I -ÎO MUSH3UE
siippi'iiner et en supposant un aecompagnement eomposc religieusement, roi'cliestre peut rendre de très-bons olKces, il est brillant et varié, souvent grandiose et solennel, il est plus nourri, plus plein, plus susceptible que l'orgue de créer des tableaux, de donner aux paroles de la poésie, de les rendre sensibles et frappantes, les détails de la composition y sont plus clairs, plus limpides, le sentiment de la piété peut y être rendu avec plus de naturel et d'expression.
Pour ces motifs l'orcbestre nous paraît de tout point parfaitement convenir aux grandes solennités. De même que la musique brillante, la musique à effets extraordinaires ne doit point paraître ordinairement : ce n'est point, selon nous, la musique des dimanches et des simples fêtes; l'orchestre ne doit pas non plus être entendu au saint temple habituellement, constamment, nous n'en approuvons pas l'usage trop fréquent, il faut le réserver pour les circonstances, les temps exceptionnels où l'Eglise déploie toute sa pompe, toute la magnificence de son culte.
A ce sujet, il est bon de s'élever contre un abus fort enraciné dans certaines localités. C'est la manie d'orchestre dont sont possédés quelques maîtres de chapelle. L'emploi fréquent de l'orchestre serait tolérablc si la musique était exécutée conformément aux inspirations et à l'idée de l'auteur, si les maîtres de chapelle disposaient d'un orchestre sulfisant pour rendre sa pensée tout entière. îMais un orchestre complet est coûteux, souvent il est introuvable dans de petites cités qui ne possèdent pas de conservatoire ou d'école de musique. D'autre part les compositeurs sérieux, bien que parfois ils jettent des notes éclatantes dans leur orchestre pour nourrir l'harmonie qui doit remplir une vaste enceinte, n'admettent pas d'instruments parasites et seulement pour la forme, tous ceux même (jui par moment doublent la mélodie et l'harmonie, ont un rôle spécial à renq)lir, et sont chargés de parfaire un dessin, de jneltre dans tout son jour le motif |)rincipal ou accessoire, de compléter la pensée de l'auteur.
RELICIEISE. loi
Or les chefs d'orchestre dénués de ressources, mais en possession de quelques violons, ne craignent pas de porter la cognée dans une partition et de se livrer à un affreux vandalisme; non contents de supprimer l'harmonie des trois trombonnes, de quatre cors ils n'en retiendront que deux, mutileront l'accompagnement des bassons, des hautbois et des flûtes, et pourvu que le quatuor soit au complet, alors même qu'il ne serait pas, pour le nombre, en proportion avec la grandeur du vaisseau, ils sont satisfaits de leur orchestre maigre, vide ou criard et s'en vont répétant partout qu'ils viennent d'exécuter du Cherubini. Et si quelque artiste parait indigné de la mauvaise instrumentation, ou de la faible composition de l'orchestre, la faute, cela va sans dire, en sera charitablement mise sur le compte de l'auteur. Cependant là où les moyens tînanciers ue permettent pas de compléter l'orchestre, on remarquera que les chœurs, les voix laissent plus encore à désirer. Pourquoi ne pas employer ses moyens à enrichir les chœurs qui conjointement avec un bon accompagnement d'orgue obtiendront d'excellents effets, au lieu de se réduire à un orchestre tronqué et à une musique défigurée? Il est des cas, mais ils sont rares, où il est nécessaire de diminuer la sonorité, les effets éclatants de l'orchestre; il en sera fait mention ailleurs.
Un inconvénient, un abus qui se manifeste souvent dans l'accompagnement d'orchestre, doit être hautement signalé parce qu'il produit un effet pernicieux. C'est qu'au lieu de soutenir et d'orner le chant, l'orchestre l'écrase. Par suite, les voix s'épuisent dans une lutte inégale, perdent toute grâce et tout sentiment, et même la justesse d'intonation, elles finissent par se ruiner entièrement. Haydn disait que déjà de son temps le chant pouvait être regardé comme perdu, pai'ce que les compositeurs l'étouffaient, en faisant prédominer les instruments. Mais ce n'est point à ceux-ci qu'il faut s'en prendre principalement, les exécutants nous semblent plus coupables encore; ils n'écoulent pas la voix, ils ne font attention ni à son timbre, ni à son volume, ils rendent un forte tout aussi écla-
tant en accompagnant un soliste qirun chœur; le goût pourtant devrait leur apprendre que les piano et les forte ne sont pas partout les mêmes, qu'en dehors des symphonies proprement dites, rinstrument n'étant qu'accompagnateur, la voix même la plus faible, du moment ((u'elle exécute un solo doit être entendue, et que, dans tous les cas, le chant doit dominer.