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races d« Tancien monde, et pourtant menée et gouvernée comme les plus abjectes. An lieu donc de composer avec des éléments semblables à ceux de TAmérique anglosaxonne un binôme pareil , elle s*est laissé écarteler par deux absolutismes , vassaux de la Russie, lesquels n'ont d'allemand que les forces dérobées à l'Allemagne pour en écraser leà Slaves , les Hongrois et les Italiens ; puis de slave, que les forces ravies aux nationalités slaves poiir en accabler F Allemagne.
C'est à ce métier, comme nous l'avons vu, que cinquante millions d'Allemands dépensent leurs merveilleuses facultés , leur sève inépuisable , tous les trésors de leur pensée prométhéenne et de leur travail de cyclopes, pour trouver au bout les malédictions du genre humain , et au choix, ou la suzeraineté du Tzar, ou un exutoire en Amérique. Il est vrai que celte suzeraineté sur l'Allemagne nç g'exerce pas directement, mais à travers un empereur, quatre rois entiers et les quarts de trois autres, six grandsducs, un électeur, huit ducs, un landgrave, onze princes, quatre sénats de villes, libres quand elles ne sont pas en état de siège, et un seigneur, celui de Kniphansèn. Il est vrai encore que, sauf un empereur et un roi se partageant les deux vice-royautés réelles de l'Allemagne, on pourrait supprimer tous les autres étages de cette tour de Babel sans que Ton s'y entende et qu'il en soit ni plus ni moins: ce qui est très commode pour autoriser les conservateurs de l'ordre européen à dire que, satisfaisant au problème du dualisme politique de l'Allemagne, ces deux grandes puissances germaniques n'y laissent rien à désirer ni à faire au patriotisme national. Cependant tout cela ne nous fait pas comprendre ce que ceux des Franconiens, Souabes,^ Bavarois, Tyroliens et Autrichiens qui ne sont ni nourris au budget, ni chassés de chez eux par la faim, gagnent de gloir<^, de liberté ou de bien-être à ce que le chef des
l\&k DE LA NATIONALITÉ POLONAISE.
Marches d'Oslerreich, porte les couronnes de Lombardie, de Bohême, de Hongrie, de Galicie, d'Ulyrie, etc. Mettant de côté le3 fonctionnaires et les sangsues qui, en sortant de r Allemagne du Sud , par cela même abjurent leur nationalité, ne serait-il pas bien plus profitable et tout aussi glorieux pour ces vingt millions de Germains parlant la même langue, apparentés par les mêmes traditions ethnographiques et sociales, de constituer leur corps de nation et de jouir enfin d'une patrie sérieuse? D'une part affranchis à tout jamais de la terreur russe par la répartition de la Slavie en barrières successives et réciproques; de l'autre, devenus une bonne fois intelligibles et respectables pour la France, ne formeraient-ils pas un Etat bien autrement majestueux et solide que celui qui , tout chargé de couronnes qu'il est, les expose chaque jour à l'une des quatre aiternatives que voici : à ce que les régiments de Tomsk, Moskou et Kïow, viennent relever leurs garnisons d'Ulm et de Rastadt , ou à ce que toutes les courqnnes slaves et autres de leur empire soient roulées par le panslavisme dans les rues de Munich et de Frankfort ; à ce que la carte de 1815 soit refaite pour 1810, ou à ce que le patriotisme allemand se réfugie dans^ quelque Jean de Leyde? Entre ces quatre solutions également fâcheuses d'un asservissement pacifique, d'un cataclysme de races, d'un empire occidental ou de l'anabaptisme politique et social , ne serait-il pas temps de faire intervenir une Allemagne allemande qui, se décrochant de ses remorqueurs perdus , songerait enfin à voguer d'elle-même?
