‹ De la nature du capital et du revenuChapitre 18 sur 42 · CHAP, IX · texte numérisé non relu

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Bien entendu, dans toute comptabilité réelle, il se trouvera de nombreux articles, autres que ceux qui ont été indiqués sous cette forme de chaîne ininterrompue. S'il en valait la peine, nous pourrions y ajouter ces articles additionnels d'éléments de revenu et de dépense. La plupart d'entre eux consisteraient en le côté positif ou en le côté négatif d'une interaction, de même que si nous devions y introduire sa contre-partie, c'est-à-dire l'aspect opposé de la même transaction, il serait nécessaire d'y comprendre encore d'autres comptes. Si nous voulions suivre tous ces fils directeurs nous ne tarderions pas à nous trouver en face d'un réseau inextricable de comptes en relation entre eux. Mais le même principe de l'interaction comme élément s'annulant soi-même ne cesserait pas de s'appliquer. Les seuls articles de dépense qui ne constituent pas les côtés négatifs des interactions seront les articles de la peine et du travail subjectifs. Ce seront là lesseuls éléments de dépense qui demeureront non compensés.

Le tableau que nous venons de tracer jettera un certain jour sur la question : De quoi se compose le revenu? Cette question n'est pas une question parfaitement délimitée. Si au lieu de cette question nous posons celle-ci : De quoi se compose le revenu (Tun groupe particulier de capital? nous lui donnons une détermination qu'elle n'avait pas. La question de savoir si la production du bois brut est un revenu ou non dépend • du point de vue auquel on se p'ace. Cette production est, dans notre série, un revenu du premier chaînon du capital (chantier d'abatage) ; elle n'est pas un revenu des deux premiers chaînons réunis, car dans le deuxième chaînon elle se présente comme dépense. De même, l'usage du magasin est un vrai

revenu par rapport aux quatre premiers chaînons des groupes de capital, mais il n'est plus un revenu si on y comprend le cinquième.

Nous voyons donc que le revenu d'un groupe de capital ne consiste à aucun degré en les interactions qui s'y produisent, mais seulement en la frange finale ou extérieure des services accomplis par ce groupe. Lorsque le groupe est élargi, cette frange extérieure particulière disparaît à la suite de sa jonction avec la partie la plus rapprochée de Tédifice économique, et une autre frange, encore plus éloignée, fait alors son apparition. La question qui surgit tout naturellement est celle-ci : quand l'édifice économique est-il complet et quand a-t-il une frange extérieure finale? Mais, pour le moment, cette question doit être ajournée.

Nous ne chercherons pas non plus quelles relations existent entre les deux côtés du même compte, c'est-àdire entre la dépense pour la scierie de bois brut et son revenu provenant du bois scié. Dans les tableaux explicatifs ce dernier est porté comme étant plus grand que le premier, et tel est le cas normal si le capital de la scierie reste constant. Actuellement cependant nous n'avons pas à nous occuper des effets du revenu et de la dépense sur lecapital, mais seulement de la sommation du revenu.

La méthode des couples est utile parce qu'elle montre de quels éléments se compose le revenu dans n'importe quel cas donné. La méthode des balances, d'un autre côté, nous fait voir la quantité de revenu qui est fournie par chaque article de capital pris comme source. Les deux méthodes, lorsqu'on les applique à l'exemple que nous venons de donner, se présentent comme il suit :

Méthode des Balances

Capital Revenu Dépense Revenu net

Chantier d'abatage... 50.000 $ - = + 50.000 $

Scierie 60.000$- 50.000$=+ 10.000$

Chantier de bois scié.. 70.000 $ - 60.000 $ = + 10.000 $

Magasin 80.000$- 70.000$=+ 10.000$

Stock de drap dans le

magasin 90.000$- 80.000$=+ 10.000$

Stoclc de drap du tailleur 100.000$- 90.000$=+ 10.000$

Stock de vêtements

desclients 110.000 $ - 100.000 $ = + 10.000 $

Méthode des Couples 'Revenu Dépense

Les deux méthodes — celle des balances et celle des couples — donnent le même résultat, mais à des points de vue différents. Au moyen de la méthode des balances, nous pouvons voir quelle partie du revenu net final est fournie par chacun des articles qui font partie du groupe. Au moyen de la méthode des couples, nous pouvons voir de quoi se compose le revenu net de Ventier groupe d'articles. En biffant au moyen de lignes obliques, nous n'avons laissé qu'un article, celui de 110.000 % représentant r« usage » (wear) des vêtements. Il ne faut pas confondre les deux méthodes. Lorsque nous trouvons par la méthode des couples que le revenu net de 110.000 % consiste exclusivement en l'usage

