‹ De la Mort subite ou suspecte rupture des anévrismes intra-crâniensChapitre 12 sur 36 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

Mort subite par rupture d’un anévrisme de l'artère sylvienne gauche à son origine. (Observation personnelle de M. le Professeur BALTHAZARD, qui a bien voulu avoir l’obligeance de nous la communiquer.)

M. 26 ans, tapissier, dmenrai chez son frère jusqu’au 3 janvier 1907, date à laquelle il va habiter en hôtel avec une femme S... dont il avait fait connaissance deux jours auparavant.

Le 6, il se plaint de violentes céphalalgies qui augmentent encore le lendemain. Le 8, il va à son travail le matin mais rentre chez lui dans Paprès-midi, à 1 h. 12, souffrant davantage de céphalalgie, surtout à gauche.

A 2 h. # il tombe en syncope quelques instants après

être couché et il meurt vers 8 DENTeE sans avoir repris connaissance.

Mais il avait pris en montant chez lui deux cachets antinévralgiques chez un pharmacien, et c’est peu de temps après avoir absorbé l’un d’eux qu’il est tombé dans le coma. D’où suspicion d’empoisonnement, ;

On saisit le cachet restant, ainsi que les cachets du pharmacien et M. le Procureur de la République commet M. le Professeur Balthazard à l’effet de procéder à l’au-

ARE Vs topsie, dont suit le procès-verbal suivant du 11 janvier 1907. | TRE:

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AUTOPSIE. le cadavre est celui d’un homme de taille au-dessus de la moyenne, bien constitué. La putréfaction est assez avancée et se traduit par une teinte vert foncé du dos et des parties latérales du tronc; les veines se dessinent en vert ou en rouge brun sur la poitrine, l’abdomen, les cuisses et les bras; le scrotum est distendu par des gaz putrides.

Du sang s’est échappé par les narines sur les vêtements; il s’en échappe encore en quantité modérée pendant la manipulation du cadavre. Ce sang provient de la muqueuse des fosses nasales, car la langue et la trachée, l’œsophage, la bouche sont vides de sang.

Il n'existe sur la surface des téguments aucune trace de violences.

Les poumons sont congestionnés à leur base; ils ne renferment pas de nodules tuberculeux et ne présentent pas d’adhérences avec les plèvres. Pas de spasme dans l’intérieur des bronches. Pas d’ecchymoses sous-pleurales.

Le cœur présente une dilatation assez considérable des ventricules et des oreillettes, sans hypertrophie des parois de ces cavités; ce qui prouve que la dilatation s’est produite peu de temps avant la mort, en un mot qu'il s’agit d’une dilatation aiguë. Pas de lésions valvulaires; l’aorte est saine ainsi que les artères coronaires. Pas d’ecchymoses sous-péricardiques.

L’estomac renferme environ 400 grammes de matières alimentaires très divisées et dont la digestion est assez avancée. Sur la muqueuse, au niveau de la grande cour- ee bure, on observe une injection vasculaire par it simulant les sugillations hémorragiques. ‘

L’intestin paraît normal. Le foie et la rate sont putri-

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fiés, mais ne présentent à l’oœil nu, ainsi que le pancréas,

aucune lésion apparente.

Les reins ont un volume normal; ils présentent sur

la coupe une coloration rouge sombre due à l’imbibition le]

cadavérique du tissu par le sang; maïs la substance cor-

ticale n’est pas diminuée d’épaisseur et la capsule se décortique aisément.

A l’ouverture de la boîte cräniene on constate l’exis-

tence d’un. épanchement sanguin en nappe dans” les méninges de l’hémisphère gauche, s'étendant sur les circonvolutions motrices et dans les sillons qui les séparent, s ’étalant en avant sur le lobe frontal, en arrière jusqu’au lobe occipital, couvrant en bas le lobe sphénotemporal et gagnant la base du crâne jusqu ’à la protubérance et au bulbe. Il existe une couche de sang continue entre la dure-mère et la pie-mère, épaisse d’un demicentimètre sur toute l’étendue de l’hémisphère gauche; on trouve de plus la nappe sanguine peu abondante que nous avons signalée plus haut sous l’arachnoïde.

Un examen attentif du cerveau, du cervelet et du

bulbe sur les coupes permet d’affirmer qu’il ne s’est pas produit d’hémorragie dans la substance nerveuse intacte.

L'origine de l’hémorragie a d’ailleurs été retrouvée au niveau d’un sac anévrismal développé à l’origine de l'artère sylvienne gauche, au point où elle se continue directement avec la carotide interne, à hauteur de l’hexagone de Willis.

Le sac anévrismal, dont le volume atteint celui d’une noix, de forme sphérique, avait peu à peu refoulé le pôle temporal et s’était creuse une logette à l’intérieur même du pôle antérieur du pôle temporal. C’est à la partie directement opposée à ses communications avec les gros troncs artériels que le sac s’est rompu sur une longueur de 13 millimètres, donnant naissance à une hémorragie

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