QUATRIÈME PÉRIODE
CormptiiHi de la démocratie. DéeompoeUlon de la «oelét^
polonalee.
La méthode d'investigation historique, qui consiste à chercher l'état d'une société dans la législation écrite de son époque même, induirait constamment en erreur, comme le fait le langage diplomatique, si, en tenant compte des préoccupations courantes du législateur, on n'avait pas grand soin de distinguer ses lois de ses décrets. Les premières sont toujours un inventaire postérieur et nécessairement fidèle de droits acquis par le fait; les seconds,
au contraire, ne sont qu'un témoignage préventif des craintes qui agitent un pouvoir usurpateur. A ce point de vue, les statuts de Yislitza et de Lilhuanie sont une véritable législation, tandis que le statut de Jean Olbracht n'est qu'une ordonnancede police, préjugeantd'un siècle son application. Tous les commentaires ultérieurs de ce dernier se réduisent à trois points : 1" empêcher les kmictz et leurs fils de quitter leur commune, c'est-à-dire de se mêler aux rangs de la slachta; 2° augmenter d'une journée jusqu'à trois par semaine }a corvée due traditionnellement par les kmietz au domaine neutre, devenu celui d un seigneur, tandis que le service militaire affranchirai t les Léchites de toute autreespèce de redevances; 3« substituer ce seigneur à l'ancienne roda ou conseil de la commune dans tous les rapports de celle-ci avec l'État. Il y alà une évidente imitation microscopique de l'usurpation des Césars sur le peuple romain, une chute de démocratie; et c'est ce qui établit une différence caractéristique entre l'asservissement tout à fait moderne des paysans polonais et l'antique servage de la féodalité : différence de la tyrannie par subterfuge à la tyrannie par légitipilé. Or, de même que le césarat n'abroge pas, mais confirme, au contraire, l'imprescriptible souveraineté du peuple, dont il prend seulement la place, on remarque que, dans leurs considérants, ces frauduleux décrets de l'ordre équestre ne prétendent pas à priver les cultivateurs de leur liberté, mais uniquement à empêcher qu'ils en abusent au détriment de la production , de la défense et de la paix publiques. Et, pour preuve que cette hypocrisie du langage législatif n'était qu'un hommage involontaire rendu aux droits des communes par leurs spoliateurs, tandis que, d'une part, on sent le joug de la séquestration, des corvées et de raj)rutissemeot se river davantage au cou des kmietz, de l'autre on entend déjà la voix de tous les véritables légistes protester contre cette abjuration des lois fondamentales de 1^
patrie, et la réparation morale commencer au plus fort de la violence matérielle.
Nous avons entrevu et Thistoire raconte comment au milieu du xvii« siècleja défaillance externe de la république tarit ses facultés expansives en arrêtant sa croissance en surface et en profondeur à la fois ; comment ensuite cette effervescence démocratique, refoulée sur la Rulhénie, y fit éclater Tinsurrection des communes agricoles et militaires des Cosaques contre Toligarchie coalisée des Lithuaniens et des Polonais. Mais aucun historien ne nous paraît avoir assez remarqué la réaction exercée par la déplorable victoire de cette 'oligarchie orientale sur la société des provinces de Touest et sur réconomie entière de la république. Ce n'est pourtant véritablement que de celte guerre civile et sociale que date la séparation du peuple et de la noblesse dans toute la Pologne, car de ce moment seulement il y eut des vainqueurs et des vaincus.
En soutenant Toligarchie de Test et le catholicisme exclusif contre les communes ruthéniennes et la franchise des cultes , la slachta des deux régions se détacha également de son tronc, se compromit et s'isola dans le camp des privilégiés; elle devint ainsi une caste solidaire depuis la Baltique jusqu'à la mer Noire, et de |a Varti} au plateau de Smolensk. De leur côté, les kmietz de la Pologne occidentale furent défaits et conquis de 1650 à 1660, sans avoir combattu dans les champs de Beresteczko et de Huraan , plus cruellement que s'ils ayaient combattu avec ceux des Cosaques qui émigrèrent au delà du Borystène. Alors le statut anticipateur de Jean Olbracht et ses odieux commentaires acquirent tous les caractères d'une législation positive en constatant des faits accomplis. L'ordre équestre, stérilisé et avili par ses yictoires menées, se mit, dans l'ouest, à la solde des simples seigneurs, dans l'est à la discrétion des magnats, leur prostituant ses suffrages et se transfor-
mant sous leur main en gendarmerie économique et en domesticité d'anarchie.
