‹ De la nationalité polonaise dans l'équilibre européenChapitre 48 sur 80 · ÉTAT PRÉSENT DE LA PROPRIÉTÉ EM POLOGNE · texte numérisé non relu

ÉTAT PRÉSENT DE LA PROPRIÉTÉ EM POLOGNE

» de nous considérer comme la principale et inépuisable » mine de ses revenus. Il n'y a pas pour nous d'état de » prévoyance. L'autorité suprême prend ce qu'il lui plaît et » quand il lui plaît, de tout ce qu'elle trouve sur nous, sans » poids ni mesure ; parce que nous ne pouvons pas nous » cacher conime les capitalistes, et qu'il est commode de » nous supposer les seuls gens riches du pays. Et pourtant, » combien d'entre nous n'ont pour nourriture ordinaire que » des légumes, et ne servent de viande sur leur table que » pour en régaler leurs hôtes? La bureaucratie, animée » d'une haine pleine d^en vie, nous traitant d'aristocrates qui » ne méritent pas de vivre, s'ingénie à soumettre tous les » jours au gouvernement de nouveaux plans de spoliation » et d'appauvrissement contre nous ; car il ne faut pas se » dissimuler que les doctrines communistes de la bureau- » cratie autrichienne ont déjà pénétré dans toutes nos aditii- » nistrations et y régneront bientôt aussi souverainement » que chez nos malheureux voisins delà Galicie..... »

« Aucun revemi assuré, quelque modestement sup-

» puté qu'il puisse être, puisqu'il est convenu entre tous » no3 débiteurs que nous n'avons pas besoin d'être rem- » bourses pour être toujours plus riches qu'eux. Nous ne » pouvons pas prévoir davantage ce que nous aurons à dé- » bourser, et la seule chose certaine, c'est que personne ne » nous fera crédit. Après le gouvernement qui nous de- « mandera ce qu'il lui plaira, après ses employés qui nous « prendront ce qu'il leur conviendra, après le clergé, auquel » il est perpétuellement dû quelque chose, après les obliga- ^ tions du dominium envers les paysans, après l'entretien » de ce même dominium, après l'hospitalité, la charité, U » philanthropie, les procès et toutes sortes d'accidents aussi » nombreux qu'imprévus, vient le suprême tyran du pro- » priétaire : le créancier ! » (Le créancier peut se décomposer en deux personnages : le juif et la banque de prédit

foncier; mais à réchéance il se persoïinifie dans la même rigueur.)

« Le créancier, s'écrie en gémrssant le Jérémie de la » propriété, est invulnérable aux intempéries, aux épizooties, » à la maladie des pommes de terre, à la grêle et auxincen- » dies. L'intérêt se passe de toute espèce de sol, de culture » et dé labeur; une fois semé par le capital sur le dos du » propriétaire, il y pousse avec ime effrayante rapidité, et » n'a même pas la peine de marcher; car le créancier lui » prête ses ailes et ramène à heure fixe à la porte du débih teur. Les propriétés foncières en Pologne se trouvent » pre5f|ue sans exception grevées d'énormes hypothèques » qui sont près d'en absorber la valeur; ce ([u'il en reste, » néanmoins, ne peut être abandonné aux orties. Il y a bien » ou les corvées ou le tschinsch pour cultiver ou faire cul- » tivôr le dominium, mais les premières ne produisent pas la » moitié de ce que devrait procurer le second, et celui-ci » n'est jamais qu'incomplètement acquitté par les tenan- » ciers, faute d'acheteurs pout* tous leurs produits ; com- » ment dorjc remplir ce déficit par im travail mercenaire? » Par quel moyen faire rapporter au sol de quoi satisfaire â » toutes ses charges ? »

Peut-être n'est-('e que la moyenne, la besoigneuse et insuffisante propriété qui succombe ainsi, et se stérilise dans les angoissèsde sa fausse situation? Voyons alors les grandes seigneuries, celles qui, en se plaçant d'elles-mêmes dans la hiérarchie des démembreurs de la république, ont acheté assez cher le droit de survivre h tous les démembrements |)Our compter gur une inébranlable prosf)érîté.

a Je prends pour exemple, dit toujours notre enquête, » un grand domaine qui, autrefois, rapportait cent et quel- » qnes dizaines de milliers de florins de rentes â son pro- » nriétaire, homme d'une vaste intefiigence, d'une activité » infatigable et pétri de vertus. L'opinioni publique, dont

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