L'AMB BT LB CORPS
notre être esl un, esseutieilement et nécessairement un. Il y a donc en nous un centre indivisible où convergent les rayons de la vie, et faute duquel nous ne pourrions plus ni
sentir ni vouloir. Ce contre métaphysique est l'âme.
Pourquoi, loi'sque jo veux remuer le petit doigt, est-ce le petit doigt que ie meus? Cela suppose une communication particulière allant de ma volonté à une partie déterminée de mon corps. La nature connaît ce chemin puisqu'elle le suit, alors que dans le labyrinthe du corps vivant, et de son réseau nerveux sensitif et moteur, il est tant d'autres cbemius qu'elle exclut d'emblée et qui pourraient l'égarer. Notre in«* telligence s'y perdrait, mais notre âme sait tant de choses que nous ignorons ! La science qui habite notre corps doit être celle qui l'a formée, c'est par elle que notre ignorance se trouve giddée et protégée; la nature voit dans les aveugles. N'est-il pas étrange, ce savoir que nous apportons avec not» avant de rien savoir, et qui dans l'instinct se fait prophète à l'insu du prophète : car l'oiseau ne sait rien de la future couvée pour laquelle il bâtit son nid. Si le moi, ou la conscience que nous avons de notre être, est un mystère qui confond notre esprit, rinconsciencc de nolro être qui cependant se connait, mais pas eu nous, n'est-elle pas un mystère encore plus profond I
Je jette une pierre en l'air, elle monte : je témoigne ainsi que je suis une force capable de lutter contre la gravitation. La pierre retombe, la force contraire est épuisée par la résislance de la pesanteur, qui triomphe à son tour et ramène la pierre vers ie ûol. Je lève un pied, une main, je
CO DE LA NATVRB HUUAIMB
parle, je marche, je saute : je maiiifeste eucore que je suis une force capable, dans une certaine mesure, de triompher de la matière en triomphant de la loi fondamentale qui la
régit. Je me révèle à moi-mûme comme une cause de mouvement, car j'engendi-e le mouvement ; un mouvemeut qui ne Tient que de moi, et dont je me sens, dont je me sais la cause. Mais tout principe de mouvement étant une force, je suis une force. Cette force que je suis est armée d'organes qui font partie de mon corps, elle est servie par des leviera qui sont des os et qui se rattachent à des muscles; lesquels se rattachent à des ner&, lesquels se rattachent eux-mêmes à la puissance de volonté qui les excite. L'âme n*est pas ie système locomoteur cl corporel dont elle se sert ; puisqu'elle s'en sert, elle eu diUère : mais elle seule ie met en œuvre par sa volonté, la volonté de se mouvoir est le point initial du mouvement; le corps sans elle ne serait qu'inortie. Tout entier il est pesant, il appartient à la pesanteur; comment la vaincrait-il sans âme? le cadavre &ii inerte, le sommeil et l'évanouissement, durant lesquels nous cessons de vouloir, livrent la masse corporelle à la gravitalioa. Qu'on chert;he à faire i*bsLracLion do la gravitation dans le corps, on c^sse do le concevûii' : il se volatilise dans l'espace. Qu'on lui ôte sou ûme, il n'a plus ni lien organique ^, ni mouvement ; il tombe en proie à l'inertie et à la décomposition.
L'àme n'est pas seulement une faculté de corporisation, elle n'est pas seulement une substance capable de sensibilité et génératrice de mouvement : elle est encore une créatrice d'Idées. Sous cet aspect son activité est servie par un
* Dnt le tomineil et la syncope, l'âm^ w rtpliint lor èUt-môoM en qml-
que lorte par suite de certains phénomènes cdrcbraox, cesse non pas d'être^
mais de se manifester sous la forme do la volonté et de la pensée; elle no ces^e p is d'agir, dans la respiration et la circulation, sous la foriae or^anilllltt élemcuiuirci en eotrolcoanl ie lien corporel ^oa k mort diisoult