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LA POLOGNE V1S-A<-V1S DES NATIONALITÉS SCANDINAVES

parfaite communauté de leurs misères en 181â, c'est ou bien que Bernadotte ait eu le caprice de rester Français, ou bien que Joseph Poniatowski ait eu celui dé ressembler à son oncle Stanislas- Auguste. A cela près , ces deux déchéances peuvent se donner la main ; car il serait fort difficile de dire laquelle des deux est plus impatiente de voir l'autre vengée et relevée. Si en effet des considérations purement mécaniques semblent conseiller aux Polonais d'ajourner leur insurrection jusqu'à ce que la Suède se soit placée à l'avant-garde d'une croisade occidentale contre la Russie, des raisons d'un ordre supérieur rangent au contraire l'atTranchissement de la Pologne en première ligne, et ne permettent au gouvernement de Stockholm de se démasquer qu'à l'abri d'un soulèvement polonais.

On ne saurait plus ignorer actuellement que toutes les instances de la diplomatie occidentale auprès de cette cour circonspecte, pour aboutir 'enfin à un traité dont Iç sens véritable nous échappe complètement, avaient échoué pendant toute la durée de la guerre contre les objections que voici : et Vous nous offrez aujourd'hui l'abrogation de ces traités de Nystadt, d'Abo et de Frédérikshamn, qui sont comme les trois partages de la Pologne appliqués à notre situation; vous nous montrez la Finlande à ressaisir, et même l'ingrie, l'Estonie et la Livonie à revendiquer. Certes nous ne demanderions pas mieux, dussions-nous, en y sacrifiant la Norvège, associer le Danemark à cette restauration Scandinave; mais pouvez- vous nous garantir l'accès de tout ce littoral, au delà des quatre mois d'hospitalité que la mer Baltique accorde à vos escadres ? Et quand même par miracle, l'effet d'une seule campagne serait assez foudroyant pour nous faire restituer par traité ces vastes provinces, est-ce que cette prétendue paix elle-même ne deviendrait pas pour le Tsar le point de départ d'une impitoyable revanche, tant que le fond , tant que le labora-

toire de sa puissance, qui est en Pologne, lui restera?» « Commencez donc par insurger la Pologne, par dissoudre la substance essentielle de la domination tsarienne, et alors nous aviserons à dépecer sans péril ses extrémités. Dieu nous garde de toute ironie, lorsque nous vous posons cette précaution préalable pour condition à notre concours. Nous ne faisons pas non plus acte d'égoïsme envers la Pologne, car il n'y a plus aujourd'hui d'extravagance imaginable qui puisse la compromettre. Que ses 300,000 combattants aillent mourir dans les rangs du Tsar ou à l'avantgarde dos vôtres, que le reste de sa population se tue à nourrir ses op|)resseur8 ou ses libérateurs , que même le nom de cette nation aille expirer dans les gouffres d'un empire étranger ou dans une suprême tentative d'affranchissement , la Russie n'a plus de Stockholm a lui enlever, ni de Norvège à lui réclamer au nom du Danemark, devenu avec le Simd un héritage possible des Holstein-Gottorp. »

Or, pour h Suède, ces motifs déjà irréfutables de prudence s'aggravaient encore tous les jours par la fausse direction que les alliés avaient imprimée dans ces parages à leurs attaques contre la Russie. S'obstinant à chercher dans cet empire communiste et crustaa; toutes les délicates susceptibilités de leur propre économie, ils s'étaient flattés de le désarmer en ruinant, au lieu de les affranchir, les populations finnoises autrefois soumises à la Suède. Il en résulta simplement que les Finnois, condamnés par l'insignifiance de leur autonomie à se contenter de la patrie de leurs derniers maître^ et iV y tenir, se sont fait de ces ravages côtiere un argument de patriotisme russe qui a beaucoup reculé les affaires Scandinaves dans celte région. Malheureusement, au secours de ce grossier patriotisme, et pour consolider la domination russe dans ces quatre provinces transballiques, seraient encore venus au besoin les intérêts peu

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avouables, mais très conservateurs de l'aristocratie suédoise elle-même.