Les régimes d'autorité imposée, toujours assis sur beaucoup de vices et plus ou moins d'-astuce, accusent la déchéance permanente des opprimés, mais n'ont point de chute proprement dite eux-mêmes, puisqu'ils périssent par le repentir. Ils n'ont même qu'un beau moment dans le souvenir des peuples, c'est quand ils s'en vont, en essayant de changer. La démocratie étant, au contraire , le règne rigoureux de la bonne foi publique, toute fraude introduite dans ses manifestations aux époques de décadence fait prendre aux anciennes allures de la liberté l'âspect d'une absurde et inique démagogie. Quand une démocratie a succombé , tout ce qui faisait son honneur et sa force devient incompréhensible pour les générations nées dans la servitude, parce que tout cela ne leur apparaît que sous les traits qu'elle a contractés à l'heure de son agonie; et c'est cette laideur convulsîve qui rend méconnaissable tout ce qui l'a précédé, et dont les esprits abattus redoutent la résurrection.
Pendant trois cents ans l'ascension civique de la slachta avait tenu les soupapes de la démocratie ouvertes aux masses slaves; dès que cette issue fut fermée, la slachta devint une licencieuse aristocratie , la plèbe non échappée un troupeau stationnaire de manœuvres , et ce moment fut pris pour toute l'histoire de la Pologne.
Pendant trois cents ans le suffrage universel, gardé par un port d'armes universel, avait assuré la république contre toute guerre civile et contre toute insulte étrangère ; dès que la slachta eut accaparé cette universalité, ses suffrages ne furent plus que des clameurs de désordre, son sabre qu'un coup de poing, et les écrivains de notre siècle n'apei"çoivent plus dans ce pays que désordre et sanglants pugilats.
Pendant trois cents ans, la souveraineté de la raison avail pondéré la souveraineté de la multitude ou de la peur par des ligues de résistance et de réflexion appelées rokosz^ quand ce n était qy'une protestation négative ; confédéral tion^ lorsqu'elles avaient un but déterminé de défense nationale ou de réorganisation constitutive avec recours à la dictature. Excepté la courte prise d'armes de Zebrzydowski contre Sigismond III, aucun de ces meetings à cheval, comme les appellent, par une ingénieuse traduction, Lélével et Moraczewski, n'avait dégénéré en guerre civile, jusqu'à ce que la tyrannie nobiliaire les eût appropriés à ses misérables calculs. Cependant nos préjugés ne se figurent plus de paix publique possible avec ces directions imprimées par l'unanimité des bons citoyens aux indécisions de la foule malveillante ou passive.
Déjà depuis un siècle les minorités législatives avaient coutume de formuler leur improbation en chargeant l'un des leurs de prononcer leur veto collectif au sein des diètes, sans autre préjudice pour la validité des décrets de la majorité qu'un avertissement souvent salutaire. En 1652, un nonce. d'Upita , Sicinski (dont le nom est resté fameux comme celui d'Érostrate, si peu cette extravagance fut ce que Napoléon prenait pour un article de la constitution polonaise), eut l'audace de s'arroger un mandat imaginaire, et passa pour avoir dissipé la diète en prononçant le mot magique de nie pozvalam ! Mais il est bien connu que cette assemblée ne demandait qu'un prétexte de dissolution, et désormais toutes les diètes qui trouvaient la législature fatigante ou onéreuse n'avaient qu'à griser leur Sicinski, pour qu'il leur donnât congé au milieu d'un tumulte de convention. Ce liberum veto, tant reproché aux Polonais comme une preuve de leur démence démagogique, ne fut donc jamais que le sauve qui peut d'une armée qui, ne voulant plus se battre, est bien aise de trouver un poltron assez cou-
rageux pour lui crier de s'en aller. Alors et réciproquement , tout ce qui avait été un crime impossible sous le régime de la vérité et de la puissance démocratiques put paraître un remède à la violation de celte vérité et de cette puissance par la démagogie nobiliaire. La royauté dynastique et compressive, elle-même, ne sembla plus que borgne dans ce royaume des aveugles, et beaucoup d'excellents républicains se réconcilièrent avec cette antithèse de toute liberté en haine des falsificateurs de la vraie liberté.
L'effroyable coalition qui, dans la seconde moitié du XVII* siècle, se forma contre la république entre la plupart des puissances asiatiques et européennes environnantes, décima, sous les deux règnes de Jean Casimir et de 5Iichel Korybut, une caste que n'alimentaient plus les promotions du peuple; ses exploits désespérés sous Sobieski achevèrent de l'épuiser sans que les masses agricoles , désarmées et immobilisées par sa tyrannique jalousie, pussent remplir les vides de la patrie. Ses vertus belliqueuses, les seules qu'elle eût héritées de cette élite perpétuelle et luxuriante dont elle ne portait plus que le nom, se traduisirent à l'extérieur en batailles merveilleuses, mais à l'intérieur en une telle progression d'arbitraire social, qu'il suffit de ces trois règnes, c'est-à-dire d'un moment de quarante-huit années, pour ensevelir sous une épaisse mousse de servitude jusqu'aux moindres traces de plusieurs siècles de démocratie. Tant les nations travaillent lentement, et les castes vite!
