit; la mère le couche à son côté et s'endort. Elle s’éveille à 3 heures du matin et trouve son enfant mort auprès d'elle.
Je suis chargé d'examiner le cadavre et de déterminer les causes de la mort.
L'enquête ne révèle aucune intention criminelle de la part des parents. L'hypothèse d'une asphyxie accidentelle par imprudence de la mère ou d’une mort subite est seule à envisager. Or, l’examen du cadavre ne révèle aucun signe de suffocation. Le cadavre est pâle, les lividités se trouvent sur le côté droit du corps. Elles sont de coloration normale. Sur les deux bras se voient des pustules vaccinales en voie de cicatrisation. En aucune partie du corps il n'existe de traces de violences. L'examen de la bouche et du pharynx ne révèle la présence d'aucun corps étranger. Pas de piqueté hémorragique des conjonctives, des muqueuses ou de la peau.
La dissection du cou ne révèle aucune trace de traumatisme. La dissection du cuir chevelu découvre la glande fontanelle, dont les dimensions sont de 5 c/m sur 3 c/m &. Les méninges et le cerveau ne présentent aucune lésion. Le thymus est hypertrophié. I] s'étale depuis le corps thyroïde jusqu’au péricarde; son poids est de 30 gr.
Le tissu lymphoïde est très développé au niveau du pharynx, les amygdales sont grosses,
La trachée n’est pas déformée par le thymus hypertrophié.
Les organes thoraciques sont normaux; il n'y a pas d’ecchy-. mose sous-pleurale, ni sous-péricardique.
Les poumons pèsent 100 gr. chacun. Il n'y a pas d'écume dans la trachée, ni les bronches, pas d’emphysème, pas de congestion marquée.
Les cavités du cœur sont remplies de sang liquide.
Le péritoine contient un peu de sérosité cadavérique, il n'y a pas de liquide ascitique. L'estomac est distendu par du lait caillé; il forme une poche qui refoule à gauche le diaphragme.
L'appendice est normal. Le mésentère est farci de ganglions lymphatiques de la grosseur d'une petite noisette. L'intestin présente des plaques de Peyer hypertrophiées, sans inflammation, ni ulcération.
Le foie pèse 320 gr., la capsule présente de petites taches hémorragiques; lorsqu'on incise le parenchyme, on voit des zones décolorées, jaunâtres, de forme arrondie où le tissu paraît altéré. Les voies biliaires sont normales. Des coupes histologiques pratiquées sur le tissu hépatique montrent une dislocation des travées hépatiques avec des zones d'infiltration de cellules inflammatoires qui sont certainement des gommes syphilitiques de formation.
La rate pèse 40 gr. Les capsules surrénales sont normales, ainsi que les reins.
En somme, les lésions anatomiques ne permettent pas de conclure à une suffocation. Il existe une hypertrophie du thymus, de tout le système lymphoïde, comme on constate souvent chez les enfants qui meurent subitement, mais les lésions du foie montrent nettement que l'enfant est un syphilitique héréditaire.
La dilatation de l'estomac par le lait, le refoulement du diaphragme, ont pu causer des modifications circulatoires suffisantes, chez un hérédo-syphlitique atteint d’hypertrophie du thymus et de splanchnomégalie, pour amener des modifications de la pression artérielle et la syncope mortelle.
Cette observation met en lumière la nécessité de rechercher l’hérédo-syphilis dans les cas d'enfants morts subitement et présentant de l’hypertrophie du thymus.
OBSERVATION XXV
GRIFFITH (résumée)
Dans la même famille, l’auteur a observé sept enfants de 1 à 8 mois, jusque là bien portants, qui moururent ne Ne A l’autopsie, il a trouvé un gros thymus.
OBSERVATION XXVI
HÉDINGER (résumée)
C'est l’histoire de cinq enfants, frères et sœurs, morts coup sur Coup.
