DIEU DANS L'HO.MMK
créature m l'al^sence de toute possibilité d'engendrer, l'araignée filerait sa toile, n'y eû^il plus de mouche^ nulle part. Les exemples de cette espèce fourmillent. La nature
n'est donc pas sa propre inspiratrice, et si elle révèle une raison générale, elle n'est pas elle-même cetto raison; elle ne sait rien de l'esprit qui Tanime et qui la pousse : suivant une allure mécanique, elle marche comme une hor> loge ignorante de sa propre loi et de son moteur.
La nature est le domaine de la iataiité. La raison univcrselle qu'elle sert n'entre pas dans les cas particuliers ; si elle y entrait, son ordre serait aboli. Ses lois doivent cesser d'être, ou bien être obéius. Quelle (|ue soit à leur égard la situation pai*ticulière de chaque créature, elles ne peuvent être que générales, absolues, inflexibles : elles ne font pas acception des personnes. Elles n'ont ni caprice ni colère, ^ elles ne sont ni bonnes ni méchantes, elles sont. « Lanatm» est comme la nature*. »
Tout homme qui prie espère que l'ordre universel sera troublé en sa faveur. Gela s'àppliqïie au cultivateur qjii de* mande de la pluie ou du soleil, aussi bien qu*à la mère qui demande la vie do son enfant. Tel meurt d'une angine, il étûufl'e. — Que la volonté de Dieu soit faite, dit le pasteur, — Que la volonté de Dieu soit faite, répète le philosophe. Ils disent la même chose, ils ne l'entendent pas de même ; le pasteur pense que Dieu a voulu spécialement la mort de cet homme, le philosophe que la raison universelle s'exprime dans les lois universelles, dont celles du corps font partie, et qu'une de ces lois exigeant que le corps cesse de vivre lorsqu'il cesse de respirer, et qu'il cesse de respirer lorsque les organes de la respiration bout entravés, l'homme
« Yoltaife.
M . DE LA NATUHB fiUMAINB
a dû mourir pour que l'ox^e universel ne périt point. La môme loi qui nous tue est celle qui nous fait vivre, la mâme
loi, accomplie d'un côté, transgressée de l'autre, fait le bonheur de ceux-ci et le malheur de ceux-là i joie et souffrance . naissent d'une seule tige.
L'homme peut être inconséquent, o'est le privilège de sa liberté : toutefois, ses inconséquences ne le font sortir qu'en apparence de la raison des choses , il ne peut rompre sur aucun point l'invisible chaîne qui rattache les effets aux causes; son erreur contraire à la loi engendre des suites conformes à la loi, et qui l'y ramènent par l;i douleui-. i^oiir que l'ordre universel subsiste, il est inévitable que nos erreurs s'expient aussi bien que nos fautes : dura kx^ ied Us. La liberté humaine consiste, non pas à détruire la logique universelle, mais à l'accepter *, en croyant lui échapper, elle la subit. Nous quittons souvent la raison, la raison ne nous quitte jamais : dussions- nous fuir de monde en monde, et jusqu'aux ooohns de l'immen^ sité, nous l'emporterions en nous, nous la rencontrerions hors de nous. Dieu ne nous lâche pas ; le plus puissant d'entre les hommes est le plus impuissant, et [)lus insensé, quand il s'attaqua à la vérité des choses. L'accident qui pullule dans la nature, et qui, sous tous les a^iecte, recouvre sa trame logique , ne fait pas disparaître celle^^i : ducunt volentem fata^ nolentem trahunt. L'être, ou la puissance d'être, est entamée dans la mesure où la loi de l'être se trouve violée. Il y a partout des difformités dans ]a création , aussi bien dans l'ordre physique que dans l'ordre moral ; il y a des monstres qui épouvantent la raison : mais s'il n'y avait point d'ordre dans la nature, il ne pourrait y avoir ai difformité ni monstruosité ; c'est à la lumi&re de Tordre général que le désordre particulier apparaît, et quand notre pensée