‹ De la nationalité polonaise dans l'équilibre européenChapitre 74 sur 80 · LA POLOGNE VIS-A-VIS DES NATIONALITÉS SCANDINAVES · texte numérisé non relu

LA POLOGNE VIS-A-VIS DES NATIONALITÉS SCANDINAVES

étant une partie également précieuse , également sensible, toutes ces fonctions, sans égard aux dislances, aaiiffcent également des lésions faites à Tunequelconque d'entre eHes: Seulement cet organisme collectif et incommensotable de l'humanité ne se connaissant pas mieux que les organismes individuels, il peut se faire traiter pendant des siècles d'une maladie qu'il n'a pas, au risque d'aggraver d'autant celle qui le tourmente. Les vieilles et savantes corporatioas surtout sont pleines de ces préjugés diagnostiques; et c'est i ainsi que les médecins de l'Europe laissent grossir Tasserle vissem/ent de la Pologne, pour combattre des libertés dont ; n'ont à se plaindre que les nerfs de la Faculté. En attett^ |. dant que la Faculté convienne de son erreur, toutes les f nationalités parentes ou non, similaires ou antagonistes, t proches ou lointaines de ce foyer de désorganisation , fan» ^ guissent à l'unisson d'un mal inconnu, général, dont cha- [. cune se croit Tessentielle victime, mais que nulle ne sait 31 définir. Ainsi ce mal polonais n'affecte pas moins l'Orient ri et la Scandinavie, que la Slavie et l'Allemagne;

Nous croyons avoir déjà expliqué tous les enchaînements possibles de la cause polonaise, soit avec eequ'il y a encore ^ de viable dans la nationalité ottomane, soit avec l'avenir d^s nationalités ^chrétiennes qui sont en train de se dégager de l'empire turc. Nous avons démontré que Pintimité de

I ces rapports tient à ce que, en dehors d'une restauration ^ polonaise , nulle autre vigilance n 'est capable d'arrêter long- ^ temps la descente fatale de l'avalanche panslavique sur ce

monde en décomposition; puis, à ce que cette restauration I préliminaire est absolument nécessaire-au cadastre libre,

pacifique et équitable de toute c^tte région. Ainsi, quoique ^ au premier abord on ne voie pas trop ce que les Polonais ^ auraient eu à faire dans la question d'Orient, posée comme j elle l'a été dans les récents congrès de Vienne et de Paris;

il n'en est pas moins certain que, lorsqu'on sera bien décidé

kOS DE LA NATIONALITÉ POLONAISE.

à la résoudre, c'est par renlèvement à la domination tsariennne de Usthme européen qui porte le nom de Pologne qu'il faudra commencer cette fois-là. Nous allons voir que la servitude ou Taffranehissement de la Pologne réagissent sur le sort de la Scandinavie d'une façon indirecte aussi, mais non moins excessive.

Il y eut après les premiers débordements Scandinaves, une deuxième époque, où quintuplant tout à coup le poids de sa rare population parson incomparable valeur militaire, par l'audacieux génie de ses généraux et de ses hommes d'État , par son initiative protestante et surtout par celte pente irrésistible qui, jusqu'à épuisement des cataractes du Nord, devait précipiter constamment les hommes de cette région vers le Midi, la Suède ne parut pas moins redoutable au libre arbitre de l'Europe centrale, qu'en leur temps les Mongols, les Empereurs et les Turcs. En arrêtant les progrès de cette vaillante race au golfe de Livonie, en contenant Gustave-Adolphe et en refoulant Charles-Gustave, la Pologne fut dans son rôle d'inébranlable démarcateur envers et contre tout débordement international. Lorsque déjà désorganisée parla violente intronisation d'Auguste II, la Pologne accepta Charles XII pour juge de camp et presque pour libérateur, c'est que malgré tout l'éclat de ce météore, ce n'étaient plus les Suédois qui inquiétaient l'Europe centrale. Les dernières témérités auxquelles ce Pyrrhus moderne contraignait son royaume ne pouvaient qu'accélérer un peu sa décadence , au profit de la nouvelle et bien autrement formidable terreur qui se levait alors à l'horizon du xvhi» siècle.

Dès ce moment et pour toujours, les causes de la Suède et de la Pologne devinrent inséparables, et entre leurs destinées mêmes , il n'y eut plus que l'insignifiante diffiérence de la captivité au désarmement, et de la paralysie à la mutilation. Les seuls accidents peut-être qui aient manqué à la

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