DIEU DANS L'HOMME P
recule ten^ifiée devant ce qui aemble démentir toute raiaou, c'est la raison mémé qu'elle atteste.
L'accident renaît constamment du conflit des foi cos et des
existonces, le hasard et le chaos semblent s'ingénier sans relâche à détruire l'eDchainement de la créati<m, ainsi que des rats s'acharnant à ronger un indestructible réseau ; l'unlTers en son principe se rit de ces jeux du hasard qui n'efilouieiit que sa builace : impassible, intangible, la loi de (•oiiservatiou qui l'habile atteint lo désordre, et le détruit en détruisant les phénomènes où il éclate. Une dérogation victorieuse de^la loi des choses est impossible; les phénomènes entachés de désordre ne se montrent et ne durent que parce (ju.j le désordre n'est pas complet, qu'il subsiste en eux q uelque chose de Tordre, et qui l'emporte n^cessairemenl tant que persiste le phénomène. Aucun phénomène n'existe que dans la mesure de la loi; ce qu'il renlerme d'opposé tend à le faire disparaître, c'est le germe de sa mort et la semeiiui de sa dissolution.
La raison d*étre de notre être, et l'être de notre raison, ne peuvent se contredire.
Sur cette planche, tiaversons d'un cœur lerme la mer des problèmes et ses abîmes. L'homme ne sait pas o& vont les choses, il ne sait pas où il va lui-même ; il sait qu'une loi conforme à la raison supporte tout et rem[)lit tout. Quelque diiïérente que soit la réalité de ce qu'il imaglue, il est assui'é, par le seul lait de l'exiateQce de la raison en lui, et de sa tendance vers la raison hore de lui, que le réel ne peut être que conforme à ce qui est i'esseuce
fflO ni-: LA NATORE HUMAINE
iucommutable de la réaliu? même. Ainsi toutes nos supix)sitions sur Dieu et sur la destinée de Tàme sont probable* ment de puériles ou de brillantes chimères; mais si elles sout chimériques, c'est parce qii'Qllos ne concordent pas avec la raison, et que notre intelligence embrasse trop peu de Tordre universel pour s'ajuster à sa mesure et pour en pénétrer le fond. Quoi qu*il arrive donc des choses et de nous, notre commune destinée ne peut èlie que conforme à la raison.
Contre les lois de Tunivers il n'y a pas de prescription. La loi de l'homme est Thimianité; qui ne la respecte point en
soufl're, il expie son .'ireiir ou sa révolte. L'expérience est liUe de la douleur. Se heurter à la loi c'est souilrir, l'accepter c'est être intelligent, libre et fort. Mais i'àme se cabre contre la nécessité, et le bonheur trompé se réfugie dans l'espoir du miracle. L'idée du miracle est l'enfance de l'esprit; l'homme commence par le voir partout, il finit par ne plus le voir nulle part : l'idée de la loi par degrés le remplace ; c'est le progrès de la sdence sur la fentaisie. La loi nous est cruelle et la loi nous est salutaire. Lorsqu'elle nous broie, nos désirs fleurissent en espoirs de miracles — ou éclatent en blasphèmes. Ni blasphèmes ni songes n'y font rien : il faut que la loi s'accomplisse. Un homme tombe d'un toit, il tombe par le fait de son imprudence et selon la loi de la pesanteur : sa chute est une faute individuelle, en même temps que la confirmation d'une loi de l'univers ; ce même homme, tout à l'heure, ne marchait et ne vivait qu'en vertu de cette loi qui maintenant le condamne. Les volontés humaines et les fatalités de l'ordre universel se pénètrent ainsi dans tous nos actes, et se mêlent dans leurs résultats. Une fois l'acte conmiis, — erreur ou faute, — il n'appartient plus h son auteur, la force des choses s'en empare; à tra^