‹ De la nationalité polonaise dans l'équilibre européenChapitre 40 sur 80 · LE STATUT DE VULITZA · texte numérisé non relu

LE STATUT DE VULITZA

effet, peu de temps après la promulgation du statut de Vislitza.

Pour se faire, par analogie^ une idée de ce patriciat poti*^ tique, rintelligence occidentale pourrait remonter à l'époque anté-féodale des trois premiers carlovîngiens , lorsque chaque nation, s'administrant elle-même dans ses -platds^ abandonnait sans ombrage le gouvernement de Fempire fédérati( aux leudes, aux antrustions et aux missi dominM du prince. Qu'ensnite cette même intelligence, supprimant^ par hypothèse, toute la période perturbatricede la féodalité, se figure la constitution représentative des Champs de mars et des Champs.de mai, étendue à toute» les classes de h société IsUinorgermaniqueir^ y fonctionner sans entraves ni interruptiion pendant tout le moyen âge, et elie sfnra: de rhistoire de Pologne l'image la plus fidèle qu'elle puisse en eonœvoir avec les données latines.

Unedivision, àlafois plus inévitable et (dusmenaçantepour le régiçie démocratique, devait résulta de l'état de guerre presqueipermanent auquel la Slavieoccidentale.s'étail troa«vée condamnée dèsr son érectiop en natibn polpuaise* Dans le prjneipe, tous les ckoyens participaient également à la défense dutenritoire-y œ qurleur assurait l'égalité par-devsnt r^)ée^ la seule sorte^ d'égalité qui cautionne toutes leis autre&i Les ordonnances militaires de Boleslas P' n'avaient faitc^p^e confirmer, en le réglementant, l'armement permanent et général de la nation ; mais deux causes ûvent bientôt tomber en désuétude cette institution gardienne de la fraternité sociale , à savoir : le démembrement de la mô-' narchie Piaste entre les tils de Boleslas III et le caractère des invasions étrangères.

Les guerres provinciales et domestiques provoquées par le partage de l'État rendirent les communes indifférentes au sort de ce dernier, et ne laissèrent en armes, d'une manière permanente, que les cortèges des mUites famosi^

tftS DE LA KètlONALItt POLOIIAISE.

aôufeoeurs d'apanages et d'intérêts rivaux. Ensuitte la tactique exclusivement équestre de cette époque n'admit bientôt plus, dans les armées^ que les citoyens capables de se ijaonter et de s'équiper à leurs frais, ce qui rejetait sur les incapables l'obligation communale de cultiver les champs des combattants.

Les.tempêtesde Tatars qui, au xnt* siècle, s'abattirent sur les vastes plaines de laSlavie, contribuerait surtout à multiplier cette classe superbe de cavaliers qui, moyennant leur labeur sanglant, s'estirtiaient à la fols affrandbis de tout autre tribut civique et seuls investis àjd la sôuTêràiiieté Nationale. Cette nd^lesse tacite, autrefois confërée par la possession d'une manse^^ se compliqua alors de la fa(;tilté militaire qui &'y ajoutait > el toutLéchite dei4nt en tnême temps chevalier; seulement le tangage slave ne recOfinaissant pas plus cette distinction- qu'il ne comprenait le patridal des délégués royaux, elle fut obligée d'emprunter son nom à la cbeValerie féodale des AUemandB; le cavalier léchite .s'appela donc d'abord ryeerz^, par corruption de riUer. Ce n'est que dans la période suivant», lorsdel'épânchement presque illimité de la nation dans cet ordre éqtAestre , que le cavalier polonais retrouva sa d^niiion naturelle dans le mot (ovdr^j^^ (compagnon). En atten* liant, les kmietz oa gospodarz , auparavant patridens des communes , . virent leur prééminenba s'effacer peu à peu devant cette élite armée^ et mobile, qui des diamps de bataille passant sans desseller dans les assemblées délibérantes, stMf des voïévddies, soit de la nation entière, finit par se substituer, d'une part, à l'oligarchie politique des Piast, tandis que, de l'autre, elle circonscrivait et étouflait les communes dans leurs franchises locales. Heureusement que cetie fois encore^ comme dans toutes les crises précédentes de cette transformation sociale, le génie autoduhone sut renverser toutes les barrière» que l'ordreéquestre aurait

