NES
I] n'existait aucune autre hémorragie viscérale importante.
L'examen histologique du foie et de la rate montra qu’il ne s'agissait pas d'hérédo-syphilis.
Ce fait, rapproché de deux cas de Heugge, dans lesquels la manœuvre de Schultze avait été pratiquée, paraît trouver son explication dans une compression brusque de la veine cave inférieure, au cours de certains procédés de respiration artificielle.
Cette observation est intéressante et éclaire une des causes de mort subite chez le nouveau-né après l’accouchement.
OBSERVATION V
VALLEIX (résumée)
Enfant de 7 jours, mort après deux courtes convulsions et des symptômes d’'asphyxie. À l'autopsie, on trouve une hémorragie des deux capsules surrénales, qui sont très volumineuses.
La gauche est du volume d’un œuf de poule. La droite est un peu moins distendue. Il existe des épanchements sanguins plus ou moins prononcés sous l’arachnoiïde, dans les corps striés et sous la plèvre.
Ces observations sont des exemples d’hémorragies surrénales chez les nourrissons. Voici maintenant des cas chez l’adulte.
OBSERVATION VI
CLAVERIE (résumée)
Jeune soldat de 23 ans, le 16 décembre 1915 entre à l’ambulance pour courbature.
A l'entrée, le malade paraît fatigué, les traits sont tirés, le teint pâle. Il se plaint de souffrir de faiblesse générale et de ressentir des douleurs assez vives dans les jambes. Il a accompli
ue 98 — son service régulièrement jusqu’à la veille. Rien à signaler dans les antécédents personnels où héréditaires.
L'examen attentif de tous les grands appareils n’a rien révélé de particulier. Pas de dyspnée; le pouls régulier bat à 90. Pas de troubles de la motilité, ni de la réflectivité, ni de la sensibilité. Pas d'œdème ni d’albuminurie. Pas de mélanodermie. La température prise aussitôt est de 36°9. à
Le signe de Sergent n’a pas été recherché. On laisse le malade au repos. Durant la nuit, il est agité; le lendemain, vers 8 heures du matin, le médecin de garde est appelé auprès de L... qui a, dit l’infirmier, une syncope.
À son arrivée, quelques minutes après, il trouve le malade mort dans son lit. Le visage n’est pas cyanosé, le corps ne porte aucune ecchymose, ni aucune trace de violence. Une enquête sérieuse a pu établir que le malade n'avait subi aucune contrainte, ni aucun traumatisme.
L'autopsie est pratiquée vingt-quatre heures après le décès.
Le crâne est dur, cassant. Pas d’hémorragie méningée, légère congestion de la pie mère, qui se décolle facilement. Pas de congestion encéphalique, les coupes systématiques de l’encéphale n'ont rien révélé d’anormal. Rien au cervelet, rien au bulbe, ni à la moelle cervicale supérieure.
Les poumons sont normaux; pas de lésions, pas de pleurésie.
Le cœur est mou, il n’existe pas de lésions valvulaires, pas d’athérome artériel.
Foie, rate, pancréas, intestins normaux. :
Pas de réaction péritonéale. Pas d’amas ganglionnaires.
Reins petits, rouges, un peu congestionnés, se décortiquent bien. La capsule surrénale droite a sa surface normale, elle est cavitaire et contient une très petite quantité de sang noir ; la substance corticale est légèrement infiltrée de sang.
La capsule surrénale gauche est bombée, dure, du volume d’une mandarine; soulevée elle se rompt et laisse échapper à peu près 30 gr. de sang fluide.
Examinée macroscopiquement, on voit que la substance médullaire a complètement disparu et qu’il ne reste plus de la substance
corticale qu'une mince couche de 2 ou 3 millimètres d'épaisseur, formant la poche du kyste hématique qui s’est rompue post-mortem au moindre contact. On ne retrouve plus, dans cette poche flasque, vidée de son contenu, la forme ni la couleur de la capsule . surrénale.
L’aorte, à ce niveau, ne présentait rien d’anormal.
Rien du côté du plexus solaire.
Il n’a pas été pratiqué d'examen microscopique des surrénales.
OBSERVATION VII MazeL et B. Lamy, 1917
Le 4 mai 1917, nuos étions appelés à pratiquer l’autopsie d’un soldat de 22 ans, B.., appartenant au personnel d’une batterie lourde; B.…. avait été, deux jours auparavant, au réveil, trouvé mort par ses camarades, dans l’abri qu’il occupait avec eux. Voici le résumé du protocole de l'opération :
Examen macroscopique. Cadavre en assez bon état de conservation. Toutefois, au niveau de la joue droite, perte de substance, due à la dent des rongeurs.