de vêtements, cela n'implique pas que ce revenu net soit dû en entier au stock des vêtements. Pour découvrir à quoi il est dû, il faut avoiç recours à la méthode des balances. Nous voyons par cette dernière méthode que 10.000 $ seulement de ce revenu net sont dus au stock de vêtements, le restant étant dû aux autres instruments-capital portés sur le tableau et avant tout au chantier d'abatage des arbres En associant les résultats des deux méthodes, nous pouvons constater que le revenu net total du groupe spécifié d'instruments consiste en une valeur de 1 10.000 $ d' « usage » des vêtements et que ce' revenu est du en partie au stock des vêtements et en partie à d'autre capital.

Les deux méthodes, celle des balances et celle des couples, correspondent d'une manière générale aux deux méthodes suivies pour compenser le passif et l'actif dans le comptecapital. La méthode des balances, on s'en souvient, donnait le montant du capital appartenant à chaque individu ; la méthode des couples faisait voir de quels éléments se composait le capital total.

Nous venons de voir à quelles compensations conduisent les interactions, que celles-ci soient des interactions d'échange ou des interactions de production. Le cas de l'échange, cependant, demande quelque attention. Puisque tout échange consiste en deux transmissions, et que chaque transmission implique deux articles : un crédit et un débit, il en résulte évidemment que l'échange implique quatre articles en tout, dont deux sont des crédits et deux sont des débits. Ces quatre peuvent être couplés de deux façons différentes, dont une seule a jusqu'ici été mentionnée. Ces quatre articles sont, pour ainsi dire, placée au quatre coins d'un carré, comme dans le tableau suivant qui montre les crédits et les débits qu'implique la vente de marchandises

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d'une valeur de 2 $. Le marchand crédite son stock de marchandises et débite sa « caisse », tandis que l'acheteur fait exactement le contraire.

Vendeur Acheteur

Stock de Marchandises

Stock de Caisse

Les deux transmissions en lesquelles peut se résoudre tout échange sont représentées par les deux colonnes du tableau. Mais un échange peut aussi se résoudre en deux paires d'articles, représentées par les deux lignes du tableau. Les articles qui se trouvent sur une même ligne horizontale indiquent la portion prise dans l'échange par l'un des deux coéchangistes. Cette paire d'articles constitue sa transaction, tandis que l'autre paire constitue, de la même manière, la transaction de l'autre partie à l'échange. Le terme « transaction », quoique un peu vague dans l'usage ordinaire, semble bien propre à exprimer la part que prend à l'échange l'un des deux qui y participent.

Tout échange se compose donc de quatre articles et peut se résoudre soit en deux transmissions (une pour chaque propriété échangée) ou en deux transactions (une pour chaque coéchangiste). La première résolution a déjà été examinée. Nous allons maintenant passer à la seconde et entamer la matière de la « tenue des livres en partie double ».

Sous le nom de partie double on désigne la mention de tout événement à double face se rapportant à une personne particulière, qu'il s'agisse d'une transaction de cette personne avec une autre personne ou d'une interaction entre les diverses catégories de capital en sa propre possession. La tenue des livres en partie double est surtout fa-

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cile à comprendre lorsqu'il s'agit d'une personne morale. Le compte suivant représente les articles durant une année donnée pour une compagnie de tissus (dry goods company). Dans ce compte, nous remarquons que chaque article du côté du revenu est balancé par un article égal et opposé dans la colonne des dépenses. Tous les autres articles ainsi couplés sont représentés par les mêmes lettres, les capitales étant employées pour les articles positifs et les minuscules pour les articles négatifs.

Examinons le premier article du capital, le stock de marchandises. Ce stock fournit à la compagnie comme revenu brut la monnaie provenant des ventes s'élevant à 10.000 $ (A), Le versement de cet argent dans le tiroir de la caisse devient un article de débit (a) du côté du stock de caisse. Inversement, lorsque la rente est payée, le bail du magasin est débité de 12.000 $ (b) et le stock de caisse qui fournit cette valeur de revenu est crédité f'B). Delà même manière, les transactions qui impliquent un payement ou une recette de caisse sont portées sur un côté par rapport à la caisse et sur le côté opposé par rapport à quelque autre source de capital. La catégorie de source de capital appelée « droits aux obligations des commis et obligations de ces derniers » fournit une certaine somme de travail d'employés et d'autres services évalués ensemble à 1.500 $. Cet article crédité (H) à la source ci-dessus mentionnée est ici débité (h) au stock de marchandises à vendre qui exige le service des employés. Il peut arriver que cet article soit débité au magasin qu'ils nettoient ou à quelque autre article de capital sur lequel ils travaillent ; mais, dans tous les cas, il doit être débité sous certains chefs.

