TROISIEME PARTIE
CAPITAL ET REYEIS'U
Nous supposerons que pendant Tannée suivante cette fabrique gagne de nouveau 25.000 $. Puisque sa valeur, au commencement de l'année, était de 290.000 S,'el'l€aie f>eiut donner, au taux de 5 pour cent, que 14.500 S sans subir une dépréciation égale à cette différence (dans ce cas, 25.000 S — 14.500 S, soit 10.500 S). A la fin de l'année, sa valeur, sans tenir compte des améliorations, est, par conséquent, de 290.000 S — 10.500 $, soit 279.500 S. Nous supposerons que la dépréciation totale pour les deux années (20.500 S) est supprimée par des réparations extraordinaires jusqu'à concurrence de cette somme. Puisque la fabrique ne donne que 25.000 S et n'en donne que 20.000 après que les oblitaires sont payés, il sera nécessaire, afin de couvrir les 20.500 S de réparations, de lever 500 $ sur les porteurs d'actions. Le compte sera alors établi comme il suit :
Compte-Capital an commencement de l'aniiée 1901
Acti/ Fabrique '. . 2;t0.00ô $
Passif
Obligations 100.000 $
Capital et excédent . . 190.000 »
Compte-Capital à la fin de l'année 1901
Actif Fabrique 300 0.00 $
Passif
Obligatiion-s. 100.000 $
flapilal et excédent. . 200 000 »
Compte-Revenu pendant Tannée 1901
Source de capital Revenu Dépende Net
Fabrique. — l'rodnit. 40.000$ DépeiH^i": courante-:. lâ.G03 "$ /
Obligations
Capital et excédent.
Taxation
m- ,■ ort -An A + 'i 500 $
JSi;parti tiians siper., . 20.000 »*t
Intérêt* 5.000 » — 5i)00 »
ôOO » Dividen-les 40.500 $
CHAP. XV. — COMPTE-CAPITAL ET COMPTE-REVdENU 303
Si la iiaote de réparation avait été répaj'tie .sur les deux années, les dividendes payés aaix actiannaires^ au lieu d'être de 20,000 $ la première aninée et moins de zéro la deuxième année, auraient été de 10.000 $ ohaque année. Afin de rendre leur revenu stable -et d'-en faire un « revenu typ^e » au lieu d'un revemu irrégulier, il suffit d'employer un fonds de réparations spéciales. Ce fonds s'accumule pendant quelques années, comme ferait un placement séparé, et il est alors converti de nouveau en lé jnatériel lui-imê<me, matériel qui, en attendant, aui^a continué de se déprécier. Nous supposerons que Ton adopte ce sys-tème à partir de l'année 1902, année [pour laquelle le compte-capital et le compte-revenu seront établis comme il suit :
€>e<mpte^apital au commencement de J 'année 19B2
Aoùf Fab.ique 300.000 $
Pax^i if
Obligations 100.000 $
rapilal et excrdeiil . . 200.000 »
Compte-Capital à la fin de l'année 1902
Actif 1 Paxsif Fabrique 290.000$ Obligations 100 000 $
Fonds de répaiaiLon. . 10 000
Caj)ital et excédent . . 200 000
Compte-Revenu durant l'année 1902
Sou'ce de cpiial jReicnu Défense Xel
Fabrique. — Produit. 40 000$ Dépenses courantes. 15.000 $ + 25.000 $
Fonds de réparation. » Placements iO 000 » — 10.000 »
Obligations » Intérêts 5 000 » — 5 000 »
l'apilal et excélent . » Dividendes 10 000 » — 10.000 »
Nous voyons ici que la valeur du matériel subit une dépréciation de 10.000 S comme auparavant, mais que, pour compenser la perte, on a placé 10.. 000 du fonds de répara-
tions, par exemple, en actions et obligations. Le fonds de réparations a pour effet de maintenir la valeur de Tactif de la Compagnie au chiffre de 300.000 S ; la part qui revient aux actionnaires sur cette propriété reste à un niveau constant, c'est-à-dire au chiffre de 200.000 $ ; et les actionnaires ne reçoivent que 10.000 $ de dividendes au lieu de 20.000 S, puique 10.000 $ ont été mis de côté pour être versés au fonds de réparations. Nous pouvons supposer que, durant l'année suivante, la dépréciation continue et que la fabrique donne de nouveau 25.000 $, comme nous l'avons vu au § 2. Puisque sa valeur n'était que de 290.000 S, dont les « bénéfices » (earnings) ne s'élèvent qu'à 14.500 S, elle doit avoir subi une dépréciation de 10.500 $. Puisque le fonds de réparations mis en réserve l'année précédente a gagné 5 pour cent, ou 500 |, le compte de l'année 1903 sera établi comme il suit :
Compte-Capital au commencement de l'année 1903
Actif I Passif
Fabrique 290.000 $ j Obligations 100.000 $
Fouds de réparation . 10.000 » Capital et excédent. . 200 000 »
Compte-Capital au commencement de l'année 1904
ActÀf I Passif
Obligations 100.000 $
Capital ;et excédent. . 200.000 >-
Fabrique 279.500 $
Fonds de réparations. 20.500 »
Compte-Revenu durant l'année 1903
Source de capital Revenu Dépense Net
Fabrique. — Produit. 40.000 $ Dépenses courantes. 15.000 $ + 25.000 $ Fonds de réparation.