Rigidité très accusée. Lividités de teinte normale et de siège habituel. Pas de putréfaction apparente. Pas de signe de violence.
Sur la face antérieure du thorax et de l’abdomen sont irrégulièrement disséminées et en grand nombre des taches lie de vin. La plupart ont les dimensions d’une tête d’épingle en verre et sont régulièrement arrondies; d’autres sont plus petites, d’autres moins régulières ont de plus grandes dimensions. À la coupe, une petite hémorragie sous-dermique répond à ces taches.
A l'ouverture du cadavre, on constate une teinte rosée assez vive des masses musculaires et une coloration nettement hémorragique des exsudats agoniques pleuraux.
Aucune inflammation péritonéale; aucune lésion de l'estomac ou du duodénum, de la vésicule biliaire, de l’appendice.
L’intestin est normal et ne présente aucun état congestif.
Etat normal du foie et de la rate. Reins légèrement congestionnée, mais sans lésions apparentes anciennes ou récentes. Aorte
; re
souple. Aucune lésion orificielle au niveau du cœur. Rien à noter au niveau des poumons et des organes respiratoires.
A l'ouverture du cerveau, pas d'état congestif des méninges ou de la substance cérébrale. Aucune lésion traumatique viscérale.
Les seules modifications pathologiques sont constatées au niveau des deux capsules surrénales; celles-ci sont le siège d’une hémorragie massive qui, à gauche, a fait disparaître en totalité le tissu de l'organe qui, à droite, a laissé subsister une petite partie de la substance corticale. Ainsi distendues, les capsules surrénales ont une hauteur d'environ 9 c/m, une largeur de 5 c/m, une épaisseur de 2 c/m.
Etude histologique due à l’obligeance du Professeur agrégé Tanon, laboratoire d'armée:
Rien à signaler au niveau du cœur, du foie, des reins, en dehors d’un certain degré de congestion rénale.
Surrénales (fixation formolée, congélation, soudan-hématéine)
Lésions hémorragiques intenses prédominant en deux points: à la partie périphérique de la corticale et au centre de la médullaire.
1° La couche glomérulaire n'existe plus. Les loges cellulaires sont distendues par des hématies. Quelques cellules parenchymateuses s’observent çà et là, refoulées contre le tissu conjonctif, très atrophiées. Leur protoplasma contient de fines granulations soudanophiles.
2° La fasciculée présente des lésions identiques, mais qui vont en décroissant de la périphérie vers la profondeur. À sa partie externe, le cordon cellulaire est dissocié par l’hémorragie; les cellules groupées par petits îlots de trois ou quatre, sont atrophiées et comprimées. À la partie interne, le cordon cellulaire reprend sa continuité et son aspect normal, bordé de chaque côté de vaisseaux extrêmement dilatés, mais non rompus.
3° La réticulée présente des lésions de grosse congestion vasculaire et de l’œdème. :
4° La substance médullaire n’a été étudiée que sous une faible étendue. Elle est parsemée d’ilots plus ou moins hémorragiques, ménageant entre eux des cordons cellulaires dont les éléments
ICS
sont dissociés par l’œdème. Les lésions cellulaires n’ont pas été étudiées (putréfaction). La teneur en lipoides de la couche corticale est un peu inférieure à la normale. Le pigment est abondant dans la réticulée. Tissu conjonctif: capsule un peu épaissie, travées conjonctives normales, mais œdématiées; ni épaississement périvasculaire, ni îlots inflammatoires.
Vaisseaux: lésions généralisées. Tous les vaisseaux du tissu conjonctif d'enveloppe, les gros vaisseaux centraux sont oblitérés par un caillot fibrineux et hémorragique de date récente. Des cellules, la plupart mononuclées, forment des traînées à la périphérie du caillot qui repose sur un endothélium en voie de prolifération.
Les parois vasculaires sont œdématiées, mais ne présentent pas de prolifération du tissu conjonctif, pas d’ilots inflammatoires. Quelques cellules conjonctives jeunes sont infiltrées çà et là dans la paroi de la ramification de la veine centrale intéressée par la coupe.
Les lymphatiques, visibles dans le tissu conjonctif d’enveloppe, sont bourrés de globules blancs mono et polynucléés; ces derniers contiennent des granulations soudanophiles.
Conclusion: Apoplexie surrénale consécutive à une thrombose toute récente de ses vaisseaux.
Recherche de l’oxyde de carbone: négative.
. Examen d’un frottis de surrénale (au point de vue microbien): flore banale, en quantité normale.
Culture du sang: microbes de putréfaction en abondance normale.
