‹ De la nature humaineChapitre 13 sur 58 · L'AMR ET LE COHPS ES · texte numérisé non relu

L'AMR ET LE COHPS ES

des nerfs ni du cerveau n'expliquera cela, une puiî^sanrc est

en jeu dans ces phénomènes qui ne se rencontrera jamais

8011S la pointo d'aucan scalpel, dans le champ d*aucaa mi- «

croscope, qu'aucun réactif ne précipitera jamais au (bnd

d'aucun creuset.

Si Tàme est le corps, ou l'eiïet du corps, on ne comprend pas comment un chagrin moral peut détruire le corps; comment une frayeur soudaine, un soudain désespoir — écho d'une idde — peuvent l'aire blanchir les cheveux, et mémo tuer net celui qu'ils foudroient; cotumeut une pure idée fait liattre le cœur, imprime au sang, aux nerfs, .des modifications incontestables et profondes, agit sur tout notre él nous fait nous déplacer, hésiter, rester immobile; nous conduit à la folie, au crime, et à l'héroïsme, nous précipite l'eau ou dans le feu pour en tirer notre semblable, et méprisant tontes les rébellions de la chair frémissante, livre le corps en holocauste Ù la flamme de l'esprit.

L'âme agit sur le cor[>s, et pionve en agissant sur lui qu'cUe n'est pas le corps. Mais le corps agit sur l'âme à sou tour, et prouve en agissant sur elle qu'il n'est pas l'àmc. L'âme et le corps, en agissant l'un sur l'autre, prouvent qu'ils sont différents et qu*ils sont unis.

Les nerfs et le sang sont dans l'être vivant les intermédiaires entre Tàme et le corps, eutie le corps et l'âme.

« Rien ne rafraîchit le sang, dit la Bruyère, comme d'avoir évité une sottise. » Rien ne Taigrit comme la conscience d'une sottise irréparaltle : c'est un ferment d'irritation qui ne disparait plus. Le dépit contre soi-même, l'envie et la vanité conti'ariées produisent le même effet , ils empoi-

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sonnent la veine et mettent le désordre dans le corps. L'aahonce d'une bonne nouvelle fait couler le sang plus librement; la douleur au contraire resserre et restreint, elle est un barrage , qui rend diificile et pénible la circulation. Un chagrin continu épuise la séve organique, et mène à l'anémie. La joie est un tonique : comme un vin moral ;::énéreux qu'elle verserait dans Tàme, elle la réconforte et la relève. Si elle fàvoiise le cours de la séve vitale, en retour le sang qui circule mal incline l'esprit à la tristesse. Chacun counaiL les cllets produits par une altération du foie qui teint les idées en noir, par les troubles de la vie nutiitive dont les perturlMttions mettent sur la pente de la mélancolie la pensée qui siège au sommet de l'organisme. A la manière de deux claviers, le physique et le moral sont en échange perpétuel, et tour à tour cause et ellet, ils se font écho et retentissent l'un dans l.'autre. Quel rôle ne joue pas le tempérament, qui fait pénétrer si avant dans les inclinations de l'ànio les dispositions prédominantes du corps 1 Or le tempérament est précisément le mélange du physique et du moral. La révolution morale qu'amène la puberté constitue presque une naissance nouvelle, ce n'est cependant (qu'une niélamorpliose du corps.

Le système nerveux unissant l'àme au corps , toute proportion manque entre le physique et le moral quand les nerfe sont troublés et leurs fonctions atteintes. Voyez l'effet de certiiius liiuièdes, ou de certains viru»; la rage n'est qu'un atome de plus dans le sang I Ce que peuvent faire de Tliomme le plus droit et le plus doux des orages nerveux, en quel désordre le vin, l'opium, le bachich jet< tent nos idées et notre volonté, qui ne le sait? L'éther abolit les communications nerveuses eu supprimant la sensibilité, les aphrodisiaques exercent sur l'o^jane de la géné»

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