Le premier mourut à 5 ans et 3 mois subitement; il fut suivi de près par sa sœur, âgée de 6 ans qui, à part les angines auxquelles elle était sujette, se portait toujours bien. Elle aussi perdait connaissance au moment où elle se trouvait dans la grange de la ferme. En tombant, elle se cogna la tête et, quand on arriva, au bout de quelques minutes, on ne trouva qu'un cadavre. La mort fut attribuée au traumatisme de la tête, causé par la chute.
Le troisième enfant succomba aussi brusquement que les deux précédents, à l’âge de 3 ans. Enfin, le quatrième enfant après avoir présenté deux accès d’asphyxie, succomba à 5 ans 1/2, au cours d’un troisième accès.
Le cinquième, une fillette de 5 ans 1/2, en pleine santé et sans avoir jamais été malade, fut prise brusquement, en mars 1899, d’une perte de connaissance. Le médecin de la famille, M. Schevandér, appelé en toute hâte, trouve l'enfant dans un état syncopal, la figure violacée, les pupilles dilatées, les cornées insensibles, le pouls incomptable et à peine sensible. Cet état persiste pendant deux heures.
Puis, après avoir vomi du sang, provenant probablement d’une morsure de la langue, la fillette revient peu à peu à elle.
Le lendemain, la fatigue et la sensation de soif se dissipèrent et l’enfant ne tarda pas à se rétablir complètement.
Mais, sept mois plus tard, le 21 septembre 1899, au moment où
elle était aux champs avec ses parents, elle fut prise d’un nouvel accès, identique au précédent. Une sage-femme qui se trouvait là, essaya de pratiquer la respiration artificielle, mais ce fut en vain, et l’enfant en peu de temps succomba.
A l’autopsie, thymus très augmenté de volume, ainsi que les amygdales et les glandes de la base de la langue. Les organes lymphoides (ganglions lymphatiques, plaques de Peyer, follicules de l'intestin), sont très hypertrophiés. Il n'y a aucune lésion du côté du cœur, des poumons, ni des autres organes, à part une hyperémie manifeste du côté du cerveau et des méninges.
Ce sont là des cas de mort subite familiale.
Voici maintenant des cas de mort subite survenue sous l’anesthésie locale ou générale ou après une intervention et dans lesquels le thymus a été trouvé hypertrophié et considéré comme cause de la mort: |
OBSERVATION XXVII BAyER (résumée) Garçon de 17 ans, déjà anesthésié une fois, succomba par syn-
cope cardiaque dix minutes après une deuxième anesthésie au chloroforme. À l’autopsie, thymus pesant 55 gr.
OBSERVATION XXVIII
LEJARS (résumée)
Il s’agit d’une jeune fille de 18 ans, qui mourut le soir, après avoir subi une thyroïdectomie partielle le matin; thymus, 69 gr.
OBSERVATION XXIX
Ezio BENVENUTI, 1898 (résumée)
--Mort rapide post-opératoire d’une femme de 25 ans, après une
CR Lie
thyroïdectomie partielle. Elle avait un gros thymus et de gros ganglions.
OBSERVATION XXX
HEROSZKIEWICZ (résumée)
C'est le cas d'un jeune homme de 30 ans, atteint d’un petit kyste du cou qui, à la suite d’une injection locale de 0 gr. 065 de tropococaïne, succomba dans des convulsions pendant l’opération.
L’autopsie montra un thymus de 22 gr., une grosse rate et des plaques de Peyer volumineuses.
OBSERVATION XXXI
METTEL (résumée)
Malade chez lequel Kiselsberg pratiquait l’extirpation d’un goître exophtalmique, à l’aide d’une injection locale de cocaine. Après une première syncope, le malade fut ranimé, mais succomba un quart d'heure après. A l’autopsie, présence d'un gros thymus.