OBSERVATION : VIII
J. ParisorT, 1919 (résumée)
En mars 1919, alors qu'il était médecin consultant à l’armée du Rhin, l’auteur observa le cas d’un jeune soldat de 23 ou 24 ans, qui se sentit brusquement mal à l'aise, fut pris de vertiges, de vomissements nombreux, de douleurs abdominales violentés. La température était entre 38° et 39°, le pouls rapide, le faciès péri-
HO
tonéal. On fit plusieurs hypothèses, entre autres celle d’un empoisonnement. Dans la nuit la mort survint.
A l’autopsie, hémorragie bilatérale énorme des deux surrénales, avec destruction complète de celles-ci.
Aucune lésion des autres organes.
Ces trois observations, surtout la dernière, sont des exemples-types d'insuffisance surrénale aiguë se déclanchant brusque ment, à la suite de fatigues multiples, chez de jeunes soldats, paraissant jusque-là en excellente santé.
OBSERVATION IX
ARNAUD (résumée)
Homme de 36 ans, apporté sans connaissance à l’Hôtel-Dieu de Marseille, où il mourut au bout de quarante-huit heures.
L'analyse des urines, le tracé thermométrique et l'examen de tous les organes, ne fournirent aucune indication sur la nature et la cause des accidents nerveux.
A l’autopsie, à part une légère augmentation de la sérosité des ventricules cérébraux, tous les organes examinés furent trouvés sains, en particulier les reins, soumis à l’examen histologique.
Les capsules surrénales seules étaient le siège, l’une et l’autre, d’une grosse tumeur hémorragique pesant: la droite, 28 gr. 50; la gauche, 48 gr. Celle-ci formait une grosse masse irrégulière, ovoide, blanchâtre et dure en avant, molle en arrière et rougeâtre. L’athmosphère celluleuse qui environne l’organe s'en détachait facilement en avant; en arrière, elle lui était intimement adhérente.
Sur la coupe, chacune des capsules surrénales présentait un aspect charnu, gris, rougeâtre, assez uniforme, rappelant celui d’un hématome en voie d'organisation.
Près du bord inférieur de la capsule surrénale droite se retrouvait, dans une étroite zone, l’apparence du parenchyme surrénal avec ses deux substances.
Examen microscopique. Les coupes faites sur la portion ou bord inférieur de la capsule, respecté par l’hémorragie, montrent les rapports du tissu glandulaire avec la tumeur sanguine; la partie saine est restée mince, effilée. Elle a gardé sa forme et sa structure à peu près normales On y distingue nettement, entre deux zones périphériques de substance corticale:
1° Les vaisseaux de la nervure vasculaire centrale augmentés de volume et injectés de sang.
2° Une couche centrale plus foncée de substance médullaire. Celle-ci affecte une forme triangulaire. Elle renferme un plus grand nombre de petites cellules qu'à l’ordinaire et se continue par sa base élargie avec le tissu caverneux qui constitue le foyer hémorragique. Ce tissu caverneux se prolonge en forme de coin dans le centre de la partie encore saine de la capsule. surrénale, de telle sorte qu’une mince couche de l'écorce subsiste jusqu’à une certaine distance autour de la substance centrale entièrement transformée.
Au niveau du foyer hémorragique, la capsule se renfle brusquement et d’une façon démesurée, formant une véritable tumeur sanguine. Le centre de cette dernière, à un faible grossissement, donne l’aspect d’un tissu caverneux irrégulier, n'ayant plus aucune trace de parenchyme capsulaire. À côté de vastes lacs sanguins, se voient des lacunes irrégulières, toujours plus larges que les capillaires ordinaires, anastomosées, et remplies de sang, dont les globules sont encore reconnaissables. L'aspect général de la coupe rappelle la disposition des angiomes. Çà et là, de larges bandes conjonctives irrégulières traversent la préparation. Quelquesunes de ces fentes vasculaires sont circonscrites par une zone de tissu conjonctif en voie d'organisation fibreuse, ce qui leur donne l'apparence d’un véritable vaisseau sanguin.
