SURRÉNALITES AU COURS DES MALADIES INFECTIEUSES
OBSERVATION XVI
CASTAIGNE et GOMBAULT (résumée)
Fièvre typhoïde chez un jeune homme de 18 ans. Asthénie, syncope et mort.
À l’autopsie, on trouve des lésions profondes de surrénalité infectieuse aiguë.
OBSERVATION XVII
SERGENT (résumée)
Un jeune homme de 20 ans est atteint de fièvre typhoïde grave; il a une petite hémoptysie. Le lendemain, il est très abattu. Le pouls est très faible, la tension artérielle de 9.
Le phénomène de la ligne blanche surrénale est manifeste. Brusquement il meurt en poussant un grand soupir.
À l’autopsie, outre les lésions habituelles et une petite cavernule isolée au sommet droit, il existe de nombreux foyers hémorragiques dans les capsules surrénales dont la putréfaction était trop avancée pour que l’examen histologique fut possible.
OBSERVATION XVIII
Léon TrxiEr et Jean TRoISIER (résumée)
C’est l’observation d’une scarlatine grave chez une fillette de 3 ans. Mort rapide.
À l’autopsie, hémorragies massives des surrénales et du pancréas:
OBSERVATION XIX
SERGENT (résumée)
R.. Hippolyte, 30 ans, entre à l'hôpital pour pneumonie droite. Le quatrième jour de sa pneumonie, alors que le pronostic porté était des plus favorables, il meurt subitement.
A l’autopsie, bloc d’hépatisation grise dans le bloc supérieur droit. Les autres organes ne présentent rien de particulier à signaler. Mais les capsules surrénales présentent des lésions de surrénalite infectieuse. À l’examen microscopique, on y trouve du pneumocoque en grande quantité.
rio, =
Voici maintenant des observations de tuberculose des capsules surrénales, ayant entraîné la mort subite avec ou sans
cause occasionnelle.
OBSERVATION XX
BIiNoT (résumée)
Il s’agit d’un homme de 42 ans, atteint de tuberculose pulmonaire, mais avec un assez bon état général et présentant une fistule anale. Celle-ci est opérée par excision. La journée et la nuit qui suivent l'opération sont excellentes. Mais brusquement, le lendemain matin, le malade pousse un cri et est pris de convulsions épileptiformes; une heure après la crise est terminée, le malade urine sous lui et reste dans un état de prostration complète; le thermomètre marque 40° dans l’aisselle; quelques heures après, il pousse à nouveau un grand cri et tombe dans une attaque semblable à celle du matin et meurt dans le coma une heure après.
À l’autopsie, on trouva quelques tubercules caséeux aux deux sommets; rien au cœur, pas de caillots dans l'artère pulmonaire ni dans ses branches; rien dans le cerveau, ni le bulbe.
Un peu de congestion hépatique et rénale.
Les capsules surrénales, du volume d'une mandarine, présentaient dans leur intérieur des tubercules caséeux, variant du volume d’un'poids à celui d’une noisette. Elles n'étaient pas adhérentes aux reins.
I1 semble bien dans ce cas que la tuberculose des capsules surrénales soit la cause de la mort consécutivement au léger traumatisme opératoire.
OBSERVATION XXI Bossé (résumée) Il s'agit d'un soldat opéré de l'appendicite, à froid. Le lendemain de l'opération, mort subite.
À l’autopsie, l'examen de la plaie ne révèle rien d'anormal; les sutures tiennent bien, l’hémostase est complète. Pas de traces de
réaction inflammatoire. Rien de particulier au cœur et aux poumons. .
La capsule surrénale gauche, dont la substance corticale est à peu près intacte, est transformée au centre en une masse jaune caséeuse. Celle de droite semble macroscopiquement intacte.
OBSERVATION XXII
CaADE et BARBIER, 1922 (résumée)
Il s’agit d'un cas d'insuffisance surrénale évoluant en trois ou quatre mois sans aucun trouble de pigmentation cutanée où muqueuse, et se terminant par la mort.
À l’autopsie, lésions de fonte purulente très étendues des deux surrénales, ne laissant subsister, même à l’exmaen histologique, aucun point où l’on reconnaisse les cellules glandulaires.
OBSERVATION XXIII
DorEris et MALARTIC (résumée)
Une femme vient se faire opérer d’une salpingite; trois jours après l'opération, elle meurt presque subitement dans le collapsus ; on fait l’autopsie; on ne trouve rien qui puisse être attribué à l’opération, mais seulement deux capsules surrénales complètement caséifiées.
OBSERVATION XXIV.
