PÉRIODE PE LA DÉMOCRATIE TRIOMPHANTE
mune, elles supprimèrent le fonds neutre , et le remplacé-: rent par les obligations de la richesse facultative. ^ ^
Celte confiance dans la vertu individuelle fut une faute dont des générations moins glorieuses devaient payer chèrement ta noble imprévoyance j car, aux jours de la décadcQce, les membre^ dje cette sorte d'associations ne retrouvèrent plus ni foyer -commun, ni centre de ralliement, oi aucune réserve, de réparation matérielle. A la vérité, ces osady léchites ne se laissèrent jamais exploiter par- un maître, comme leç autres gminas^ dont la zone indivise appelait sans cesse une façon quelcont^ue de seigneur ^ mais lorsqu'elles succombèrent, ce fut sous deux autres fléaux tout avssi déplorables : l'aiiarchie et la misère. Il y resta eependapt pour zone de jouissance banale , en dehors des prairies et des champs distribués, une ceinture de forêts, de savanes et d'étangs dont la limite n'était fixée que par le prpftt qu'il plaisait à chacun d'en tirer. C'est de ces espaces de .rapport naturel que l'élève des plus beaux che^ vaux de l'Europe, de troupeaux innombrables et d'abeilles à hydromel procurèrent longtemps à l'osada des ressources au moins équivalentes au rapport de l'ancien dominium^ La pêche, h chasse et l'abatage du bois» également facultatifs, complétaient cette abondance de biens cpmmuns; mais comme ce domaine n'était qu'une frontière neutre à l'égard des établissements eavironnants , il ne pouvait pas être conservé cpmme le dominium. Envahi donc, et dépecé peu à peu, il devait di^araître un Jour comn^e ce dernier, et laisser la commune dans l'indigente impuis^ sance de la possession parcellaire.
Du reste, cette hospitalité, cette charité, ce désiutéressement à la fois §i vanté et tmt blâmé chez la.$lacbta, et auquel ses colonies avaient réduit tout leur code social , était une vertu tout aussi naturelle à l'économie polonaise que Ja probité commerciale et la responsabilité, individuelle
il8d rà La NAtlOilÀLltÉ POtONAiSET.
dans le» cites de dH)it teiitoniqbe. Ld di^sdllitiorl de cëtlb société, dès que la jalousie de la possession et ravaricé patricienne s'y ftirent introdoites; pfOiive assëe qu'elle ne pouvait prospérer et grandir qu'à cette condition de l'existence de tout le monde a« foyer dé tout le monde. De même qilë Ifesvoîévodies avaient sôin dfe choisir leurs podkoriiorzy dn pHîlfces de la noblesse pat'mi les dtoyens qui, parleur ttiagiliflcence, promettaient dé se rliiiier avec la meilleure gtàceau service des diétines et des trfbuhadx, todie fcoiiitittinè deslachta, avant de ttionter â cheval,* soit coritrë l'^nnemî, soit poUr une dlètfe générale fe(i pôuh tihe eonfiaération, procédait à Télèctidn des i^oMi. Cfeltô dignité, la plus recherchée par les vieillards opulents, tonsistait â têillér à la fortune des ftirtiillfts des absents*, à partager la leui* avec elles si elles eh thanqliaient, et à distribuer l'excédant du travail agricole ehtre les membres du bdri hdW appelé. Aihsi, bien qne la gnlina de slachtaeût rëWoncé atl mécanisme cothmuriautalre des grtiihas slaves , pottt répartir la possession de son domaine entte tous ses iitèmbres, elle irevenait, dans uhe certaine mesuré, à la bulture coHfective toutes les fois que le service de là républicjue lùf empruntait Une partie de ses bitoyehs actifS. î)ahs fee réglihë houveau, toute distinction ehlrte lès fonctions tuHM et les fbhctidns civiques étant Supprimée, TëgaMté la plus parfaite régnait pârrili les bans, qui, soit par âge, soît pdi* règlëUlent, s'altertlaierit ehtre la charrue et l'ëpée.
