II. — SURRÉNALITES
L'’insuffisance surrénale aiguë, et par suite la mort subite, peuvent se produire au cours des maladies infectieuses, ou à leur déclin. Il se produit alors soit une surrénalite aiguë, qui peut être telle que, toute la glande étant atteinte, la fonction antitoxique est radicalement abolie, d’où mort subite, car le
poison curarisant accumulé en excès cesse d’être détruit; ou bien la inaladie infectieuse détermine une surrénalite chronique, d'évolution lente; à un moment donné les dernières cellules glandulaires, jusque là respectées, viennent à être frappées d'inertie, par des lésions purement dégénératives ou inflammatoires, secondaires ou de voisinage; à ce moment la quantité de parenchyme surrénal nécessaire à la vie n’existant plus, la mort subite surviendra.
Ces faits ont été particulièrement bien mis en lumière par Hutinel dans la scarlatine, Martin et Darré dans la diphtérie, Sergent, Castaigne, Gourbaült dans la fièvre thyphoïde, Lesné, Gérard et Françon dans l’érysipèle, etc. Mais des lésions surrénales latentes (tuberculose) pouvaient préexister à la maladie infectieuse, qui n'aura été ensuite que la cause occasionnelle déclanchant des accidents d'insuffisance capsulaire aiguë (tel est le cas signalé par Labougle dans la typhoïde).
Au point de vue histologique, les surrénalites aiguës des maladies infectieuses se traduisent par l’existence d’hémorragies diffuses accompagnées de nécrose cellulaire.
Dans les surrénalites chroniques, une place à part doit être réservée aux surrénalites scléreuses, bien étudiées par Sézary, causées par une infection ancienne, ou une lésion de voisinage, ou une tuberculose non folliculaire. Les capsules surrénales sont alors volumineuses, adhérentes au foie, au rein, à la vésicule biliaire ; elles offrent à la coupe une surface blanchâtre, tomenteuse. Elles sont constituées par un tissu dur et résistant, criant sous le couteau.
L'examen histologique montre l'existence de bandes scléreuses partant de la capsule, dissociant et atrophiant la couche glomérulaire de la corticale et pénétrant parfois jusque dans la médullaire.