‹ De la mutilation d'un écrit posthume de Théodore Jouffroy: avec une lettre àChapitre 8 sur 9 · PIÈGES DO PROCÈS · texte numérisé non relu

PIÈGES DO PROCÈS

« vient d*y répondre à son tour, et son article est intitulé ainsi : Jf. dmrin « auteur de la mutilatian! — Cela veut-îl dire que M. Cousin est matérielle- « nient Fauteur, en ce sens qu'il a pris la plume, fait les changements de sa « main, exercé la censure avec sa griffe? Bertrand n^est pas si maladroit; et « le pauvre Bâton, qui a déjà la patte brûlée, nous adresse anjpurd*hui les « lii^nes suivantes. » {Suit la lettre de M, Damiron, qu'on a vue plus haut,) « Ce pauvre homme est d'une résignation qui commence à devenir trop « humble, et, dans son appétit du martyre, il rejette la justification géné-- « reuse îfous laquelle M. Leroux voulait l'abriter. Mais, mon Dieu! monsieur, « vous vous donnez une peine mutile pour vous noircir et vous rendre plus « méchant que vous n'êtes. Songez donc que vous ne répondez pas un mot « aux preuves accablantes de M. Pierre Leroux. Oui, sans doute, c'est bien « vous qui avez coupé, altéré, changé, raccommodé les expressions de Jouf- « froy ; Ton vous a fait la part qui vous est due ; mais pourquoi voulez-vous « prendre celle des autres ? Pourquoi voulez-vous vous montrer plus âpre « que vous n'avez été? — M. Cousin ne m'a jamais demandé aucune des mutilations, — Nous le croyons bien, puisqu'il voulait la suppression totale du manuscrit. Il n est pas pour les moyens termes quand il s'agit de son amour-propre, M. Cousin! il voulait qu'on supprimât le manuscrit ou qu'on l'ajournât indéfiniment, c'était son avis général^ pour employer votre style. Mais cet avis général était fondé, sans doute, sur quelques raisons? Eh bien , M. Leroux les explique, et vous ne lui répondez rien. Est-il vrai que vous aviez imprimé textuellement ce que Jouffroy avait écrit ? Oui : les feuilles connues avant la mutilation le témoignent. Ainsi, vous n'aviez pas l'intention de mutiler, vous n'aviez pas l'intention d'ajourner, vous aviez donné purement et simplement le manuscrit de Jouffroy sans y changer un mot, et l'impression allait son train lorsque M. Cousin est venu se mettre à la traverse. Alors, vous lavez consulté; alors il a parcouru ToBuvre; alors il a noté lui-même les passages qui rendaient la publication inopportune; et vous, qui aviez un traité, qui aviez déjà neuf feuilles prêtes, qui ne pouviei pas alors accepter Yavis général, vous avez cherché à raccommoder en mutilant. — M. Cousin s'est-il borné à un avis général? Loin de là : il a usé de menaces envers la veuve de Jouffroy, il a été jusqu'à la menacer de lui faire perdre sa pension^ et il a fallu que le ministre vous rassurât vous-même contre ces colères pour que le travail fût continué. — C'est là ce que M. Leroux raconte, et vous croyez répondre à des faits si graves en déclarant qu'il ne vous a demandé aucune des mutilations dont on s'est plaint I

« Allons, allons, ne remuez plus cette sale affaire. Buvez à la coupe, mais « ne répuisez pas ; il y a de la honte pour deux, et la lie qui est au fond « n'est pas pour vous. Votre rôle est celui d*un homme faible; nous n'avons « pas de termes polis pour caractériser celui de M. Cousin. M. Leroux, qui « Ta connu, cite dans son dernier article des faits fort curieux. Ainsi, par « exemple, le jour des Ordonnances, le Globe parut courageusement, signé « par M. Leroux, M. Cousin arrive au bureau et s'écrie : n Vous compromet- « tez vos amis. La restauration est nécessaire à la France pendant cinquante « ans. Pour moi, je le déclare, je n'aurai pas d'autre drapeau que le drapeau « blanc ! • Un mois après, ce même homme se vantait dans une préface d'avoir

It6 PffîCKS DU PROCÈS.