Or, comme le libéralisme occidental n'acquit ses sens d'observation que précisément à ce moment où la démocratie slave perdait les siens, il s'éleva contre ce monstrueux spectacle un concert de clameurs généreuses mais irréfléchies, qui fait aujourd'hui encore passer la Pologne, dans l'opinion de tout bourgeois voltairien, pour le plus antique et le plus insolvable enfer de la féodalité. Il a fallu, en ^ffet, ou la perspicacité exceptionnelle de quelques penseurs
de premier ordre, ou Finstinct filial delà génération polonaise actuelle, pour deviner un autre inonde, derrière celui que les démembrements ont encore assombri à la fin du ïviii« siècle de leur sinistre éclipse.
On ne saurait nier qu'il ne manquait à cette dernière société, pour réaliser le plus noir idéal de la féodalité occidentale, que Ja gradation de celle-ci et une légitimité historique. Cependant, et à cause même de ce défaut, l'exploitation et l'abrutissement d'une moitié entière de la nation par l'autre moitié également entière n'y étaient que plus complets et plus révoltants ; car il n'y a pas de pire esclavage que les mensonges de la liberté, ni de pire tyrannie que celle des tribuns infidèles. Ainsi, pour transformer en moins d'un demi-siècle chaque commune agricole en machine de labour, aveugle et insensible , sans mémoire et sans aspirations, donc sans patrie, l'omnipotence politique de l'ordre équestre n'eut qu'à mettre au service dû régime seigneurial les habitudes communautaires des kmietz et les règlements traditionnels de leur fraternité, puis à les y enfermer.
Telle la commune septentrionale des Slaves s'est laissé emprisonner dans les ruches du tsar ; telle aussi la république des abeilles se laisse prendre avec toute sa vaillance et toutes ses libertés dans la ruche du premier venu. Les mots d'esclave ni de serf ne sont prononcés à aucun moment de la législation polonaise, parce que ces mots n'existent pas plus dans la langue légale de cette partie de la Slavie que la chose n'y avait été connue au moyen âge ; mais ils sont suppléés par celui de |}orfrfant/ (sujet). Cependant, à la veille des démembrements, le sort de ces sujets du domù ntum, c'est-à-dire du seigneur entré héréditairement dans
{}) Le mot niévolnik ne se rapporte qu'aux prisonniers de guerre auxquels, comme nous l'avons vu , la loi slave n'infligeait d'autre flétrissure qu'une tâche de rançon pour entrer dans la cité des vainqueurs.
les droits de ce domaine tutélaire, ne diffère plus du sort des serfs russes : 1" qu'en ce que ceux-ci plient sous deux antiques étages d'oppression, tandis que ceux-là n'en supportent qu'un seul et passager, mais qui, du reste, tant qu'il dure, ne pèse guère moins que les deux autres; 2* en ce que le servage russe est une sorte de religion abominable, mais organique, un principe de solidité qui cimente le tsarat et en fait une prison inébranlable comme une forteresse, tandis que l'asservissement polonais, perturbation, négation, suspension de la vitalité nationale, a ôté toutes ses facultés au peuple, sans en ajouter aucune à l'État; â** et, pour confirmer ce qui précède, en ce que l'esclavage russe verse le peuple tout entier dans les armées du tsar, tandis que l'asservissement du peuple polonais l'excluait tout entier de celles de la république. Il est donc tout naturel que ce même vice, force en Russie, faiblesse en Pologne, ait abattu celle-ci et grandi celle-là ; mais il est aussi manifeste que l'affranchissement du peuple polonais équivaudra à la restauration de la république, tandis que l'émancipation du paysan russe amènera l'écroulement complet du tsarat. C'est l'évidence de cette antithèse qui, dès le premier partage de la Pologne, a de nouveau rendu, dans ce pays, le patriotisme synonyjnc de démocratie, et en Russie le patriotisme synonyme de servitude.
