LES VARIÉTÉS RELIGIEUSES
taire des chrédens fut Jésus, qui a dit : La lettre tue, et l'esprit vivifie. La lettre a ensanglanté l'histoire. Que serait une
croyance qui prêcherait l'inhumanité aux hommes? C'est là pourtant ce que la plupai't ont prêché au nom du christianisme. Mais Thumanité avance et son esprit s éclaire : le christianisme n*est plus regardé comme un miracle, il est un fait historique, partant humain. La Réforme, que nous sommes eu tram de compléter, aura la gloire d'avoir accompli deux choses : l'une qu'elle voulut accomplir, l'autre que . ses promoteurs n'aperçurent pas. La première a été d*a£braachir la conscience» du ijoug de l'Église; la seconde sera d'avoir rendu la conscience juj;e et souveraine de la Hible. La Réforme dépassait eu portée l'esprit des réformateurs; l'histoire toujours logique a déduit les conséquences de ses prémisses, et la conséquence définitive sera d'absorber le christianisme dans Thumanité. De quel immense détour les hommes se sont avisés poui' eu arriver là 1
LK DOGME, L\ LETTllL, LA S U l' E U S T IT ION ^
Ainsi ^i'io de ccrtaiues l)OÎIes destinées à cllraytM- les enfants, i'ou ToU, au moindre choc, saillir le diable des discours de nos saints. Sans le diable, que pourratont-ils? Ils savent f|ut' u la peur goiiveriic le monde. » KH'ravrz : il eu resleni toujoiU'S quelque ehosc. Quiuit à Dieu, le rôle qu'iU lui donnent ne vaut guère mieux ; les intrigants en font un serviteur de leurs intrigues, les poltrons un gendarme. Ni les uns jii les autres, ne croient en luij ils se servent do Dieu, et ne le servent p;is.
U est plus facile de rôver pieusement que de foire le bien, a dit Lessing. L'on voit des gens qui se croient Tobjet de l'élecUon divine, — fats et pédants de la grAce qui se niiient daus leur dévotion, sourient à leur saiuteté, — et qui su soucient du prochain comme d'un caillou. Ils s*estimeut d*une autre sorte que le commun, et leur foi les isole dans le pire de tous les orgueils : celui qui s'enveloppe d'humilité, et ne s'incline si has devaut Dieu que pour ju^:cr de plus haut la tourbe des pécheurs voués à la damuadou. Mélionsnous dos humbles.