‹ De la mort subite dans ses rapports avec les glandes à sécrétion interne: Étude médico-légaleChapitre 20 sur 41 · TE TUBERCULOSE · texte numérisé non relu

TE TUBERCULOSE

C'est la tuberculose qui occupe la première place dans les causes de mort subite par les capsules surrénales.

Les lésions sont le plus souvent bilatérales.

Au point de vue anatomo-pathologique, on a décrit:

1° Une forme à tubercules isolés; la glande est bosselée, libre de toute adhérence. La coupe montre un ou plusieurs tubercules à différents stades, soit crus d’aspect blanchâtre, soit caséeux, par ramollissement de leur centre, soit très durs, criant sous le couteau, par suite de leur transformation calcaire. -

Ces tubercules siègent dans la médullaire et sont entourés d’une coque de substance corticale.

2° La forme la plus commune est la forme caséeuse; la glande est tuméfiée, bosselée, adhérente aux organes de voisinage, par perisurrénalité fibreuse ; le poids de la glande peut atteindre 20 ou 30 grammes.

A la coupe, on note un aspect vitreux, translucide, réssemblant à du mastic. La caséification le plus souvent n’a respecté que la partie périphérique de la glande.

3° Il y a aussi une forme indurée, squirrheuse, assez fréquente. Les glandes surrénales sont alors entourées comme des reins tuberculeux d’une couche sclérolipomateuse et transformées en tissu lardacé, creusé de cavités renfermant une matière puriforme caséeuse ou crétacée, ou bien elles sont sclérosées et atrophiées.

4° L’abcès froid surrénal est une forme bien plus rare.

Au point de vue histologique, la tuberculose des surrénales se caractérise par des tubercules véritables avec cellules géantes en amas et trainées lymphoïdes contenant des bacilles

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de Koch. À ces lésions glandulaires s'associent d’une façon

inconstante des lésions tuberculeuses du sympathique et des ganglions semi-lunaires. Parfois même les ganglions cœliaque et périaortiques, tuméfñés ou caséeux, compriment les nerfs et les ganglions scolaires qui s'atrophient et disparaissent.

Au point de vue clinique, les altérations tubérculeuses des capsules peuvent rester longtemps latentes, et ne se manifester qu’à l’occasion d’une cause banale, insignifiante. Tant que les lésions tuberculeuses respectent une certaine quantité du poids total de la glande, le 11° d’après Langlois, la personne atteinte conserve l’apparence d’une bonne santé.

Brusquement, sous des influences occasionnelles légères (traumatisme, choc, intoxication légère, surmenage, fatigue, etc.), l'équilibre ‘est rompu, les accidents éclatent subitement et la mort peut survenir soit absolument subite (syndrome de Sézary), soit rapide (syndrome de Sergent-Bernard).

Les fonctions des surrénales juste suffisantes pour un travail réduit, se trouvent en effet brusquement supprimées par suite de la cause occasionnelle.

La mort subite peut survenir au cours de la maladie d’Addison (Dezirot), précédée ou non de vertiges, hypotension, tendances syncopales. Elle se produit parfois avec le cortège de signes suivants: douleurs abdominales atroces, vomissements incoercibles, diarrhée, refroidissement des extrémités, hypotension avec tendance au collapsus, qui caractérisent l’insuffisance surrénale aiguë, et qui rappellent tout à fait la symptomatologie du syndrome solaire, au point qu'on peut se demander si ces signes d’inhibition sympathiqüe ne sont pas fonction d’une diminution de sécrétion de l’adrénaline, excitant normal de ce nerf.

Avec Laignel Lavastine, on peut distinguer deux formes anatomo-cliniques du syndrome d’Addison. Dans l’une, les lésions des surrénales sont les plus importantes. Dans l’autre, les lésions du sympathique péricapsulaire ou du plexus solaire sont prédominantes et les lésions glandulaires sont secondaires aux altérations nerveuses. |

Syndrome de Sergent-Bernard. — Sergent et Bernard ont, . les premiers, différencié le syndrome d'insuffisance surrénale aiguë, sans mélanodermie des formes frustes de la maladie d'Addison. Ils ont attiré l'attention sur les symptômes divers qui pouvaient apparaître et, dans certains cas, faire penser à un erpoisonnement accidentel ou criminel.

Notons de suite que la tuberculose des surrénales est sa cause la plus habituelle, mais qu’il peut apparaître aussi au cours de lésions non tuberculeuses (cancer, etc.). Des douleurs lombaires parfois atroces, arrachant des cris au malade, s’irradiant vers l’hypochondre, vers l’ombilic, dans tout l’abdomen, marquent le début des accidents. Des vomissements incoercibles et de la diarrhée apparaissent. La peau se couvre de sueurs visqueuses, les extrémités se refroidissent, l’hypothermie s’accentue, le pouls faiblit et le collapsus et le coma surviennent, puis la mort.

Tel est le tableau clinique qui doit être bien connu fdu clinicien et du médecin légiste.

Le diagnostic, avec une intoxication accidentelle ou criminelle est, on le voit, des plus difficiles, car celle-ci, soit médicamenteuse (sublimé, etc.), soit alimentaire (champignons par exemple), s'accompagne des mêmes symptômes.

Nous avons dit que chez les sujets atteints de lésions latentes des surrénales (tuberculose, parfois cancer), une cause occasionnelle légère (infection bénigne, intoxication

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