Toutes sortes de complications économiques vinrent s'ajouter à la morgue politique de l'ordre équestre sur la fin du xvn* siècle , pour ravaler les kmietz à la condition de serfs. Tant que les seigneuries avaient été assez vastes pour comprendre une ou plusieurs des anciennes gminas, la fiction par laquelle l'autorité seigneuriale s'y était substituée à l'autorité communale n'avait pas été très onéreuse. Sauf quelques corvées de plus réparties sur le grand nombre, les cultivateurs étaient restés maîtres de leur temps, de leur travail et de leurs champs, et bien qu'au
CORRUPTION DU RlÈGlMIS DÉMOCRATIQUE. 273
second degré , ils avaient continué de s'administrer euxmêmes. En outre, chose essentielle dans leur économie agricole, le terrain vague était resté également exploitable pdurtous. Dans beaucoup d'endroits, le seigneur avait monopolisé la chasse, mais les prava vrembu i paszy (droits d'abatage et de pacage), partout respectés, avaient laissé à la facile industrie des kmietz un complément assuré de revenu, pourvu que la seigneurie et ses dépendances fussent d'une étendue calculée sur leur population . Mais lorsque, sous prétexte d'égalité, tout anobli aspira à une seigneurie, et que les héritages eurent morcelé les grandes, presque toutes les institutions communales disparurent sous l'encombrement de cette incertaine et besoigneuse propriété. Les magistrats, aussi bien ceux d'élection que ceux de la couronne, podkomorzys^ comme starostes^ achetaient impudemment les votes de l'ordre équestre en lui distribuant les domaines compris dans leurs attributions. Ces donations arbitraires, inqualifiables, à peine voilées sous le nom de fermage, contestées par le premier venu , mais bientôt prescrites par les artifices de l'hérédité ou par des mutations d'un autre genre, dépecèrent complètement les anciennes corporations rurales, hommes et choses. Les cultivateurs conservèrent, à la vérité, la possession de leurs champs de famille , mais leurs charges en corvées et en redevances de toute nature envers les parcelles du domaine seigneurial augmentèrent en raison inversedel'étenduede ces parcelles, tandis que cette misérable et parasite suzeraineté se jugeait déliée des obligations autrefois attachées aux larges fortunes. C'est à cette inique révolution accomplie en une centaine d'années, du milieu du xvn* au miheu'du xvni« siècle, qiie presque toute la moyenne propriété foncière puise son origine en Pologne. Or, ce morcellement des grandes exploitations communales, qui, dans un pays d'industrie complexe, aurait pu passer pour un progrès économique,
27& DE hk NATIONALITÉ POLONAISE.
n'apporta dans celui-ci, pour compensation, que Fasservifrsement du travail agricole et Tappauvrissement de tout le monde. Cependant, malgré sa tyrannie domestique, qui ne pouvait plus finir et se racheter au tribunal de la Providence que par le supplice mortel et la transfiguration de tout ce qu'elle avait touché, la noblesse de ce siècle crépusculaire avait encore la valeur slave de Jean l'Aveugle, avec un amour animal pour cette patrie gâtée et stérilisée par sa démence. C'est avec cette multitude de nobliaux, seigneurs de trente, de vingt, de dix cabanes, et sangsues d'autant de kmietz, que le dernier prince de l'ordre équestre, Sobieski, ajourna encore l'écroulement de la république, et arrêta le débordement de toute l'Asie moscovite, tatare, cosaque rt turque sur la chrétienté. Mais, après ce sursis arraché au destin par les importunités de sa bravoure, l'ordre équestre se couche dans l'oisive corruption des deux règnes saxons, et son dernier réveil dans la confédération de Bar ne sera plus que le suicide d'un homme d'honneur que ses vices ont empêché de dégager sa parole.
Or, quelle avait été cette parole sur laquelle le territoire entier de la république avait été affermé aux bombances d'une minorité infirme et stationnaire? C'est qu'au moins, ne l'oublions pas, elle couvrirait de son corps, contre rétranger, ceux qui la nourrissaient, tandis qu'elle leur interdisait et l'honneur et les bénéfices de Tépée; c'est qu'elle défendrait, jusqu'à sa dernière bouchée de pain et jusqu'à sa dernière goutte de sang, l'intégrité politique de ce territoire , dont elle s'était adjugé l'usufruit; c'est que , s'étant approprié le budget total de la patrie , elle en acceptait également la dépense entière au profit de la patrie. Ainsi, même en admettant les prétentions de l'ordre équestre à la possession de tout le sol de la république, ce n'était qu'une possession à forfait, devant disparaître à la chute de la république.
CORHUmOM ou BÉGIHB DÉMOCBATIQUE. 87S
Donc, lorsqu'ils eurent abdiqué leurs fonctions de soldats et de tribuns^ quand ils eurent laissé violer l'intégrité, ^ les lois et l'honneur de la Pologne, les dépositaires conditionnels du sol polonais auraient dû, par cela même, perdre tous les profits de leur économat . et tomber au dernier. rang des vaincus et des spoliés. En fut-il ainsi? En regardant attentivement, non pas aux mots, mais aux choses, on trouve qu'il en a été à peu près ainsi pour la plus grande part de la moyenne propriété , dans toute l'étendue de l'ancienne république; car si, après liquidation de ses mauvaises Bfi'i^ires, elle garde encore quelque chose, ce hé sera guère que le panis bene mêrentium d'un siècle entier de tourments et de risques patriotiques. On ne saurait nier, en effet, que tqufes les tentatives d'affranchissemwt qui depuis la confédération de Bar (1768) ont honoré le 8Up« plice de la Pologne fte se soient soldées i\ ses frais. « Frais lésines, murmurent les puritains, puisqu'ils n'ont pas suffi à la libération delà patrie publique, tandis qu'il y a encore tant de patries privées franches de toute saisie. » Mais enfin, les kmietz mis de côté, comme tonibés en enf^nçp^ p*ept encore patte mpy^nne propriété qui a supporté les plui lourds impôts du purgatoire national, et, jusqu'à règlement définitif de tous les comptes , c'est toujours el)e qui y à charge d'àmi^s et de salut; il faut donc, pour la juger» attendre la remise de son ministère entre les mains du sou*verain ressuscité. Mais il n'en est pas ainsi de la grande propriété, déjà jugée par la génération qui, (Jès Tavénenient du neveu d'Auguste et de Michel Czartoryski au trône de Pologne (1764), a assisté à la dilapidation des immenses ressources de la république au bénéfice de cette faction et (Jq)| autres favoris de Catherine II. Nous avons dit ailleurs (*) les griefs implacables de la patrie contre des magnatsi auï*
(^) Débat entre la révolution et la oontre'ré9)olution en Polognei
quels leurs ancêtres n'auraient légué des noms vénérés et de» patrimoines fabuleux que pour qu'ils eussent de quoi se racheter des persécutions de cette concurrence posthume et prendre leur part dans ses crimes. Ici nous n'avons à examiner les elTets de celte fusion oligarchique sur tes genoux de la tsarine et de ses ambassadeurs qu'au point de vue économique et social (').