Intérêts reçus. . . . 500 » .\ouveau placement. 10.000»; ta ac\(\
Obligations » Intérêts replacés. . 500 » )
•Capital et excédent. . » Intérêts 5 000 » — 5.000 »
Dividendes 10 000 » — 10 000 »
Ici, nous voyons que le fonds de réparations a absorbé
en dépense une autre somme de 10.000 S de placement nouveau, et qu'il a donné un revenu de 500 $, revenu qui, cependant, a été immédiatement replacé et apparaît aussi comme dépense. La conséquence en est que, dans le comptecapital à la fin de Tannée, la fabrique qui a subi jusqu'à présent une dépréciation qui la fait descendre à 279.500 $ a, en même temps que cette dépréciation, acquis un fonds de réparations suffisant pour porter la valeur totale de l'actif à 300.000 S- Par conséquent, pour les actionnaires, la valeur demeure stationnaire à 200.000 $, somme sur laquelle ils ont reçu leur revenu type de 10.0000 $.
Nous supposerons que, durant l'année suivante, des réparations extraordinaires deviennent de nouveau nécessaires. Du moment que, pendant cette année, le matériel a continué de se déprécier, les réparations spéciales s'élèveront approximativement à 31,500 $, sur lesquels le fonds de réparations est épuisé et l'argent de caisse est employé en réparations effectives. Le compte de l'année 1904 sera alors établi comme il suit :
Compte-Capital au commencement de l'année 1904
Aciif
Fabrifiue 2T9..500 $
Fonds de réparations. 20.500 »
Passif
Obliîiations. ....... 100.000 $
Capital et excédent. . 200.000 »
Compte-Capital à la fin de l'année 1904
Actif I Passif
Fabrique non compris
les améliorations). . 268.500 $
Améliorations 31.500 »
Fonds de réparations . 000 »
FlSIlER.
Obligations 100.000 $
Capital et excédent. . 200.000 »
Compte-Revenu durant l'année 1904
Source Je capital Revenu Dépense Xet
Fabrique. — Produit. 40 000$ Dépenses courantes. 15.000 S > --^-ic
Réparations spéc . 31 000 S ) Fonds de réparations.
