‹ De la nationalité polonaise dans l'équilibre européenChapitre 77 sur 80 · LA POLOGNE V1S<^A-V1S DE L^OCCIDBNT · texte numérisé non relu

LA POLOGNE V1S<^A-V1S DE L^OCCIDBNT

tribue la légitime fierté d'un si grand peuple parmi les autres, de supposer : 1® Que tout ce que Ton a appelé jusqu'en 1830 sa révollUiony n'a été qu'une gymnastique préalable^ pour dégager sa force expansive des entraves de la féodalité et les mettre au service d'un nouveau droit humanitaire? 2* Qu'en outre, et par-dessus les trois sortes de droit qui avaient jusque-là régi les sociétés, il en est on quatrième dont les hommes de croyances sincères et ardentes font honneur à la révélation de Jésus-Christ, et les philosophes à la puissance propre de la raison humaine? Et alors, â"" ce droit nouveau, à la fois religion et raison suprême des sociétés à venir, ne serait-il pas simplement le code primordial des peuples autochthones, mais à la fois étendu aux progrès indéfinis du genre humain, et plié aux procédés sociaux de chaque nationaUté ?

Il est d'évidence élémentaire que toutes les écoles réformatrices qui agitent la conscience de la France depuis 1830 vivent sur ces Irois questions-là, et ne donneront de repos à notre siècle qu'après avoir ou résolu le problème entier dans lesensdeleurfoi,ou succombésous les coups du vieuxdroit. Mais il y a dans les applications de toute vérité, nouvelle par son universalité, une certaine méthode que les novateurs ne sauraient enfreindre sans rendre cette vérité moins vraie et plus stérile que le mal ancien et particulier qu'elle prétend détrôner. Si donc dans le débat engagé depuis 1830 entre la France moderne et la France de l'avenir, entre la première phase toute gymnastique et la seconde phase révélatrice de sa révolution, tout esprit lucide et généreux se trouve entraîné, malgré lui, sous le drapeau de l'avenir, il lui faut convenir, d'une autre part, qu'il n'est que le soldat d'une cause perdue, tant que ce débat s'agite sur le terrain et à la barre de la révolution gallo-romaine.

Il serait puéril, en effet, de se dissimuler que tant que la France se réduira à ce compartiment orographique» indé-

pendant du reste de rhumanité, dont le Rhin, les Al[)es, rOcéan et les Pyrénées dressent les iinmirables parois, le vieux droit romain, après en avoir chassé la féodalité, est chez lui et y restera envers et contre toute importun) té novatrice. Au besoin, plusieurs millions de patriciens grands et pelils, les petits surtout, y sauront bien prouver aux novateurs que ceux-ci se trompent de France, et qu'il n'y a pas un caillou qui ne proteste contre leurs innovations dans celle qu'ils prétendent régénérer. Contester cette France-là avec ses propres fusils, ce serait à la fois un vol, un sacrilège ef une folie ; la contester aveclcs arguments d'une autre France, encore imaginaire, c'est plus innocent, mais ce n'est que de la littérature. L'école juridique et économique de MM. Dupin et Thiers était donc dans le vrai absolu en déclarant, après examen de toutes les doctrines appelées socialistes, qu'il n'y a rien à y prendre à l'amiable pour la société définie et arrêtée par la phase écoulée de la révolution française. Quant à passer à une autre phase de cette révolution par les procédés internes de la première, quelques énergumènes exceptés, personne sans doute n'y a songé sérieusement. Ceux qui imagineraient de renverser le patrîciat bourgeois de la France actuelle en lui empruntant lesarmesdomestiquesdont lui-même s'est servi contre la féodalité, oublieraient ou ignoreraient que cette victoire, par elle-même déjà gigantesque, est en outre le prix demilleannéesd'indomptable conjuration et l'inventaire définitif d'une écrasante supériorité numérique et intellectuelle. Des municipes, qui ont mis dix siècles à rebâtir leur demeure, à rétablir leur prétoire et à recadastrer le sol de la France contre ses conquérants, f )euvent bien se moquer à leur tour, pendant dix siècles, des cadastreurs nouveaux, à moins de terreurs simulées, dans un intérêt dont nous ne nous rendons pas comple.

