L. Landouzy : Bulletins de la Société de biologie
d’un identique processus morbide. En saine logique, aussi bien qu’en bonne physiologie pathologique, ces deux formes d’amyotrophie progressive étaient considérées comme une seule traduction d’un même processus anatomique, comme deux branches portant mêmes fruits qu’on aurait détachées d’un même arbre.
Atrophie musculaire progressive de l’adulte et atrophie musculaire progressive de l’enfance, étaient regardées comme relevant d’une pathogénie commune, comme les résultantes d’une altération spinale, identique comme nature, différente seulement comme siège !
On s’imaginait, on croyait, on se disait, que ce qui faisait entre les deux formes d’atrophie progressive la différence, c’était uniment la manière pour la lésion de débuter sur le névraxe. Les lésions, disait-on, qui débutent par les cellules motrices du renflement cervical font la forme d’atrophie musculaire progressive de l’adulte, les lésions au contraire, qui frappent les noyaux du facial, conduisent à l’atrophie musculaire progressive de l’enfance. On raisonnait ainsi par analogie, aucun examen anatomo-pathologique n’ayant jusqu’à hier, été produit au procès de l’atrophie musculaire progressive à début facial et infantile.
Lorsqu’on réfléchit à la similitude que présentent, dans leur ensemble symptomatique, ces deux formes d'atrophie musculaire progressive, on n’est nullement tenté d’en vouloir aux nosographes, pour avoir accepté l’identité pathogénique, là où ils constataient une quasi identité symptomatique. Que voyons-nous, en effet, dans ces deux formes d’amyotrophie progressive ? Une similitude symptomatique telle, que mis en présence de deux adultes atteints chacun d’une des deux formes d’atrophie musculaire progressive, une. nuance seule, le masque , permettra de distinguer le malade frappé, à l’âge adulte, d’atrophie musculaire progressive, du malade atteint, dans son enfance, d’amyotrophie faciale.
Comment, en vérité, penser à fonder une distinction nosographique sur une pareille nuance symptomatique, comment ne pas céder à l’entraînement naturel et satisfaisant, de faire de l’atrophie musculaire progressive de l’enfance à début facial, et de l’atrophie musculaire progressive du type Aran-Duchenne, deux formes d’une seule et même espèce morbide, deux formes cliniques d’une même myélopathie ?
Et pourtant, les choses ne sont pas telles que la nosographie, en bonne logique, les avait rêvées. Ainsi que nous le disions dans un résumé 1 de ce travail présenté à l’Institut, il s’agit, en dépit de l’ana-