SERGENT (résumée)
L'auteur fut commis comme expert, avec M. le professeur Teissier, par M. le Sous-Secrétaire d'Etat du Service de Santé. à la suite d’une plainte déposée par la famille d'un militaire qui avait succombé quelques heures après une vaccination antityphoidique.
Ce militaire, qui jouissait d’une bonne santé apparente, avait présenté des malaises asez sérieux à la suite d’une première vacci-
MMOSE
nation: devant partir en permission et voulant jouir de sa permission, il n'avait rien dit; huit jours après, il mourut, après avoir présenté des accidents aigus de collapsus.
Or, l’autopsie montra une tuberculose capsulaire bilatérale ; les glandes n'étaient point complèternent détruites; la fonction surrénale était encore suffisante pour un petit travail; elle devint défaillante devant le surcroit de travail antitoxique imposé par l'introduction du vaccin, qui déclancha les accidents aigus.
Cette observation est particulièrement intéressante pour le médecin-expert. Mais ces faits sont suffisamment connus et
nous nous bornons à en souligner l’importance.
OBSERVATION XXV
BrocA (résumée)
Un enfant est opéré d’une tumeur blanche du genou, le matin. Le soir, il meurt sous les yeuxe de la surveillante, qui faisait le tour des lits au moment où il demandait à manger. :
À l’autopsie, on trouve une tuberculose des capsules surrénales.
OBSERVATION XXVI
Morris DAvEev (résumée)
C’est l’observation d’une femme de 18 à 19 ans, qui meurt subitement deux jours après un accouchement à terme.
À l’autopsie, on trouve une tuberculose des deux capsules surrénales, dans lesquelles le microscope ne montre pas trace de tissu normal.
IT existe en outre de la dégénérescence graisseuse du foie, des reins et de l’ascite.
SR HRIETEIN =
OBSERVATION XXVII
BRUGE (résumée)
Un homme de 31 ans meurt subitement.
À l’autopsie, on trouve les capsules surrénales détruites par la tuberculose.
OBSERVATION XXVIII
MURCHINSON (résumée)
Mort subite et tuberculose des surrénales à l’autopsie. .
OBSERVATION IXXX
SENHOUSE KIRKES (résumée)
Mort subite au cours d’une attaque épileptiforme. Tuberculose des capsules surrénales à l’autopsie.
OBSERVATION XXX
SERGENT et Léon BERNARD (résumée)
V. Gérard, menuisier, 24 ans, entre à l’hôpital le 7 octobre 1898 pour une angine pultacée; fièvre peu élevée, 38°. Mais malgré son aspect robuste, le malade paraît abattu et déprimé.
Rien dans la poitrine, aucun sympôme abdominal, pas d’albuminurie. Aucun antécédent héréditaire important, aucune maladie antérieure. Il se plaint seulement d’une sorte de fatigue générale depuis plusieurs mois.
L’amygdalite et la fièvre disparaissent en trois jours. La gaité revient ainsi que l’appétit. Il est considéré comme guéri, lorsque le 13 octobre, six jours après son entrée, il est pris de douleurs abdominales atroces, avec vomissements bilieux abondants et céphalée intense. Au cours de l’examen qu’on pratique à ce moment, on constate l'existence d’une dizaine de petites macules brunâtres,
de dimensions d’une lentille, disséminées sur la racine des cuisses et sur les hypochondres. En même temps, dans la bouche, on ‘aperçoit trois petites ulcérations pultacées, ressemblant aussi bien à des vésicules d’herpès crevées qu’à des plaques muqueuses ulcérées. Si bien qu'on pense un moment à la possibilité d’une syphilis secondaire. Mais le lendemain l’état s’est aggravé, les vomissements sont continuels, l'abdomen est douloureux; des coliques atroces arrachent des plantes au malade; les extrémités se refroidissent; le thermomètre marque 36°2, le pouls est petit, irrégulier et rapide.
En somme, c’est le cortège symptômatique d'un empoisonnement dont la nature ne peut être déterminée; le malade nie énergiquement toute tentative de suicide.
Le lendemain, 15 octobre, l’état s’est encore aggravé; le malade meurt subitement dans la nuit. :
A l’autopsie, on trouva deux capsules surrénales énormes et complètement transformées en masses caséeuses et crétacées, aucune parcelle de tissu capsulaire ne subsistait. On ne constata macroscopiquement aucune altération des ganglions semi-lunaires.
Quelques tubercules fibro-caséeux existent aux sommets des poumons. Rien au cœur, ni aux reins, ni au foie, ni au pancréas. Rien dans l’encéphale, ni dans la glande pituitaire.
