RENAISSANCE DE LA. DÉVOCKATIE POLONAISE
VHomme-Histoire àe SsAsicki^ elle ne s'est assoupie sous son cyprès que pour se réveiller à la fois savante cotnnie la vieillesse et ardente comme la jeunesse. Or, quels sont les éléments constitutifs de cette nationalité si embarrassante pour les négateurs de toutes les autres? Les mêmes nécessairennent que les éléments de la Pologne» avant 9a déchéance : ethnologiquement, les trois grandes tribus centrales de laSlaviç fondues par cinq siècles de fédération eil une seule et insécable puissance ; socialement^ ses masses rurales, puis l'élite intelligente et militante de ces masses. Débarrassez ces deux éléments , ou plutôt ces deux extrac* tions successives, de toutes les immondices- sécrétées par leur maladie, et vous obtiendrez la saine et vigoureuse Pologne du XVI* siècle ; restituez-leur l'intérêt composé des deux Mèj[)les de progrès qui leur est dû au soleil de Dieu, et voua avez la Pologne du xix«. Pour ouvrir de nouveau aux Kmiéts^ aux forces agricoles, la cité, militante d'abord^ délibérante après, de la république, chauffez-les à blanc et en masse au feu des batailles, puis jetez*les au vieux larni* noir de l'Ordre Équestre.; faites pour ainsi dire passer successivement toutes les compagnies du centre dans les compagnies (ïélite, regardez bien et vojus avez accompli toute la révolution polonaise. Les deux éléments de cette société qui sont de dates différentes, mais d'essence identique, ne demandent qu'à se confondre et n'en ont été empêchés que par une aristocratie cancéreuse et des partages isolants. Mais tout cancer se supprimant lui-même^ personne n'a plus à s'en occuper dès qu'il s'est détaché, ou qu'on Ta détaché des chairs saines. Apparemment les partages de la Pologne ne sont pas non plus des éléments aéeessaires de sa nationaUté; donc de la Pologne qui vous agace, ôtez l'aristocratie polonaise e.t les partages de la Pologne, reiste toqours la nationalité polonaise.
Les athées que ce miracle scandalise, les Don Juans qile
ce Commandeur dérange, les académiciens qui n'avaient pas prévu le retour de celte comète-là, crient tous à l'impossibilité à cause des dissensions qui agitent, jusque dans son ambulance, la société polonaise. N'y a-t-il pas beau* coup plus de dissensions dans leur société bien portante? Quel est donc le véritable, le fécond organisme qui ne soit pas une dissension salutaire et perpétuelle entre ce qui le fait exister et ce qui tend à le détruire? Pourquoi n'y a-t-il pas de dissensions scandaleuses en Russie?
Un autre argument de ces incrédules contre la résurrection de la Pologne , c'est qu'elle est pour eux insaisissable. Nous le croyons bien! ils la saisissent par ses vers de tombeau, par sa rouille, par ses cheveux tombés. Enfin, quelle Pologne leur faut -il, peur qu'ils daignent la ramasser? Une Pologne tranquille, rangée, sans partis; une Pologne tout d'une venue et qui soit d'accord. Mais d'accord avec qui , avec (fuoi ? avec ses vers rongeurs ? avec sa rouille? Pourquoi pas avec ses démembreurs externes aussi? La vermine la dévore; il ne faut pas qu'elle se gratte. Ses ongles poussent dans la chair de ses mains; il ne faut pas qu'elle les coupe. Son cercueil , mesuré pour la Pologne des Czartoryski , se trouve trop court pour la Pologne des Konarski, des Wisniowski, des Dombrowski; tant pis, elle n'a qu'à ^'y plier, la remuante. Qu'elle apprenne, la taquine, à faire bon ménage avec tout cela, si elle veut ()ue les congrès l'admettent dans le leur. Quand elle sera devenue tout rouille, tout vers, morts eux-inêmes d'inanition , la Gazette d'Augsbourg fera l'éloge de sa concorde et de sa modération. Ah ! Procrustes de la modération et de la concorde, si c'était plutôt votre lit qui voulût bien se mettre d'accord avec l'infortunée?
Eh bien , résolvant du moins en principe les problèmes qui n'avaient pu être que posés en i8&6, l'année 18&8a répondu à toutes ces chicanes ; et c'est en cela surtout que