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3° Le goître simple. — Il peut lui aussi donner lieu à une mort subite ou tout au moins très rapide, causée surtout par les troubles respiratoires. Ces faits s’obsérvent surtout chez le jeuneenfant (observations de Tourdes, de Chavigny) et peuvent donner lieu à une enquête judiciaire, de même que pour la mort par hypertrophie du thymus.
Les accidents surviennent principalement la nuit, sous la forme de crises brusques de suffocation intense, avec asphyxie menaçante, et la mort peut s’ensuivre (Kropftodt des Allemands).
On attribue les causes de cette aggravation brusque de la dyspnée à différentes causes: contracture des muscles soushyoïdiens comprimant le goître et la trachée (Krônlein) ou bien poussée d’œdème trachéal aigu (Bérard) ou lésion récurrentielle. ;
La déviation de la trachée sans sténose est en général bien supportée, mais il n’en est pas de même de l’aplatissement et du rétrécissement trachéal d’un certain degré, il y a alors de la dyspnée continue avec cornage.
La paralysie récurrentielle, bien que moins fréquente, est une des causes de mort subite chez les goîtreux; la variété la plus grave est la paralysie isolée des muscles dilatateurs de la glotte, où les cordes vocales sont ne adduction; la dyspnée est alors intense.
4° Thyroïdites aiguës. — L’inflammation de la glande thyroïde saine, comme on le sait, constitue la thyroïdite, celle de la glande altérée la strumite. À
Les thyroïdites peuvent s’observer au cours des infections diverses: pneumonie, scarlatine, typhoïde, érysipèle, grippe, été Hé
Les cas de mort subite ou rapide au cours des thyroïdites
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OBSERVATIONS
OBSERVATION I
Mort subite lors d’une intervention chez un Basedowien
JagouLay et Durouse (résumée)
Un homme de 59 ans, présentant des phénomènes de basedowisme, du tremblement, de la tachycardie, une hypertrophie thyroïdienne manifeste, ainsi que de l’exophtalmie et de l’asthénie. ;
M. Jaboulay pratiqua la sympathicotomie unilatérale. La mort survint quelques heures après avec de la dyspnée.
À l’autopsie, on trouva un gros corps thyroïde et aussi une hypertrophie manifeste du thymus.
Voici maintenant deux cas de mort par goitre simple chez des nourrissons.
OBSERVATION II Tourpes, 1853
Françoise R.., de Kertzfeld, près Benfeld (Bas-Rhin), âgée de .34 ans, enceinte pour la troisième fois, entre à la clinique de M. Stoltz, le 4 septembre 1853. Elle accouche, le 7 octobre, d’un enfant bien constitué, du sexe féminin, pesant 4.050 gr., longueur O0 m. 47.
Au moment de la naissance, on constate que l’enfant présente, surtout à droite, une notable hypertrophie de la glande thyroïde. La mère elle-même est affectée, depuis 19 ans, d’un goître assez volumineux; elle affirme que sa première enfant était aussi goitreuse en naissant.
Le père est exempt de cette affection.
Du 7 au 16 octobre, l'enfant s’affaiblit, il a par moment de la peine à respirer et à prendre’le sein;.ses cris ne sont pas francs; leur timbre est sourd. La face devient bleuâtre, cyanosée; les extrémités se refroidissent, et l'enfant succombe avec tous les signes de l’asphyxie le 16 octobre.
À l’autopsie, on ne trouve aucune cause de mort dns les organes thoraciques et abdominaux.
La glande thyroïde est le siège d’une notable hypertrophie.
Un prolongement du lobe droit s'élève jusqu'à l’os hyoïde.
L'hypertrophie a surtout porté sur les deux lobes latéraux. Ceux-ci se développent sur les côtés du larynx et s’interposent entre la partie postérieure du pharynx et la colonne vertébrale. Le larynx et le pharynx se trouvent de cette manière comme enchâssés dans un anneau complet formé en avant par l’isthme de la glande, sur les côtés par les lobes latéraux, en arrière parce qu’on pourrait appeler les lobes postérieurs.
