‹ De la mort subite dans ses rapports avec les glandes à sécrétion interne: Étude médico-légaleChapitre 26 sur 41 · II · texte numérisé non relu

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en sont représentés par de la substance caséeuse et une petite masse calcaire. On note la disparition complète de toute la substance médullaire entièrement caséifée, tandis que la corticale est réduite à une petite coque.de 1 m/m d'épaisseur.

Aux poumons, en dehors de la congestion banale et de quelques foyers apoplectiformes, il n'y a à signaler qu’une petite plaque superficielle de symphyse pleurale ancienne, au sommet gauche.

Le cœur et l'aorte sont normaux.

Le foie et les reins présentent des lésions de congestion terminale.

- Les capsule surrénales furent remises à M. Gley en vue de recherches biologiques, sauf une très petite parcelle de la partie scléreuse de la yese gauche, conservée pour l’éxamen histologique.

M. Gley ne trouva pas trace d'adrénaline dans les deux capsules. Le sang, retiré par saignée, sur sa demande, la veille de la mort, se coagula avec irrétractilité du caillot. D’autres recherches de M. Gley sont encore en cours; nous ne pouvons actuellement en donner des détails plus précis, mais nous pouvons dire qu’elles sont de nature à confirmer le rôle d’une profonde intoxication.

Par ailleurs, l'examen histologique que nous avons pratiqué n’a permis de déceler qu’une bande de sclérose, sans aucune trace de tissu surrénalien normal.

OBSERVATION XXXV

MoutTarp MARTIN (résumée)

Il s’agit d’un homme de 26 ans, mort vingt-quatre heures après son entrée à l'hôpital et pour lequel il ne put être porté d'autre diagnostic que celui de cachexie de cause indéterminée.

A l’autopsie, on trouva une caséification complète des deux capsules surrénales. À noter que le sujet travaillait encore huit jours avant sa mort, n'avait jamais présenté aucun signe de lésion capsulaire, même pas la moindre pigmentation; il avait seulement maigri progressivement.

C'est l’aboutissant d'une évolution progressivement RC CL dont la durée a pu être fort longue.

CAO =

OBSERVATION XXXVI

\ Louis PErir (résumée)

Un malade entre au service de M. Brault avec des vomissements et une diarrhée abondante. Les téguments sont un peu bronzés, on note de l’amaigrissement, de l’asthénie. La tension artérielle est si basse qu'on ne peut l'enregistrer. Ligne blanche de Sergent. Mort très rapide.

À l’autopsie, les deux capsules surrénales sont tuberculeuses. Elles pèsent plus de 25 gr. Aucune lésion des autres organes, sauf une légère atteinte du poumon gauche par la tuberculose.

OBSERVATION XXXWVII

SHAR (résumée)

Il s’agit d’une jeune fille qui, à la suite d’une chute, fut amenée à l’hôpital dans un état de collapsus qui se termina trois heures après par la mort.

A l’autopsie, le cœur et les poumons furent trouvés sains.

Les capsules surrénales étaient complètement caséeuses.

Voici maintenant quelques observations de tumeurs des surrénales.

OBSERVATION XXXVIII

CoLLiDET (résumée)

Il s’agit d’un homme qui se plaignait depuis six mois d’accès d’oppression et d’œdème des jambes, et qui succomba brusquement le iendemain de son entrée à l'hôpital, à la suite d’une crise dyspnéique accompagnée de douleurs thoraciques et de sensation de mort imminente,

À l’autopsie, on trouva un épithélioma de la capsule surrénale droite. Il existait des lésions de néphrite interstitielle permettant d'expliquer les troubles éprouvés pendant les derniers mois de la vie. Quant à la mort rapide, dit l’auteur, elle nous reste inexpliquée. f

OBSERVATION XXXIX

MonNisseT et CHALIER (résumée)

Il s’agit d’une jeune femme de 24 ans, entrée à l'hôpital avec des signes de tuberculose pulmonaire remontant à six mois environ. Il existe une tumeur dans le flanc droit avec phénomènes douloureux dans la cuisse et le genou droit. Le diagnostic de néphroptose surmontée de gros foie est porté.

Quelques semaines après, céphalée et série de paralysies de nerfs crâniens. Cachexie, hypothermie, mort.

À l'autopsie, cancer de la surrénale droite et noyaux secondaires dans le poumon et les os; pas de tuberculose pulmonaire; une métastase à la base du crâne, en avant du trou occipital causait la paralysie des nerfs crâniens.

OBSERVATION XL

CaAILLIAU et Maza (résumée)

A l’autopsie d’une femme de 49 ans, les auteurs ont trouvé une tumeur sous-hépatique du volume d’une tête d’adulte, repoussant le foie en haut et le rein en arrière et occupant la loge surrénale. La capsule surrénale droite manque. À l’examen, on trouve un sarcome composé de petites et de grandes cellules fusiformes, de cellules rondes, de grands éléments à noyaux multiples caryocynétiques et à noyaux bourgeonnants.

Ces éléments sont compris dans un stroma dense et serré de fibres conjonctives et élastiques, parcouru de vaisseaux; ceux-ci sont réduits à la seule couche endothéliale ou limités exclusivement par les cellules néophasiques. Ils commandent l'orientation

ter =

des éléments cellulaires. Les ganglions prévertébraux et ceux du hile du foie sont hyperplasiés.

Il n’y a aucun vestige de surrénale dans la tumeur et la malade n'avait présenté aucun signe d'insuffisance surrénale.

