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par la voie de ses représentants qui élaboreront une loi. Qu’aura à faire ici notre Anglais ? A-t-il le droit de parler à la confection de cette loi ? Le propriétaire, c’est-à-dire l’ensemble des citoyens français, et lui seul, peut consentir à se défaire de sa propriété. Et cependant, si l'étranger avait eu un droit à se promener sur la route, un droit égal à celui du Français qui ne semblait pas en avoir plus que lui, comment comprendre qu'il se trouve privé de ce droit sans avoir consenti à le perdre ?
Prenons un autre exemple qui marquera mieux encore que la propriété collective n’est pas un vain mot et qu’un Français retire des richesses de la nation des avantages qu’un étranger n’y trouve pas, et qu'il ne s'attend d’ailleurs pas à y trouver. Un cuirassé est en rade de Brest. Un Français et un Anglais passent à bord pour le visiter. Ni l’un ni l’autre ne pourra dire : ce vaisseau est à moi, puisque ni l’un ni l’autre n’en est propriétaire individuel. Mais lequel des deux pourra dire : Ce vaisseau est à nous ? Qu'est-ce donc que ce « nous » ? C’est la collectivité, la nation française dont notre Français est un membre. Va-t-on nous répondre : c’est possible, mais dans l’usage du bien commun, il ne retire de sa qualité de copropriétaire collectif aucun avantage que l'étranger lui-même n’y trouve ? En ce cas nous demandons : est-ce le Français ou bien l'Anglais qui
profitera du cuirassé en cas de guerre ? lequel des deux le cuirassé protégera-t-il contre l’autre ? Cette protection n’est pas un apantage, peut-être ?
Il est donc vrai qu’au fond, et si l’on veut y réfléchir, on voit fort bien par quels avantages se manifeste le droit de propriété collective des habitants d’une même nation sur les biens du domaine public, et que l’on est en droit de ne pas partager l’avis de M. Capitan lorsqu'il écrit : &« Ainsi apparaît le vice de la théorie de la propriété collective : le prétendu droit qu'elle accorde à chacun des membres du groupement n'est qu'une apparence, un fantôme. »
Mais le savant auteur trouve à la théorie de la propriété collective un deuxième défaut.
« Qui donc définirait l'Etat : une masse de biens qui appartiennent à tous les nationaux ? l'Etat est un être abstrait qui personnifie les traditions, les idées, les aspirations du pays, qui maintient l’idée, la cohésion de cette masse d’hommes vivant sur les divers points de son territoire, qui, à l’extérieur, représente les intérêts supérieurs de la nation, relève toute injure à elle faite, toute atteinte à son honneur. >» (1).
Quel rapport ces considérations patriotiques ontelles avec la propriété collective ? Autre chose est