‹ De la nature humaineChapitre 9 sur 58 · L'AME ET LE COUPS · texte numérisé non relu

L'AME ET LE COUPS

etlx ; en se brisant, ce fil que la Parque tranche pour toujours, dit-on, laisserait ses impressions, ses idées et ses actes

s't'grener dans le néant. Lo moi est complexe, en ce que ses impressions varient sans trêve au coutact de la diversité extérieure, qu'il se modifie dans ses impressions et qu'il se transforme à chaque instant; il est indivisible parce

qu'il se suit à travers louLcs bcs transformations et s'y reconnaît.

Oit réside cette unité de la conscience individuelle; a-t-elle un lieu dans l'espace, une place dans le corps

vivant?

Il existe dans rbomnie un poitit de départ de la volonté, un point d'arrivée des sensations. Quelque nom* breux que soient les milieux qu'elle traverse, l'impression que subissent 1ns uri^'aiies au contact d'une existence extérieure Onlt par arriver en un point où elle s'airt^te et se convertit en sensation : c'est le lieu du moi. Ce n'est pas l'œil qui voit, ce n'est pas l'oreille qui entend, ce n'est pas la main qui palpe ; c'est l'âme par le secours de l'tL'il, de l'oreille, de la main. Suppiinn^z les filets nerveux qui conduisent de ces organes au cerveau, et laissez les organes intacte : plus de vue, d'ouîe» ni de toucher. Les intermédiaires de la volonté et ceux de la sensation peuvent être paralysés ou troublés : la volonté peut ne plus se transmettre ; l'impression du dehors, quoiqu'elle affecte encore les sens, peut ne plus arriver au point invisible du moi, sans que celui-ci ait cessé d'exister ou soit devenu incapable de la ressentir. Elle peut aussi arriver pervertie, confuse, inachevée ; de môme que la volonté peut se transmettre imparfaitement quand les organes nécessaires à sa transmission sont altérés. On peut vouloir marcher et ne le pouvoir plus, on peut

vouloir se diriger dans un sens et aller dans un autre. Dans les deux cas, que l'impressioa corporelle n'aboutisse plus des organes à l'âme, que la volonté n'aboutisse plus de râme aux organes disposés pour la servir, c'est un signe que los intermédiaires de la doul)le transmission vitale, — l'uue qui dans la sensation va de la circonférence organique au centre vital, l'autre qui dans la volonté va du centre vital à la circonférence organique, — sont détruits ou faussés : le réseau est eiidonnua^é, intercepté, les lils coupés ; la dépêche n'arrive plus.

Les phénomènes de sensation et de volonté démontrent avec une pleine évidence que dans le corps vivant il y a un enseniLle d'organes, destinés à mettre en commumealion avec sou milieu (soit pour agir sur lui, soit pour subir son action) 9 une substance indivisible, oCl convergent les sensations, et d'où part la volonté. Cette «substance n'est pas tel organe du corps, par- exemple le cerveau, elle n'est pas non plus la totalité des organes corporels; car le corps est multiple et le cerveau l'est aussi, tandis que la sensation et la volonté sont unes ; il faut par conséquent que le point d'arrivée et de départ qu'elles supposent soit un. S il était complexe et divisible, la sensation et la volonté seraient ditluses au lieu d'être convergentes, et dans chaque point où l'une aboutirait, de chaque point d'où l'autre partirait, il y aurait une conscience individuelle qui se produirait : c'esl-à-dire que nous ne nous seiUirions plus comme un seul être, mais que nous serions une coileclioa d'êtres ou d'individus dont chacun se sentirait exister pour sa part, dans le milieu organique qui les envelopperait tous. L'ol)>orvalion nous dit qu'il n'en est pas ainsi ; elle nous en« sei^ne, et la conscience de notre individualité atteste, que ai notre activité est multiple comme nosdrganeset nos instinctSi

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