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Le mode de développement du sinus nous semble incompatible avec l'existence d’une mucocèle produite par l’imperforation congénitale du canal frontal.
Nous n’avons aucun cas d’imperforation dans nos observations. D’autre part, la muqueuse qui tapisse les parois du sinus est une dépendance de la muqueuse des fosses nasales, qui s'étend pour revêtir le sinus, au fur et à mesure de son développement. Si l’orifice de communication n’existait pas, au moment de l’accroissement du sinus, la muqueuse pituitaire ne pourrait pas s'étendre jusqu’à lui, et y porter les glandes qui sécrètent le liquide en rétention dans ia mucocèle. ; 3
Nous ne croyons pas davantage pouvoir admettre que la mucocèle soit due à des modifications de la sécrétion des glandes à mucus, sous l'influence de l'innervation. RE
Les nerfs de la muqueuse du sinus frontal viennent du sus-orbitaire. Izani a décrit aussi des filets du grand sympathique, qui se terminent dans le sinus, par des renflements ganglionnaires. M. Ranvier a bien admis une certaine analogie anatomique entre les glandes à mucus de la pituitaire et les glandes salivaires ; mais il serait purement hypothétique de croire à une analogie physiologique, en vertu de laquelle l'excitation du sympathique ferait sécréter aux glandes du sinus frontal, un mucus plus épais, dont la viscosité et l'abondance seraient capables de produire la rétention et la mucocèle. |
L’infection semble fournir une solution plus satisfaisante.
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Spencer Watson, de Londres, a donné ses soins à une malade qui présentait les signes de la distension du sinus frontal. Les troubles étaient apparus trois semaines après le début d’un érysipèle de la face qui avait duré dix jours. Elle avait en même temps un écoulement de mucus plus abondant de la narine gauche. Neuf jours après l’apparition des signes de distension du sinus frontal, elle eut tout à coup un écoulement extraordinaire de mucus par la narine correspondante au sinus atteint. Cet écoulement avait été assez abondant pour remplir tout un mouchoir et frapper beaucoup la malade.
N’est-il pas permis de croire que l’infection streptococcique, touchant à sa fin, avait atteint le sinus frontal de cette femme, y avait développé une légère inflammation produisant un catarrhe dela muqueuse et une congestion capable d’oblitérer partiellement le canal frontal.
.La durée de ces phénomènes anormaux avait été de neuf jours, à peu près le temps qu'avait duré l’érysipèle de la face. Il faut remarquer aussi que les streptocoques devaient être en petit nombre et peu virulents, car souvent, à la suite de l’érysipèle de la face, la contamination du sinus produit l’'empyème.
Un autre malade, TT... S.…., de Pise, avait reçu en dansant un coup si violent sur l'orbite gauche qu'il en avait perdu connaissance. Huit ans après cet accident, il se présentait à la clinique du professeur Manfredi. Il se plaignait alors de douleurs extrêmement vives dans la région du sus-orbitaire, et présen-
tait dans l’angle supéro-interne de l'orbite une tumeur
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de la grosseur d’une noix, molle. et fluctuante, recouverte par des téguments sains.
Cette tumeur fut reconnue être une mucocèle. Le malade obtint une guérison relative, puisqu'il conservait une fistule au bout de 6 semaines de traitement.
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Mais au milieu de son traitement, il fut pris d'une
poussée aiguë de tuberculose pulmonaire. Il mourut deux mois après sa sortie de l’hôpital.
Le D' Mei, qui soigna ce malade, prétend ne pas voir de relations entre la tuberculose pulmonaire et la mucocèle.
En est-il vraiment ainsi ? Ce malade n'avait pas de coryza chronique, l'observation ne relate aucune cause d'infection. La tuberculose n'est-elle pas une cause suffisante ?
Le traumatisme reçu par T... S.…, avait profondément meurtri la région du sinus frontal gauche, puisqu'il avait conservé une exostose de l’arcade sourcilière. Est-ce que cette région si malheureusement atteinte n'était pas un lieu de moindre résistance ? Nous sommes bien tenté de croire que des granulations très discrètes avaient germé sur la muqueuse de revêtement du sinus et du canal frontal.
La congestion de la muqueuse, l’hypersécrétion des glandes avaient fait la mucocèle et ces phénomènes avaient été assez persistants pour laisser suivre à la maladie l’évolution orbitaire.
À... L..…, qui portait aussi une mucocèle à évo-
lution orbitaire, avait depuis deux années un écoule-
ment de mucus plus abondant par la narine gauche
que par la droite, qui tout à coup avait cessé pour faire place au phénomène de distension du sinus. Il nous serait difficile de trouver l’origine de l’infection première. Mais ce sinus souffrait d’une inflammation chronique qui avait bien pu modifier la muqueuse du canal, l’oblitérer.
I nous semble donc que des infections d’origine multiple peuvent atteindre le sinus frontal et. y déterminer la production de la mucocèle,
Nous croyons aussi que toutes les infections ne permettent pas à la mucocèle de suivre la même évolution.
Une infection dont l’action sera de peu de durée ne permettra pas à la mucocèle de suivre l’évolution orbitaire. Les phénomènes de congestion cessent rapidement et permettent au canal frontal de se réouvrir.
Au contraire, dans les infections peu virulentes, mais à longue évolution, l’ocelusion du canal frontal deviendra complète et persistante, la quantité de mucus en rétention deviendra assez grande pour rompre les parois du sinus.
La constitution du canal frontal doit aussi entrer en ligne de compte et les gens à canal frontal étroit seront prédisposés à la mucocèle.
Ainsi donc la mucocèle est due à une infection atlénuée, comme dans la dacryocystite, une infection peu virulente produit la mucocèle, une infection plus virulente, l’empyème aigu, plus encore l’empyème suraigu ou phlegmoneux qui pourra amener la nécrose osseuse.
Nous admettons aussi que des espèces nombreuses
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de micro-organismes pourront produire la mucocèle et que suivant l'agent infectant la maladie suivra une marche différente. | |
Les deux sinus frontaux peuvent être atteints simultanément. Nous possédons une observation de mucocèle bilatérale. Il semble que dans ce cas la propagation se soit produite d’un sinus à l’autre, par suite de la perforation de la cloison médiane, qui sépare les deux sinus frontaux. La communication entre les sinus frontaux est fréquenté, aussi il est difficile de dire si cette communication est due à un manque de cloisonnement, liée au développement des sinus, ou à une rupture produite par la mucocèle.
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