Toutes les veines de la partie antérieure du cou sont gorgées d’un sang épais et noirâtre.
La mort de cette enfant peut être attribuée à lsphyete produite par la compression du larynx.
/ OBSERVATION III
CHaviGny, 1920
Je fus récmement commis pour pratiquer l’autopsie d’une enfant de 9 semaines, que sa mère, fille-mère, disait avoir trouvé morte dans son lit, en se réveillant le matin. Faute de berceau, l’enfant couchait dans le lit de la mère, et le Parquet avait accueilli un bruit d’après lequel on soupçonnait, dans le village, que la mère avait peut-être volontairement étouffé l'enfant.
L'enfant, du sexe féminin, est bien constituée et ne présente aucune trace extérieure de violence.
Le seul point intéressant de l'autopsie est la découverte d’un goître volumineux également développé dans ses deux lobes et dans son isthme-. Chaque lobe mesure. 3 c/m 5 de haut, 2 c/m
de large et 2 c/m d'épaisseur. Ce goître est d'aspect charnu. Tous les autres organes sont sains.
Les poumons sont particulièrement normaux, et Pose aurait été formellement négative, en dehors de la constatation de ce goitre. Le thymus est de petite dimension.
À la suite de cette autopsie, l’interrogatoire que je fis subir à la mère, m'apprit que celle-ci n'avait pas remarqué que le cou de l'enfant fut particulièrement gros, et il est de fait qu'avant l’autopsie, examinant moi-même le cou du petit cadavre, je n'avais pas noté qu'il fut particulièrement développé dans sa portion antérieure. L'enfant, il est vrai, était grasse.
La mère de l'enfant n'était pas goitreuse, mais son frère (oncle de l'enfant) présente un goitre volumineux et il y en a eu d’autres parmi les ascendants.
Il est parfaitement normal d'attribuer en la circonstance la mort subite de cet enfant, non pas à une manœuvre criminelle, mais à un de ces accidents de mort subite si fréquents chez les jeunes enfants.
La mère disait que, depuis la naissance, l'enfant lui avait paru, à diverses reprises, gênée dans sa: respiration, que de temps en temps elle ouvrait la bouche en faisant de profondes inspirations et que, très fréquemment, elle interrompait la tétée pour faire de grands mouvements inspiratoires.
Observation de mort rapide au cours de strumite suffocante :
OBSERVATION IV
BiNEeT et RAOULT (résumée)
M. Pierre, 53 ans, employé de commerce, entre à l'hôpital civil de Nancy, au mois de mars 1909, pour une nécrose de l’auriculaire de la main gauche, consécutive à une plaie articulaire profonde. L'amputation est pratiquée le lendemain.
Le 10 mars, pendant son séjour à l'hôpital, le malade contracte une angine érythémateuse, avec malaises généraux et ascension
de la température vespérale à 39°, faciès légèrement grippé, en somme une infection sans doute d’origine grippale, localisée aux voies respiratoires supérieures. Il se plaint de dysphagie et de douleur au niveau du cou. |
Le 16 mars, pendant notre visite, le malade attire notre attention sur:une petite tumeur du volume d’une noix, occupant la région médiane du corps thyroïde. C’est là un goitre dont l’existence remonte à plusieurs années aux dires du malade, mais dont il n’a jamais été incommodé. M. Pierre quitte l’hôpital le même jour à 10 heures, malgré notre formelle opposition. |
Mais, dans l'après-midi, le malade est pris de troubles dyspnéiques dont l'intensité augmente rapidement, en même temps que son corps thyroïde subit un accroissement considérable. Nous sommes appelés à son chevet en même temps que le docteur Raoult, et noüs le voyons ensemble à 9 heures du soir.
En une demi-journée, notre malade est devenu méconnaissable. Assis sur son lit, le buste penché en avant, il présente tous les symptômes de l’asphyxie aiguë.