pli êlre tenté d'élever entre lui et le reste delA iiatiorl. Quel* que nombreuse et prépondérante f|ufe fflt déjà là elieraléfië léehite au conimencemeiit du xif siècle, H lu! fdt Ithpoôsiblë de devenir une caste en ferttaant 1(58 pbrtën de son camp au nlérite même le plus infime, cat^^ gfftce â l'irrirtleri^ silé du terHtoire; iâ poi^sessioB d'Uttë ks^a testant toujOUH accessible à la plus médiocre activité ^ leS commuties né cessèrent d'épanchfer par cette issue tout leiir eottlingeht db Jeunesse, de viguèflr et d'ititelligeneë. Ci dotie nbble^sé il y avait, c'était une noMasse d'épreuve, dé or^ticmird et dé tnandat^ c'est-à-dire dé progi<ès par eteelletice. Le plus obscur paysan pouvaii s'attaetier lui-même ses éperdus, et ritivestiture vetiaiit 4'en ba&, noh d'en haut, UoHe pdlioë supérieure au fait, tie pouvait Ihterdire raccès ni dy camps ni des vii^as sbdveraiites à cpiiconque s'y pt^etitdit à cheval et armé. '

Telle est l'organisation sociale qu'au milieu du xtt^* siècle Tavant-dernier l^laat trouva à consigna dans la célèbre eAatteM Viilitta pour Icmtè la Lécho^Ght^batie. Avâutdé passer à l'examen de^la troiatème période dea trani^drma*^ tions politiques et socialeB de ta Pologne, il convient de constater sommairement en qiioi la pression cathOllMféodale avait mbdifllé les in&tittitlons païennes doucette pcri'^ tion de b Slayi^- PoUtiquement , elle avait converti lë patriarcal agridole.du premier Ptast eu une thotiareh(i& mi« litaire (\\A avait donné des parois natiôn^es i la rate étiborë ilottante des Slaves. Elle avait même iondé une dyhaatie d^. fait à l'imagé des dynasties occidentales, mais saris pduvi^lr frapper de prescriptioh les antécédents électifa et démocratiques de ceM^ magistratare^ qui va t^aralfre dans toutéf là sidiplieité de son caraetère primitif â l'rextinbtion des Piài$tâ. D'ailletirs, fatitede racines et de véritable rdismi^ d'être datià les institutions autôchthoQes^ cette royaàté d'emprunt avait été obligée, tout comme l'oligarchie et là Doblease^ de

prendre son nom aux échos de l'histoire étrangère; elle adopta donc celui de Krol (Karl), que lui ap])ortèrent les lointaines légendes de la Garlovingie.

Passant 4U-dessus et à côté de la gmino-vladnaa ou démocratie communale des autochthones ^ qu'elle déforma sana TahéreCt cette imitation, de monarchie s'était appuyée sur une imitation de théocratie et sur une imitation d'oligprchie, qui, faute de prise féodale sur les ma-sses, avaient été réduites à prendre, vi8«à-mde celles-ci, les allures traditionnelles du patriciat de la république roumaine.

Mais comme, en définitive^ cette hiérarchie politique et toute conventionnelle n'avait pu ni légalement, ni par vioienpe, interdire l'accès de ses rangs à la nation des plébéiens, eHe ne se consolida pas dans une caste héréditaire, se délaya, et (tisparut complètement dans le flot montant de la démocratie, à l'extinction de la dynastie qui avait servi de prétexte à «on existence.

Mais, d'une part, économiquement dépouiUée de son domaine impersonnel par les délégués de. la royauté et du dergé, sans discontinuer à leur profit les corvées de piété et de service public , la commune primitive avait été , de l'autre, presque reléguée dans son domaine parcellaire par les colonies étrangères, les défrichements et le rayonnement des villes. EHe avait donc perdu son indépendance et sa souveraineté' absdue^ ne pratiquait plus la démocratie qu'en famille, et n'échappait même au servage de la glèbe que par rsmoblissement perpétuel de ses membres, EHe ne formait plus d'ailleurs, comme dans la période anté-chrétienne, le seul âément constitutif de la nation ^ car à côté d'elle tétaient élevés tes gtxkb^ les soUys^aj tes colonies d'émigrantSf et par-dessus toutes ces associations renfermées dans teurs franchises locales, l'association générale et natîonsde des Léctûtes, élite mouvante, rejNrésentative et souveraine de tout. cda.