À un examen histologique plus complet, on voit que le tissu en question est formé d’éléments analogues à ceux qui constituent les foyers sanguins organisés (hématocèles, hématomes, etc.). J'ai eu l’occasion autrefois d'étudier la structure de ces tumeurs, où l’on peut suivre pas à pas toutes les phases de l’organisation du sang épanché. Il en est de même ici avec cette particularité
que l’hémorragie.se faisant dans l'épaisseur du tissu glandulaire, les, éléments épithéliaux, mélangés aux globules blancs du sang, . peuvent prendre. une certaine part au processus de réparation, On retrouve en divers points de la tumeur la présence de cellules épithéliales de la capsule, mais il m'a paru qu’elles ne jouaient pas dans le processus d'organisation conjonctive qui suit l’hémorragie un rôle essentiellement actif. En tout cas, le rôle prépondérant paraît appartenir aux leucocytes. ‘
Les cellules épithéliales capsulaires au contraire semblent demeurer passives au milieu du tissu de formation nouvelle. Elles forment des îlots de trois, quatre cellules qui sont entourées et comprimées par des éléments du tissu, conjonctif nouveau. On y trouve toutes les phases de l’organisation du sang épanché. La circulation continue à se faire dans la plupart des lacunes vasculaires. Dans d’autres, le sang est coagulé, mais non altéré, et ses éléments sont toujours reconnaissables. Il semble que l’hémorragie y est plus récente et c’est là que l’on observe le développement des leucocytes en cellules fusiformes appelées à devenir de ‘véritables fibres conjonctives.
Ainsi se constituent les bandes fibreuses qui entourent les fentes vasculaires du tissu caverneux et qui restreignent peu à peu leur cavité.
La capsule surrénale gauche, la plus volumineuse, pèse 48 er. C’est une véritable tumeur sanguine, dans laquelle il n’y a plus de traces de tissu capsulaire. Elle présente les mêmes lésions, mais à un degré d'organisation plus avancé.
Les coupes histologiques montrent une substance fondamentale conjonctive, plutôt hyaline que fibrillaire, creusée d'espaces vas-. culaires assez distants, entourés d’une large zone conjonctive qui renferme très peu de noyaux.
Dans certains points, le tissu est encore en voie d'organisation, et les éléments cellulaires sont moins nombreux. On trouve des régions où le processus est plus récent; la substance fondamentale est réticulée et contient un grand nombre de globules rouges altérés, granuleux, mais encore reconnaissables au milieu d'un amas de fibrine. Enfin, des îlots de cellules épithéliales glandulaires,
t-. 448, 27287 L'TLRAI
rappelant les cellules des cylindres corticaux, se voient çà et là dissociés par le tisu conjonctif. On trouve aussi des amas d’éléments embryonnaires disséminés, plus nombreux vers la périphérie, sous l'enveloppe fibreuse qui limite.la tumeur.
Ce processus inflammatoire est particulièrement avancé vers la face postérieure, où le néoplasme adhère intimement au tissu voisin. Il ne nous a pas été possible de retrouver la trace des ganglions nerveux péricapsulaires au milieu de ce tissu de nouvelle formation.
OBSERVATION X
MaATTEr (résumée)
Le nommé H.…, 60 ans, entre à l'hôpital Santa-Maria Nuova à Florence, pour des ulcères aux jambes. Peu de temps après son arrivée, il fut pris de douleurs trè vives dans le bas ventre et il mourut au bout de vinqt-quatre heures.
A l’autopsie, pas d’autres lésions que celles des capsules surrénales, toutes deux augmentées de volume. ;
La droite pèse 12 gr., la gauche 16 gr. 5, contenant un caillot sanguin. Le tissu cellulaire et l'enveloppe fibreuse étaient d’un rouge vif. Les deux capsules formaient de véritables poches sanguines; le caïillot était entouré par la substance médullaire et circonscrivait l’épanchement hémorragique.
OBSERVATION XI
RAYER (résumée)
F.., 68 ans, entre à l'hôpital pour bronchite double; il prétend avoir uriné du sang autrefois. [1 fait la grimace quand on presse sur la région lombaire droite; il a un teint olivâtre très prononcé. Mort subite.
A l'autopsie, hémorragies des deux capsules surrénales; il existe un foyer unique dans chacune d'elles, mesurant à droite un pouce et demi de haut sur deux de large. Cette cavité est remplie de sang noirâtre semblable à du raisiné de Bourgogne. Mèêmes lésions dans la capsule surrénale gauche.
à OBSERVATION XII
GoopxarT (résumée)
H.., atteint d'emphysème pulmonaire, meurt subitement et d’une manière tout à fait imprévue.
A l'autopsie, hypertrophie et hémorragie des deux capsules surrénales. Il existe aussi un ha de et de la congestion des ganglions du sympathique.
OBSERVATIONS XIII et XIV
WircHow (résumées)
I] s’agit de deux cas de mort rapide avec symptômes thyphoïdes. L’inflammation hémorragique des deux capsules surrénales était la lésion principale.
OBSERVATION XV
SAVOURIAUD, PELLOT, TINEL (résumée)
I s’agit d’un enfant qui mourut quelques heures après une intervention chirurgicale. À l’autopsie, on trouva de grosses hémorragies des capsules surrénales.