On sait. que, comme les Slaves polonais, en leur qualité de nation élémentaire, à laquelle nulle conquête n'a imposé de sommités étrangères, les Scandinaves sont francs chez eux de toute fé^alité économique. Depuis les migrations conquérantes des Normands et des Varègues, au ix* siècle, jusqu'aux compagnons de Charles XII, toutes les inconti*nences de cette race aventureuse étaient allées se satisfaire au dehors, abandonnant aux pêcheurs et aux laboureurs l'ingrate possession du sol Scandinave. Les fortunes aristocratiques suédoises s'étaient donc assises presque toutes sur les terres d'autrui , particulièrement dans ces provinces d'Ingrie, d'Estonie, de Livonie et de Finlande, que les traité? de Nystadt et de Frédérickshamn ont transférées à la Russie en 1721 et en 1809, à peu près comme les grandes seigneuries polonaises qui, gênées et inquiétées par les mœufg démocratiques de la (.écho-Chrobatie, avaient reflué vers la Lithuanieet la Ruthénie. Or, les Tsars se sont bien gardés d'exproprier l'aristocratie suédoise dans les pays détachés de la Péninsule, pas plus que, sauf quelquefois par châtiment de félonie, et plus souvent par erreur, ils n'ont touché à la grande propriété en Pologne. La politique tsarienne trouva mieux son compte à gagner ces seigneurs à sa cause, car elle espérait entraîner insensiblement, par leur entremise, la Suède elle-même dans ce vasselage, soit en laissant à la classe gouvernante de ce royaume déchu ses domaines devenus russes, soit en l'indemnisant par des pensions et des emplois compromettants. On doit se rappeler avec quelle indifférence, voisine d'une trahison que ni toutes les folies de Gustave IV, ni les trames ourdies entre Napaléon et Alexandre, contre cette valeureuse nation (^) ne

(<) Cil sait que le traité de FrédérilLsbanm , si houteuK et si fatal pour

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sauraient expliquer, les neveux des vainqueurs de Narva ont laissé dépouiller leur patrie publique de la Finlande, pour y conserver leurs patries privées sous Tégide d'un suzerain étranger. Ce n'était probablement que le dénoûment d'un pacte tacite, mais déjà ancien, peu différent du forfait polonais de Targovitza , et par lequel des personnalités plus ambitieuses que la fortune de leur pays avaient cherché hors de ce dernier un supplément d'autorité et de revenus. La triste renommée attachée en Pologne aux familles des Essen, des Fersen, des Engelstrom, des Jgelstrom, des ToU, et l'association de ces noms, si illustres par-delà la Baltique à ceux de tous les aventuriers russes ou allemands

la Saède, fat une simple conséquence de celui de Tilflitt. C'est aussi un liea comroim d*bistoire, que Tentente établie entre Napoléon et le Tsar par ce dernier traité, et surtout dans l'entrevue d'Erfurt^ & la fin de 1808, marque le déclin de la prépondérance occidentale au xix* siècle. Tant il est certain que la moindre trêve, la moindre transaction, mais surtout tout partage de domination entre la maturité civilisatrice et la jeune barbarie, livre inévitablement le monde à cette dernière. Une fois sur la pente des sacrifices. Napoléon ne pouvait pas plus disputer au Tsar la conservation. de la Turquie et la restauration de la Pologne, que Tintégrité de la Suède. L^abandon des principautés danubiennes compléta donc celui de la Finlande, et ce qui mettait le comble à Tinconcevable folie de ce partage de TEurope en deux empires, Napoléon s^engagea, par les conventions secrètes de 1809 et de 1810, en échange de toute liberté de tyrannie sur l'Espagne , « à ne Jamais relever la puissance polonaise, et à faire disparaître Jusqu'au nom de la Pologne et des Polonais de tous les actes officiels. » (Notes transmises au Tsar par M. de Gbampagny, et citées par Bignon*) Nous avons omis à dessein ce forfait diplomatique parmi les griefs particuliers de la nationalité polonaise contre la politique de Napoléon , parce que, rentrant dans le système général des abandons faits à cette époqae à la I^ussie en paiement de la couronne d^Espagne, oe détaU se perd pour ainsi dire dans le vaste abime de cette politique. Mais U n'en est pas moins certain que c'est ce pacte d'irréparable abjuration qui pesa sans trêve sur le génie de TEmpereur en 1812, désarma ses 500,000 hommes avant même qu^ils eussent franchi le Niémen, et enfin , comme la main glacée de la statue du Commandeur, vint se poser sur son épaule, au pa^ sage de la Bérézina, entre Tschitschakow que lui renvoyait la Turquie» et Wittgenstein que lui renvoyait la Suède.

