ÉTAT PRÉSENT DE LA PROPRIÉTÉ £N POLOGNE
aussi tous séquestres cl confiscations pour délit d'insurrection, de conspiration ou d'émigration.
V Analyse de laQuestion agricole fait abstraction de tout cela, et ne s'occupe que de ce qui reste encore de sol polonais entre des mains polonaises. Voi^n d'abord le parallèle que l'auteur établit entre la commune russe et la commune polonaise.
(c La commune agricole en Russie excite, à juste litre, » l'étonnement et l'intérêt des hommes politiques. C'est la If force organique du peuple russe. Chacune de ces cOrpo- » rations est una pelita république isolée qui se gouverna 1» par son propre arbitre et se suftlt ù elle-même. On peut 9 se demander à quoi lui sert un seigneur qui, n'y résidant » presque jamais, n'est connu de ses sujets que par les » profits qu'il en tire et la déchéance éternelle «ju'il leur «) impose? Il y a là évidemment une anomalie qui menace » la société russe d'une affreuse perturbation. D'une part^ » la plus complète démocratie : économes/ surveillants, et I» juge» élus au suffrage universel, et même, quant au fond, » comniunauté des biens. Mais c'est la démocratie de T^* » clavage et le vote du travail pour autrui. Car, d'une autre ^ part, nous y voyons le plus absolu servage de la glèbe et » une oppression exercée de loin par un maître qui assume » sur sa tête tous les ressentiments des générations. On » dirait que ce seigneur n'est bon qu'à empêcher la haine » des paysans de monter jamais jusqu'au trône, considéré xf par le peuple comme une suprême previdenee de justice » et de miséricorde. ». (Dans les domiaines de la couronne, la commune n'a point de seigneur et s'en passe très bien; malheureusement $a place n'est pas vide ; elle est prise par les percepteuâ^s et les employés du gouvernement, qui <int soin de ne jamais laisser de miel dans la ruche» au d^è de ce qu'il en faut strictement à la (consommation jownalière de ces viles abeilles.)
« En Pologne, m (^onlrairo, Torganisalion de la eom- V mune agricole procède des idées monarchiques. A la tête » de la gmirui se trouve un voU (maire) qui, généralement, » est le propriétaire du dominium lui-même, ou son fondé
• de pouvoir. Chaque village compris dans cette. commune
• est administré par un soltys^ assisté de deux rorfny (con- » seillers), tous les trois choisis parmi les paysans et recom- » mandés par eux, mais nommés par le maire. Le proprié-
• taire du dominium communal est donc le dernier échelon ê de la hiérarchie gouvernementale, et bien qu'il ne reçoive
• aucune rétribution, c'est le seul fonctionnaire véritable- » ment responsable, puisqu'il répond et par sa personne et » par son patrimoine. C'est aussi la seule autorité connue » des paysans, qui n'ont de relations avec toutes les autres » que par son intermédiaire. C'est à ce patron qu'ils y> s'adressent dans tous leurs embarras et dans toutes leurs » disputes; c'est lui qui maintient l'ordre privé et public » dans les campagnes, veille à 4a répartition et à la percepo tion des impôts et protège ses administrés contre les » rigueurs du recrutement. C'est enfin lui qui, comme re- «> présentant du dominium communal, comble le déficit des » mauvaises saisons et vient en aide aux familles dans tous » les accidents amenés parleur impéritie ou leur ignorance. » C'est comme un échalas autour duquel s'enroule une » plante incapable de se dresser sur sa propre tige. C'est aussi » une lanterne toujours allumée dans la nuit des illettrés. » Ce n'est point, comme dans la commune russe, un maître » absent pour toute protection, présent seulement par ses » insatiable^ exigences , mais un compagnon de peines et » un guide de travaux que le cultivateur trouve constara- » ment à ses côtés. Le paysan polonais dispose, en outre, » bien plus librement de son temps et de ses facultés que » le serf russe. En effet, tous les membres de la gmina » russe, cultivant solidairement l'immense domaine de leur