Mais, répétons-le, une France pareille, quelque respectable, inviolable et agréable à habiter qu'elle soit, ne serait

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pour rédilité humanitaire qu'un immense jardin privé, dont rheureux et puissant Lucullus ne peut être exproprié pour cause d'utilité publique. Retirée ainsi dans ses affaires, dans ses plaisirs et dans son droit particulier, la France abdiquerait toutes les attributions internationales de sa magistrature historique. Dans la conviction du genre humain, la secousse de 1848 fut une véhémente protestation des facultés magnanimes de ce pays contre cet injurieux soupçon. Messianisme obligeant au moins autant que noblesse, cette secousse était tenue de légitimer sa protestation en démontrant que la France peut passer de la première à la seconde phase de sa révolution, qui est aussi celle du monde Latin, et, par contre-coup, un peu celle de tous les mondes, sans rétrograder au temps des Albigeois, ni même au temps de la Convention. Autrement dit, elle avait à prouver ^ue le droit gallo-romain n'est pas plus immuable et exclusif de transformation par rayonnement que le Vieux-Testament ne fut exclusif du Nouveau, dès que son divin commentateur lui eut fait franchir, transfiguré, les frontières orographiques de la Judéa, pour le répandre sur des peuples qui n'auraient probablement pas voulu l'accepter des mains du chauvinisme mosaïque.

Aussi bien, quelque fervent adorateur que l'on soit de cette céleste révélation, il est permis de se demander ce qu'il serait arrivé si, au lieu de convier l'humanité entière à son triomphe et à sa défense, vu que c'était le salut commun de toutes les Italies, Allemagnes, Hongries,Pologneset Slavies de ce temps-là, les apôtres du Christ se fussent uniquement acharnés à la conversion des Thiers et des Dupins du Capharnaum ? Il est à présumer que les apôtres auraient été battus sur ce terrain-là^ et iraités par le silence de la postérité en coterie d'Hsséniens révoltés contre plus forts qu'eux, quand même ils auraient chargé leur Lamartine d'inviter, par manifeste, les mécontents de tout l'empire Romain à

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en faire autant, chacun chez soi et chacun pour soi.

En y ajoutant que Jésus et ses ministres étaient loin d'avoir sous la main, à Tappui du Nouveau-Testament, les foudres à pied, à cheval, et attelés, dont en vain ont disposé les rénovateurs de la France en 18&8, on comprend très bien la différence de succès que la Providence a laissée pour leçon aux saint Paul de cette France nouvelle. C'est-à-dire qu'ils furent vaincus irrémissiblement dès l'instant où, sourds à l'appel de Palerme, de Milan, de Miloslav, devienne, de Berlin, de Prague, de Neudorf, qui leur offraient de transfigurer le droit gallo-romain en droit d'alliance universelle, dans l'auréole d'une gloire haute et radieuse comme le Thabor, ils ne songèrent qu'à se procurer une France quelconque pour amphithéâtre de rhétorique et d'expérimentations, en dédoublant celle de MM. Thiers et Dupin. C'était sciemment mettre la guerre civile à la place de la guerre sacrée, à moins d'ignorer les lois les plus élémentaires de la Révolution.

Pour la majorité des réformateurs, que la gloire du canon touche peu, que celle du Thabor tente encore moins, et qui, parmi l^s exemples tirés de la vie de notre maître suprême, préféreraient les noces de Cana, voici d'autres arguments fondés sur la maxime d'économie politique à laquelle ces joyeuses agapes donnèrent lieu : a Cherchez les biens du ciel, et les biens de la terre vous seront accordés par dessus le n)ar(!hé. » Traduit en langage de 1848, cela signifiait : chen^hcK d'nbord ù tout prix des alliés à votre liberté et à votre bonheur économique parmi tous les peuples de l'Europe, afin de vous assurer la victoire, et sovez certains que toute votre réforme sociale se retrouvera dans ses trophées.