• pris une part netWe à la irévolotioti de Juillet, de s'éM emparé de la mu- « nidpalité de son arro&diMemetit, et il dédiait sa préfece à Fttrty^ ntorepour « UilMêî

K Nous ii*avons pas besoin dinsister ; une telle impudenee se flétrit tonte « seule, et il nous tarde à nous-mêmes de clore une discussion où nous ren-

« controns des caractères si humbles, on des âmes si Nous ne dirons pas

« le mot : le public le trouvera. »

Et nous aussi, il nous tarde de clore cette discussion ; et puissioos-nous n'aydr jamais une autre discussion senoiblable I Le rôle de juîtiiAet ne nous va pas ; et nous ne Tavons accepté en celte occasion que parce que la nécessité de Taccepter était évidente. Nous le répétons, la main sur notre cœur, le mobile qui nous a fait prendre la plume, le seul mobile qui nous l'ait fait prendre, c'est rintérét de la philosophie et le souvenir de Jouffroy !

Pour combattre la fausse image que H. Cousin s'est plu à donner à Jouffroy dans l^Oraison funèbre prononcée sur sa tombe, et les fausses allégations exprimées ou insinuées par H. Damiron sur les croyances de son ami dans la Notice placée en tête des Nouveaux Mélanges, nous nous sommes appuyés surtout du morceau intitulé : Comment les dogmes finissent.

Suivant notre opinion , exprimée plusieurs fois , l'œuvre philo-* sophique de Jouffroy est là tout entière. C'est, comme nous Tavons dit , pour écrire et développer ensuite ces quelques pages, sans les dépasser, que Jouffroy e^t venu sur la terre , et c'est par elles qu'il restera dans l'histoire delà pensée française.

Or, en novembre 1841, Jouffroy vivant encore , nous revendiquâmes ces pages , qu'il nous avait données autrefois pour le Globe, où elles parurent en 1825, sous notre responsabilité per«^ sonnelle, comme gérant de ce journal. Nous les revendiquâmes pour en faire l'Introduction de la Revue Indépendante.

Nous savions que, tout en sentant vivement le reproche, Jouffroy, au fond de son cœur, nous saurait gré de nous être fait une arme de ce qui est et restera son expression la plus sublime. Il en fut ainsi, et nous avons la certitude qu'il éprouva ces deux sentiments.

Que ces pages, donc , soient pour nous un legs , que nous tiendrons à honneur de défendre et de conserver. Puisque ses amis , les uns par faiblesse , les autres par intérêt , abandonnent ses vrais titres de gloire , renient sa vraie pensée , et falsifient ses ouvrages, montrons-leur que leurs efforts sont inutiles, et que nous avons pour notre cause le vrai Jouffroy, Jouffroy tout entier*

UVliOllIJCVXOllir DE MJL RETIJfi ÏÏSnÉJPJEXBAXTE.

(Novembre 1841.)

A quiconque, usant de la liberté de la presse , prétend fonder une tribune pour influer sur l'opinion publique» oq a le droit et

rhabitude de demander tout d'abord : Qui étes-vous, et pourquoi vous levez-vous?

Les rédacteurs de la Revue nouvelle n'ont pas la prétention de s'affranchir du prospectus obligé ; mais ils ont imaginé ( l'idée peut paraître bizarre) de charger de leur réponse les hommes qui gouvernent la France depuis dix ans.

Ils les ont donc réonîs , tous ou presque tom; , et i}s l^ur <)nt (lit : Nous avons le drqi| dp vous impp^pr de faire notre besogne. Peignea l'époque pii^ nous viyouç; f*^v^lez bardlmept et ^s^^ kH le néant Qt rhyppcnsia de$ opinions officielles; démpntrez la pé<^ oes^té f ripdispeasaNe népessité de dogmes nouveaux.

Il y avait là nopibreuçe société » 4^ forte$^ téte^, d^s l^istprî^lllit dei li^ératisuts, de^ prpfesspurs de pbflosopbie. Ou nous a (ioputés, .09 wm a pbéi* Lp pin» grand esprit de tom , peut-étret nom a fourni 1p programme dpm^nd^.