OBSERVATION XXXII
KELLER (résumée)
Dans un cas de goître exophtalmique, la mort subite survient après la thyroïdectomie; là encore, l’autopsie montra une hypertrophie du thymus.
OBSERVATION XXXIII
Th. CapPeLEN, 1919 (résumée)
A l'hôpital de Stavanger, un ouvrier de 20 ans se présente à la consultation pour se faire inciser un panaris des gaînes du médius gauche. ;
L’anesthésie duré trente minutes. On avait employé un tiers
. de milligrammes de scopolamine, 2 centigrammes de pantopon et environ 100 gr. d’éther. Il y a lieu de noter que les solutions de scopolamine et de pantopon avaient été récemment préparées et que la fin du contenu de la seringue, utilisé dans le présent cas, fut ensuite employée pour d’autres malades sans inconvénient aucun.
La, mort survint par paralysie progressive de la respiration, environ cinq heures après l’opération, sans que le malade eut repris connaissance. La respiration artificielle fut entretenue pendant tout ce laps de temps, sans qu'aucun obstacle se révélât au passage de l'air par les voies respiratoires. Le pouls fut excellent jusqu’à la fin.
A l’autopsie, existence d’un reliquat volumineux du thymus du poids de 35 gr. C’est à cette persistance du thymus que l'on attribua la terminaison fatale.
OBSERVATION XXXIV
RIEUx
Le 21 novembre 1908, à l'hôpital militaire Desgenettes, à Lyon, un jeune soldat est porté à la salle d'opération en vue d’une cure radicale de hernie inguinale. Il avait manifesté dans son entourage quelque appréhension sur l'issue de cette opération.
L'anesthésie générale est commencée à l’éther. Assez rapidement, avant que l’anesthésie complète fut obtenue, le faciès présente de la pâleur, le pouls fléchit, puis devient insensible. Tous les moyens habituels en présence d’une syncope cardiaque sont mis en œuvre; respiration artificielle, traction rythmée de la langue, même massage du cœur. Le malade a succombé.
Autopsie le lendemain, 22 novembre. La plèvre gauche était le siège d’adhérences anciennes, fibreuses et très étendues; rien à droite. Le poumon gauche présentait de la congestion génér1lisée, sans œdème abondantt.
Le thymus était volumineux, dépassait légèrement le manubrium et descendait à 6 c/m au-dessous de lui. Sa consistance était plus molle que celle d’un ganglion lymphatique; ganglions
trachéo-bronchiques hypertrophiés, fibro-anthracosiques. Les reins étaient un peu plus volumineux que normalement, fermes à la coupe, un peu congestionnés; le rein droit contenait un petit kyste. Foie normal; voies biliaires aussi. Cœur d'aspect normal; aorte normale.
Dans la cavité abdominale, on remarque des ganglions. mésentériques nombreux, hypertrophiés, de consistance un peu ferme, rosés à la coupe.
Les capsules surrénales paraissaient macroscopiquement normales. .
Enfin, le pancréas apparut gros, uniformément rouge à la coupe, très différent par sa dimension et sa couleur du pancréas normal. Les examens histologiques ont porté sur le thymus, les capsules surrénales et le pancréas.
Le thymus, histologiquement, se présentait avec les caractères du thymus lymphoïde, simplement hypertrophié; disposition structurale conservée, avec seulement un peu d’abondance du tissu fibreux interlobulaire. Dans les lobules grossis, la substance médullaire, élargie, contenait de nombreux lymphocytes, d’aspect cytologique normal, et réunis en masses serrées. Dans la substance médullaire, corpuscules de Hassal sans particularité.
Les capsules surrénales, qui paraissaient macroscopiquement saines, ont montré une atrophie assez marquée de la substance médullaire, sans lésion cytologique apparente.
Le pancréas a révélé une hyperplasie manifeste des acini et même des ilots de Langerhaus, avec une dilatation intense des vaisseaux.
I1 s'agissait bien d’un cas de mort thymique au cours d’une éthérisation.
