‹ De la nature humaineChapitre 36 sur 58 · LE BIEN ET LE MAL · texte numérisé non relu

LE BIEN ET LE MAL

qui 1m âèfOMtbeau; ce qui ki unit, les éclaiie et les élève

est bien.

Croire en Dieu, c'est croire que le bim a sou fondement dans le principe des choses. Il n'est pas nécessaire de donner à %u des attributs humains pour croire en lui ; le désir du

bien nous unit à lui et nous fait le posséder sans qu'il soit besoin de le tirer de son impénétrable mystère ; il y a quelque chose de divin que nous ressentons dans tout ce qui nous élève et nous unit, la solidarité et le progrès sont les traits de rÉvan^^le éternel. S'il est certain que l'inlini ne puisse être compris de l'humanité, il est certain aussi que rinfini est dans l'humanité, qu'elle porte en soi sa part de Dieu, et qu'il dépend d'elle de Taugmenter. Dieu renferme les âmes, et les âmes à leur tour le renferment, chacune dans la mesui^e de ce qu'elle possède de raison, de justice, d'amour : Dieu, immuable en son essence, dans l'homme croit avec l'homme.

Si Dieu se révèle dans la nature et dans nos Ames par la force qui tend au mieux, au progrès et au bonheur; s*il est en nous ce qui juge et condamne ce que nous condamnons nou84nèmes : la misère, la douleur, l'iniquité; s'il est ce qui nous fait ressmtir la limite et nous excite à la franchir, si Dieu enfin est ce qui dans notre être éveille le désir de la perfection au sein des choses imparfaites, — l'ef- ^t vers l'infini au sein du fini, Diea esdut le mal, et le Hen vient de Dieu.

Le mal est le contraire du bien; qui connaît Tun connaît l'autre. Mais nous pouvons nous tromper sur le mal et sur le bien : rinquisikeur croyait bien faire et fÎEdre le bien en brûlant des hérétiques; Robespierre croyait faire œuvre sainte en guiilotinant ceux qu'il jugeait hostiles à la lil)erté telle qu'il la comprenait. £n agissant conformément à une

ermr qu'on tient pour Térité, on ne fait pas le mal, ml fidi

mal. Le picniier ennemi do l'homme est sou i*;iiûiaiicc. Toutefois, ceux-là se trompent sur la natiu-c du mal qui s'imaginent qu'il sufi^iait pour l'extirper du osur de rhomme d'extirper l'erreur de son esprit. « Je sais bien quel mal je vais faire, dit la Médée d'Euripide, mais ma passion est plus forte que ma volonté. » — Video meliora pro^ boquêf détérioré eequor ^. — « Je ne fais pas ce que je veux, el je fais ce que je détestd, » écrit saint Paul aux Romains. Bt Racine s'écrie :

< Moii Dieu, quelle guerre crueilel le trouve deux hommes en moi. >

• !• ae lint pM le bian J'iiM, Et je fus le met que Je hiis. >

Chacun peut apporter son témoignage à l'appui de la loi

qui met la passion en lutte avec la raison, le désir aux prises avec le devoir. L'ivrogne sait que l'ivrognerie le tuera, le voluptueux que la volupté nuit à son corps et à son esprit ; lis n'en suivent pas nioins leur pente : le mal, fortifit^ par l'habitude, devient plus fort que nous. Suu attrait domine notre intelligence et notre volonté. L'erreur sans la complicité du désir n'enchaînerait pas la volonté, elle n'asservirait que l'esprit. La passion séduit, la raison persuade; la sirène a des chants, Minerve n'a que des paroles et des préceptes, les chai-mensi^s l'emportent presque toujours. Elles retiennent le voyageur <c par la douceur de leurs chansons dans une vaste prairie où l'on ne voit que monceaux d'oasements que le soleil achève de sécher K »

» Ovide.

>Ody«<ab

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