Voici maintenant deux observations de lésions surrénales trouvées à l’autopsie d'individus ayant été victimes d’accidents du travail.

OBSERVATION XLI

SHARP (résumée)

Un peintre en bâtiment, bien portant en apparence jusqu'alors, tombe de son échelle sur le dos, au cours de son travail. [1 pré-. sente rapidement des accidents apoplectiformes, entre dans le coma, et succombe ‘en quelques heures.

À l’autopsie, on ne trouve aucune lésion cérébrale et absolument rien en dehors de lésions caséeuses des deux capsules surrénales. S

Le traumatisme n’a donc été que la cause occasionnelle

déclanchant des accidents d'insuffisance surrénale aiguë et la mort chez un sujet porteur de lésions latentes des capsules.

OBSERVATION XLII L. GRIMAULT et J. RINGEISSEN, 1921.

K... Jean, 34 ans, n’a jamais fait aucune maladie sérieuse; il est père de deux enfants bien portants. En janvier 1921 et les autres mois suivants, il sent ses forces décliner un peu, mais néanmoins il peut continuer son travail antérieur. Il remplit les fonctions, peu pénibles, de garde dans une mine de la région. Le 28 mai, il éprouve des douleurs assez vives dans la région

SO

lombaire, qui l’obligent d'interrompre son travail pendant quelques jours; son état ne donne au médecin traitant aucune inquiétude et il porte le diagnostic de lumbago.

K.. fait chaque deux jours huit kilomètres à pied pour venir consulter son médecin, qui le porte guéri le 6 juin et le 7 il reprend ses occupations habituelles.

Le 10 juin, le travail étant pressant, K.. doit aider au déchargement de wagons contenant de lourdes poutrelles de fer et “fournir ainsi un effort auquel il n’est pas accoutumé. Après quelques heures de travail pénible, il se plaint de douleurs lombaires violentes. Le 11 ,quoique ces douleurs soient encore très vives, il peut faire son travail normal. Le 12, à ces douleurs vient s’ajouter une très grande lassitude, qui l’oblige, le 13, à entrer à l’hôpital.

Quand nous voyons le malade, il est prostré, les douleurs lombaires sont aussi fortes que les jours précédents et elles s’accompagnent en outre de douleurs irradiées dans le membre inférieur droit; le nerf sciatique de ce côté est très sensible à la pression sur tout son trajet et plus particulièrement au niveau des points de Valleix, simulant ainsi une sciatique. La palpation de l’abdomen éveille des douleurs assez vives dans les fosses iliaques et les régions rénales. Il existe une anorexie complète, il faut forcer le malade pour qu'il prénne quelque nourriture qu'il ne peut conserver d’ailleurs, et qu’il vomit aussitôt.

I] présente une constipation opiniâtre. La température est un peu au-dessus de la normale, 37°4. Pouls rapide à 110, petit, très dépressible. Les yeux sont excavés et le faciès grippé.

L'examen de l'appareil respiratoire et circulatoire ne révèle aucune lésion. Les urines sont peu abondantes, mais ne renferment ni sucre, ni albumine.

Le lendemain 14, la température s'élève à 37°6, dans les jours qui suivent à la fièvre succède l’hypothermie, alors que les autres symptômes s’accusent davantage. Le 16, on peut provoquer facilement la raie blanche surrénale de Sergent, qui s'observe avec une grande netteté. :

En présence de cette triade symptômatique (asthénie, hypoten-

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sion artérielle et raie de Sergent), qui se développe sous nos yeux en l’espace de quelques jours, nous portons le diagnostic d’insuffisance surrénale aiguë, syndrome de Sergent Bernard.

Le traitement adrénalique est immédiatement institué mais malgré celui-ci, la maladie s'aggrave de plus en plus, et le 20, le malade est inerte et véritablement anéanti dans son lit. Le ventre est rétracté, la cachexie progresse avec rapidité, car aucune alimentation ne peut être supportée et les vomissements sont de plus en plus fréquents. Le pouls est rapide, petit, incomptable.

Les extrémités sont cyanosées et froides, le malade accuse une très vive sensation de froid, il demande à être très couvert et réclame continuellement des boules chaudes autour de ses membres, pour les réchauffer. Les jours suivants, la prostration arrive à un tel degré que le malade peut à peine parler et faire un mouvement. Le 27, ces symptômes alarmants s’aggravent encore et, après une phase d’agitation, de « délire calme », l'abattement est extrême. Le pouls, très irrégulier, devient par instants impalpable; l'huile camphrée, la caféine et les autres cardiotoniques n'arrivent pas à l'améliorer. Les extrémités sont cyanosées et prennent de temps à autre un aspect cadavérique lorsque le pouls devient imperceptible. .

Cet état se prolonge jusqu’au 28 juin, où le malade s'éteint doucement.

L’autopsie, pratiquée peu de temps après la mort, nous permet de constater que les capsules surrénales sont complètement détruites par la tuberculose et transformées en masses caséeuses.

Sur le mésentère on trouve également de nombreux ganglions gros comme des pois et disséminés un peu partout. ;

Le poumon ne présente aucune lésion appréciable, pas plus que les autres viscères abdominaux.

En résumé, nous avons affaire à une forme d'insuffisance surrénale aiguë, syndrome de Sergent Bernard, que le traitement adrénalique a été impuissant à enrayer. Notre diagnostic a pu heureusement être. contrôlé par l’autopsie, qui nous a montré des lésions déjà anciennes et qui s'étaient développées peu à peu. Il est probable que le début de ces lésions a coïncidé avec l’appa-

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