OBSERVATION XXXV
GozzoriNo, de Gênes, 1906 (résumée).
C’est le cas d’un enfant de 8 mois, opéré de végétations adénoïdes en deux séances, et qui mourut subitement. L’autopsie montra l’hypertrophie du thymus et celle des ganglions cervi-
caux, axillaires, inguinaux, trachéo-bronchiques, mésentériques, ainsi que celle dés amygdales palatines et naso-pharyngienne. Une légère bronchite catarrhale existait aussi, mais on ne pouvait lui attribuer la cause du décès. ‘ Il faut donc admettre que, dans ce cas, l'hypertrophie du thymus a été la cause de la mort.
OBSERVATION XXXVI
LaquEur, 1902 (résumée)
Garçon de 14 ans, de constitution robuste, auquel l’auteur se proposait de pratiquer l’ablation d’un œil, frappé de cécité, par suite de traumatisme, pour sauver l’autre œil atteint d’ophtalmie sympathique (neuro-rétinite et glaucome). ;
A peine endormi par le chloroforme, l'enfant, après une très courte période d’excitation, cessa brusquement de respirer. On constata alors que le cœur ne battait plus. :
Toutes les tentatives pour ranimer le malade échouèrent.
Il faut remarquer qu'on n'avait pas employé plus de 2 gr. de chloroforme, qui fut administré au moyen du masque d'Esmach, dofinant libre accès à l'air, Il ne pouvait donc s'agir, dans l’espèce, d’une asphyxie.
À l’autopsie, on trouva un thymus très dure à la rate, les amygdales pharingiennes et l’'amygdale linguale étaient RE ment hypertrophiées.
OBSERVATION XXXVII
Professeur Pierre PARISOT, 1921 (résumée)
I s’agit d’un garçon de 11 ans, fort et bien constitué, qui succomba brusquement au début d’une anesthésie au chloroforme, pratiquée au cours d’une amygdalectomie, dans le cabinet du médecin traitant qui l’opérait.
La respiration artificielle fut correctement faite, ainsi que dés
injections sous-cutanées de tonicardiaques, le tout sans résultat.
Le médecin, sur la plainte des parents, fut inculpé d’homicide
par imprudence.
Le Professeur Pierre Parisot fut commis, avec deux de ses confrères, les Professeurs Hoche et Michel, afin de pratiquer l’autopsie du jeune X.., et de déterminer les causes de la mort, d'établir si le décès n’a point été motivé par quelque maladresse, imprudence, négligence ou inobservation des règlements, qu’au-
rait commise le médecin et notamment de dire s’il est admissible
que celui-ci ait pu, sans risquer une imprudence opérer ce jeune garçon sans l’aide d'un confrère, ou tout au moins d'aides possédant une instruction et une expérience spéciales ;
L'autopsie fut pratiquée quinze jours après l’inhumation.
Le cadavre est en état de putréfaction avancée. Les amygdales sont volumineuses; il existe des végétations adénoïdes dans le rhinopharynx; les ganglions du cou, des aisselles et des aines ne
-sont pas tuméfés.
À l'ouverture de la cage thoracique, le thymus étalé mesure 12 c/m 5 sur 6 c/m; il n’exerce aucune compression manifeste sur les organes contenus dans la région cervicale inférieure et dans la région thoracique supérieure; il pèse 21 gr., poids inférieur à celui que l’on aurait trouvé immédiatement après la mort, étant donné que celle-ci remonte à dix-huit jours et que, durant ce temps, sous l'influence de la putréfaction, il y a eu écoulement de liquides, évaporation, desséchement, en un mot diminution notable du poids réel du thymus; nous admettrons donc que cet organe pesait primitivement plus de 21 gr. et par conséquent qu'il présentait une hypertrophie réelle chez un jeune homme âgé de 11 ans.