\. ieoteur» y^^s eu dpute?^; vous alle^ $u avoir la preuve. Il li^ut que vous ^achip^ que nous avions un talisui^o pour nou^ faîrp épQ^t^r. Ce talisman, le voici : I^es hopiuie^ dont je yous ps^rle ont professé autrefois, eu §pci4t4 *ypc np^s, des principe^ qm UQU^ jwofessons encore. IVous cpujuiençoup; k vipiUir 5 npus «ypu^ vu déi4 beaupoup de novateurs s'ar|*éter eu phen^in 1 pleins d'a^7 deur au début , bientôt fatigués de I4 longueur de la route. Nou^ PU ayons yu d'autres, vrais Judas, passer en i|n instant 4*up c^p à utt wlre, de la véftté à rprrPUf. Yoipi doue quelques pageç d*un dp pe^ tçmbés , comuie le^ prppaders pbrét|pn§ nompiaipu^ ceu^ qui abandpnu^ieut le» dognies nouypaui^ pqui^ re^umei: au^ faux dieux; des page§ fort bplïp? pu véfité, pt que nous vou- (jpjQpç arracher à cette cloute, p^ 4IP£^ef hnfi9frablement yep;

i'ayeuir- , , .

A99i|f^Wf^Pl> Çi q^e^u8 phpsp pouy^it servir à npps conprwe^? dans uq^ çroyaucei?, qe gérait d^ les retrouypr,.à un pertaiu degjré àtimumi pbPî no? adyprsair.es, quand le? pasçiqu» p'p})?purçisn sent pas leur intelligence. Nous sommes loin , par conséquent, de rqnousser Tappui que leur parole peut nous prêter; et ce n'est cme^*poW par une" sorte de jeu et de irusei indice de «ows comme du lecteur, que pqu3 allons reproduire littéralement la profession de foi philosophique de l'ancien Globe , pour servir d'intrp^uctipn à la Revue Indépendante.

' CÔmJ>îeu de ministres , de conseillers d'Etat , de chefe de l'i/niversitê, de députés, de pairs de France, d'ambassadeurs, Aë

APPENDICB- m

iQagiatrdts, d'hommes; politiques de toulepfpècei $aQa compter les académiciens et les bibliothécaires, sont sortis de ce modeste journal U Ghbey fondé originairement par nouç en 1835. Qu'ils permettent donc à d'ancien^ coUaborateurs de leur demauder compte de Fahandon qu'ils ont fait des principes proclamés alors en eommun. Il semhle que la pensée soit un don asses divin pour qu'on ne doive pas en faire un art de tromper les hommes.

Qui a écrit les pages dopt nous nous emparons aujourd'hui eomme de notre bien? Qui les a applaudies, sanctionnées? Faut-il vous nommer, vous tous à qui, depuis dix ans /le gouvernement de. la France est échu? Vous qui traciez cette peinture de la vérité nouvelle aux prises avec les vieux dogmes, et vous qui applaudis* siez avec nous, oùétes-vous donc? est-ce un rêve? Vous êtes ce pouvoir persécuteur 4e la vérité que vous dénonciez alors avec tant de verve et sous des couleurs si énergiques. ;

Nous nous rappelons encore le jour où parurent pour la pre^* mière fois, par nos soins, les pages que nous allons citer. Noua nous souvenons, comme si c'était hier, des acclamations unanimes qui les accueillirent. On proclamait la pensée du philosophe qui les avait écrites la pensée de tous ; tous les auraient signées, ces pages, si belles, disait-on , si rayonnantes de vérité, si heureuses

de style Vous les avez écrites, ou vous les auriez signées :

relisez-les donc maintenant.

Qui répondait devant les procureurs du roi de la Hestaumtion des hardiesses de votre pensée?... Ahl si j>i été trompé, laissez-* moi prouver au moins que vous m'aviez donné des gages , et qu^ vous n'avez pu me tromper qu'en n^e laissant des arrhes. J'ai gardé le drapeau $ je vous le montre encore.

De grâce, permettez-nous de répéter, comme un écho, quel-* ques unes des belles choses que le sentiment de la vie vous inspira jadis.

Nous avons le droit de les reprendre, ces pages ; elles sont à nous , puisque vous les ^ye^ abandonnées. Nous avons cru, npus, ^ux vérités qu'elles renferment; nous y croyons encore. Jja yen rite est à ceux qui l'embrassent d'un cœur sincère et qui Iqi re^7 tent fidèles.