A ceux enfin qui pensaient que le libre échange suffira seul à démolir le vieux droit romain et à amener le règne du droit universel, indépendamment de toute politique

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géographique, ethnographique et internationale, 1849 a répondu qu'il faut d'abord que réchange soit libre, et qu'il ne pourra l'être que dans une fédération de nationalités con<scientes et libres elles-mêmes. Aussi bien, ce que les jurys humanitaires reprochent, depuis 1830, aux socialistes français (et J'on ne nous soupçonnera pas d'employer ce root en mauvaise part), ce n'est pas de demander la félicUé et le salut de la société à de bonnes récoltes, n|ais d'atteler la charrue avant les bœufs pour les obtenir; de vouloir la liberté de la production et de la consommation avant la liberté de tous ceux quj produisent et cpnsomment, et l'affranchissement de la banque san^ l'affranchisBement du monde. Ne serait-ce pas la commode liberté, si odieuse i Jésus, qu'avaient prise certains économistes de trafiquer dans le temple asservi de Jérusalem ?

Il était pourtant clair comme le jour, que la France n'étouffait économiquement entre ses quatre murailles orographiques, et ne pliait sous le toit de son vieux droit romain devenu trop bas pour sa taille, que parce qu'elle y étouf^ fait internationalement. Toute sa gène et toutes ses réori*minations sociales n'étaient ainsi que l'inévitable contrecoup de la gêne politique des autres nationalités, qui ou bien ne pouvaient pas s'échanger dutout avec elle, ou bien ne pouvaient pas librement produire de quoi le faire. Les libres-échangistes du congrès delà paix, école déjà prépon» dérante en 1848 et pour laquelle un empire tsarie» ou un binôme russo-polonais est tout un, ont-ils jaipais songe h calculer la différence de production qui résulterait de cette dernière hypothèse, au profit du travail occidental ? Puis, ce calcul étant fait, ont-ils comparé les garanties de libre échange que donneraient à l'Occident deux nations franches, avec les garaptie^ que lui promet un seul tsarat ? A notre avis c'est dans ce calcul et dans cette comparaison, étendus à toutes les nationalités européennes, que gisent toute la

philosophie sociale et toute réconomie politique delà Frauc^ moderne : 1" Parce que Texlension du bien-être et de tout ce qui s'ensuit ù tous le^ étages des sociétés occidentales est devenu naturellement impossible dans les limites conventionnelles qui les étreignent et les entassent les uns sur les autres. 2" Parce que ces frontières étant même écartées par des traités de commerce, la richesse de la France ne sera toujours que Tun des dividendes de la production universelle. Donc 3% parce que toute compression des facultés productrices d'un peuple hors de la France, afiecte aussi vivement le bien-être de celle-ci que le ferait la stérilisation de son propre sol,ledéprimement de sa propre intelligence, Tenrôlement dans les armées russes, autrichiennes et prus* siennes de ses propres producteurs, l'asservissement de son propre travail au luxe des États parasites que nourrissent les dépouilles et les sueurs des nations absorbées.

La France aura beau produire elle-même et être douée d'une énorme puissance d'attraction, si les facultés économiques et attractives de toutes les autres nations ne sont pas déliées et dévelop[>ées au même degré, c'est pour nourrir, pour fortifier, pour enorgueillir ces Etats parasites qu'elle produira, et elle n'attirera en échange que les tristes déjections de l'esclavage. A moins que l'on ne parvienne à nous démontrer, par exemple , que l'industrie et l'agriculture de la Galicie, chaufTent, éclairent et nourrissent aussi bien autant de consommateurs occidentaux sous le régime décrit plus haut, qu'elle le ferait conmie fonction libre de la nationalité polonaise. Or de quoi se composent les trois quarts de la surface européenne, si non de Galicies ?