PÉRIODE DE LA DiUOCRATlfi TMOMRBANTE. 2&5

TROISIÈME PÉRtODE.

Jkmeeamàmm ém la Béan»cr«tle poUtl^ve awK dépens de la

Au début de cette troisièdie pmode^ nous trouvons d'abord en présence ^ non pas deux castes^ comme l'a fait croire îongt^nps la traduction de rbistôire slave 4ans les langues féodales, mais^deiiiritveff moments de la même société. Le second moment ayant dégagé di^ premier une élite lettrée, chevaleresque, impétueuse, pleine de loisirs^ de poésie, et, pour ainsi dire, spiritualis^ par le latinisme , les masses encore pétrifiées dans lé slavisme se trouvent distancées d^elle par un espace toujours franchissable, mais énorme. L'influence latine, qui, dans le m(mde slave, dis=* tiaguait la sociétp polonaise, et avait ^^it sa fortune, devait aussi causer sa faiblesse en 4a scindant en deux. En moulant à la hâte la portion la plus généreuse des habitants dans un idésd irréalisable partout ailleuts, sans s'être donné le temps et la peine de saisir également toute la masse na* tiooale^ cette civilisation avait détaché la^ couche supérieure de toutes les autres sans s'inquiéter du sort et du salut dé celles-^ei. Cette même liberté de bien faire ou de mal faire, de. né rien: faire ou de tout laisser faire, qui caractérisé l'induigence slave , avait, en outre, introduit un troisième el fâcheux élément dans la société polonaise. Les armes teutoeiques n'ayant pu s'installer dans ce pays, ledroH teutonique , comme iK)ttS l'avons vu , y avait supfdéé : féodal ou hanséatique dans les provinces Battiques, démocratiquement municipal dans les coloniesrel leû bourgs de la Léeho4]hrobalie , mais partout également envieux dé la gmino - vladnost mitochthone , et négàteui' de la grande patrie po-léchite. Obstinément retranchés dans leur permis de séjour perpétuel, ces orangers se retirèrent donc des

9|6 W, hk HATIOHAUTÉ POLONAIS».^

délibérations de TÉtat afin de n'avoir à en supporter ni les charges ni les vicissitudes, écoitoniisa'nt soigneusement leur participation et leur horni|)îig(ç pqpr quipppque ypudrait bien l^s en débarrasser.

Tout le m(H)de connaît Tédat et l'étendue de la carrière parcourue par la première de ces trois sociétés, depuis la promulgation de la constitution deVislitza, en 18/i7, jusqu'à i'avénement au trôna de Jean Casitnir, en 16&8. Pendant aiss trois cents années de république ascendante et triomphante, rbisfoire ejLterne et interne de la fédération lëchojetto*rulh^nieniie s'exprtmp par deux tendanôes correspendaRtM4 mais inverses i en surface, efforts d^ la démocratie léphite pour s'étendre i toute la Slavie; mai», en ]>rofondeiV) fîforts équivalents de la société latinisée pour fermer ses rangs à la société qui ne Test pas encore. Donc, au point de vue national, synthèse, liberté et extension; au point de vue soQJal, conflit et tendances i l'oppression.

L9 formule de l'expansion externe des Léchites une fèis uqnnuoy s^i péripéties n'intéressent plus que lesiiistortens de profession. Les livres nous disent comment le grand» dvic|)é de Litbuanie, comprenant toute la Ruihénie, s'est IrouvA réuni à 1^ Lécho-Chrobatie, en iâ86, par le mariage jjp (^dislas Jagellon avec Hedvige, la dernière des Piasts; ^^Hpent ^ette fédération^ ainsi aceompKe de fait à la fin 4m xiv^ siècle, n& fut définitivement enregistrée que par la 4jèl6 géné{ra}6de Liibliii^ en 1569, sous lesceptre du dernier J^gelionf enfin comment, parallèlement à cette union po)itir{m$ , s'élaborait cette autre assimilation législative et Sfpoje <)ep provinces orientales aiui provinces de l'ouest, qtn fiit promulguée en i5âO, sous Sigismond I**,^ par le Statut de ^lliuani^, accommodement de la charte de Vislitza i{ l'jécQnpmifi des Ruthènes, tout comme TÉglise polono* gr^pque ét^i^ \m gcoommedemeni du eatholicisme à leur