Cites sont vraies aujourd'hui » ces pag^s , comme çlles l'étaient il y a quinze ans. C'était bien du Christianisme et de la Mon^rchi^ que vous entendiez parler , quand vous ti'aciez ce t^^bleau dq la lutte des ancienneff^ et des pouvelles croyances. C'était l'^pçique

13è APPENDICE.

d'émancipation du Protestantisme et de la Philosophie que vous aviez sousjes yeux ; c'était le Dix-Huitième Siècle et la Révolution française qui vous inspiraient ; vous ne faisiez que traduire en généralités abstraites les faits et les images qui se pressaient devant vous. Votre inspiration fut réelle, cette fois ; et voilà pourquoi vous êtes si heureux , soit lorsque vous dépeignez les premières phases de l'émancipation , le vieux dogme d'abord ébranlé dans l'opinion, ensuite menacé dans son existence matérielle, les dominateurs et les tyrans qui s'éveillent, le bourreau chargé de tuer la pensée, puis le sang des martyrs fécond en vengeurs ; soit lorsque vous nous représentez , après le triomphe , l'impuissance delà critique, le vide où elle laisse toutes lés âmes, et le be* soin de nouvelles croyances.

Devant des idées générales si grandes par elles-mêmes , et si imposantes par la masse des faits qu'elles résument, tout doit s'incliner. Car il n'y a pas de milieu, pas de tergiversation possible : si cette peinture des derniers siècles et de l'époque présente est vraie, la raison qui a conçu de telles pensées doit s'y conformer. Il semble donc que non seulement notre esprit , mais notre cœur, et par suite nos actes, doivent se ranger sous la domination de ces idées mères que notre âme a une fois comprises et embrassées.

Et pourtant aujourd'hui quelle distance nous sépare de ceux qui, il y a quinze ans, signaient ce symbole avec nous! Entre eux et nous , que cet écrit , signé d*eux et de nous , serve de jugement!

Il est une dernière phase surtout de la lutte des idées nouvelles contre les vieux dogmes que vous avez peinte avec une admirable vérité. C'est la phase où nous étions sous la Restauration ; c'est la phase où nous sommes encore sous votre gouvernement. C'en est fait désormais des vieux dogmes ; ils sont vaincus. De par les penseurs , et de par le peuple , qui a fini par comprendre les penseurs , ils sont vaincus. Et pourtant ils régnent , ils dominent, ils tyrannisent. Ils régnent, grâce à quoi? vous l'avez dit , vous l'avez buriné ; ils régnent par la morale de ïintérêt*

Hélas I votre peinture , loin de perdre , a gagné avec le temps : tout ce que vous avez dit est encore plus vrai aujourd'hui que sous la Restauration.

Rien n'est changé... que vous.

De qui avez-vous écrit : <( Il faut que là génération de ceux qui

»ont ruiné Tancienne foi passe; son oeuvre fut; de détruire , » jamais il ne lui sera donné de rétablir. C'est trop pour la fai- » blesse humaine de renverser le faux et de ressusciter le vrai. » Leur vie s'est usée à combattre l'ancien dogme. Arrivés vieux à » leur fin, leur vigueur défaillante s'est endormie dans le scepti- » cisme , et leur esprit vide de croyances s'est laissé prendre à la » morale des passions. Leurs ennemis en ont eu bon marché. » De quel pouvoir aussi avez-vous donné cette formule : « Écar- » tant la vérité du dogme ancien et dès opinions nouvelles , le ]» pouvoir n'atteste pltis que l'intérêt y démoralisant ainsi de toutes y> ses forces la société y quil ne pourrait plus retenir par V autorité y> de la vérité et du devoir, )>

Est-ce l'époque delà Restauration ou l'époque présente que vous avez peinte dans ces lignes : « Tous les intérêts sont convoqués : » on leur montre le dogme nouveau comme un ennemi qui les me«» )> nace... De là une ligue puissante qui se compose de tous ceux qui » tirent quelque parti des vieilles croyances et de tous ceux à qui » on persuade que leur renversement changera tout et blessera )> leurs intérêts. Dans cette ligue, dont la peur est l'âme , il ne s'agit y> plus de foi, plus de croyance; il n'y a plus rien de moral : V intérêt )> seul en serre les nœuds. »