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que le démembrement de notre république a tirés de Tobscurité, témoignent assez du prix auquel les Tsars ont acquis la moitié orientale de l'empire Scandinave. Elles font mieux comprendre que toutes les clauses de traités Tincurable inféodation des sommités sociales de la Suède à la politique de Saint-Pétersbourg, et l'impuissance du reste de la nation à s'en affranchir autrement que par l'écroulement irrévocable du tsarat.

Ce vasselage par intermédiaire pèse trop durement sur toutes les classes d'un peuple, auquel sa déchéance politique et territoriale n'a rien ôté de ses lumières, de sa dignité et de sa bravoure, pour qu'aucun Suédois se paie des présomptions de l'Occident sur la nature de la puissance tsarienne. Le plus obscur magister d'un village scanien en sait plus long là-dessus que toute la diplomatie anglo-française, et le vain tapage de la guerre bal tique ne pouvait guère plus l'exalter que la chute des feuilles en automne, tant qu'il ne voyait pas la cognée appliquée au pied même de l'arbre maudit qui enlace et étouffe la Scandinavie entière. Aussi, dans aucun pays de l'Europe, l'idée d'une restauration polonaise n'est-elle plus populaire, dans le sens sérieux de ce mot , plus généralement souhaitée, quoique à des points de vue différents. L'aristocratie elle-même, en tant que capable de repentir sous bénéfice garanti d'inventaire, y pressent l'unique moyea de glisser entre un bouleversement social et l'asservissement absolu de la Suède, aussitôt que le Tsar se sera allégé de toute surveillance occidentale par une paix duraft/e. A la vérité, le cabinet de Saint-Pétersbourg n'estimera durable la paix ac* tuelle, que lorsqu'une brouille solide entre la France et l'Angleterre l'aura ratifiée; mais qu'est-ce qu'un pareil sursis pour la sécurité de Stockholm ? Quant à toute cette guerre de blocus, de chasse et de bombardements qui vient de s'éteindre, après avoir échangé quelques milliards de

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dette contre quelques millions de prises, elle n'a guère âé pour la Suède qu'une cause de ruine commerciale et de transes insupportables. L'aristocratie, que d'une part elle compromettait extrêmement vis-à-vis du détenteur de ses domaines finnois, la maudissait de l'autre, comme une mo^ tifiante divulgation de sa dépendance et comme une excita* tion aux méfiances populaires. Quant aux classes qui ne participent qu'à peine représentativement aux aflaires pu* bliques, elles en souffraient matériellement tout autant, ^ns y entrevoir aucune compensation patriotique. N'ayant pas à la vérité déposé de gages entre les mains du Tsar, elles pouvaient donner un cours plus généreux à leur haine tra» ditionnelle ; mais c'était une hardiesse entièrement stérile, puisqu'elle ne pouvait atteindre la Russie qu'à travers une caste qui sert à la fois d'otage et de rempart à cet ennemi.

Quel dénoûment imaginer à une situation aussi délicate et aussi compliquée, lorsque le procès universel qui agile les générations depuis la catastrophe polonaise, sera appelé en nouvelle instance ? Le même évidemment que pour tant d'autres situations voisines et non moins perplexes : ce sera de réduire préalablement et irréparablement la malfaisance de la Russie au niveau des forces qui restent à la Suède, en lézardant le tsarat de haut en bas par une guerre nationale en Pologne. Alors seulement que ces arrhes de sécurité auront été données aux ressentiments Scandinaves, même l'aristocratie de cette illustre nation retrouvera peut*élre, avec la conscience de son abaissement actuel, tous les élans de son ancienne fierté \ le peuple y puisera certainement les inspirations d'un patriotisme actif et le courage de rap* peler le gouvernement à son devoir ; le gouvernement luimême, quelles que soient ses traditions et ses arrière* pensées, recouvrera alors l'intelligence de ses périls et la résolution de les conjurer»

