‹ De la nationalité polonaise dans l'équilibre européenChapitre 20 sur 80 · DISSOLUTION DB LA RUSSIE PAR LA POLOGNE · texte numérisé non relu

DISSOLUTION DB LA RUSSIE PAR LA POLOGNE

depuis la venue du Christ, n'est dit-on que le premier purgatoire du genre humain, non plus son Tartare. Nous avons vu, conuttent à force de boire la Pologne, le tonneau d«s Danaïdes Sibériennes s'est engorgé ; comment à force de gâter le sel, la fange s'expose à tourner au sel elle-même.

Pour ne parler que de l'armée, puisque c'est là le mètre, lamesui'e de tout le reste en Russie, nous avons évalué dans quelle proportion numérique et morale elle déborde d'élém^ts polonais. Que faire de ces 300,000 fers^ léchites, lithuaniens et ruthéniens, enfoncés dans l'empire, comme des arêtes dans la goi^e d'un glouton? Tant que ia guerre du Caucase n'était qu'un sanglant exutoire, on y jetait tout l'excédant rebelle des autres troupes ; mais aux approches de la guerre actuelle, il a fallu répartir égalemrat ce dissolvant dans tous les corps de l'armée ; puis à peine les hostilités contre la Turquie conunencées^ on a procédé A un nouveau triage, afin de ne laisser que les mieux abrutis en face d'une légion polonaise^ dont le plus simple bon sens semblait prédire l'apparition sur les rives du Danube. M^iis devenu superflu, du moment que la Turquie s'abstenait de tout recours qui aurait pu. porter ombrage à la diplomatie, ce dernier tamisage désorganisa à ce point les divisions déjà entrées dans les Principautés, qu'il fallut tous les loisirs de 1853 à 185/ii, pour leur restituer leur effectif noiminai. Encore ne parvint-on ainsi qu'aune épuration illu* soire; car ne se souciant pas de se.poloniser au profit de ceux du Danube et du Caucase, les autres corps ont fini par renvoyer à Gôrtschakoff et à Woronzow, sous forme de recrues nouvelles, au moins l'équivalent de ce qu'ils en avaient reçu en vieux suspects.

Au moment où les puissances protectrices entrèrent en ligne contre la Russie, toutes les armées de cfeUe-ci se trouvaient donc à peu près également infestées de polonisme, et les derniers oukases qui ordonnaient d'équilibrer

•90 0£ L^ NATlOMAIilTÉ POLONAISS.

par un douzième recrutement la militarisation des provinoes moscovites avec celle déjà épuisée des provinces polonaises, ne pouvaient plut^ rien changer à cette répartition. Menschikow lui-même 9 cette personnification de Texclusivisme moscovite, n'avait pu.se débarrasser d'un contingent qui, pendantcinq jours, attendit naïvement Tapparition de T Aigle 31anche.daQS le champ ardent de la mousqueterie; pour lui ouvrir Tantre de Sébastopol. Ces Polonais ne se sont déclarés plus Russes que les Russes eux-mêmes, que lorsque deux nations amies et plus fortes qu'eux en philosophie, ie furent durement moqué de sa superstition à l'endroit de ces aigles là. Nous avons appris de source multiple, et sans étpnnement par quiconque connaît l'espèce de francmaçonnerie qui lie toutes les fractions du polonisme dans les armées tsariennes , quç la garnison polonaise de Sébastopol a été et trompée et détrompée pour toutes les autres. Ceci dispense le Tsar de triages nouveaux, jusqu'à oe que les esprits les plus forts, tombés à leur tour dans la superstition par.laquelle ils auraient rougi d'entrer an 185& dans Sébastopol, plantent de leurs propres mains Taigle reniée sur les brèches d'Odessa et de Riga. Mail alors, quelle que soit la place que le Tsar assignera à la foudre polonaise dans ses nuées de combat, elle s'écoulera toute, en un seul et gigantesque éclair, par la pointe de ce drapeau; aussi sûr qu'elle s'attachera invincible aux serres de l'aigle à deux têtes, si on ne lui tend pas ce conduçteur^là, celui-là, et nul autre. Ou les ennemis de la Russie savaient cela, m allant en guerre contre elle, ou ils ne savaient rien du tout, comme nous allons le démoutrer dans le chapitra qui suit.

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