Est-ce le spectacle d'il y a quinze ans ou celui d'aujourd'hui qui vous a inspiré ce triste tableau de la démoralisation publique : a Alors le peuple désespère de la vérité. Il ne voit plus que des » trompeurs autour de lui ; il devient défiant envers tous , et pense » qu'en ce monde l'affaire unique est d'être le moins malheureux » possible ; que c'est folie de prêter l'oreille aux beaux discours » et aux grands mots de vérité, de justice, de dignité humaine ; >) que la religion et la morale ne sont que des moyens de le pren- » dre et de le faire servir à des projets qui ne le touchent point. » Il devient sceptique sur tout, sauf sur son intérêt; et, passant » à l'indifférence pour tous les dogmes et pour tous les partis , » estime que celui qui coûtera le moins sera le meilleur. On ne » pourra plus lui mettre les armes à la main pour aucun ; nul » n'en vaudra k peine. Sa religion , sa morale > sa politique , sa » doctrine universelle et unique, c'est Tintérêt : ses maîtres et » ses meneurs sont parvenus à le rendre semblable à eux. »

Et vous ajoutiez : « Ces temps sont affreux; il n'y a plus rien » qui console et qui rappelle la dignité de la nature humaine, ni D dans le pouvoir ni dans la société. »

Orand Dieu! je ne sais comment tous poûvee vous consolel* ou d'ftVoIr écrit ce^ pages, ou d*ètre aujourd'hui ce que vous êteà , ce pouvoir démoràlisaht y cette ligue dont lapèûr êW FdtMy \et ^ht VîMérét seul serre les nœuds.

Eh bieû! nous^ vos àhciens collaborateurs, eu face de voui$ 4{Ui êtes le pouvoir, en face de vous qui avee fait les lois de sep^ tettibre pour septemhriser la pensée , nous sommes ce que nous étions avec vous il y a quinze ans.

Aujourd'hui, comme il y a quinze ans, hous sommes de eeùt à qui « une foi nouvelle s'est fait pressentir, et qui se sont attà- » chés à cette perspective ravissante avec enthousiasme , avec )) conviction, avec résolution; d de ceux qui «( jugent le passé , »qui méprisent l'incrédulité du présent, et qui abhorrent sa » corruption ; » de ceux qui « ont foi à la vérité et à la vertu; » de ceux qui « comprennent ce que leurs pères n'ont point com- » pris et te que leurs tyrans corrompus n'entendent pas'; » de ceux qui , « libres du soin déjà rempli de réfuter le vieux dogme, » se sentent appelés à découvrir et à propager la doctrine nou- )i velle à laquelle toutes les intelligences aspirent à leur insu , ^qul remplacera le vide laissé par l'ancienne, et terminera l'in- » terrègne illégitime de la force.» Or, suivant le conseil que vous voua donniez à vous-mêmes eu vous peignant de ces couleurs y « nous avons travaillé long-temps , obstinément , dans le » silence et la retraite , à cette œuvre sainte, yt Cependant <( nous

* ne pouvons demeurer insensibles aux misères de notre épo- » que , ni perdre le sentiment du présent dans la contemplation » de l'avenir. » Nous sommes dans cet état de démi-désespérance fUe vous peigniez si bien quand vous disiez dé vous-mêmes il y a quinze ans : ce Le spectacle de ce que font nos oppresseurs et de » ce qu'ils préparent, la vue de ce peuple corrompu, dégradé,

* malheureux, trompé , façonné avec uii art exécrable à une Ion- » gde servitude , tout, datas la scène de désolation que nous avons » sous les yeux , enracine dans nos âmes un dégoût amer de Hl h société et une indignation profonde contre ses eomipleurs et h ses maîtres. Nous n'en perdons pas notre foi, nous ne déses- » pérons pas de l'avenir ; mais nous ne croyons pa« que cet ate- » nir soit fait pour nous, nous n*osons même le promettre à nos f> enfants : tant est lourde la tyrannie qui pèse sur nous , tant % elle paraît fortement tissue , tant il nous semble qu'il y a loi^ » de ce que nous voyons à cq que nous pensons. y>

APPBNmtie. m

fieuréUBement vous nous avez appris que à ried n'est plus ^ fr&gilè qu'Uti6 domination purement fohdéë s^ur lé. force; q^u'un »peu)»l6 sans foi à ses mattres^ leur obéit, ttiais les tnéprise , h et n'attend qu'un revers pour leur échapper ; que des maitre» lé sans morale et sans croyances ne s'accordent pas long-temps ^ )) qu'ils se détruisent après avoir détruit leur ennemi commun, i» Vous nous avez appris que «le monde- est plein.de causes se-* fi crêtes c{ui apparaissent à la voix de la Providence , et rojai-* % pent brusquement cotnme un fil les plus habiles échafaudages « humains, h Vous nous avez appris, enfin, comment lïs bogmbs

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