C'est-à-dire <\ue cette seconde phase, économique et sociale, de la révolution française qu'a seiDblé inaugurer l'ébranlement de i8/i8, tant décriée parce qu'elle a absolument voulu se développer contre nature dans les invincibles entraves de la Gallo-Romanie, n'aurait dû être

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réellement qu'une extension illimitée du génie producteur et des fonctions attractives de la France par Taffranchissement de tous les autres ateliers et de tous les autres marchés de l'Europe. C'était, autrement que dans la première période de cette révolution , un épanchement tout extérieur ; non plus un renversement du droit précédent, mais son amortissement, par le droit universel, lequel seul était à conquérir sur les États qui en empêchent réclosion. Puisque le salaire du producteur occidental s'élabore sur toute la surface du globe, les tribuns et les patrons du prolétariat français n'avaient que ceci à comprendre : c'est que, tant qu'il y aura sur le globe une nationalité féconde, blessée et contrariée dans sa fécondité naturelle par l'oppreèsion étrangère, toutes les réformes sociales de l'Occident aboutiront dans une certaine mesure au ctVculus de Pierre Leroux , c'est-à-dire à vivre de son être^ manière aussi honteuse que malsaine et illusoire de vivre.

Plus il y aura 4e garnisaires russes, autrichiens et prussiens chez les travailleurs italiens , allemands , hongrois , slaves et polonais, plus il y aura d'ouvriers français sur le pavé, dans les hôpitaux et au bagne ; plus il y aura de disette et d'agitation dans les rues de Paris et de Lyon ; moins les salaires seront assurés et plus les denrées seront chères. Danscette phase-ci de sa révolution, tous les ministères de la France se réduisaient donc de fait à un seul : le ministère des Affaires étrangères , devenu le ministère des nationalités ; tout le pouvoir exécutif de la F'rance , à une police internationale faite au profit des Nations qui, travaillant, sont maltraitées , stérilisées et pressurées par les Êtats^ lesquels consomment sans travailler.

L'on sait que, dans ces derniers temps, tout le problème de l'industrie et du commerce de TAllemagne méridionale s'est heurté contre l'ensablement des bouches du Danube. Que l'on se figure les Bavarois faisant semblant d'ignorer

nés hrtrrngos [loiir fi*avoir pas do dosagréinenl avec la Rus- Hie; oinl)ar(|unfit oonund sî do rlo.n n Votait et envoyant ce tleuve anan^hiqiic s(î (Mirer tout seul , sous prétexte que Ratisbonno est trop loin de la Sulina, pour que cela regarde les Regonsbonrgeois. C*esf Timage de la politique de la France on 1848, envers le fleuve des nationalités européennes. Que de naufrages, que de mécomptes, que d'ajournements un grain de bon sens, installé à cette époque aux relations extérieures de la République française, aurait épargnés au genre liumain ! Quels débouchés n'eût-il pan ouverts pour toujours au pavillon et à la fo(*ondité du monde I^tin, en commençant par curer le barrage de la Slavie!

Kii renonçant a faire cola, dès le jour même qui lui mit le timon de Tempire occidental dans la main, le Gouvernement Provisoire, c'est à-dire son seul ministère resfwmhable, abdiqua sa raison d'être. Celle des deux Frances qui se trouvait bien auparavant, n'y a vu qu'un petit malheur; mais la Franco européenne et universelle des nationalités en souffrance, pour laquelle la première est mécaniquement (îommc Paris est aux cpiatrc-vingl-six départements, cellelà a droit d'être d'un autre avis. Un pareil empire moteur, une locomotive de ce calibre-là ne s'arrête pas net, et à plus forte i*ais()n ne recule pas, sans que tout ce qui court après elle ne se brise en [)ièces contre ses parois inébranlables. Voilà pour l'univers que les révélateurs de 1848 avaient enlevé à leur remorque.

Quant à leur révélation, elle sombra par-dessus le marché, et c'était justice; car tontes les revanches prises par le Vieux-Testamont, !u)n pas sur les malheurs, mais sur les falsifications du Nouveau , sont des sentences de Dieu. Tout Messie qui se trom|>e d'auditoire est un faux Messie. iM alheureusement , (pinnd les révélateurs vaincus par leurs propres fautes ne veulent point se résigner à leur châtiment, ils en rejettent la pénitonoo sur leurs victimes.

