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genre humain n'est pas de cette force-là, il n'est pas stoïcien. Il ne veut pas se résigner. Le stoïcisme d'ailleurs n'em* pôche rien, c'est une cuirasse forgée pour Tâme; mais quelle cuirasse n'a son défaut? La pointe du malheur sait pénétrer sous l'armure, et tout ce que le sloïque peut faire c*est de ne pas crier : il supprime le cri à force d'orgueil, non la douleur» A force d'orgueil il s'élève jusqu'à la résigna* tion, où le chrétien descend à force d'humilité; ni l'humilité ni l'orgueil ne conviennent à Thorame : l'espérance au contraire sied à sa nature, car elle eu résulte. Elle n'est pas une vertu, alors que la résignation en est une; mais elle est une force, et l'âme se brise avec elle. Entre l'espérance et la résignation, l'homme a fait son choizi L'flme qui se dissémine, l'esprit qui se disperse en vanités, peuvent s'épai-gner de xélléchir sur les mystères et les contra» dictions de notre destinée; ils peuvent se voiler l'abîme, ^ jusqu'à ce qu'ils rehcontrent le malheur. Alors ils se heurtent au problème, et connue sur un noir écueil où quelque naufrage subit les aurait jetés, ils voient le goull re s'entr^ouvrir sous leurs yeux ; ne f&tK» qu'un instant» ils ont regardé dans ses profondeurs. Quoi qu'ils fassent, leur joie est fêlée, leur sécurité atteinte; ils sl; sont demandé avec angoisse si c'est Dieu ou le néant, si c'est le chaos ou la l'aison qui les soutient.
Les hypothèses religieuses sont les diverses manières dont les hommes ont résolu le problème du bonheur. Lti cœftr est l'élofie première de toutes ces hypothèses ; l'esprit appoi te l'idée, confuse ou nette, de causalité et de raison, qui est leur
élément philosophique ; la conscience y introduit la notion du bien el du mal, le sentiment du juste et de l'injuste : elle rattache la vertu au bonheur, en mettant le bonheur dans la
vertu.
Tous les cultes, depuis celui qui prosterne l'homme devant un grossier fétiche jusqu'à celui qui l'élôve vers ridéal de justice et de raison, trahissent le désir de la perfection dans l'idée de Dieu, le dé^ir de la félicité dans l'idée du ciel. Nous nous sommes fait du ciel et de Dieu, de la félicitô et de la perfection des images différentes ; sous un nom« quelconque, sous des Images quelconques, l'homme a par* tout manifesté son désir de félicité et de perfection. En plaçant Dieu dans le ciel, par une métaphore naturelle, il a montré qu'à ses yeux la perfection ne peut résider que dans la félicité parfaite, la félicité parfaite que dans la perfection. Dieu et le ciel se haussent avec l'humanité, ils grandissent et diminuent avec elle; l'on imagine la perfection et le ho hem* selon ce qu'on est soi-même. Mais l'homme, s'il invente ses dieux et son paradis, n'invente pas le besoin en wtu duquel il les ima^^'ine : il crée les religions, il ne crée pas le besoin religieux. Les croyances les plus barbares, les idées les plus absuities qu'il se forme pour répondre à son instinct religieux ne prouvent pas que cet instinct soit ni barbare ni absurde; les religions en disparaissant tour à tour, après avoir fleuri, ne prouvent pas qu'elles n'aient leur racine dans Tâme humaine. Quand une religion décline, quand elle s*affiu88e et tombe, ce n'est pas parce qu'elle était trop religieuse, c'est parce qu'elle ne Tétait pas assez, et »]n'olle n'avait plus de quoi nourrir l'idée divine qui a jrandi en s'épurant. Ce qui nous importe, c'est donc moins de savoir si telle religion répond à la vérité, que de saisir et de reconnaître dans les religions le sens religieux de