Mais la S(*andinavie étant double, aussi bien en régiooi

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qu'en naliorwlilés, et devant rester telle, même dans Tas* sociation fédérale que les afRnités de race lui souhaitent très légitimement, le rayonnement des destinées polonaises sur le bassin entier de la mer Baltique ne serait expliqué qu'à moitié, si nous n'en recherchions pas aussi l'action sur tout le littoral vende et danois de cette mer. Bien qu'essen*tiellement continentale et ne respirant que tout juste ce qu'il lui faut d'onde salée pour vivre, la Pologne pèse d'une ma* nière très particulière sur toute cette question maritime. L'influence de son assôrvissement ou de son indépendance sur la franchise ou l'accaparement du Sund et de la mer Baltique se *ywé/me évidemment avec l'influence qu'elle exerce au midi sur les conditions politiques de la iper Noire et des Dardanelles. Or, nous avons vu que, quoique elle-même sans prise ni prétentions aucunes sur les bouches del'Euxin, c'est au fond la Pologne qui confère au Tsar la possession plus ou moins prochaine de ces dernières, par lès moyens inépuisables et abrités de retours offensifs qu'elle lui fournit contre la vigilance lointaine et dissipée de l'Occident. Nous avons vu comment, laissé maître du cours des fleuves polonais qui se jettent dans la mer Noire, et touchant toujours par la Pologne méridionale aux Slaves de la Turquie, le Tsar peut attendre avec philosophie la cicatrisation des plaies faites à ses côtes khersonèses, certain qu'il est de retrouver tôt ou tard par la Bulgarie tous les abords qu'on se flatterait de lui avoir interdits. Nous disons qu'il en est symétriquement et exactement de même pour le Sund et tout l'empire maritime que ce détroit gouverne.

Par la saillie que lyi donne la Pologne à revers du littoral poméranien, par l'incessante et invincible pression qu'elle exerce sur la Prusse, par les prophéties dynastiques enfin, qui rangent péremptoirement la faible monarchie danoise dans la clientèle des Holstein-Gottorp , la Russie s'est assurée sur tout le littoral méridional de la mer Baltique, juih

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qu'au cap Skagen, une prise aussi commode et mieux défendue que celle qu'elle cherche, û travers les Slaves et les Grecs de la Turquie, sur les Dardanelles. De ce côté, en effet, rinhospitalité de la mer Baltique pendant les trois quarts de Tannée, grandit d'autant les faveurs de l'itinéraire ouvert par terre et par la diplomatie à la persévérante convoitise des Tsars. Or, que ce soit par la péninsule Scandinave ou par la péninsule du Jutland, que ce soit par mer ou par terre, que ce soit demain ou après-demain, par la chaleur de ses canons ou par la gelée du bon Dieu, pourvu qu'elle réussisse un instant à mettre un seul pied sur ces bouches du lac Scandinave, la Russie y devient à jamais inexpugnable et règne sans merci sur tout le nord de l'Europe. Il était donc vraiment d'urgence élémentaire de s'acharner, comme l'ont fait les puissances alliées, contre la domination navale des Tsars dans cette région, et leur zèle à cet égard est irréprochable ; mais c'est la manière dont elles s'y sont prises qui intriguera profondément la postérité. Supposons en effet que, ravisées par l'expérience précédente sur leurs ruineuses et monotones croisières dans des parages qui, une fois écumes, n'ont plus que des dents de bronze, de granit et de glace à leur montrer, ces puissances aient à l'avenir recours à un débarquement libérateur en Pologne, pour s'indemniser une bonne fois de toutes leurs dépenses naumachiques : ne restera-t-il pas toujours à deviner pourquoi elles n'avaient pas commencé par là dès 185/i? Comment des marines douées de tant de sens supplémentaires, de chronomètres, de boussoles, de gouvernails, qui en font comme d'immenses sensitives, ontelles pu se cogner pendant deux campagnes successives contre des Cronstadt et des Rewel, sans en avoir trouvé les véritables avenues ?

