‹ De la nature humaineChapitre 21 sur 58 · DIEU DANS L'HOMME * M · texte numérisé non relu

DIEU DANS L'HOMME * M

nueront d'avoir foi dans la raison, dans la puissance de l'espx-it qu'ils fiôûtent eu eujL;il8 seront, d'uue manière quelconque» à un titra queloonqae, des spiritualistes. Le maté* rialisme est sans esprit et sans génie, il arrdte l'essor de l'idée, il dessèche la vie dans su source, il décourage quand il n anéantit pas la volonté. L'homme est esprit, sa vie est esprit, et tous ses progrès sont des progrès de l'esprit ; comment yeut-on qu'il cesse de oroire en l'esprit? Quoi! il en serait réduit à penser qu'il est né de ce qui n'a nul rapport avec la raison, à ne voir dons l'univers qu'une reuconti'e fortuite d'atomes, à ne se retrouver nulle part; à cheiv cher vainement par toute la création une lueur d'intelligence, un é ho di; sa pensée, une réponse à sa curiosité, translormée en une irrémédiable illusion î l'homme, si le matérialisme avait raison contre la raison, serait seul dans l'immensité, dévoré, rongé par un instinct sans objet. Gela n'est pas, et cela ne peut pas être.

Hieii de borné et d'inlécond comme le matérialisme. Depuis ûémocnte et Lucrèce, qu'a-trii trouvé? Des éléments qui s'agrègent, sans qu'il y ait en eux un lien général, pour former l'univers. Et puis après? rien. (Jni tente d'aller plus loin relombe dans le spiritualisme, et c'est ce qui arrive, malgré qu'il eu ait, à tout matérialiste quelque peu doué de philosophie, il rend à l'esprit ses droits par d'inévitables inconséquences L'on peut dire du matérialisme ce que Voltaire disait des mathématiques : qu'il laisse l'esprit où il le trouve. Kt c'est justice, puisque le matérialisle commence par supprimer le mouvement en supprimant l'esprit.

Tout organe est un agent d'élaboration : le poumon de l'aii , l'estomac de ia nourriture, l'intelligence des lois uni-

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versi'llos, aliment idéal cf subsUinco de iioUv |)onsr'o. CVst sur des sensations que l'esprit opère ; il transfonne les sensations en notions, les notions contingentes, isolées, en notions générales, en formules toujours plus étendues et plus abstraites. Telle est la filière par laquelle passent les réalités taii|.;il)les pour se métamorphoser en un ensemble coordonné d'idées qui deviennent la science, et qui représentent dans l'esprit humain, par leur enchaînement, celui des phénomènes de la nature auxquels elles correspondent. Qu'y a-t-il de plus dans l'idée que dans la sensation? — H y a l'esprit, qui se montre en son œuvre. L'esprit n'ajoute rien à la réalité qui correspond à la sensation, mais il compare les sensatîons, et découvre adnsi les rapports des existences entre elles et avec lui-même; il déronvre l'unité de l'univers, et dans l'unité de l'être voit l'être de l'unité.

L'homme devient plus spiritualiste h mesure que grandit sa science. A l'origine, il ne voyait que' la matière, il finit par ne plus voir dans la matière que l'esprit. Cependant l'univers est à la fois un et multiple, esprit et matière :

Jffju agUai molm, et magno te corponwUtett

La nature est pleine de raison, maïs la nature nVsi pas raisonnable; elle agit en automate, elle suit des loi . et leur obéit : elle est aveugle et fatale. Les choses ont des finalités qu'elles ne connaissent pas : l'instinct anticipe l'objet auquel il se rapporte, cependant on le voit jouer à vide. Qu'un enfant meure en naissant, cela n'empôche pas la séve maternelle de monter dans les seins qui n'auront rien à nourrir ; Tappétit sexuel ne cesse pas d'aiguillonner la

«Virgile.

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