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C'est alors qu'ils se font cosmopolites, pour n'avoir pas de comptes à rendre aux nationalités écrasées sous leilr maladresse. Ils nient les frontières, les armées, les budgets^, les puissances qui les ont détrônés, en s'arrangeant un Décameron au beau milieu de cette peste de Florence. Us s'échappent devant la. malédiction des peuples dans J'empyrée de la littérature, des arts consolateurs, du libre^échange, des congrès de la paix, du crédit gratuit, des banquets pla«^ toniques, d'un âge d'or eh un mot, auquel il manque tou* jours d'avoir vaincu l'âge de fer en bataille rangée sur le plateau de Smolensk. Us vont plus loin. Aies entendre, ces mêmes nationalités que, ministres ou tribuns de 4a révolution, ils avaient refusé de retirer de dessous les États oppresseurs, pour en faire les vases sacrés de la transfiguration humanitaire, ne seraient qu'un obstacle à cette transfiguration; et dans leur démence impie, ils essaient de les briser avec les seules armes qui leur soient restées en main : le badinage, lorsque c'est le tour de M. de Girardin et de ses amis, la calomnie quand c'est le tour de M. de Lamartine. A la vérité, • ces hommes éminents, que nous ne nous permettons^ d'interpeller nominalement que parce qu'ils représentent tout un ciité de la nouvelle France, ne s'acharnent systématiquement qu'après la seule nationalité polonaise. On pourrait donc supposer qu'en principe , favorables à l'affranchissement de toutes les autres , ils sacrifient vaillamment celle-là à la question générale, comme font les édificateurs à larges vues, lorsque quelque gênant détail embarrasse leur plan. Mais c'est précisément cette disgrâce particulière qui, en France, nous paraît une aberration inqualifiable ; non pas que nous trouvions aucune autre nationalité moins digne d'intérêt que la nôtre, mais parce que, sans une Pologne libre et forte pour clef de voûte, nous ne voyons aucune nationalité qui puisse ivnït debout sur le continent européen. ^^

Du reste, répugnât^il à la France de s'en confesser elle-noême, les honneurs de sa conscience seraient faits aux Polonais par l'instinct unaninoe des peuples les plus divers. Si naturellement grande, en effet, si véritablement populaire est la place que tient, dans les intérêts généraux de rhumanité, Falliance de ces deux pays, qu'au sujet de la Pologne non-seulement tout l'Occident libéral de l'Europe, la Scandinavie et l'Orient, mais le Nouveau-Monde encore, deviennent volontiers français. Incompris, redouté, jalousé, contesté sur tous les autres points, même par ses plus proches confédérés, l'agamemnonat occidental, et au besoin européen de la France, est toujours sûr de se faire accepter sur ce point-là ; tant la raison universelle, plus française que la France elle-même, est accoutumée à respecter la corrélation de ces deux existences. Combien n'a-t-on pas vu de ces nationalités, foulées et martyres elles-mêmes, oublier leur propre supplice pour crier si la France de veiller sur la Pologne, pareilles dans leur intelligente générosité aux soldats qui, couchés dans leur sang, ne songent qu'au salut du drapeau ?

Pour ne citer que la plus abstraite, la moins explicable de ces sympathies, que d*appels pathétiques, que de frémissements colyséens adressés par le patriotisme italien à ce phare lointain de toutes les libertés en purgatoire! Que TAllemagne snuvée par les compagnons de Sobieski, que la France secondée par ceux de Kosciuszko, si fidèlement servie par ceux de Dombrowski et de Poniatowski, dispensée de se déranger par ceux de Chlopicki ; que l'Allemagne et la France cherchent à relever, Tune son boulevard, l'autre sa succursale, rien de plus naturel ; et si néanmoins elles s'en abstiennent, c'est que lorsque Dieu veut châtier les nations présomptueuses, il commence par leur ôter la mémoire du coeur. Que toutes les nationalités slaves ou interslaviques, ensevelies comme par mégarde dans le

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