DIBÙ DANS LA NATURE
en mêlant les éléments sans trêve, l'infini emprante au fini ime série de combinaisons d'^ù résulte Tindéfini. Toujours la création, vraie toile de Pénélope, reste sur le métier ; aucune de ses propriétés élémentaires n'a varié, et cepeudanl elle se perfectionne, les fils se croisent incessamment pour former des ouvres nouvelles, qui montrent en des perfeotionnements illimités le génie de l'invisible ouvrier.
Qu'on me dise, s'il n'existe que des agrégations d'atomes, quelle vertu s'agite en eux pour modifier sans cesse leurs relations dans une série de métamorphoses progressives; •comment d'une agrégation moléculairë et d'un simple germe, homme, animal, plante, nous voyons découler une suite de transformatious où l'ou croirait reconnaître, plutôt qu'un être unique, une succession d'êtres emboîtés les uns dans ' les autres. Ce qui se développé n'était-il pas muMhppé dans le germe? En quoi la chenille reflsemble-t-elle au papillon; en quoi la libellule ailée au fournii-lion; en quoi tant de larves, de spectres rampants et informes aux insectes qui s'en dégageront? Le microscope le plus subtil ne signale point de différence dans la composition moléculaire des œufs et des germes d'où sortiront cependant des créatures si ditlérent^; dans les animaux les plus dissemblables, Tanalyse chimique ne découvre que quelques corps simples * Gomlnnés en des proportions variées, mais toujours analogues dans leur essence et dans leurs qualités.
N'est-ce pas de quelques lettres que sont issues les langues et les œuvres les plus diverses du langage humain, depuis les balbutiements deTenfiEmce jusqu'aux chefe-d'œuvre du
* Un corp<« simple osf nnf» siilHl.nnc*' qm ne r^»nfprmp (jae des particnles de môme nature, des atomes c juivalonts pouvant se substituer les uns aux autres, se remplacer sans qu'U y ait rien de changé au fond, et comme si le même atome éuil reiié c:i pla^e; divisibilité numôrique, indivisibilité essea* tialle : lil «t le corps finple.
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yénie? N'est-ce pas de qiaiques notes diversement rassemblées, que sont iflsuB, et le chant naïf à peine modulé du pâtre» la litanie du désert ou de la montagne, et la symphonie pastorale de Beethoven, on tel opéra de Meyerbeer
dans lequel s'agite un monde de scntimenls? Alors que liéethoTOU a pu créer ses symphonies avec sept noies, Homère ses poèmes avec vingt-quatre lettres, Titien ses tableaux aveo cinq couleurs, ponr([uoi Tinfini n'aurait-il pas tiré d'une multiplicité élénuMi taire très-réduite les espèces, les rt^nes, les mondes et les systèmes les plus dilTérents? L'univers où toutes les créations se rencontrent et se pénètrent sans se confondre, est pareil à une immense symphonie, à ua poëme dont les cbants remplissent l'immensité, qui se dé** ploie et monte vers nnc perfection idéale sur les degrés d'une indéfinie perfectibilité.
L'étoffe dont les phénomènes sont faits, les éléments inrd^ ductiblcs ou première qu'on trouve dans leur tissu, et dont l'analyse chimique de plus en plus pénétrante a déjà si (;onsidérahlement réduit le nombre, n'ont aucun rapport avec la diversité incalculable dont ils emplissent l'infiniment petit et l'infiniment grand, deux gouffres sans fond. D'où vient donc que ces éléments, tou jours idonliqnesà cux-niciiies eu nombre et en qualité, s'associent néanmoins en des prcw portions, des formes et des rhytbmes si divers qu'ils peuplent de diversité l'immensité de la durée et de l'étendue? Ils ne sont pas la cause de (^etto variété, Men qu'elle les suppose : ils n'en soutque les matériaux, ils ne la renferment pas. On aura beau les ^ter, imaginer que le mouvement et le hasard agissent de concert à travers l'éternité pour les mêler éternellement : ils ne produiront que la diversité indéfinie du chaos. Qu'on déplace indéhniment les notes de la gamme , les lettres do 1 alphabet, les couleurs du prisme, il en résultera
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