Cette observation est intéressante, car elle éveille tout à fait l’idée d’un empoisonnement.
OBSERVATION XXXI
BoucHuT, GENZOLLEN et MorEnas, 1922 (résumée
Homme de 25 ans à antécédents bacillaires, fut pris brusquement, au milieu d'une période d'asthénie et d'amaigrissement, d'accidents aigus rappelant une intoxication ou des phénomènes de péritonite. À l'entrée on est frappé par l'intensité des douleurs et la baisse de la tension. Aucune tache pigmentaire sur la peau ni sur les muqueuses. Mort rapide.
À l’autopsie, granulations tuberculeuses sur les deux poumons ; “les deux surrénales sont entièrement transformées en coques renfermant du pus caséeux, sans aucun élément sain.
OBSERVATIONS XXXII et XXXIII
CNEvx et RAGOT (résumée) ,
Il s’agit de deux cas de mort subite consécutive à une tuberculose caséeuse de deux capsules surrénales. Dañs l’un et l’autre cas, la recherche systématique de l'insuffisance surrénale avait été faite quelques jours auparavant et s’était montrée négative. Les deux sujets tombèrent foudroyés sur le coup, sans prodromes et en dehôrs de toute cause apparente (traumatisme, infection, intoxication, etc.) ayant pu contribuer au déterminisme de ces accidents.
OBSERVATION XXXIV
SERGENT, 1922 (résumée)
Un soldat est évacué, pendant la guerre, en 1915, sur mon service de la Charité. Il présente des signes de maladie d’Addison, dont le début paraît avoir suivi de près la convalescence de la fièvre typhoïde contractée quelques semaines auparavant aux armées. ;
Sous l'influence du repos et d’injections d'extrait surrénal total, son état s'améliore progressivement; il est réformé quelques mois après et peut reprendre, avec quelques précautions, son métier.
Il vient, de temps en temps, me voir à l’hôpital, et pendant sept années, je peux le suivre. Jamais je n'ai trouvé la ligne blanche surrénale; jamais cependant je n'ai douté du diagnostic. À certains moments, à la suite d’un travail un peu plus soutenu, il fait de petites crises d’asthénie, avec douleurs lombaires et vomissements.
À la fin d'octobre 1922, il arrive, dans le service, en pleine crise d'insuffisance aiguë: vomissements, céphalée, douleurs atro-
ces dans les jambes, les lombes, l'abdomen, hypotension, hypothermie. Cependant, à la suite d’injections d’extrait surrénal et d'huile cholestérinée, la crise prend fin et il rentre chez lui.
Peu de temps après il revient, apporté sur un brancard, incapable du moindre mouvement, secoué par d’incessants vomissements bilieux, souffrant de crampes atroces dans les membres, dans la nuque, dans les masses sacro-lombaires, crampes qui se succèdent à courts intervalles, par crises de plus en plus violentes. Il est hypotendu et hypothermique. C’est la grande crise d’insuffisance surrénale aiguë, à allure d’empoisonnement.
Je juge l’occasion propice de mettre en collaboration la physiologie et la clinique et je demande à M. Gley de vouloir bien venir voir le malade avec moi. Une demi-heure après, M. Gley, quittant son laboratoire du Collège de France, était à la Charité. Je’lui dis: « Voilà ce que nous décrivons sous le nom d'insuffisance surrénale » et j’insistai sur la prédominance des crampes musculaires douloureuses. Je crus pouvoir annoncer la mort imminente. Elle survient le lendemain matin, subitement, après quelques minutes de secousses convulsivés.
L’autopsie fut faite en présence de M. Gley et permit les constatations suivantes :
Dans un tissu graisseux très abondant et très dur, nous pümes avec peine découvrir les deux capsules surrénales.
La capsule gauche conservait sa forme générale, mais était très réduite, ratatinée et ne pesait que 1 gr. 73. Elle contenait trois tubercules calcifiés et était, pour le reste, représentée par une mince lame scléreuse. Les tubercules présentaient la disposition suivante: l’un, à l’angle inféro-interne, gros comme un petit pois, se prolongeant en haut vers l’angle supéro-interne, occupé également par un petit tubercule du volume d’un grain de plomb. Vers l’angle externe, une traînée caséeuse suit tout le bord inférieur et se termine par un tubercule gros comme un grain de plomb.
Dans l’ensemble, rien ne rappelle la structure d’une capsule surrénale.
La capsule droite a le volume d’un pois, pèse 0 gr. 85. Les 4/5°