‹ De la nationalité polonaise dans l'équilibre européenChapitre 69 sur 80 · PAR RAPPORT AUX HONCROIS ET AUX ROUMAINS · texte numérisé non relu

PAR RAPPORT AUX HONCROIS ET AUX ROUMAINS

indissolublement, malgré la différence de leur origine. Ceci explique, bien mieux que la barrière des Carpathes, pourquoi ces deux peuples sont peut-être les deux seuls voisins du monde et de l'bistoire qui n'aient jamais sérieusement tiré l'épée entre eux. Il en est de même par complément des Houmainsqui, en établissant un compartiment analogue dans lequatnèmebaseindu Danube, ont puissamment gêné etrelardé l'absorption des nationabtcs slavo-tûrfjues par la Russie. Celte édilité séparatrice attribuée à ces deux nationalités étrangères,' dans l'arctiitecture ethnographique de l'est de l'Europe, fait le désespoir des panslavtstee et leur

coosëquence de l'indépendance magyare, que ne l'ont compriie les populations étourdies dont la participation an triomphe du cabinet de Vienne n'a fait que river les fers.

Abstraction faite de la Transylvanie et d'un million de Valaques répandus dans la Thessalie et la Macédoine , de la Bessarabie annexée i la Russie en 1813, et de la BoulioTine enlevée par l'Aiiirictie en 1777, le reste de la noumanie constitne les deux principautés de Moldavie et de Valactiie, placées sou* la suzeraineté nominale de la i^orte Ottomane. En 18â8> c'est la Russie qui en était la suseraine véritable, à titre de garante et de protectrice. Néanmoins, le 33 juin 18AS, lu peuple de la principauté valaque proclama en assemblée générale son indépendance et décréta, sous IIdvocation de la Justice et de la Fraternité :

1° L'égalité des droits civils et politiques pour tous les habitants du pays, sans dlslinciion de race et de religion; 2° la confirmallon de la liberté des cultes [liberté traditionnelle en Moldo-Valachie] ; 3° le suffrage uidvetsel, sans aiKon cens; 4* le droit pour chac)4ie district d'élire set ■nagUtrais ; 5' L'instruction gratuite pour tous les habitants des deux sexes : 6° l'abolition de tout servage , des dtmes et corvées , et ta conversion des champs des tenanciers en propriété personnelle , moyennant indemnité pour les seigneurs ; 7* l'abolition des titres sans fonctions.

On sait ce qu'au pohil de vue des réformes polonaises nous pens<»is de tous ces plébiscites , auxquels nnc guerre d'insurrection , quelque courte et malheureuse qu'on la veuille, n'a pas immédiatement donné l'indélét^k autorité de ses sacritices. Mais en la : t qu'il ne s'agit que de prouver leur mauvaise fol auxoppresseurs de l'Orient européen, en paroles contre parples, ce manifeste du peuple roumain et sa date noas paraisseni des arguments aussi irréfutables, que les décrets hongrois de Presbourg et de

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suggère contre elles les plus sauvages et les plus ineptes fureurs ; tout au contraire, la Pologne y voit des auxiliaires indispensables pour Taccomplissenient de sa propre mission démarcatrice, et ne saurait jamais isoler impunément sa cause de la leur.

D'ailleurs, de hautes considérations géographiques Font des trois États de Pologne, de Hongrie et de Houmanie, une chaîne d'anneaux inséparables sur Fisthme entier qui s'étend de la Baltique à Tl^uxin. Premièrement : très large au nord, le domaine polonais s'amincit progressivement vers la mer Noire, jusqu'à l'indécision et la ténuité. Il ne pourra même toucher à cette nier que par un point, en vertu d'une impérieuse nécessité commerciale, et par accord avec la Moscovo-(]osaquie, qui, quoi que l'on fasse, finira toujours par s'ouvrir de ce côlé un délxwiehé irrésistible à travers TArchipel datis la Méditerranée. Peu inquiétante, ou du moins plus facile à surveiller et à réprimer, tant qu'elle restera simplement navale, cette voie d'invasion compenserait aivec usure, pour la Russie, celle que lui ba^ rerait la Pologne, si les gardiens naturels des quatrième et troisième bassins du Danube ne s'établissaient pas solidement et à perpétuité en travers de cette grande artère méridionale de l'Europe.

Deuxièmemmt : il n'y a pas que l'ambition russe à surveiller de ce côté. L'ambition autrichienne y est peut-être plus à redouter encore, parce qu'elle y est moins naturelle, plus besoigneuse et plus désespérée. Or, il n'y a qu'un moyen de la désarmer à jamais : c'est de rompre pour toujours tout contact entre elle et la Russie, son éternel tentateur de curées, par l'infranchissable épaisseur des deux ccHnpartiments hongrois et roumain du Danube. A elle seule, évidemment, la Pologne n'y pourrait rien; et certes, il lui sera tout aussi agréable d'être doublée, renfdrcée à cette aile faible de sa vigilance par une Moldo-Valachie et

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