‹ De la nationalité polonaise dans l'équilibre européenChapitre 51 sur 80 · ÉTAT PRÉSENT DE LA PROPRIÉTÉ £N POLOGNE · texte numérisé non relu

ÉTAT PRÉSENT DE LA PROPRIÉTÉ £N POLOGNE

défait par d'autres procédés, dans les intervalles d'insurrection, est comme non avenu dans l'histoire de ce pays. Tout ce que Thypocriçie des spéculations pacifiques débite hors de la Pologne, sur les intentions régénératrices des démembreurs de cet Etat à Tégard de son peuple, est donc une absurdité qui ne peut pas supporter le moindre examen. Nous croyons avoir assez laborieusement démontré qu'il n'y a point d'aiïranchissement véritable, durable et intelligible pour les mpsses, agricoles de celle région .européenne hors de la gmina léchite, débarrassée d'abord de tous les décombres et de toutes les superfétations qui Tout meurtrie, puis élevée par l'intelligenc^e économique de notre siècle à la puissance d'un organisme perpéfuelleqient ascensionnel.

L'autocratie russe, la bureaucratie autrichienne et la pro^ cédure prussienne peuvent-elles, sans crouler elles-mêmes toutes les trois, restituer leurs organes naturels, leur pleine liberté et leur antique vigueur à ces innombrables cités agricoles, dont la fédération, formée pendant quatre siècles l^n immense bataillon carré, sur quatre faces cardinales, contre les charges Scandinaves , allemandes , turques et mongoles, a préservé le nom et réservé lavenir de la race slave ? Quasi elles ne peuvent pas faire cela pour le peuple slave de la Pologne, elles ne peuvent rien pour lui^ sinon r^servir et le dévorer d'une façon, plus ou moins ingéy nieuse, plus ou moins commode pour elles-mêmes. Témoin ceUe chute de la Galicie dans une véritable sauvagerie par la dotation imméritée d'une infime minorité de paysans, sans indemnité possible pour les propriétaires, mais sans dotation possible non plus pour les multitudes et leur descendance. Témoin cette réglementation prussienne qui, en convertissant les corvées en redevance pécuniaire,^ a dé* possédé cinq paysans et leur postérité sous prétextje d'empêcher le sixième de mqurii* de faim , en attendant qu'un

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Allemand vienne prendre sa place. Aussi bien, ces deux puissances n'ont pu détruire la commune léchite qu'en la morcelant d'après les principes de l'économie occidentale, ce qui leur a valu beaucoup d'applaudissements irréfléchis; mais c'est un morcellement tout pareil à celui qu'opère la mâchoire sur les corps organiques, afin de désagréger leurs fibres et de les hacher menu avant de se les assimiler. Nous avons beau être d'enragés démocrates et détester l'usurpation des maîtres du dominium, nous ne pouvons décou' vrir dans ce mode d'affranchissement aucune espèce de progrès.

Quant au gouvernement russe, s'avisât-il même de pri« vilégier le peuple de la Pologne a la confusion du sien, qu'il se trouverait bien vile arrêté dans cette imprudence par Fimpérieuse fatalité de ses vices. S'il essaie d'imiter l'Autriche en dotant les tenanciers sanis indemnité pour les maîtres du dominium, a la fois il se met sur les bras une classe d'hommes libres qui dérangeront l'harmonie servile de l'empire, il soulève l'envieux désespoir de la multitude déshéritée, et il se prive des seules pinces responsables à l'aide desquelles il pouvait nianier les uns et les autres. Nous venons de découvrir, en effet, quel rôle indispensable joue, dans le mécanisme de la domination russe en Pologne , ce maire-ôtage qui ^ sans rien coûter, paie de toutes ses tribulations, de tout son savoir-faire et de toute sa docilité un permis de séjour plein de transes sous le toit croulant de son patrimoine. 11 est même évident que la plupart de ces infortunés ne doivent la prolongation de leur terme, comme locataires et régisseurs de leurs créanciers, qu'aux services poHtiques et administratifs qu'eux seuls se trouvent capables de rendre à l'autocratie étrangère. Celte autocratie est donc bien plus intéressée qu'on ne voudrait le croire à leur garantir au moins le tribut de leurs censitaires, et elle ne s'ingéniera jamais qu'à augmenter ce re-

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