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qu'il soumettra au tribunal, même en l'accompagnant de tous les doutes qu’elle comporte, alors on est obligé de dire simplement que l’on n’a rien constaté. Tel fut le cas rapporté par M. Passera, au sujet d'un jeune soldat italien, âgé de vingt et un ans, vigoureux, qui depuis neuf fois qu'il était à la caserne n'avait pas présenté le moindre trouble, ni la moindre indisposition. Il mourut subitement à une heure matinale, avant le lever du soleil. L’autopsie ordonnée ne révéla aucune lésion qui püt expliquer la mort arrivée subitement chez ce jeune homme. On envisagea l'hypothèse d'alcoolisme, l'enquête faite à ce sujet permit d'écarter ce genre d'intoxication ; rien non plus ne donna à penser à une intoxication d’une autre nature. On supposa alors qu'il avait pu être asphyxié par un ascaris lombricoïdes que l’on avait trouvé dans l'intestin grêle et qui aurait pénétré dans les voies respiratoires, mais on ne trouva aucun signe d'asphyxie. L'heure de la mort faisait écarter le doute d’un coup de chaleur et le surmenage physique de ce jour-là avait été normal. L’étiologie d’une hypertrophie du thymus, d’une hérédité névropathique fut également reconnue inacceptable pour ce cas. Aussi, pour tirer une conclusion, l’auteur admit comme possible la mort par inhibition, déclarant ignorer quelle cause avait pu faire naïtre le réflexe inhibitoire (1).
Dans ces cas de mort par inhibition, la tâche du médecin légiste est souvent très difficile. Ce genre de mort arrive à la suite d’un choc même léger sur une région quelconque du corps. Comme elle ne laisse après elle ni traumatismes ni lésions organiques, le médecin est obligé pour conclure de s’aider des dépositions faites par les témoins. Il y a un certain nombre de régions qui sont toutes prédisposées à fournir une action réflexe mortelle. En premier lieu vient le creux épigastrique, c’est ainsi que mourut ce laboureur plein de santé qui «essayait de soulever un lourd fardeau quand un autre laboureur vint et lui dit : Oletoi de là et laisse essayer quelqu'un de plus capable que toi ». En même temps il lui donna un léger coup du revers de la
(4) Giorn. de méd. milit., janvier 1907.
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main (a slight blow) sur la région de l'estomac et le pauvre garçon tomba immédiatement et expira. À l'examen de son corps on ne trouva aucune trace de violence.
A côté de la région épigastrique il faut placer la région de l'hypogastre comme des plus sensibles, les autres régions donnent beaucoup plus rarement la mort par inhibition. Citons les régions laryngée, buccale, nasale, etc.
A côté des cas de mort par inhibition où la sagacité du médecin-expert est fortement mise à l'épreuve, il en est d’autres qui, sans être aussi embarrassants, offrent une certaine difficulté, précisément parce qu'il y a trop de lésions et qu'il est très délicat de démêler, au milieu des traumatismes et des lésions organiques, à quelle cause est due la mort. Les témoignages des témoins de l'accident, des camarades de l’ouvrier sont ici souvent d’une grande utilité pour aider le médecin légiste. Tel est le cas cité par Vibert.
OgservarTion XV (Viserr, Les accidents du travail)
G..., soixante-cinq ans, cocher de fiacre, en conduisant sa voiture pendant la nuit, est tombé de son siège sans que cette chute ait été provoquée par un heurt ou un choc. Quand on s’est approché pour le ramasser, il était mort.
Aulopsie. — Le péricarde est rempli par un épanchement de sang entièrement coagulé. Cet épanchement provient d’une déchirure du cœur, laquelle est située à peu près au milieu de la hauteur du ventricule gauche, à 4 centimètres de la cloison interventriculaire, à laquelle elle est parallèle. Elle forme une fente longitudinale, longue de 3 centimètres, et intéresse toute l'épaisseur de la paroi. Ses bords sont réguliers, très légèrement déchiquetés et imbibés de sang. Le cœur a d’ailleurs ses dimensions à peu près normales. Son tissu musculaire n'offre pas d’altérations appréciables à l'œil nu, sauf au niveau de la déchirure et sur une zone de 2 à 3 centimètres autour de celle-ci. En cette région, le myocarde offre une teinte légèrement jaunâtre et une consistance plus friable que sur le reste de son étendue. |
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L'endocarde ne présente pas de lésions, sauf au niveau de la valvule centrale qui est épaissie en plusieurs points.
Les artères coronaires présentent de nombreuses plaques d’athérome qui rétrécissent çà et là leur calibre.
Les valvules aortiques sont intactes. Immédiatemment au-dessus d'elles, l'aorte est parsemées de plaques d'athérome nombreuses, saillantes, qui se continuent jusqu’au sommet de la crosse, point à partir duquel elles commencent à devenir plus rares. La portion initiale de l'aorte à subi aussi un peu de dilatation.
Poumons libres d’adhérences, sains, ni congestionnés ni œdématiés.
Crâne fracturé suivant une ligne qui parcourt tout le pariétal et l’écaille du temporal du côté droit. Ecchymose sous la moifié droite du cuir chevelu.
Pas d'épanchements sanguins, ni d’autres lésions intra-craniennes.
Ainsi donc, voilà un cocher à l’autopsie duquel on trouve deux lésions pouvant expliquer la mort, la rupture du cœur en premier lieu, la fracture du crâne ensuite: M. le D° Vibert fit remarquer que ce n’était pas là un accident du travail, car si la chute se fit pendant le travail, amenant ainsi une fracture du crâne, cette chute avait été provoquée par une affection cardiaque mortelle. Les témoins de l'accident furent entendus, ils établirent nettement que rien dans l'allure de la voiture ne pouvait donner lieu à une chute ou bien que celle-ci put être provoquée « par un heurt ou un choc ». Mais ils virent le cocher s'affaisser sur son siège et, après avoir ballotté un instant, tombe ù sur le sol.
Ainsi donc, dans ce cas, les témoignages des personnes qui étaient sur le lieu de l'accident vinrent à l'appui du rapport médical et permirent au tribunal de donner un arrêt établissant que la mort était naturelle, due à l'état morbide du cocher et que cet état n'avait pas été aggravé parle travail, ce qui en aurait fait un accidenté dont la famille aurait eu droit à l'indemnité.
Voici un autre exemple cité par le professeur P. Brouardel, à l’occasion de la mort subite survenue à un ouvrier travaillant dans une sucrerie :
Guy 6