Epuisement du
fonds entier Dé
ceaibre) 31.Ô00 » Nouveau placement i 0.000 » )
Intérêts 1.000 » Intérêts 1.000 » \ + '"^ "
Obligations Intérêts 5.000» — 5.000»
Capital et excédent . Dividenies 10.000» —10.000»
Nous voyons par ce tableau que, durant l'année 1904, la valeur de la fabrique était, au commencement, de 279.500 S, et à la fin, sa?is tenir compte des améliorations ^ de 268.500 %. Mais les améliorations, ou les réparations spéciales, s' élevant à 31.500 % ont porté la valeur totale de la fabrique à 300.000 %. A ce moment, il n'existe plus aucun fonds de réparations, tout ce fonds ayant été absorbé par la réparation de la fabrique. L'actif s'élève donc à 300.000 S ; la propriété des actionnaires reste, comme auparavant, stationnaire à 200.000 S, et leur dividende reste également stationnaire à 10.000 %. La fabrique ellemême, durant cette année, ne donne plus les 25.000 S qui apparaissaient sous forme de revenu net dans les comptes précédents, car, durant cette année, nous avons à faire supporter à la fabrique 31.500 $ de réparations spéciales. La fabrique elle-même donne donc un déficit de 6.500 S, compensé par les grands rendements provenant de l'emploi du fonds de réparations de 31.500 S, qui, après déduction du nouveau placement de 10.000 $ pendant l'année, donne pour cette année un rendement net de 21.500 %. Nous voyons donc que l'existence du fonds de réparation pour couvrir la dépréciation maintient virtuellement le compte-capital à un niveau constant, ne changeant uniquement d'une année à l'autre que la forme des articles, mais n'affectant ni l'intérêt des obligataires, ni les divi-
•dendes des actionnaires. En d'autres termes, le fonds de réparations agit comme moyen de régulariser (standar- ■dize) le revenu des actionnaires. Dans la comptabilité ordinaire des affaires, une semblable régularisation est considérée comme une excellente pratique.
Il existe certaines exceptions, comme lorsqu'il s'agit de compagnies minières ou de compagnies foncières qui doivent nécessairement terminer leurs opérations dans un avenir plus ou moins éloigné. Mais, même dans ces cas, l'instinct du comptable à l'égard de la comptabilité type est si puissant, qu'ordinairement il considère F excédent ou le déficit du revenu réel comme étant dans un rapport spécial avec le revenu type.
Ainsi, lorsqu'une Compagnie cesse ses affaires, la répartition finale des produits n'est pas considérée comme la répartition d'un dividende ordinaire ; la plus grande partie de ces produits est regardée comme du capital remboursé aux actionnaires. C'est pourquoi la « Compagnie », sous forme de remboursement des actions aux actionnaires, inscrit ce qu'elle paye ainsi comme coût d'acquisition, au lieu de l'inscrire comme dividende.
Les opérations inverses peuvent se présenter si, à quelque, moment, les actionnaires abandonnent leurs dividendes. C'est de cette façon qu'une Compagnie augmente habituellement son capital. Elle distribue nominalement les dividendes réguliers, mais elle permet aux actionnaires qui acceptent cette opération de replacer ces dividendes et de recevoir en retour de nouveaux titres d'actions.
Des comptes qui précèdent, il résulte clairement que la théorie du capital et du revenu, telle que nous venons de
l'exposer, s'applique en pratique à la comptabilité qui est ordinairement en usage dans le commerce. En fait, une telle comptabilité n'est autre chose qu'une méthode de noter les articles de revenu et leur capitalisation à différents moments. Un bilan de commerçant est un état de l'avenir de ses affaires. Dans ce bilan, chaque article représente la valeur escomptée des articles qu'il peut espérer porter plus tard au compte-revenu. Sainement interprété, le compte-capital représente purement et simplement, dans son ensemble, la capitalisation des articles que Von espère porter au compte-revenu. Les fluctuations du compte-capital correspondent aux déviations du revenu type dans les articles du compte-revenu., et là où de telles fluctuations n'existent pas, chaque article du compte-revenu est égal au revenu type des articles correspondants du comptecapital.
Bien entendu, de nombreuses modifications pratiques de cet état doivent être introduites dans les comptes réels. Nous avons montré au chapitre viii que ces modifications sont dues à la diversité des circonstances, telles, par exemple, que l'influence de cet élément important qu'on appelle le risque, ou encore le désir qu'ont les comptables de maintenir leur compte-capital invariable d'une année à l'autre et l'omission dans leur compte-capital d'articles à double face, comme les baux, les louages de service (employee-contracts) , et autres choses semblables. Mais aucune des exigences de la pratique n'infirme le moins du monde notre théorie du compte-capital et du compterevenu. Dans tous les cas, le compte-revenu indique simplement les valeurs des services et des desservices d'articles de propriété pendant une période donnée ; et le comptecapital indique les valeurs présentes de ces articles, comme résultant à un moment donné des valeurs espérées de leurs services et de leurs desservices.