Pour le chevalier, d'abord aide et apprenti docile dli chef de la falniHe, lé hiariagê veriait taM ^ parce (Ju'il exigeait de nombreuses épreuves de constance , de ségësse et de disciplihé civique ; mais, & lui seul, ce sacl^merit conférait tih droit de dotation sépai*ée et un patriarcat tafcite que lë régttae démderatîque nécohtestait jamais. Le chevalier marié g'éhtourait bientôt de deux eàpèces de fiimillég , entre leâqliëllëshl ëbii SUtbHté Ai^âbn ëœui^ilë feiâaiéht de éiil^ëhce :
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celte de la consanguinité, et celle d'adeption. Dans totlies les colonies de Test, le Léchite remplaçait les chalupnik et les vyrobnik de la gmina occidentale par de jeurles volon-^ taires ruthénièns. appelés koumy^ drouhi^ mpbïtzi. Cettç jeunesse malléable sefeondait son patron dans tous ses ttû^^ vaux, sul^saH ^n éducation latine, et, à son tour, entrait par le mariage dans la cité léchite, exactement au même titre que les héritiers natifs de la osada. A la guerre, ces deux moments de la vie chevaleresque se traduisaient par deux seir^ices diver»^. LesLéchites, sous lenomde tovarztf9z^ pancemif^ formaient ces véloces murailles, ces escadrons irrésistibles de cuirasses^ de csisques aux ailes d'épervier «t d^ lourdes lances , dont chaque charge faisait brèche dans une armée ennemie ou dans un empire. Les moloïtan ou cosaques domestiques constituaient une cavalerie légère non moin^ célèbre dans les annales militaires de la r^u^ bliquie, ainp que la garde du tabar^ citadelle roulante des communes dédoublées.
L'aspect d'une colonie léchite révélait le caractère à la fois indépendant et soUdaire de ses habitants. Au lieu dti village Qu sioto slave s'élevaient, dispersées sur une étendue sans cesse rayonnante, des ^agrodas du fermes ^vec jar«^ dins, au centre des.ehamps ^ des prés de chaque fateilie. La zagroda du riche ne se distinguait des autres que par les dimensions de Yizba ou salle de réception, et par la quantité des annexes qu'ouvrait à chacun nae hospitalité siiDs contrôle. Mais, chose plus essentieUe à remarquer, c'est qUe, en dehors de Téducation latine et chrétienne qùë recevait avec une sollicitude extrême tout slachcitz, et de l'autorité naturelle de la famille, il< n'estait pas plu6 dp contrat écrit que de hiérarchie officielle entre tous ces fermiers. Les rares contestations que ne pouvait résoudre ^ur les lieux l'arbitrage dé paix , d'honneur ou de fandUè^ étaient portées aux tribunaux de provmcef maiis comme ni
rÉtat ni la province n'avaient de police executive en dehors dela.généraliiédes^ciloyens, les décisions de ces tribunaux restaient lettre morte, si la gmina du .condamné elle-même ne se chargeait de les exécuter. Lorsque la contestation s'était, élevée entre des membres de gminas diflî^enteg^ c'était la gmina^du gagnant qui était ternie d'exécuter le rdécpet, parla force même s'il était besoin. Ces invasions judiciaires s'apjVelaieîit zaiazd^ et à l'époque de décadence elles prirent, comme toutes les autres manifestations du régime démocratique, les allures d'une affreuse anarchie; mais, durant l'existence normale et progressive de' la répur Uique, eUes se passaient avec une entente pleine de t3our^ toisie, et n'imposaient à la gmina du perdant que des frais de festins et de tournois. Du reste, le^ querelles d'intérêt aussi bien que celleis d'amo^r^propre se résolvaient plus souvent en duel qu'en justice provinciale, un slachcitz devant toute sa fortune et tous ses repentirs à celui dont il avait versé le sang en combat singulier; mais cette épreuve de virilité, inliérente.à une démocratie de chevaliers, et que tout jeune homme soocieux de sa réputation avait à traverser, ne devenait presque jamais mortelle, 4e sabre courbe et non affilé étant la seule arme permise hors de la vucrde l'étranger et des exercices militaires.
Quelque impénétrables, de prime abord, que puissent Semblera nos idçes actuelles les arcanes^ de cette société, on finit par découvrir qu'ils consistaient entièrement dans rédttcation première des citoyens , et dans les mœurs éla- Mies par cette éducation aussi obligatoire pour tous que le baptême. C'était le républicanisme romain pris au sérieux par lès trois sentiments réunis du christianisme, de la chevalerie et de la démocratie slave. L'autorité des parents^ des aînés , des experts, y était incontestable, et bien- que l'élection eut sans cesse à la contirmer, il était presque sans^exràiple.qite ces deux 'modes d'investiture se contre-