Or, tout ce qui se dit de l'Allemagne du Sud au point de vue international, s'applique aux deux; car leur antagonisme, rationnel et fécond pour ce qui concerne leurs relations mutuelles, doit cesser devant l'évidente communauté de leurs périls extérieurs. La fortune, la liberté et la nationatité de TAIlemagnedu Nord ne sont certainement pas
LA POLOGNE VIS-À-VIS DES DEUX NATIONALITÉS DE l'aLLEM. /i65
moins compromises par les aberrations de la Prusse, que ne le sont la fortune, la liberté et la nationalité de T Allemagne du sud , par la vétusté de la politique autrichienne. Nous craignons fort que ces deux gfandes masures, l'une mangée aux vers, l'autre en carton-plâtre, ne s*écroulent ensemble quelque beau jour sur toutes les écoles philosophiques de ce pays, pour réconcilier Schelling et Hegel dans l'unité d'une parfaite servitude.
Depuis Voltaire et Sieyès, il est assez de mode en France de s'imaginer que l'extension de la monarchie prussienne à toute l'Allemagne du nord imposerait une tenue normale à cette espèce d'incommode gélatine, et cristalliserait ainsi l'une des deux nationalités germaniques que réclament le repos et le véritable équilibre européen. En y regardant de plus près, on aperçoit que ce serait simplement mettre tous ces peuples au service immédiat de la Russie et avancer la domination directe des Tsars jusqu'aux portes de Lille, de Metz et de Strasbourg. Que si l'on entend par là indemniser le royaume de Prusse de ses restitutions polonaises par des acquisitions allemandes, à la bonne heure. Seulement remarquez qu'alors, ce ne sera plus agrandir l'inextricable monarchie des Hohenzollern , mais au contraire, la supprimer totalement, au profit de cette nationalité réelle, désirable et légitfane, que tous les anges du ciel et tous les martyrs delà terre étaient prêts à saluer de leurs bénédictions au mois de mars 18&8. Les quiproquo ne tueront pas ce qui a force de vie, et ne maintiendront pas ce qui doit tomber.
Excepté les deux bassins supérieurs du Rhin qui appartiennent à la nationalité méridionale de l'Allemagne , le bassin bohème de l'Elbe supérieure et ce que la France s'est irrévocablement assimilé, tout le versant de la mer du Nord a été peuplé par les deux grandes familleâ austrasienne et saxonne, lesqudles n'ont pas besoin de celle de Hohen-
zoHem pour s'entendre et n'ont aucun dividende à réclamer dans les bonnes affaires des Juifs de Posen. Il y a donclè, 06 nous senoible, avec ces 25 millions d'héritiers de la Lotharingie et de la Saxe, mûris au soleil de la plus magnifique civilisation qui ait jamais lui sur les âges de la terre, da quoi faire autre chose que de la landwehr pour brûler les chaumière» polonaises, et escorter les fourgons russes dans les revues de Kalisz. Par comparaison historique, c*estla Pologne des Jagellons qui se serait donnée à un khan de la Crimée, pour apprendre à manier Tare et se vêtir de peaux d^agneaux à bon marché; par analogie politique, p'est l'Amérique du Nord qui se donnerait à la reine d'Espagne, pour avoir Cuba. Les gens qui se figurent que c'est Frédéric II qui a bâti l'IUion germanique, ne soupçonnent donc pas que [ce fameux capitaine en a au contraire abattu tout un coté , pour y introduire le cheval de bois et envoyer Ënée au lac Mîchigan ? Malheureux démolisseur ! qui s'est pris pour un architecte; malheureuse nationalité! qui lui a confié sa yie, sa fortuiie, sa vérité, parce qu'il savait tuer, voler et mentir. Quelle fortune pour elle, à l'heure qu'il est , de croire commencer à Aix«»la-Chapeile, la tête sur le jtombeau dç Charlemagne, et de croire finir à Koenigsb^i les pieds dans les forêts païennes de la Ljthuanie, avec à^ïix cent mille Russes et Kunersdorf, quand ce n'est pas avec deux cent mille Français et léna en travers? Entre cette tête coupée et ceç jamb^ postiches, pas de poumons, pas de cœur, pas d'entrailles, mais des Hesse, des Hanovre, des Brunswick, des Oldenbourg , des Me<iklenbourg, tout cela à la Russie. Quelle plus grande brèche y aurait donc fait une Pologne, à coté?
Or plus on abattra de œs étouAbirs autour de la Pologne, mieux on se convaincra que le mystérieux rayonnement de son supplice ne s'arrête nulle part; parce que l'humanité ei)tière constituant le même être, et chaque iiationaKtë en