On verra que parmi les autres articles de capital qui sont des sources de revenu ou de dépense sont comprises les obligations ou les actions de la compagnie. Les obligations absorbent 800 S d'intérêts, et le stock-capital, qui constitue un droit résiduel de la compagnie, absorbe tout surplus de caisse qu'on a décidé de distribuer sous forme de dividendes.

Les deux côtés du compte d'une telle personne morale se balancent nécessairement. Il ne saurait en être autrement, alors même que la compagnie accumule ses profits au lieu de les distribuer aux actionnaires ; car, comme nous l'avons vu, l'argent ainsi reçu est débité au comptecaisse.

Dans la comptabilité pratique, les articles sont habituellement quelque peu simplifiés. D'ordinaire, il ne vaut pas la peine de faire une évaluation de la valeur de Vusage du magasin pour le magasinage comme se distinguant de la charge de magasinage, ou de la valeur de Youvrage effectué par les employés comme distinct des salaires qui leur sont payés. Dans le compte ci-dessus, nous avons à dessein fait une distinction entre ces grandeurs, estimant le magasinage à 1.000 S quoique la rente payée pour ce magasinage s'élève à 1.200 |, et estimant l'ouvrage fait par les employés à 1.500 S qouique leurs salaires soient de 1.600 $. Si, au contraire, nous estimons le profit de magasinage comme étant le chiffre de la rente, et si nous regardons l'ouvrage des employés comme étant le chiffre des salaires nos comptes contiendront quatre articles de 1.200 S et quatre de 1.600 S. Parmi ceux-ci, il en est deux de chaque classe dont on pourrait se passer, et dont on se passe habituellement en pratique. Ce sont le couple d'articles appelé « service de magasinage » (G et g) et le couple appelé « travail des employés » (H et h). Si on laisse de côté ces articles, qui sont des articles évalués ensemble, il ne restera que les transactions de caisse. Ces transactions peuvent encore être simplifiés en négligeant les deux catégories appelées « bail de magasin >> et «. droits aux obligations et obligations des employés » ; en inscrivant la rente (b) et les salaires (d) sous la rubrique : « stock de marchandises ». En d'autres termes, nous faisons supporter aux dépenses pour la rente et aux salaires la charge du magasinage des marchandises et des soins qu'elles nécessitent, au lieu, comme dans le tableau, de leur faire supporter le

« service de magasinage » et « le travail de la vente )). On reconnaît sans difficulté que le compte qui en résulte est celui qui est en usage dans la tenue des livres ordinaires. Parfois la comptabilité la plus élaborée est nécessaire comme, par exemple, lorsqu'un bail très ancien, comme il en existe encore à Londres, n'est grevé que d'une rente nominale, si on la compare aux profits qu'elle donne.

Cependant, lorsqu'il s'agit de personnes réelles, les deux côtés ne se balancent pas, car le compte n'est pas uniquement en partie double. Pour le montrer, reportons-nous au compte de l'homme de loi que nous avons examiné au chapitre VIII. Le tableau ci-contre reproduit ce compte, avec quelques-uns des articles donnés avec un peu plus de détail.

Dans ce compte, comme dans le précédent, nous avons indiqué au moyen des mêmes lettres les articles semblables qui se trouvent sur les côtés opposés, les articles positifs étant représentés par des capitales, et les articles négatifs par des minuscules. Nous faisons remarquer que, comme dans la comptabilité de corporation, un grand nombre d'articles vont par « paires ». Mais, à la différence de la comptabilité de corporation, le compte qui suit contient un résidu d'articles qui ne « vont pas par paires ». Les lettres qui représentent ces articles non couplés sont enfermées entre des crochets [ ]. Cela signifie que [B], [C], [D], [0], — le logement de la maison, l'usage du mobilier, l'usage de la nourriture, l'usage des vêtements, des bijoux, etc., — constituent une sorte de revenu qui n'apparaît pas ailleurs comme dépense.

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