LB BIEN ET LB MAL
d'autres (pii sont précédées d'une JulibAiration plus ou moius jOûgue; Uamlet u*a cessé de délibérer, chez Napoiéoa migagé dans le feu des batailles la dôlibératioa était presque foudroyante. Le pouvoir de délibérer oonsiBle en celui de suspeudru sa déciiiuii ; il osL esisentiel à. la producLiua d'un aclô moral et luoulre queTlioinine n'est pas d'une pièce, qu'il forme au contraire un assemblage de iacultés et d'oiganes» de vérités et d'erreurs, de passions bonnes et mauvaises susceptibles de se contredire. Pendant que la délibération a lieu, ces forces diverses, dont chacune tente de tirer à soi la volonté, comparaissent à sa barre successivement, s'évincent, reparaissent, et tour à tour plaidant leur cause, ^ingénient à . déterminer la décision du juge en leur faveur. L'individu, qui voit les inlluences diverses on contraires se produire en lui, reste en balance un certain temps : il écoute, hésite, • et finit par se décider. Ën vertu de quoi ? en vertu des moti& qui Tout emporté. Mais il a délibéré, il a choisi; il se sent libre.
Les décisions prises sans délibération nous laissent égale^ ment le sentiment de la liberté dans l'acte, lorsqu'elles n'expriment que notre volonté. Le prisonnier qui réussirait à vouloir ses chaînes s'en délivrerait; celui qui, pour échapper à uue mort certaine, s'exposerait en sautant par une l'enêtre à une mort probable, garderait la conscience de son libre arbitre, quoique réellement dominé par l'instinct de oonservation au point de ne pouvoir lui résister; il suftit qu'il ne veuille pas résister à cet iustinct, pour que sa volonté épouse librement le motif qui le détermine : nécessairement libre, en^ueique sorte, il est aussi volontairement nécessité; obligé de faii*e ce qu'il fait, néanmoins il ne fait que ce qu'il veut^ et de la sorte dépouille de sa t'ataUté l'instinct de conservation qui se confond avec lui-même. On peut placer la
volonté dans toutes les hypothèses imaginables, on trouvera que notre liberté se réduit au sentiment que nouâ en avons, et que ce sentiment se latnône invariablement à celui do notre individualité.
Ce n'est là toutefois que la lil)orté de fait. La liborté morale réside plus haut : elle est l'arcord de la volonté individuelle avec les lois de l'espèce \ elle met rbommé en présence de rhumanité. '
La libertés matéiielle ne roule que sur ces deux termes» pouvoir et vouloir; la liberté morale en exige un troisième : à côté du pouvoir, au-dessus du vouloir, elle met le devoir.
La nature obéit à des lois qu'elle ignore, l'homme peut se ' gouverner en obéissant à des lois qu'il connaît. « Il s'ea
faut, dit Montesijuiuu, que le monde inlelligtuit soit aussi bien gouverné (pie le monde physique. Car quoiqu'il ait aussi des lois qui, par leur nature, sont invariables, il ne les suit pas constamment comme le monde physiipie suit les siennes. La raison en est que les êtres inlelli;,'eiils sont honiés par leur nature, et par conséquent sujets à l'erreur ; et d'un autre c6té, il est de leur nature qu'ils agissent par eux* mâmes. Ils ne suivent donc pas constamment leurs lois primitives : et celles même qu'ils se donnent, ils ne les suivent pas toujours. » La nature des choses fixe à la liberté humaine une limite qui ne change jamais ; Terreur lui en crée une qui change toujours ; Thomme, en se heurtant à ses erreuis, ne rencontre pas la nature, mais l'ij^noranct^ de la nature, et de la sienne d alx^ixl. il est vrai qu'il est de ^