DÉMOCRATIE MILITANTE ET DÉMOGHATIE TRIOMPHANTE
les arseftawx; et comme Dieu merci, il y en a de ces prairies polonaises à affranchir, et de ces étrangers à en expui* ser, la génération de la période triomphante aura le temps d'apprendre, de comprendre et de désirer, aux éclairs lucides du canon, tout ce qui manque à la génération militante, pour faire de vrais citoyens. Non-seulement à toute liberté, mais a toute période de liberté, il faut son épopée; ^ toute démocratie pacifique, sa généalogie sanglante. Toute guerre nationale est sainte et apostolique, en ce que seule elle affranchit las' nations des servitudes de la ehaîr, raison de, toutes les autres servitudes, et leur restitue la liberté du sacrifice, épreuve de toutes.les autres libertés. Toute génération qui a passé avec succès au feu de cette ^'preuve suprême, a fini ses études pratiques de droit et de devoir, et devient admissible à la démocratie normale. Alors, qu'elle sache écrire ou non, elle n'a plus qu'à dicter à un greffier ce qu'elle vient de faire, pour avoir une constitution républicaine. Que s'il y a si peu de constitutions républicaines dans le monde, c'est apparemment que les démocraties qui y prétendent sont des démocraties de faveur, auxquelles il reste encore à prouver, la main dans le réchaud de Porsenna, que ce n'est pas seylement pour s'écrire des brevets de liberté qu'elles ont des mains.
Ce n'est pas tout. Dans les pays slaves en général, mais plus particulièrement en Pologne, puisque c'est là la Slavie par traditions imprescriptibles et par excellence, la démocratie: n'acceptera sans défiance, à l'exemple des orphelins de Ziska, que les pateniels et infaillibles commandements de son propre tambour. Il faut que la Pologne tout entière en surface et en profondeur devienne une colonie militaire pour la liberté,' comme la Cosaquie et les frontières méridionales de l'Autriche sont des colonies militaires pour la tyrannie. Napoléon avait donc au fond deviné la constitution qui convenait à ce pays, en n'y cherchant qu'un
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camp. Mais trouver les choses n'est rien; il faut encore savoir et oser s'en servir dans un but souverainement organique , et c'est un labeur providentiel dcmt ce génie égoïste et impatient ne se montra point capable. Cette merveilleuse et exceptionnelle faculté de toute société slave, à passer tout entière de V ardre du travail à V ordre du combat^ et <?{ce versa, sans plus déranger ses rangs qu'une armée qui passe de l'ordre j>ro/bnfi{ à l'ordre mince ^ il la stérilisa au profit de quelques machines coûteuses et superflues. Des qualités guerrières des Polonais, il ne cueillit que ce qu'eUes ont de commun avec les qualités dé tous les soldats de plomb du monde; de la guerre, que de quoi en attrister la liberté; de la nationalité polonaise, que ce qu'il en lallait à des abbés de Pradt pour s'en moquer, aux Czartoryski,Oginski etLubecki pour excuser leur trahison, et à des Kosciuszko pour se naturaliser Suisses.. Oui ! insulte imméritée au drapeau polonais, dans cette longue légende de la résurrection nationale, dans cette guerre patriotique de 1796 à 1815, il y eut place pour Rozniecki et Erasinski,. il n'y en eut pas pour le vainqueur Raclavitzé! Puis il y a des historiens de beaucoup d'esprit et pleins de sagacité, pour soutenir que leur Pologne à eux est insaisissable; il y a aussi des amis de la Paix, pour trouver que la guerre est Je bourreau des nationalités l D'ailleurs le régime militaire, chargé en Pologne de la régence et de l'éducation de son héritier présomptif, n'aura pas à se mettre en. frais d'imagination pour développer les vertus naturelles de ce dernier. Aujourd'hui toute commune agricole peut y être considérée comme uii bataillon colonisé pour le travail servile; retournez-la en un bataillon et en une usine de combat pour la liberté, et vous obtenez aussitôt une Pologne à vingt*deux millions d'habitants discipUnée, unanime, inépuisable, oonmie nulle des cinq grandes puissances européennes, sans que la démocratie craigne d'y perdre un seul de ses droits, ni une