Le cou est énorme, et le corps thyroïde, saillant sous les téguments, y dessine des tumeurs grosses comme deux poings. Les jugulaires présentent le calibre du petit doigt. La face est vultueuse, cyanosée, noirâtre, les conjonctives injectées, les globes oculaires protractés. Le malade est anhélant, la voix étouffée, la respiration cornante, les extrémités froides.
Le pouls est à peine perceptible. Nous décidons le transfert immédiat du malade à l’hôpital, et prenons place à ses côtés, dans la voiture qui l’y conduit.
Mais un quart d'heure après, au moment où on couche le malade sur la table d'opération, tout mouvement respiratoire s'arrête et, bien que la mort ne soit pas douteuse, nous ouvrons d’un coup de bistouri la trachée, y introduisons une canule et faisons pendant dix minutes un simulacre de respiration artificielle.
L’autopsie est pratiquée le 18 mars, par les professeurs Sencert et Hoche. L'aspect extérieur du cadavre présente les particularités suivantes:
Au niveau de la région médiane du cou, à la partie moyenne et
— 139 nr inférieure, existe une ligne d’incision mesurant 8 c/m de long : c’est l’incision de la trachéotomie, qui pénètre à travers le corps thyroïde jusqu’à la trachée. Celle-ci a été incisée au niveau de ses premiers anneaux cartilagineux. k
Tout le cou est augmenté de volume et cette augmentation de volume est due à la présence d'un énorme goître. Ce goître occupe les deux lobes de la thyroïde, et chaque lobe a le volume d’un poing d’adulte. Dans chaque lobe, il existe un kyste volumineux, renfermant un liquide grisâtre, non mélangé de sang.
Le lobe gauche du corps thyroïde plonge en arrière du sternum, sur une hauteur de 3 à 5 c/m, et comprime la trachée et tous les organes du médiastin antérieur. En arrière de l’isthme, et tout autour de la trachée, il existe du liquide d'œdème.
Après ouverture du cadavre:: poumons emphysémateux, légèrement congestionnés, sanus le moindre abcès métastatique, ni la moindre embolie visible macroscopiquement. Cœur légèrement augmenté de volume. Pas de caïllots dans les cavités. Valvules saines. | :
Foie très volumineux, beaohne sans abcès métastatique. Reins et rate congestionnés, sans aucune lésion.
En somme congestion viscérale intense; présence d’un volumineux goïître plongeant, en voie de dégénérescence kystique qui, sous l'influence d’une infection, sans doute d’origine grippale, localisée aux voies supérieures, a provoqué une poussée de strumite aiguë, provoquant une infection SÉCONGITE rapide du corps thyroïde.
Bien que l'affection n'ait abouti qu’à des phénomènes congestifs et que la suppuration n'ait pas eu le temps de se produire, elle n’en a pas moins présenté une acuité supérieure à la plus MAHBnE des strumites suppuratives ou gangréneuses.
Le malade quittait l'hôpital à 10 heures du matin avec un goitre du volume d’une noix, et revenait y mourir à 10 heures du soir, avec une hypertrophie thyroïdienne, du volume de deux poings.
Voici (obs. 5) une observation intéressante, en ce fait que, au point de vue clinique, l’évolution aurait pu faire penser à un syndrome polyglandulairé à prédominance hypophysaire, alors que seules la thyroïde et les parathyroïdes étaient en jeu.
OBSERVATION V
Mooser, 1920 (résumée
Il s’agit d’un soldat de 24 ans, sans antécédents spéciaux, chez lequel, petit à petit, apparurent une adiposité générale et des altérations osseuses profondes; en trois ans, la taille diminua de 1 m. 65 à 1 m. 58 et le poids augmenta de 52 à 63 kg. La mort survint par asystolie et hémoptysie.