Restera toujours à expliquer à quoi avaient servi, depuis quarante ans, les ambassades françaises et anglaises à

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Stockholm, à Saint-Pétersbourg et à Copenhague? A quoi les cartes, la statistique et la météorologie, à quoi la navigation commerciale, les explorations, les longues et profondes rétiexions de la paix, sinon à avertir les gardiens de l'équilibre européen que la Baltique avec son unique orifice est un lac qui, les saisons aidant, retombera sans cesse au pouvoir du plus fort de ses quatre riverains? Comment donc, n'ayant pu, Teussent-ils voulu, ignorer complètement ces choses-là, les Anglais surtout n'ont-ils pas songé naïve^ ment à commencer la guerre par lei désarmement de ce riverain, au moyen d'une expédition à la Guillaume d'Orange en Lithuanie? Était-ce bien la peine de tant tâtonner, pour ne pas même d^uvrir qu'afin de rester maître d'un trou, il faut en dominer les bords ;, qu'afin de s'emparer d'un liquide, il faut en tenir le vase ? Passe une première campagne de sondages ; mais après s'être assuré, dans cette reconnaissance, à la vue, au toucher et à l'ouïe, que le littoral suédois est attaché à la reniorque de celui de la Finlande, que les côtes prussiennes ne sont qu'un simple prolongement des côtes russes, et que le Danemark n'a guère pour moyens d'existence qu'à tirer le cordon du Sund aux trois autres : comment n'avoir pas trouvé qu'à moins de donner à la Baltique pour cinquième puissance riveraine la Pologne, cette mer et ses embouchures ne comportent au fond qu'une seule et même ceinture, laquelle est ou la Russie elle-même, ou sa queue?

Passons en dernier lieu aux rapports qui unissent la Pologne à rOccident. Cliaque page précédente de ce livre ayant déjà fourni quelque démonstration de cette intimité^ nous n'avons plus qu'à les résumer en nous plaçant de préférence aux points de vue qui ont pu échapper à la perspective des autres matière?. Nous ne reviendrons guère sur les axiomes d'équilibre international, d'attraction physique et de solidarité morale qui lient les destinées de la France

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au sort que sa politique extérieure a fait à la* Pologne. Noos nous arrêterons plutôt à certains malentendus qui, en dbscurcissant des traditions sacrées, d'une part ont faussé de la manière la plus fâcheuse le jugement de TOecident sur la cause polonaise, et de l'autre menacent de livrer les générations nouvelles de la Pologne au désespoir panslavique.

Le plus manifeste symptôme de la prépondérance de la Russie dans le monde du xix* siècle, à côté de toute guerre comme de toute paix officielles; c'est Tinfiltration incessante de sa pensée délétère dans les régions les plus antipathiques à sa domination, et parmi les peuples les plus irrités, les mieux avertis contre ses envahissements. A quoi la postérité attribuera -t-elle la presque impuissance de tous les efforts matériels de la France et de l'Angleterre contre un État mécaniquement trois fois plus faible que chacune d'elles, sinon à ce désarmement moral, à cette invisible tnalaria que les doctrines russes tamisent depuis un demiaiècle à travers toutes les sommités sociales de l'Occident, jusqu'à ce qu'elles aient atteint les dernières profondeurs de cette société (*) ? Or, que peuvent être, nous le demandons,

(>} Nous voudrions Caire abstraction de l'influence qu*a pu exercer en France sur tous les esprits froissés dans leur orgueil par les triomphes de la révolution, le grand pontife de Tidée russe, Joseph de Maistre; bien que Ton ne puisse se dissimuler que ce sombre et spécieux génie n^ait réussi es parUe à faire pour Tagamemnonnat de Saint-Pétersbourg ce que Loyola atait tenté au xvi* siècle pour restaurer la catholicité ultramontaine , et , bieo que dans un pays de perpétuelle bascule psychologique comme celoi-là, Micune minorité ne soit privée de la diance de devenir majorité gonver- 9|iBlie à la première occasion. Mais iquand même |e demaittrisme deviendrait un jour la raison d'Etat de la France, comme VEsprit des Lois a été celle des Constituants de 89, et le Contrat social celle des Jacobins, ce serait, nous Tespérons, lé plus éphémère des évangiles qu*ait encore à •anyer ce pays, lesté dans tous ses chavirements par un fond d^inexorallie logique. Ce que les disciples des Soirées de Saint-Pétersbourg appellent le principe d'autorité est évidemment un non-sens auquel il nous semble que l'es|>rit français; lucide jusque dans ses plus regrettables dé-

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