‹ De la nationalité polonaise dans l'équilibre européenChapitre 64 sur 80 · IDENTITÉ DE LA DÉHOCKATIE ET DU PATRIOTISME · texte numérisé non relu

IDENTITÉ DE LA DÉHOCKATIE ET DU PATRIOTISME

deviner de quel côté le navire s'ébranlera dès sa première heure navigable, malgré vents et ancres rebelles.

Depuis 1831, il suffit de poser le doigt sur un point quelconque de cette morne prison pour la faire retentir sourdement, mais tout entière, de la même réponse ; la Pologne ne s Vêtant enfermée que pour redemander à ses aïeux la raison i égarée de 6on existence.' Or, voici ce que nos dernières \ générations ont entendu de leur bouche, et ce que toutes i les Écritures nationales n'ont fait que répéter : i a Nulle postérité n'est bénie, ne croît et ne multiplie que

n dans la piété et le respect pour les commandements priï mordiaux de la patrie. Frappés d'anathème et de stérilité, I vous tombâtes, malgré votre valeur militaire, dans Tim* t puissance et Tanarchie le jour où, reniant votre originelle \: et immémoriale noblesse égalitabre, vous sacrifiâtes auk lï idoles étrangères de la féodalité, afin de réduire votre propre sang en servitude, comme, à défaut de vassaux conquis, font les caciques du Congo, et prendre pour vous seuls le t miel des ruches bâties pour tous et remplies sans vous. il Cette Pologne que nous vous avons transmise n'a été J agréable à Dieu, nécessaire à l'humanité, capable de garder I las portes du paradis , interdit aux Barbares , qu'autant j qu'elle resterait fidèle à la consigne qui l'y avait placée. A i l'instant où, restreignant la liberté que confère la possession dans un cercle héréditaireirient inaccessible aux masses I ' dont il était issu , votre patr iciat d'accaparement se fit utie Pologne à son usage exclusif, Dieu se trouva délié de ses pro- 1 messes envers la nôtre, et le peuple expatrié fut dispensé de tout devoir envers une patrie qui n'était plus que celle de ses spoliateurs. «

Aujourd'hui, lorsque s'affeissant sous des charges caieulées pour les épaules d'une nation entière, cette présomptueuse suppléance appelle les expatriés éu' secours de sa d^^essé, ceux-ci h renvoient aux confimandements que les

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anges dQ la Slavie apportèreiU autrefois à Piast, le laboureur , et qu'elle ne comprendra que par un immense repentir. Ainsi puisQS au deuil sacré et irréfutable de la patrie, ces enseignements ont fiancé toutes» les générations futures de la Pologne à la démocratie ; et cette confidence de famille domine à ce point toutes les considérations extérieures dans la conscience polonaise, quelesdeuxinfluences diamétralement opposées de la propagande française et des démembrements, ont indifféremment contribué à l'y faire fructifier.

Si, d'une part, l'esprit révolutionnaire qui souffle de l'Occident sur les ruines de la Pologne, depuis le xviir siècle, y a moralement dissous l'aristocratie, la domination étrangère l'a déti;uite politiquement et économiquement; mais ce qui est providentiel, sans avoir pu, ni Tun, ni l'autre, remplacer cette superfétation par aucun de ces autres encombrements transitoires qui, ailleurs, sous prétexte de tiers-état, rendent encore si laborieuse et si sanglante l'ascension chrétienne des sociétés, après qu'elles ont déchiré leurs langes féodaux. Dès lors, tellement fatal est ce retour de la nation polonaise à la démocratie absolue, qui fui autrefois sa raison d'être et de prééminence dans l'estde l'Europe, qu'aujourd'hui même son immersion passagère dans le déluge panslavique ne saurait plus altérer cette vocation. Si tant est qu'il lui faille encore traverser ces flots, die y brûlera perpétuellement de sa foi, comme un feu grégeois veillé par d'impassibles vestales; de sorte qu'en laissant subir à la Pologne son évolution panslavique, on amoncellera d'immenses périls sur les deux autres races latuie et germanique ; mais quant à la nationalité polonaise, elle en sera quitte pour une métamorphose de plus, et la recherche d'un autre chemin, qui toujours la conduira au même pôle.

C'est-à-dire qu'au lieu de reconquérir sa démocratie avec 3on indépendance, et de démolk* le panslavisme en restant

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