PÉRIOW m Lk DtaOeHàTlE TRIOMPHANTE. 3(7

. Afsis toutes ces constatations écrites d'une fusion rasolue pt pratiquée de front dans les quatre ordres politique, judiciaire, économique et religieux, bien avant que les législa^ teurs 30ngeassent à la décréter ^ sont superflues pour l'intel* ligence de notre revue. Il nous suffît d'apercevoir que l'essor trqnspiiâ par la période des Piasts à celle des Jagel- Ions f enver^e d'abord toutes )e^ barrières opposées par le latinisme à Tascension des Slaves dans son domaine. Du dynastisipe^ aboli en principe, il ne reste qu'un cérémonial traditionnel qur, loin de gêner les institutions républi* çaines, prête plutôt à celles-ci toutes les contre-épreaves d^ son innocuité. Si les grande-ducs de Litbuanie sesuc-^ cèdent de père en fds ou de frère en frère sur la selle de bataille de la démocratie léchite, ce n'est qu'à leur corps défendi^nt, et par une véritable complaisance d'alliés. Simple joyau dp mariage entre les deux peuples, cette royauté, dp toutes parts enveloppée et débordée par la SQuveraip^té nationale t^st, du reste, traitée en enfant gâté. La démocratie la met, en riant d'amour, dans du coton , la roule dans du mi^l, la mange de caresses, pour l'empêcher de s'enfuir dans ces forêts mystérieuses et enivrantes qu'a vainement chantées le poète moderne des Slaves , dans l'espéranoe d'y reposer sa gloire» Ah 1 braves et doux bisons. du sang d'Olga, si toutes 1^ dynasties aimaient autant que vous leurs solitudes^ natales, que de démocraties courraient encore après elles 1

L'ojjgajrchie accolée au trône des Piasts disparut avec ce trône, et se fondit sans aucune résistance dans i'univer-» salité de la thehta^ seul organe législatii\ administratif et politique de l'État l,a nation s'appropria, en outre, les titres, et soumit à son service direct toutes les fonctions de la couronne. Les voïévodes et les castellans , désignés par acclamation provinciale, et seulement confirmés par lé prince, formèrent, avec les évêqyps,. le spni»t : ehîimi^re

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haute et inamovible, mais qui n- avait qu'un pouvoir consultatif et modérateur en présence des diètes souveraines. Les titres de pocUêomorzy (chambellan)» de ehoronzy (porteenseigne), de skarbnik (trésorier), de podczaszy (échanson), de mieeznik (porte-glaive), de tovczy (veneur) (^), furent attribués par élection à des présidences administratives et judiciaires, toutes provinciales et sans rapport aucun ni avec la cour ni avec le {Mouvoir exécutif. Aucune de ces fonctions n'étant rétribuée, et toutes étant très onéreuses, les citoyens riches pouvaient seuls y prétendre; mais, dans les beaux temps de la république, il y aUait de rbonneur, pour un bon ^lachictz^ de dépenser toute sa fortune pendant la durée de sa magistrature , de ne réserver d'autre asile à ses vieux jours que la gratitude publique, ni d'autre héritage à sa famille que la recommandation de son désintéressement. Surtout un podkomorzy (princeps nobilitatis) qui, censeur suprême , juge de paix et d'honneur de l'ordre équestre dans sa province, n'eût pas consacré à l'accomplissement de son maridat toute l'opulence que lui supposaient les suffrages de ses justiciables, aurait passé pour un véritable concussionnairCé Cette exigence sociale était, du reste, aussi légitime que facile à expliquer par les idées traditionnelles de la commune slave sur la possession, qui,d'aprèscette logique, inimitable, mais temporaire et personnelle, devait toujours être restituée à la commune sous forme de service public. Or, la constitution de l'ordre équestre, pendant cette troisième période, n'étant qu'une extension des lois de l'antique commune à toute h république, les conditions imposées à la possession personnelle dans la première, continuèrent de peser sur tout pos«

(>) C*est sarumt celte bizarre eontradiction entre ce» Utres de cour e les fonctions démocratiques et purement administrative» auxquelles ils correspondaient , qui a induit en erreur les publicisles étrangers sur la biérarcfaie sociate de la Pologne.