('] I) cerali iuhI contestable que dingereni pour U morale hbloiiqne, de fixer le premier démembrement de la Pologne à la date officielle de 1772. Ce chaTir«ment, purement mécanique, était deienu monlemeniet économiquement Inévitable dH» le jour où la baue ambilIoD d'une famille, Jusqu'alors peu connue, eut livré la république & la aoieraineié de la lluuie , pour s'en partager l'usufruit avec ce protectoraL Celte conjuration catUinalre, que d'absurdcx bli^raphes ont vainement déguisée en génie rcTormateur, avait commencé au milieu du long règne d'Auguste III, à l'aide du comte Brubl, ministre allemand de ce princ« Imbécile, et que les CEDrtoryskl , sortis euK-mêmes de l'obscarllé par on mariage opulent, aclietèrent moyennant une tàlslllcation d'indigénat ou de droit de cité en Pologne. BlenlAt Micliel et Auguste Czartoryskl, l'un chancelier de LIthuanie, l'autre volévode de la Ituthénie, durent aux honteux mérites de leur neveu auprès de la femme inlldèle du tzarévJtz Pierre de Holslein, un surcroît de crédit dont leurs funestes talents usèrent avec une avidité insatiable, sous le sceptre d'un roi resté jusqu'à mn dernier jour étranger ï son royaume.Hals cette autorllé de subterfuge et de tolérance ne leur suffisait pas ; c'est une mairie du palaig, avec un roi fainéant de leur bmille, et le proleclorat solide, perpétuel de la Rnssie,qu'll leur fallait Os conspirèrent donc avec ta matlressn de leur neveu contre leur aveugle Uenfallcur, comme ils avalent conspiré avec te mlnlslre de celui-ci contre la république, et Auguste III allait être chassé de Pologne pur une armée russe, lorsque la mort lui épargna cette bumillatlon , au moment où, de ■on cAté, Catherine arracliaii te scepiredesizars au cadavre de son époux. Alors les oncles de gianlslas Poniaiowskl n'eurent plus qu'à Introduire Josqo'fi Varsovie l'invasion destinée à détrOner Auguste III, i travers un ' pays depuis longtemps désarmé par leur abominable prévoyance, pour que l'élection forcée du vil instrument de leurs Intrigues leur assurât auprès de lui un ministère absolu , sous l'inébranlable proteciorat des tzars.