À l'autopsie, adiposité généralisée, induration rouge des poumons, lipomatose du pancréas: le corps thyroïde est pâle, fibreux ; il y a des lésions d’endartérite proliférative considérables de la carotide, une légère atrophie des testicules, des fractures multiples des côtes et du sternum, enfin un tassement de la colonne vertébrale. , | À l'examen microscopique, pas de lésions de l’épiphyse, de l’hypophyse, ni des glandes surrénales. Le corps thyroïde et les parathyroïdes présentent de la sclérose diffuse, avec atrophie du parenchyme et des lésions prolifératives vasculaires localisées sur l'intima.
Le thymus se présente sous la forme de quelques ilots de cellules ovalaires foncées, enfouies dans le tissu adipeux.
Le pancréas est graisseux; les lobules sont atrophiques, le tissu conjonctif est augmenté.
Les testicules ont-un stroma très développé, avec parenchyme légèrement atrophique, mais il y a conservation de la spermatogenèse.
Les os présentent des signes d’ostéoporose; il n’y a pas de liseré ostéoïde, apposition diminuée, et la résorption est augmentée.
En somme, adiposité et altérations osseuses.
L'interprétation de ces troubles pourrait faire penser à une
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dysfonction polyglandulaire, mais l’auteur croit se trouver en présence de deux maladies évoluant indépendamment l’une à côté de l’autre, maladie des os d’une part, adiposité d'autre part.
Les altérations squelettiques sont à relier aux lésions des organes parathyroïdiens, dont la sclérose justifie l’état d'insuffisance.
L’adiposité a une origine complexe. D’après les données histologiques, on peut éliminer une étiologie épi et hypophysaire, la dystrophie adiposo-génitale apituitaire, et la maladie de Dercum.
Quant à l’origine pancréatique, grâce à l’atrophie parenchymateuse, elle ne semble pouvoir être invoquée, bien au contraire les
lésions du pancréas doivent plutôt être considérées comme consé-
cutives à l’adiposité. | Reste la glande thyroïde. La diminution de la colloïde, la sclérose et les lésions vasiculaires, sont en faveur de cette hypothèse.
Le point de liaison entre les deux syndromes est l’altération vas-
culaire, surtout de la carotide, dont le réseau de distribution nourrit la glande thyroïde et les parathyroïdes; les lésions vasculaires semblent donc primitives et trouvent, d’après Re leur origine probable dans la syphilis.
L CONCLUSIONS
Bien que la glande thyroïde n'intervienne que plus. rarement que les autres glandes à sécrétion interne dans les causes de mort subite, elle doit cependant retenir l'attention du médecin légiste aux autopsies et son examen microscopique doit être pratiqué.
Il est des cas (obs. 3 par exemple), où l’on ne trouve pas d'autre cause de la mort qu’au niveau de la glande thyroïde. Ces faits sont particulièrement intéressants (comme c'était du reste le cas dans cete observation) quand on soupçonne une personne de l'entourage d’avoir provoqué criminellement la
mort.
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IT Parathyroïides Physiologie. — Résumé et Conclusions. — Pathologie: Tétanie. — Lésions anatomo-pathologiques. — Pathologie de la tétanie. — Conclusions médico-légales. — Observations. — Conclusions. PHYSIOLOGIE
Les glandes parathyroïdes, découvertes en 1880 par Sandstroëm, ont des produits de sécrétion encore mal connus; les cellules parathyroïdiennes renferment une substance colloïde, de l’iode, du glycogène et des graisses.
Les physiologistes ont montré (Vassale, Génerali, Iselin, Melnikoff, etc.) que la destruction des parathyroïdes chez l'animal entraînait des accidents mortels.
Si on pratique la parathyroïdectomie totale, chez le chien par exemple, on observe: |
1° Des troubles nerveux qui peuvent se manifester (Koch) par: une hyperexcitabilité du système nerveux avec convulsions toniques, c’est-à-dire par la tétanie, cas de beaucoup le plus fréquent, soit par une hypoexcitabilité du système ner- . veux avec flaccidité et dépression marquée (cas rare). Dans les deux cas, la mort survient en quelques jours (huit ou dix jours au maximum).
2° Des troubles toxiques : digestifs, inappétence, dysphagie,