Vovicow. Conscience et volonté sociales
Worms. Organisme et société. (Thèse, 1896.)
assurent le triomphe d’une proposition au détriment d’une autre. » (1).
Ainsi, en considérant tous les groupements d’individus comme des organismes, on leur reconnaît une volonté et, par là même, une personnalité morale.
Mais la question serait de savoir si les groupements sociaux sont vraiment des organismes ?
M. Boistel, dans son remarquable ouvrage sur la &« Philosophie du droit » n’est guère de cet avis (2). Et, en admettant même que le groupement social fût un organisme, quelles conséquences pourrait-on en tirer au point de vue de la volonté qui émanerait de cet organisme pour lui permettre de devenir sujet de droits ? Ecoutons ce que nous dit à ce sujet M. Michoud dans son récent et savant ouvrage sur la « Personnalité morale » auquel nous nous attachons beaucoup dans l’exposé des théories admises, parce que ses réfutations même nous serviront plus tard à tenter de le réfuter lui-même. L'auteur écrit :
« Pour faire sortir l’idée de personnalité philosophique de l’idée d'organisme, il faut quelque chose de plus que la simple constatation de ressemblance entre la société et les êtres vivants. II faut démon-