Si quelque chose a pu faire hésiter le jugement des historiens sur ce crime sans exemple aniërieur dans les annales de Pologne, c'est son éirsngi'ii< même par rapport i, son théâtre. On croirait, en eflet, lire, dod pas riilslDlre d'une république en décadence, fût-ce celle du Mexique , mais quelqoe page arrecliée à ces drames de l'Inde anglaise, dans lesquels
Nous nous rappelons que, un peu consenée par conquête, mais beaucoup acquise par donations jagelloniennee, et encore davantage par prévarications magistrales, la grande propriété s'était réfugiée, devant le contrôle importun de la démocratie léchite, dans la Lithuanie et la Ruthénie. Placée ainsi sous la main de la Russie, elle en devînt la vassale bien avant le dernier démembrement , et dès qu'elle eut renoncé au glorieux péril de se déclarer son ennemie. Non pas que les vrais magnats lithuaniens et rulhéniens n'aient ressenti parfois le sang des fondateurs de la république leur monter au front et leur démanger le cœur, mais seulement juste assez pour leur arracher de vaines imprécations contre leurs rivaux de dépendance, et leur faire expier ces emportements par une rechute plus
d'nËmes eanaquM Tendent le IrOoe de leurs mallrei ï l'Honorable Compagnie, contre un bénéBce viager et la suppression de leurs rivanx de trafic
Rien n'absoudra celte odieuse factlond'élre ainsi devenue le démerobrenr originel de sa patrie ; d'avoir, avant toutes les Prusses et Auiriclies peusibles, partagé un empire encore intact et essentiel h l'équilibre européen, avec une puissance dont, depuis Pierre le Grand, personne ne pouvait ignorer les redoutables et dévorantes destinées. La brouille ultérieure des Czarioryskl avec l'ambassadeur de Catherine II, les dédains dont cette tsarine les abreuva, eui et leur neveu, les préférences qui les détrftnèrent dans la politique de cette (emme Impie, même la concurfence que des républicains stupldcs et exaspérés leur firent i Saint-Péiersbourg, tout cela serait une bien pitoyable eicuse i leur forralu Eux, les Mécènes de tant d'bistoriens et de philosophes, i^noialent-ils donc que jamais marchands d'empires n'ont tiré un prix valable de leur Iniquité 7 Eui,qul se disaient du sang de knlei dans les veines, avaieni-lls déji oublié la récorapensu réservée à la trahison du kntez Glluskl, par son acheteur Ivan le Féroce î Les malhenreui ! Que dire enfin de ces projets de régénération, auxquels les pensionnaires de celte famille ont essayé d'attribuer sa Félonie 7 Que des sauvages se vendent i la France ou il l'Angleterre pour des fusils e[ de Teau-de-vle , on le conçoit ; mais soumettre la l\)logne aux garoisaires kalmouks et baskirs d'une Catherine II pour régénérer cette république , c'était vraiment trop fort de m'ilice, même de la part de l'babile chancelier de Lithuanie.
27ii DE LA NATIONALITÉ POLONAISE.
profonde sous leur accablement. Les oncles du roi intronise par la tsarine, à la fols actionnaires et ministres des convoitises de la Russie, épiaient chacune de ces imprudences pour foire changer de main une nouvelle partie de ces nombreux domaines , et devenir eux-mêmes ainsi , non-seulement les plus grands seigneut*s de la république, mais les uniques dispensateurs des fortunes modernes. La confiscation ou le rachat des séquestres qui frappèrent les terres d'une foule d'opposants à l'avènement d'un roi repoussé et maudit par la nalion , puis pendant et après les confédérations de Radom et de Bar, transférèrent ces biens à d'odieux parvenus. Les inspirations de la philosophie occidentale vinrent aussi au secours de cette récente et étrange aristocratie. Les patriotes étaient au moins autorisés à espérer que labolition des Jésuites donnerait lieu à d'immenses restitutions en faveur des établissements d'éducation publique, dont cet ordre infidèle avait détourné tous les revenus au profit de sa propagande délétère. Honnête illusion! La faction russe, favorisée par l'indigne évêque de Vilna, Massalski, se trouva là pour distribuer toutes ces dépouilles, comme salaire de la moindre apparence de dévouement à la tsarine ou à son ambassadeur, au roi ou à ses oncles. 11 n'y eut dans toute cette affaire, dit Lélével, qu'un affreux pillage des biens publics au bénénce de la trahison. Mais c'est surtout avec les siarosties^ ressources légales de la couronne, que les proxénètes de Catherine II récompensèrent la docilité de leurs créatures. Ces domaines, autrefois affectés aux dépenses publiques, furent ainsi enlevés san^ retour à l'État, pour devenir la proie de misérables complaisants qui, ayant pour tout berceau le tombeau de la patrie, et pour patrimoine les profits de son supplice, ne pouvaient dater, sentir et aimer son histoire que du jour de son asservissement. Ces malheureux parurent à ce point étran-
gers aux grandeurs du passé et aux lois de leur pays que, ne sachant que faire des divers titres de magislrature républicaine attachés à leurs dotations, et pareils aux sauvages qui vendent leur or pour de la verroterie , ils se hâtaient d'échanger ces distinctions nationales contre des brevets de comtes russes, autrichiens, prussiens où saxons, sans s'inquiéter des peines d'infamie portées par toutes les constitutions polonaises contre cet acte de vassalité envers des souverains étrangers (*).
Or, commencé sous le visirat des Czartoryski, et continué sous tous les régimes démembreurs que ce vizirat avait inaugurés, cet appel de la grande propriété à une investiture extérieure el féodale n'était pas seulement un méprisable délit de vanité et d'ignorance, mais une cornpUie révolution de principe dans la manière de définir et d^ entendre la possession foncière en Pologne. Il n'y a pas en politique et en économie sociale de chose ridicule qui ne soit détestable en même temps, et n'aboutisse bientôt à d'irrémédiables forfaits ; c'est pourquoi ni les princes ni lep comtes polonais ne nous ont jamais fait rire.