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sesseuT dans la seconde. Presque toutes les éignités et fonctions, autrefois conférées par le prince, devinrent ainsi éleo tives ou au moins recommandées; les rois conservèrent cependant la nomination directe des chanceliers, des trésoriers et de&hetmans ou connétables dans les deux États fédérés de Pologne et de Lithuanie, ainsi queœlle des starastes ou administrateurs des domaines de la couronne/Ces domaines, d'une valeur immense du reste, constituaient à la fois la Mste civile du prince et le budget de l'État ; car le prince en était possesseur exactement aux mêmes conditions que le moindfe magistrat électif, c'est*à-dire à« la tîharge d'en dépenser tous les revenus au service de ses commettants. La confiance et la gratitude des Léchites pour les Jagellons dispensèrent cette loyale dynastie.de tout engagement formulé envers la république; mais, à son ^tinctîon, la natioqi imposa des/>acki*cont;en/a différents à chaque nouvel élu. Ces pacta-con venta étaient tout simplement un cahier de dàarge accepté par un entrepreneur de bien public, après inventaire des ressources que la commune générale des trois peuples lui offrait pour l'accomplir. C'était donc en grand un pacte' parfaitement semblable à celui par lequel l'usufruitier tlomanial de la moindre gmina était censé, moyennant cet usufruit, assurer ses copossesseurs. contre toute infortune individuelle.

La loi génératrice de la république du xv* siècle ûifr, comme nous le voyons, Textension, dans tous les sens et sous tous les rapportsy de l'ancienne économie communale aïK dimensions de l'État tout entier. En partie, malheureu-? sèment, cette grande liberté, celte grande égalité et cette grande fraternité ne parvinrent à se constituer qu'aux dépens des petites démocraties qui leur avaient servi de type. Tandis que la société d'un grand nombre dé villes et des colonies immigrées s'exduait volontairemjônt de la société souveraine^ à laquelle elle prâTérait l'isolement de ses

2«50 DB hk kàtioualité polouaisb.

immunités étrangères; la société des communes agricoles , le ftmd perpétuel de la nation, n'avait plus qu*un vrai moyen d'affiranehissement : c'était de monter dans les rangs de Tordre équestre. Du statut de Yislitza, en 13&7, au statut de Jean Olbracht, en i&06, sous les derniers Piasts et sous les trois premiers Jageilons , cette ascension ne paraît avoir eu d'autre règle ni d'autre mesure que la hardiesse et les ressources personnelles des amateurs. Tous oeia que leurs obligations et leurs habitudes de kmietz ou bien leur extrême indigence ne retenaient pas a la charrue communale, pou* vaient se libérer des servitudes sédentaices en acquérant une lesza^ puis aller représenter la république à l'armée et dans les assemblées délibérantes, sans qu'aucun contrôle légal s'y* opposât. La commune cultivait leur champ.

Ceux qui ne trouvent plus de manses libératrices et omtdissanteê dans les communes de la Grapde et de la Petite Pologne, c'est-à-dire dans la Lécho-Chrobatie, se transportent en foule dans les immenses territoires de i 'est, nou^ vellement réunis à la république. Ils occupent, défrichent, poUmisent ces fertiles solitudes, qui se. couvrent ain^ de crfonies de slachta, sur lesquelles se modèle bientôt l'économie locale des Ruthènès, jusqu'alors stalionnaires dans le communisme primitif de la gmina i^ve.

Nous avons déjà dit ailleurs, à propos de la propagande gréco-latine, comment, en moins d'un demi-siècle, débordée de toutes parts par cette démocratie ascendante, la grossière noblesse lette et ruthénienne s'éeoula de soh propre mouvement dans la société latinisée des Léchites, abandonnant le peuple à son inunobilisme çlave. En éco* nomie coipmeen religion, le peuple rpthénien^ne suivit sa noblesse que tardivement et à distance ; il la suivit néanmoins, et aurait fini par l'atteindre socialement aussi, sur les hauteurs de la latinité léchite, si cello^ci n'avait apporté duos cette nouvelle Pologne que les bienfiiits de sa fraternilA