La trachée ne présente rien de particulier à signaler ainsi que les bronches.
Les bases des deux poumons sont congestionnées, congestion passive qui s'explique par l’hypostase. I] n’y a pas d’adhérences pleurales. | É
L'estomac, gonflé par les gaz de la putréfaction, renferme une cuillerée à bouche de liquide.
Le cœur, dont les valvules sont saines, ne renferme ni sang, ni caillot sanguin. |
Le foie, la rate sont putréfiés, ainsi que les capsules surrénales. La vessie est vide d'urine.
Les reins normaux affectent la forme en fer à cheval à concavité supérieure.
À l'ouverture du crâne, la cavité encéphalique laisse écouler une bouillie grisâtre.
Nous sommes donc en présence d’un individu chez lequel nous notons une hypertrophie plus ou moins généralisée des organes lymphatiques et du tissu adénoïde, associée à une hypertrophie du thymus, en un mot d’un cas qui rappelle le tableau du status lymphaticus de Paltauf.
Dans notre cas, l’état constitutionnel n’est pas complet, ce qui est fréquent; et les éléments qui dominent sont: l’hypertrophie du thymus, des amygdales volumineuses, des végétations adénoides dans le rhino-pharynx.
Conclusions. — La mort de l’enfant X.. est survenue au cours d’une anesthésie chloroformique.
Elle n’est pas due à une faute opératoire.
Elle rentre dans la classe des syncopes chloroformiques souvent inexplicables.
Elle n’est pas due à une dose exagérée d’anesthésique.
L’hypertrophie du thymus doit être considérée comme une cause
efficiente ou au moins prédisposante.
Au cours d'opérations semblables, la position assise du sujet peut être contre-indiquée, bien qu’elle soit la règle dans certaines anesthésies aussi dangereuses faites avec le bromure d’éthyle ou le chlorure d’éthyle.
Elle peut être considérée comme imprudente, mais la mort aurait pu aussi bien survenir dans la position couchée, étant donnée l’hypertrophie du thymus révélée à l’autopsie et qui ne se manifestait nullement pendant la vie par des symptômes particuliers.
La présence d’un confrère aurait été préférable, non pour l’opération sans anesthésie, mais pour l'opération avec anesthésie. Mais il faut bien ajouter que sa présence n'aurait rien changé,
si ce n'est peut-être qu’elle aurait permis de faire partager cn yeux de la famille la responsabilité médicale.
OBSERVATION XXXVIII
Mac CaRDIE (résumée)
Jeune fille âgée de 17 ans. Chloroformisation le 24 avril 1903. Goître double volumineux, pas de dyspnée. Un quart de grain de morphine (0 gr. 02) avant le chloroforme. Pendant la chloroformisation, mort Subite après vomissement d’un peu de liquide.
A l’autopsie, cœur petit; thymus pesant 28 gr. longueur 10 c/m 2, largeur 5 c/m 7.
Trachée très étroite, follicules de la langue hypertrophiés, ainsi que les amygdales; végétations adénoïdes dans le naso-pharynx; ganglions trachéo-bronchiques hypertrophiés; plaques de Peyer très développées. Rate grosse; cerveau petit, foie volumineux.
OBSERVATION XXXIX
Mac CaARDIE (résumée)
Petite fille âgée de 6 ans, chloroformée le 24 août 1903. L'examen de l'abdomen et de la poitrine révèlent environ une demipinte (290 c/m‘’) de liquide dans chaque plèvre. Pas de suffocation. L'enfant mourut subitement en se tournant sur le côté droit, après que l’anesthésie fut terminée.
Autopsie: Amygdales hypertrophiées. Tissu adénoide modérément développé. Thymus persistant et très développé, pesant 17 gr. et s'étendant jusqu’à la moitié supérieure et la face antérieure du péricarde.
La rate présente un accroissement de tissu lymphoide.