Aussi bien, ce qui jusqu'alors avait pallié les malversations économiques de l'ordre équestre aux yeux de la plèbe, c'est qu'elles pouvaient toutes passer pour une interprétation abusive des institutions communales ; elles semblaient donc toujours réparables en un moment de repentir universel et de retour au vieux culte de la fraternité. De là
(^) L'aubergiste aHemand ou français qui» par une complaisante ignorance , donne ces titres cl^apostasie à un voyageur polonais , ne se doute certainement pas de Tinjurieuse ironie qu'ils renferment. C'est comme si les vaincus de ISiû et de 1815 se fussent laissé consoler par de^ln'evets de iiolars, de lords, de landgraves et de margraves. C'est même bien pis, puisqu'aucune loi française n'interdit aux citoyens , sous peiiie de déchéance, d'accepter des distinctions étrangères, tandis que sans celle précaution immémoriale et constitutive de la législation iéchile , tout le monde conçoit qu'il n'y aurait pas eu de nationalité polonaise possible.
cette infatigable résignation des masses agricoles à lear sort, et, pour ainsi dire, 1- innocence de leur servitude; de là le charitable embarras des spoliateurs pour des créanciers qui, moyennant un aveu de Figaro et une promesse perpétuelle d'acquittement , leur faisaient perpétuellement crédit du présent. On eût toujours dit, entre ces deux étages de la même maison, malgré la richesse et l'arrogance des uns, malgré l'indigence et l'humilité des autres, une familiarité de parents qui ont gagné à la loterie à parents qui y ont perdu. Le principe de l'antique association communale restait inaliénable, réservé. 11 était encore une autre aristocratie que le sens national admettait, quoiqu'en la réprouvant davantage : c'était celle des kniez ou chefs de bandes du temps des invasions varègues dans la Lithuanieet dans la Ruthénie. Ce titre héréditaire, bien que mal sonnant pour les souvenirs autochthones, s'était cependant un peu acclimaté dans la langue polonaise, confondu avec celui de xionjé^ œiondz (prêtre) , nom que le peuple avait donné jadis aux princes du sang des Piasts. Mais à cette seule distinction près, aucune n'ayant été héréditaire, et les plus hautes magistratures, même celle de Krol, n'ayant jamais conféré qu'un pouvoir personnel et révocable , postuler des investitures féodales et transmissibles par héritage auprès des électeurs de Saxe , des rois de Prusse, des tsars de Russie et des empereurs d'Autriche , c'était récuser la tolérance nationale pour les grandes fortunes , renverser toutes les traditions de la société polonaise , et introduire la loi étrangère dans son tabernacle.
Ce n'est donc que depuis l'inféodation de la république à Catherine II par les Czartoryski, surtout depuis le bouleversement des anciennes seigneuries et starosties au profit de leurs clients, que le sentiment national comprit ce que signifiait véritablement le mot aristocratie : c'était tout simplement la conquête et le partage du territoire national
entre les puissances étrangères et leurs fermiers polonais. Quelque peine que se soit donnée cette nouvelle tyrannie sociale pour se déguiser en progrès^ le patriotisme moderne des Polonais ne la conçoit que sous cette définition , et la poursuit de sa vindicte inexorable comme une irrémissible apostasie.
C'est à partir du règne de Stanislas Auguste que toutes les traditions d'indépendance et de fierté patriotique, perfidement confondues avec Tanarchie qui les avait obscurcies , furent insultées comme des préjugés barbares pour faire place à la philosophie voltairienne ou Joséphine de tous ces ducs, comtes et barons qu'achetait la protection étrangère sur la recommandation entremettante des Gzartoryski, vendeurs de la vieille patrie et revendeurs de la nouvelle.
Au premier aspect, cela pouvait paraître une contradiction grossière et révoltante, puisqu'en Occident cette même philosophie battait en brèche, à ce moment, tout ce que ses plus fervents interprètes prétendaient introduire en Pologne comme remède à la décrépitude; mais il y avait dans cette apparente anomalie une logique aussi funeste que rigoureuse. En effet, la philosophie occidentale n'étant qu'une pure négation de tout ce qu'elle avait trouvé installé partout, son application devait apporter la liberté et l'égalité dans les mondes livrés jusqu'alors au régime féodal , mais les supprimer sous prétexte de progrès, partout où elles se trouvaient d'ancienne date. De là ce préjugé si répandu sur l'influence régénératrice du dernier roi de Pologne, de sa cour pleine de beaux esprits, de son voisin de gauche , de sa voisine de droite; disciples et correspondants des plus hardis réformateurs de la féodalité. On oublie seulement qu'il manquait en Pologne à ces novateurs une féodalité à réformer. Dans leur embarras, ils en invoquèrent une d'autant plus détestable que, sans racines dans la na-
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tion, et ein))runlëeà l'agonie de toutes les autres féodalités, celle-là ne pouvait plus servir que de virus corrosif entre les mains des empoisonneurs de la république.
