‹ De la nature du capital et du revenuChapitre 29 sur 42 · L ELEMENT DE RISQUE · texte numérisé non relu

L ELEMENT DE RISQUE

ront vrais pour les contrats ou pour les estimations de 1907 ou de 1914.

C'est pourquoi, en évaluant le capital, il n'est pas nécessaire de regarder le taux d'intérêt comme incertain, à moins que le taux en question ne soit un taux futur.

Supposons que, dans la figure 10, le revenu AB soit dû à la fin du temps FA, et que le taux d'intérêt soit tel, qu'il produise la courbe d'escompte BE. La valeur présente de AB sera alors FE. Mais les évaluations futures de AB peuvent ne pas suivre la ligne EB, comme elles le feraient si le taux d'intérêt n'était pas changé.

Ainsi, à un point médian de temps, G, l'éva- ^^s- lo luation de AB peut n'être que GD trouvée au moyen d'un taux plus élevé d'intérêt comprenant la courbe plus raide d'escompte, DB. L'histoire de la valeur de la propriété, c'est-à-dire, la droite à AB, suit donc la ligne brisée ECDB, passant brusquement de GC à GD, si nous supposons que G est le point où le taux d'intérêt passe d'une manière inattendue d'un niveau à un autre. Si, ail début, le possesseur de la propriété avait prévu que lorsque le point G serait atteint,le taux d'intérêt serait plus élevé, il aurait tenu compte de ce fait en évaluant la propriété au moment F, et la valeur aurait été FE , que l'on obtient en employant la courbe d'escompte BDE . Cette courbe fait un angle très obtus en D, puisqu'elle se compose de la courbe BD, construite selon le taux élevé d'intérêt qui prévalait au moment G, et de la courbe DE', construite selon le taux plus bas d'intérêt qui s'applique à la période FG et qui fut employé dans la courbe EC. Le fait essentiel, c'est donc que faute de prévoir la hausse future du taux d'intérêt, la valeur de la propriété est FE, au lieu de FE', et que

la valeur du capital baissera, comme à CD, ou pourra s'élever, d'après les adaptations futures successives du taux d'intérêt. Gomme ces réadaptations sont habituellement faibles et graduelles, les fluctuations de la valeur-capital ne seront pas ordinairement aussi grandes ou aussi brusques que nous les représentons ici, mais le principe impliqué sera encore tenu pour vrai. Nous voyons donc qu'il existe une nouvelle cause des fluctuations de la valeur-capital, à savoir, les changements imprévus du taux d'intérêt.

Cependant, il existe une manière plus fondamentale où un changement du taux d'intérêt entre dans nos calculs, car ce changement affectera la grandeur des articles de revenu futur eux-mêmes. Dans l'exemple qui précède, nous avons supposé que les articles de revenu ne dépendaient pas du taux d'intérêt. Mais il arrive souvent que les articles de revenu ne sont pas des éléments de ce que nous avons appelé, au chapitre viii, « le revenu final », mais qu'ils sont des « interactions » ; ou, en termes plus courants, il arrive souvent que le revenu doit être replacé. Dans ce cas, un semblable article s'annule lui-même et laisse à sa place une série d'articles de revenu pour l'avenir, et la grandeur des articles de revenu de cette dernière série dépendra du taux d'intérêt auquel 1' « interaction » préliminaire fut replacée. Si l'intention préalable est de replacer, il devient important non seulement de connaître le taux présent d'intérêt, mais -de prévoir le taux futur. Ce dernier taux entre dans les calculs d'un prêteur qui détient une obligation de 25 ans à cinq pour cent. D'ordinaire, il considérera le payement final comme « principal », se proposant lorsqu'il sera dû de le replacer en une obligation similaire de 25 ans. En réalité, il n'achète donc pas un courant de revenu de 25 ans de 5 $ par an plus 100 $ à l'expiration du terme, mais il achète,

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