IDENTITÉ DE LA DÉMOCRATIE ET DU PATRIOTISME
dages naturels dont l'avait douée k sa naissance son archi* tecte suprême ; car les temps son t durs, et elle n'aura trop ni de toutes ses jambes pour tenir debout sur la terre ébranlée par sa résurrection, ni de toutes ses épées pour relever les cieux écroulés sur sa fortune.
Aussi ne connaissons-nous. rien de plus niai§ et de plus affligeant, que ce stratagème des esprits faibles, qui consisterait à faire passer ce principe virtuel d'une nation ina- 5 perçu à travers tous ses persécuteurs. Cette finesse vaudrait i celle de l'autruche qui, dit-on, se cache les yeux dans le ']. sable pour dépister le chasseur ; ou bien celle des gendarmes I russes, autrichiens et prussiens, protestant de leur patrioi tisme polonais pour désarmer la Pologne. Est-ce que trois I mauvais et formidables génies, comme ceux qui ont vaincu la f jastice éternelle, auraient à loisir fouillé depuis cent ans'les fc entrailles de leur victime, sans vaveir découvert absolument tout ce qu'elles recèlent ? Est-ce que la dissimulation la plus héroïque peut leur donner Je change sur une vérité qui fait Tunique souci, l'unique angoisse de leur domination ? Que recherchent-ils donc avec cette implacable et tremblante avidité au fond des agitations polonaises, pour l'en extirper et pacifier à jamais le tombeau de la Pologne? Est-ce le patriotisnie des royalistes, des aristocrates et des maires de la propriété? Mais ce patriotisme-là, ils l'ont constamment à leurs côtés, ils le tiennent dans leur main, sous forme d'aides de camps, de chambellans ou d'otages, tout au moins, et si c'était là véritablement la nationalité polonaise, ils n'auraient qu'à plier les ongles pour anéantir len un instant tons les remords de leur passé et tous les troubles de leur avenir. Sont-ce les monarchistes, les naagnats et les spéculateurs polonais qui peuplent la Sibérie, les oubliettes de Kufstein et les casemates pnissiennes ? Est-ce cette Pologne- là que les démembreurs mettent en croix, en hachis, en coupe réglée, en inquisition permanente; qu'ilç
&iO DE LA NATIONALITÉ POLONAlftK.
jettent oux bûchers de Xions, aux bêtes de la Golicie, aui poissons du lac Baïkal ? Non pasi vous le devinez bien, et si, en tâchant d'atteindre la vraie nationalité polonaise, ils n'ont pu éviter de déranger Taristocratie et la propriété, c'est qu'il est absolument impossible d'arracher le cœur à une nation sans gâter aussi sa peau.
En dernière analyse, le patriotisme polonais n'est donc pas autre chose qfue la démocratie slave à Tétalde nationalité circonscrite et équilibrée par d'autres nationalités, pgar lement nécessaires, également inéluctables; socialement, c'est la revendication desantiqueslibertéscommunales delà Slavie, pour les élever au diapason de la civilisation moderne et les mpttre au service du labeur international de la Pologne
De même que le patriotisme de la Russie, telle qu'elle est, consiste dans ce communisme attilien qui en fait l^ terreur du vieux monde; que le patriotisme autrichien con siste â supprimer toute nationalité, sous peine de supprimer l'Autriche, et que le patriotisme prussien est la négation d'une Allemagne autonome ou n'est rien du tout; de même que le patriotisme français veut dire au moins le maintien des droits conquispour toutes les sociétés occidentales en 4789; que le patriotisme anglais signifie la domination des mers et la suprématie industrielle du globe, et que le patriotisme américain exprime l'affranchissement absolu de la volonté humaine dans les limites de la morale; de même encore qu'au ivnf siècle, le patriotisme suédois obligeait au protestantisme, et le patriotisme espagnol au catholicisme, de nnéme le patriotisme polonais est ce que nous venons de dire, ou n'est plus qu'une forfanterie, qu'une fantaisie importune à l'humanité. Prise aujourd'hui dans les glaces d'une triple domination étrangère, la Pologne n'a pas encore pu manifester d^une manière officielle sa préférence pour cette direction ; mais on n'a qu'à jeter un coup d'oeil sur le courant Imp^uew et indétoumablp qui fi)e saus ces glaces, pour