C'est donc en vain que le candide et savant Leszczynski employa les loisirs de son détrônement h dresser et A expédier en Pologne ses perroquets de Nancy ; que les frères Zaluski doièrenl leur pays d'une des plus vastes H des plus remarquables bibliothèques de. l'Europe; que l'illustre Konarski lui-même arracha l'enseignement de la jeunesse aux Jésuites pour élaborer, sous le règne d'Auguste HI, toute cette génération de philosophes libéraux qui devaient jeter un éclat si dérisoire sur les funérailles de la république. Pas plus que l'éblouissante pléiade littéraire et scienliflque du règne suivant, cette trompeuse aurore ne sut retarder d'une année te démembremenl économique et politique de la patrie. Peut-être même, quoiqu'il nous en coûte de l'avouer, cette dorure à neuf de l'intelligence de la nation, tandis que son cor|is et son âme s'en allaient en lambeaux, contribua-t-elle beaucoup à désarmer le patriotisme polonais de ses derniers arguments et de sa dernière énergie. Et comment en douter, lors(|u'on découvre par quelles mains toutes parfumées d'art, de savoir et de poésie, terres et kmietz de la Pologne entière furent repassés aux trois adeptes couronnés de Voltaire, ded'Alembertet de Diderot? Quelle horrible harmonie entre les incroyables lâchetés de Stanislas Auguste et les charmes corrupteurs de son éloquence , de sa bonté privée, de sa prodigue galanterie pour ces muses qui, pendant vingt années, chantèrent la gloire et le culte de tout ce que le malheureux s'était donné la mission de déshonorer et de trahir! Quel mérite pour ses orii lifl d'avoir semé fous ces esprits délicats, dont Frédéric cl Ciitherine devaient achever la culture dans la serre clmuile de leurs caresses et de leurs pensions! Pour qui donc se rallumaient ces lumières depuis un siècle éteintes
pût la sauvagerie nobiliaire et Tobscurantisme des Jésuites? Hélas ! c'était surtout pour un palriciat posthume de laquais, de raffinés et de renégats, n'aimant plus, ne comprenant plus la patrie des Boleslas, des Zolkiewski et des Czarnecki, que comme les marchands d'antiquités aiment et comprennent la grandeur de Balbeck et de Pompeïa.
Aussi bien, ces lumières d'emprutit et de reflet tout occidentalne pouvant jamais pénétrer jusqu'auxmasses,n'étaient faites que pour isoler davantage les deux sociétés polonaises; car, en même temps qu'elles efféminaient, désillusionnaient et dénationalisaient les lettrés, elles plongeaient les paysans dans une ombre d'autant plus épaisse. Eh adoptant, au nom de la philosophie encyclopédique et cosmopolite, les coutumes, le scepticisme, mais surtout la langue de la France de Louis XV, cette pâle et spasmodique civilisation se rendit pour toujours étrangère au peuple qu'elle prétendait civiliser. Il n'y à pas de plus fatale, de plus irréparable erreur pour les régénérations sociales que de s'imaginer que les sciences et les lettres, quelles qu'en soient l'origine, la portée, et surtout la répartition^ profitent toujours à la vigueur et au salut d'une nation ; car il n'y a pas d'aversion à la fois plus injuste et plus tenace que celle des privilégiés de la civilisation contre la barbarie qu'ils engendrent autour d'eux. 11 h'y a de profitable aux vertus civiques^ donc à la véritable civilisation^ que la révélation permanente qui féconde solidairement et dans toutes ses profondeurs à la fois le g^nie des multitudes. Telle était cette éducation de Gracque slave que tout Léchile recevait avec le jour , le baptême et le lait de la patrie; tel ce savoir si naïf dans son uni versalité républicaine qui même chez les palefreniers des ambassades de Pologne étonnaient tant les cours de Rome, de Paris et de Stockholm au temps de la véritable civilisation polonaise. La clarté fécondante pour une nation est celle qui jaillit , pour ainsi
dire, caloriquement de ses entrailles mémes^ par les vibror lions de ses propres molécules. Tout ce que l'on appelle les siècles littéraires par excellence , comme ceux d'Auguste, de Ptolcmée, de Louis XIV ou de Stanislas Poniatowski, ne sont que la phosphorescence des sociétés agonisantes. Ils sont le signe infaillible d'une séparation d'éléments, d'une décomposition qui aristocratise Tépiderme aux dépens de la masse, dont elle se détache avec impatience et mépris* Il nous est donc impossible de partager l'enthousiasme de nos pères pour toute cette fausse renaissance, et d'y trou* ver autre chose aujourd'hui qu'une distraction de remords pour des égoïstes qui, abandonnant la vieille, la sainte patrie des kmietz et des Lécliites, aux ténèbres, à l'oubli, au désespoir, se sauvaient eux-mêmes devant ses malédictions dans l'épicuréisme de l'intelligence.