PÉRIODB DB LA DÉMOCIUTIE TRIOMPHANTE. %Sii

pivilisatrice^ Malheureusement ces vastes et passives j:égiQïis, également hospitalières aii bien et au m?l, devinrenl en ïnême tenips le refuge dq Toligarchie i)annie de l^ Lécho-Chrobatiq. En Pologne, jrois de cérémonie seuiq.ipentf mais véritables grandç^^ducs {viellct^nie%) dans tout<) ré^endqe de lemrs cQnquples HthuBnîennes , jes Jagelloi^^ ceyetèrent; néce^^irament sur pes inépuisables territoire» JPHtes leqrs donatipn^dP faveur et de muoificencq. Para^ Ijplement donoà la colonisation incessante, mais ^poradiqu^ de la gmino^vhdnQ^i oecidentale , et d^QS ious ses Inter-» sticp^, arrivèrent s'installer, au nom de la couronne, de pqiss^nte t)éné6oier6, qni tendirent la main à Toligarchie jqcale flès Yarègpes et des fcwm lithuaniens. T^nt qu'il y ent de l'w 4 de l'espace ppur ces ^eqx flux rivawï, pljgarchie et dpippcratie s'avancèrent vers l'est, en se cowdoyant et sft ipppprt^pt, ^o\\^ la même bannière gréco-latine; mais Iprsqpe h rPSiStance des Mescovites les eut refoulés suf eqij'ïnefpes, de leiir choc jaillit cette guerre sociale dU fyii* siècle > qui devait décomposer la république intérieur repaenti ^vant que tes. démembreurs du dehors qs^ssent y tftftcher. N'y aurait-il p%B à faire un parallèle du plMs haut Iptérèt pour la philospphie historique enti'e les deux repu* bliqpçs jie Pologne et des États-Unis américains, entrp }eur« principes de cmisèance et leurs prinpipes de^.disso* lljlipn, enfre }i^ périls de leur double sociabilité, surtout? CflmnW pepenciant i| Mut trois aèdes pour amener m çpnftit domestique, la Pologne occidentale eut tout le temps 4e s'ép^pçl^er dans ses nouveaux domaines pour refaire à §pn,«ernpreinte}es meilleures couches de la société rqthé- Qiennp, et la minorité conquérante des Uthiianiens tout entière, pievé p^r:^ grammaire latino-Jépbite è unppmmerce

j)olitiqne» littéraire pt. pivU, dent il est redevenu -incapable

^PUW 1? ëW^^ sqciale qni devait séparer les indigèn«§ dp§ Léfiiit^s ,^ ne digérant ïHup guère du fiQlfli»îi'«u§ pw

rintonadonj Tidiome ruthcnien étoulfe presque complète* ment la langue lithuanienne. D^ns la dernière phase des développements de la république slave, il serait donc devenu probaMeiwent, avec le culte làtino-gree, Vorgane officiel de toute la fédération. De vastes provinces léchites se dédoubrèrent. La Masovie surtout^ ditLélével, dernier apanage des Piasts restitué à la république, essaima sous le nom de zasciunki et d'o^6k/t/ d'innombrables colonies de staehta par tous les espaces de la Ghrobatie , de la Rnthéi^ie et de la Lithuânie. Dans ces communes d'association agrîcote et militaire, dont tous les citoyens portaient le même nom et le même blason, où chacun labourait le sabre au côté, ne chassait qu'à cheval, et cultivait un peu mieux Tite^-Iiveet Tacite que son champ, les plus riches avaient pour obligatiôn inéluctable d'élever et de doter les enfents des pauvres, et de donner à ceux-ci, dans leur vieillesse, une hospitalité qui n'était acceptée qu'à condition d'effacer toute différence d'avoir entre l'obligé et son bienfaiteur. Cotte assitrance mutuelle des générations et de la fraternité civique retidait les citoyens entièrement indifférents à la possession ])er« sonnelle; et bien que, dans une pareille société, comme partout ailleurs, les héritages, l'éducation première et les aptitudes diverses dérangeassent sans cesse et considérablement l'équivalence des fortunes, la richesse s'y trouvait grevée, par les' coutumes, de tant de diarges publiques et privées, qu'elle pouvait rarement dépasser une génération , et n'y devenait positivement qu'une magistrature aussi ho* norable qu'onéreuse. Il est facile d'apercevoir que ce n'était encore qu'une application de cette loi fondamentale d'assurance {zapomoga) qui, dans la gmina slafve , chargeait le domaine public dè^ pourvoir aux injustices particulières du sort. Seulement, comme ces nouvelles colonies apportaient avec elles l'horreur de la seigneurie^ qui, sous les Piasts, s'était substituée à la providence împersûnneUe de la corn-

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