SECTION Î
Droit romain.
Nous ne trouvons aucune trace du droit de rétention dans l’ancien droit romain. Comment en effet aurait-il pu trouver place, ce droit dont l’unique base est l’équité, dans une législation si étroitement formaliste qui ne reconnaissait que certains droits catalogués par elle, et refusait tout secours, toute action à celui dont le droit était né d’un autre mode que celui formé par la loi civile. La jurisprudence n’existait pas alors, et loin de rechercher quel était l'esprit de la loi, on s’attachait strictement à sa lettre.
Le juge d’ailleurs ne jouissait d'aucun pouvoir d'appréciation et le nom même de procédure des Actions de la Loi suffit à le démontrer
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c'était la loi qui avait créé et le droit, et l’action à lui correspondante, et c’était elle encore qui avait déterminé le pouvoir du juge. Ce pouvoir était presque nul et dans l’Actio sacramenti, la plus antique de la législation romaine etque l’on peut prendre comme type des actions de la loi, le juge n'avait qu’à répondre si le sacramentum du plaideur était justum ou injustum : À cela se bornait son office, etil n'avait aucun moyen de tempérer la rigueur de sa sentence.
L’idée même des. exceptions n'existait pas :
la loi avait décidé qu’une personne dans telle situation devait avoir telle act'on et obtenir gain de cause; il était alors inévitablement forcé de qu’elle triomphât, quel qu’injuste que püt être le résultat.
Ce système devait durer de longs siècles, mais par suite de leurs conquêtes répétées, qui les avaient fait sortir du cercle étroit dans lequel ils vivaient, les Romains devaient perdre peu à peu leur antique rudesse, et leurs lois faites à leur image s’adoucir graduellement.
C’est aux Prêteurs querevient l’honneur d’avoir les premiers interprété la loi civile et d’en avoir par suite étendu la protection ; c’est enfin grâce à leur influence que s’est développé le système de la Procédure Formulaire dont la loi Aebutia