Les ganglions médiastinaux cervicaux sont très développés Liquide dans la plèvre et le péritoine. Le foie est gros et dur.
OBSERVATION XL Docteur M1GNoN, mars 1902 (résumée)
Il s’agit d’un malade âgé de 22 ans, atteint de hernie inguinale gauche. L'opération touchait à sa fin, lorsque le cœur et la respiration s’arrêtèrent subitement. Ni la respiration artificielle, ni les tractions rythmées de la langue, ni même la trachéotomie ne purent le ramener à la vie.
A l’autopsie, rien d’anormal chez le sujet, si ce n’est un thymus volumineux pesant 335 gr., mesurant 10 c/m de long sur 3 c/m de large. Son extrémité inférieure recouvrait complètement la crosse de l'aorte.
OBSERVATION XLI
STILLS et M. DonaLp (résumée)
Enfant de 8 mois, opéré pour phimosis, à l'hôpital des enfants de Birminghain, le 18 avril 1907 (mélange de chloroforme et d’éther) ; cinq minutes avant la fin de l’anesthésie, le petit patient devient pâle et la respiration s'arrêta. On pratiqua la respiration artificielle pendant une heure inutilement.
Autopsie: Enfant en bon état. Thyroïde, ganglions lymphatiques et amygdales normaux. Le thymus occupait complètement la moitié du thorax et était aussi large qu’un poumon d’enfant; il pesait 18 gr. i
Les ganglions abdominaux et bronchiques ne sont pas hypertrophiés. La rate est plutôt grosse. Le cœur est en bon état. Le foie est normal.
OBSERVATION XLII
BRETEGNIER, 1920 (résumée)
Femme de 25 ans, morte de syncope chloroformique, survenue cinq minutes après le début de l’anesthésie, après inhalation de 6 gr. de chloroforme, alors que la malade, en état d’anxiété extrême, n'était pas encore anesthésiée (réflexe cornéen encore
conservé). Le massage du cœur par voie trans-diaphragmatique n'a pas donné de résultat. A l’autopsie, thymus RS OERES pesant 30 gr.
OBSERVATION XLIII
LAPOINTE (résumée)
M'° X., âgée de 18 ans, entre en 1906 dans une maison de santé pour être opérée de l’appendicite.
Teint coloré et certain degré d'adiposité. Chloroformisation à la compresse. Inquiétude de la malade. Néanmoins, l'anesthésie une fois obtenue, et pendant qu’on préparait la région opératoire, ralentissement de la SEE la face pâlissait; la pupille se dilatait.
Respiration artificielle, tractions rythmées de la langue.
Il sembla un moment que la vie ar revenir, mais bientôt la respiration,cessa, et il fallut renoncer à tout espoir de ranimer la malade.
Autopsie médico-légale pratiquée par M. Balthazard.
Outre les lésions prononcées de l'appendice et de la fosse iliaque droite, on fait les constatations suivantes: Foie de volume normal, ainsi que la rate; pas d’altération des reins. Par contre, les capsules surrénales, surtout la gauche, sont un peu plus volumineuses que normalement.
Utérus très petit. Rien de particulier aux ovaires.
Cœur petit. Aorte de calibre réduit; diamètre 12 à 13 m/m.
Certain degré de sclérose sous-endocardique dans la région sous-aortique, et au niveau de l'insertion des valvules sigmoïdes, sans qu'on puisse parler de véritable rétrécissement sous-aortique.
Les coronaires sont perméables.
Le thymus s'étale au-devant de la trachée; épaisseur 4 à 5 m/m, hauteur 6 à 7 c/m, largeur 4 à 5 c/m. Le poids est de 15 à 20 gr. Les’ lobes du corps thyroïde sont volumineux, de consistance indurée.
Le diamètre des carotides ne dépasse pas 4 millimètres.
Pas de lésions méningées ; le cerveau, le bulbe ont une consistance ferme; pas de lésions macroscopiques.